Mali • Non à la dérive guerrière et néo-coloniale de l’intervention française au Mali
Le Parti de gauche constate que l’intervention militaire française au Mali a largement débordé de ce qui pouvait la justifier, à savoir empêcher une progression des djihadistes vers la capitale Bamako. Le Président Hollande pris d’une fureur guerrière qui lui permet de masquer les reniements de sa politique économique et si peu sociale, aime à se présenter comme le libérateur du Mali en recourant à des stratagèmes médiatiques visant à nous faire croire que l’armée française ne fait que soutenir l’armée malienne dans sa guerre de libération de son territoire. Noam Chomsky dit que la violence en démocratie est la propagande : nous avons la démonstration de cette violence avec les medias français qui ne font que répéter cette propagande gouvernementale sans même être capables de questionner et les chiffres (un coût exorbitant) et les faits (une guerre sans victimes).

Le Président Hollande a le souci de préserver l’approvisionnement en uranium et autres matières premières stratégiques pour la France, il prétend mener une guerre contre le terrorisme alors que sa seule préoccupation est d’installer une présence militaire française permanente à Kidal, la seule ville où les militaires français sont entrés seuls certainement pour préserver les intérêts des indépendantistes Touaregs du MIA et à Tessalit seul aéroport de la région, de façon à s’assurer le contrôle de toute cette riche région sahélienne. Si le Président Hollande justifiait cette guerre par une résistance aux stratégies anglo-saxonnes et des pays du Golfe de créer un Sahélistan islamique et réactionnaire à leur profit, nous pourrions le comprendre. Mais une telle stratégie d’endiguement se retrouverait mise en œuvre dans d’autres zones en conflit, ce qui n’est pas le cas. Il préfère être l’instrument d’une dynamique capitaliste fondée sur l’extractivisme. Sans elle, ni productivisme, ni consumérisme, ni profits.
Le Président Hollande devrait se souvenir qu’il y a 120 ans le corps expéditionnaire français a lui aussi connu des succès immédiats avec la prise rapide de Gao et Tombouctou, déclenché la liesse populaire, pour se faire ensuite tailler en pièces dans le désert au cours des mois qui ont suivi. Il devrait savoir que cette stratégie renforcera la détermination des djihadistes qui seront tentés soit de faire des attentats soit de mener une guérilla en se fondant dans la population et dans le désert ; dans tous les cas les populations locales et les militaires africains et français risquent d’en être les victimes. La situation actuelle à Gao confirme ces craintes.
Pour arriver à ses fins, François Hollande n’hésite pas à rassembler autour de lui tous les tyrans africains auxquels il a soi-disant promis la fin de la Françafrique. Il leur accorde, en fait, la garantie de pouvoir continuer à opprimer leurs peuples contre la promesse d’un soutien sans faille à l’impérialisme français. Là encore les media RFI et France 24 en tête se gardent bien d’expliquer au peuples africains et français les mécaniques de corruption, de dettes, de complicités ploutocratiques de la plupart des dirigeants des pays de la région.
Mais le gouvernement français porte une responsabilité encore plus grande qui serait de provoquer une guerre civile au Mali si jamais il ne jouait pas le rôle qu’il s’est donné sans en demander l’autorisation à l’ONU : apporter la paix et de créer les conditions d’une réconciliation entre les communautés. Le gouvernement français ne peut rester indifférent aux règlements de comptes à caractère raciaux, qu’ils soient le fait de l’armée malienne ou de milices ou des groupes rebelles, puisqu’il est à l’origine de cette situation.
Après avoir organisé le chaos en Lybie et en autorisant le retour des Touaregs lourdement armés présents dans ce pays, non pas au Niger mais au Mali, le gouvernement français a clairement favorisé leur vieux rêve d’un Azawad indépendant et allié de la France. Le gouvernement français en pompier pyromane qu’il est, ne doit plus se tromper d’interlocuteur et continuer à favoriser, comme il l’a fait lors de la création de l’Azawad et certainement bien avant, des groupuscules non représentatifs comme le MNLA. Ces derniers sont responsables de la plupart des viols et des vols perpétrés dans le nord du Mali. Ils sont également responsables de la déroute de l’armée malienne, celle-là même que nous « aidons » maintenant à reconquérir le nord du pays. Ce serait une grave faute que de se servir de certains groupes armés contre d’autres, afin de mieux contrôler le terrain.
Enfin, le gouvernement français, dans sa grande manipulation de l’opinion, n’oublie pas la diaspora malienne présente depuis longtemps en France. Elle souffre de la politique injuste et inhumaine d’immigration/expulsion de Valls. Cette communauté est victime de la communication biaisée d’une guerre néo-coloniale présentée comme une guerre de libération.
Le Parti de gauche appelle le peuple malien à se rassembler au sein d’une Conférence nationale souveraine. C’est aux maliens de redéfinir les conditions d’une réelle indépendance par rapport aux impérialismes.
Le Parti de gauche exige du gouvernement français qu’il cesse son aventure militaire le plus rapidement possible, qu’il instaure une liberté de circulation et d’installation des travailleurs migrants dans un cadre pré-défini et qu’il affirme une totale neutralité dans les pourparlers qui doivent s’engager entre toutes les communautés afin de laisser le Mali retrouver l’héritage socialiste de Modibo Keita et reprendre en main son destin.
75 économistes pour une séparation stricte des activités bancaires
Plus de 75 économistes viennent de publier une tribune dans laquelle ils se prononcent pour une profonde modification de la réforme bancaire proposée par le gouvernement. Ils dénoncent un « projet de loi qui ne résout rien », laissant « une porte ouverte à une nouvelle crise » et appellent les parlementaires de gauche à une « modification profonde » de ce texte pour assurer une « séparation stricte des activités bancaires ». Les signataires révèlent une grande diversité académique et institutionnelle, avec notamment des économistes très reconnus comme : Olivier Berruyer, Paul Boccara, Marc Bousseyrol, Laurent Cordonnier, Ghislain Deleplace, Guillaume Etievant, Bernard Friot, Jean Gadrey,Jacques Généreux, Jean-Pierre Gilly, Gaël Giraud, Jérôme Gleizes, Bernard Guerrien, Olivier Gossner, Alain Grandjean, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Esther Jeffers, Pierre Khalfa, Dany Lang, Alain Lipietz, Frédéric Lordon, Christiane Marty, François Morin, André Orléan, Dominique Plihon, Jean-Paul Pollin, Christophe Ramaux, Romain Rancière, Gilles Raveaud, Jacques Sapir, Dominique Taddéi (liste complète en fin de tribune)
Loi bancaire
Les contribuables ne doivent pas payer pour la finance
« Nous, économistes, pensons que le projet de loi de séparation bancaire présenté à l’Assemblée nationale ne fait pas ce qu’il prétend et ne protègera pas plus qu’avant les dépôts des ménages français. En réalité, il laisse libre cours aux activités spéculatives des banques et sauvegarde leur pouvoir.
L’objectif affiché du projet consiste à sécuriser les dépôts et, pour cela, à séparer les activités de marché dangereuses des activités de crédit-dépôt. L’intention est bonne, compte tenu de l’hypertrophie des banques françaises. En effet, les actifs bancaires français représentent 340 % du PIB (contre 85 % aux États-Unis). Il existe au moins quatre banques dont la faillite peut entraîner la chute de l’ensemble du pays, contrairement à l’Allemagne qui n’en compte qu’une. Ces banques sont à la fois trop grosses pour qu’il soit possible de les laisser faire faillite (too big to fail) et « trop grosses pour être sauvées » (too big to save).
Le secteur bancaire français présente un niveau de risque systémique parmi les plus élevés du monde : Dexia a déjà coûté 12 milliards d’euros aux contribuables français et belges et l’État vient d’y ajouter 85 milliards en garantie. Le Crédit agricole prévoit des pertes record en 2012, voisines de 6 milliards d’euros et la Société générale aurait perdu 11,9 milliards en 2008 sans le secours du contribuable américain.
Par ailleurs, le « modèle » français se révèle défaillant dans sa tâche de financement de l’économie : seuls 10 % du bilan de nos banques sont consacrés aux prêts aux entreprises non financières et 12 % aux prêts aux particuliers. Le reste relève d’opérations de marché essentiellement spéculatives : sur les 200 milliards d’obligations émises par le secteur bancaire français en 2012 pour « financer les prêts hypothécaires », seuls 22 milliards ont été distribués aux ménages et 27 milliards aux entreprises. Et combien consacrés à l’emploi, la recherche et l’investissement ?
En supprimant la garantie publique implicite sur les produits bancaires hautement profitables et risqués que proposent les marchés, la séparation des activités spéculatives des activités dites commerciales, engagement de campagne n° 7 de François Hollande, permettrait aux secondes de se consacrer intégralement au financement de l’économie réelle. En isolant les banques commerciales des humeurs des marchés, une vraie séparation permettrait de réduire le coût du financement des ménages et des entreprises. Elle ne pénaliserait que les quelques 9 000 traders et leurs dirigeants.
Or, que fait le projet de loi actuel ? Il oblige les banques à loger certaines activités spéculatives dans des filiales, mais seulement 0,75 % à 2 % du produit net bancaire des banques est concerné par cette mesure. Toutes les activités interdites à la maison-mère (les prêts aux fonds spéculatifs, le trading à haute fréquence, etc.) sont accompagnées d’exception qui vident la loi de son contenu. Les amendements déposés pour élargir ce périmètre demeurent largement insuffisants. Le projet français reste très en-deçà de ce qui est envisagé ailleurs dans le monde, y compris dans les pays anglo-saxons ! Il est beaucoup plus faible, en particulier, que le rapport Liikanen de l’Union Européenne, qui, bien que timide, a au moins le mérite d’exiger la filialisation de toutes les activités de « tenue de marché ».
À défaut de prévenir une crise, le projet de loi laisse-t-il au moins espérer que nous aurions les moyens de la guérir ? Non. Selon ce projet, les maîtres d’œuvre de l’éventuel démantèlement d’une banque française seront le Gouverneur de la Banque de France et le Directeur général du Trésor. Ils décideront seuls si l’État français devra aller au secours d’une banque (quitte à ruiner les Français) ou s’il conviendra de la laisser faire faillite. Les décisions seront prises sans obligation de consulter le Parlement, à l’aveugle, et au détriment du contribuable. Les 3,7 milliards prélevés sur les citoyens néerlandais, sans avoir été consultés, pour sauver sans conditions SNS Reaal, 4ème banque des Pays-Bas, sont un cas d’école qui risque de se généraliser.
De même, les détenteurs d’obligations ne seront pas nécessairement sollicités financièrement avant que les contribuables français aient à mettre la main à la poche. Le projet de loi considère que c’est une possibilité, mais non une obligation. Pire encore : pendant l’opération de réanimation cardiaque, le versement de dividendes aux actionnaires de la banque en détresse ne sera pas interdit. Rien n’est prévu non plus pour mettre à contribution les créanciers. Les dirigeants de la banque en détresse responsables de la déroute pourront-ils se voir supprimer définitivement le versement de leurs rémunérations ? Pas davantage.
Ce projet revient donc à maintenir dans la loi le parachute dont rêvent les banques « universelles » et leurs alliés, les fonds spéculatifs, pour pouvoir continuer leurs opérations spéculatives en toute quiétude. Il préserve leur liberté d’utiliser les dépôts de leur clientèle comme base pour accorder des crédits à leurs filiales spéculatives.
Comment, dans ces conditions, peut-on prétendre séparer les activités dangereuses du crédit, et sécuriser les dépôts ? Le sujet est suffisamment complexe pour que le Parlement britannique, qui s’engage vers une séparation bien plus stricte prenne un an pour légiférer. Le gouvernement français, lui, prétend régler la question en un mois, alors même que la Commission européenne s’apprête elle-même à légiférer dans le sens du rapport Liikanen. Ce projet de loi du gouvernement ne résout rien. Au contraire, il laisse la porte ouverte à une nouvelle crise.
La crise a montré la nécessité d’une séparation stricte entre les activités bancaires utiles à l’économie et celles qui lui sont néfastes. Nous, économistes, appelons à une modification profonde de ce texte de loi, sous peine d’ébranler une nouvelle fois la confiance dans le processus démocratique. »
Les signataires du texte :
Daniel Bachet, Université d’Evry
Michel Bellet, Université de Saint-Etienne
Nicolas Beniès, université populaire de Caen,
Mathieu Béraud, Université de Lorraine
Eric Berr, Université Bordeaux 4
Olivier Berruyer, économiste, animateur de www.les-crises.fr
Pierre Bitoun, INRA
Frédéric Boccara, maître de conférences, université de Paris 13
Paul Boccara, économiste, historien
Marc Bousseyrol, économiste
Claude Calame, EHESS
Gabriel Colletis, université de Toulouse
Pierre Concialdi, économiste-sociologue
Laurent Cordonnier, Université Lille 1
Ghislain Deleplace, Professeur, Université Paris 8 – Saint-Denis
Yves Dimicoli, économiste
Jean-Paul Domin, Université de Reims Champagne-Ardenne
Denis Durand, économiste
Guillaume Étievant, expert économique auprès des CE,
David Flacher, Université Paris 13
Bernard Friot, Université Paris-X, institut européen du salariat,
Véronique Gallais, Cadre dans l’économie sociale
Jean Gadrey, professeur, Université Lille I,
Jacques Généreux, professeur, IEP de Paris,
Jean-Pierre Gilly, Université Toulouse 1
Patrick Gianfaldoni, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse
Gaël Giraud, CNRS, Centre d’Economie de la Sorbonne, Ecole d’Economie de Paris
Jérôme Gleizes, économiste
Bernard Guerrien, SAMM, Centre d’économie de la Sorbonne
Ozgur Gun, Université de Reims
Olivier Gossner, Directeur de recherche CNRS, Paris School of Economics
Alain Grandjean, économiste
Jean-Marie Harribey, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
Michel Husson, économiste,
Esther Jeffers, Université Paris 8
Andrée Kartchevsky, Université Paris 8 – Professeure, URCA et LADYSS
Pierre Khalfa, membre du Conseil économique, social et environnemental,
Robert Kissous, statisticien-économiste, consultant auprès des CE
Dany Lang, Université Paris 13,
Philippe Légé, Université de Picardie
Pierre Le Masne, Université de Poitiers
Alain Lipietz, économiste
Frédéric Lordon, Directeur de recherche, CNRS
Marc Mangenot, Directeur de recherche, CNRS
Jonathan Marie, CEPN – CNRS, Université Paris 13
Christiane Marty, économiste,
Antoine Math, Economiste, IRES
Jérôme Maucourant, Economiste, Université Jean Monnet (IUT Saint-Etienne)
Thierry Méot, Statisticien-Economiste
Sandrine Michel, Université Montpellier 1
Catherine Mills, économiste
Alain Morin, directeur de la revue Economie et Politique
François Morin, professeur, Université Toulouse 1
André Orléan, Directeur de recherche, CNRS-EHESS
Gilles Orzoni, Ingénieur-économiste
Henri Philipson, économiste,
Dominique Plihon, professeur, Université Paris 13,
Jean-Paul Pollin, Université d’Orléans
Jean-François Ponsot, Université de Grenoble
Christophe Ramaux, Université Paris 1
Romain Rancière, Professeur associé à Paris School of Economics
Frédéric Rauch, économiste, Rédacteur en chef de la revue Économie et Politique.
Gilles Raveaud, Institut d’Études Européennes, Université Paris 8-Saint-Denis
Jacques Rigaudiat, économiste
Bertrand Rothé, Université de Cergy Pontoise
Gilles Rotillon, Université Paris X – Nanterre
Jean-Marie Roux, syndicaliste
Jacques Sapir, Directeur du CEMI-EHESS
Richard Sobel, Université Lille 1
Dominique Taddéi, ancien président d’université, ancien Président de la Caisse des dépôts et consignations,
Bernard Teper, membre Haut Conseil de la famille et du Réseau Éducation Populaire
Bruno Tinel, Université Paris 1, Centre d’économie de la Sorbonne
Alain de Tolédo, Université Paris 8
Stéphanie Treillet, économiste
Philippe Zarifian, Professeur, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Europe • Voie ouverte pour le démantèlement de nos réseaux ferrés !
20 ans d’acharnement libéral, 20 ans de politiques qui ont cassé l’outil ferré français : séparation de l’infrastructure et de l’exploitation, fin des péréquations entre le voyageur et le frêt, ouverture du frêt à la concurrence avec pour conséquences la fermeture des embranchements particuliers, démultiplication des camions sur les routes, privatisation des installations ferroviaires portuaires. Voilà le triste et dur bilan de l’Europe libérale.
Le 30 janvier dernier, la Commission Européenne a adopté le 4ème paquet ferroviaire. Le Parti de Gauche dénonce l’aveuglement idéologique de l’ouverture à la concurrence prévu pour décembre 2019. Celle-ci privilégiera les lignes rentables au détriment du maillage du territoire, remettra en cause l’égalité de traitement, principe fondamental du service public, et la protection sociale des salariés du secteur. Nous dénonçons notamment la séparation intégrale de la gestion
de l’infrastructure et de l’exploitation qui compliquera les conditions de travail et dégradera encore la sécurité sur les lignes en jouant du dumping social et environnemental entre les les compagnies. Ces politiques libérales et anti-écologiques éloignent encore notre service public de l’intérêt général.
A l’opposé de cette logique de l’ouverture à la concurrence à tous prix, le Parti de Gauche propose que ce secteur, dans sa branche frêt comme dans sa branche voyageur, soit la pierre angulaire de la transition écologique. Cela nécessite le développement des coopérations entre réseaux, une tarification juste et une véritable planification pour pouvoir répondre aux enjeux écologiques. Pour cela, le secteur ferroviaire doit être vu comme un outil des politiques publiques d’aménagement du territoire et du transport de marchandises, à l’exact inverse de la vision libérale qui ne prend en compte que le prix et la rentabilité directe du service.
Le Parti de Gauche ne cessera de défendre le service public du rail et sera aux côtés des salariés dans cette lutte écosocialiste.
Équateur • Un gouvernement populaire, 2ème épisode
Le 17 février prochain se tiennent les élections présidentielles et législatives en Équateur. Le président Rafael Correa brigue un nouveau mandat. Dans ce reportage et entretiens la Radiodegauche revient sur son action, de la tenue d’une assemblée constituante à ses réformes sociales. Une plongée dans un pays qui tente de s’opposer à la finance et l’austérité imposée.
2ème épisode – Entretien avec Christophe Ventura, secrétaire national du PG au relations internationales. Il explique comment l’Équateur s’inscrit dans le mouvement démocratique d’Amérique latine et pourquoi l’exemple de ce petit pays est si intéressant pour les gauches françaises et européennes.
Équateur • Un gouvernement populaire, 2ème épisode
Le 17 février prochain se tiennent les élections présidentielles et législatives en Équateur. Le président Rafael Correa brigue un nouveau mandat. Dans ce reportage et entretiens la Radiodegauche revient sur son action, de la tenue d’une assemblée constituante à ses réformes sociales. Une plongée dans un pays qui tente de s’opposer à la finance et l’austérité imposée.
2ème épisode – Entretien avec Christophe Ventura, secrétaire national du PG au relations internationales. Il explique comment l’Équateur s’inscrit dans le mouvement démocratique d’Amérique latine et pourquoi l’exemple de ce petit pays est si intéressant pour les gauches françaises et européennes.
75 économistes pour une séparation stricte des activités bancaires
Plus de 75 économistes viennent de publier une tribune dans laquelle ils se prononcent pour une profonde modification de la réforme bancaire proposée par le gouvernement. Ils dénoncent un « projet de loi qui ne résout rien », laissant « une porte ouverte à une nouvelle crise » et appellent les parlementaires de gauche à une « modification profonde » de ce texte pour assurer une « séparation stricte des activités bancaires ». Les signataires révèlent une grande diversité académique et institutionnelle, avec notamment des économistes très reconnus comme : Olivier Berruyer, Paul Boccara, Marc Bousseyrol, Laurent Cordonnier, Ghislain Deleplace, Guillaume Etievant, Bernard Friot, Jean Gadrey,Jacques Généreux, Jean-Pierre Gilly, Gaël Giraud, Jérôme Gleizes, Bernard Guerrien, Olivier Gossner, Alain Grandjean, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Esther Jeffers, Pierre Khalfa, Dany Lang, Alain Lipietz, Frédéric Lordon, Christiane Marty, François Morin, André Orléan, Dominique Plihon, Jean-Paul Pollin, Christophe Ramaux, Romain Rancière, Gilles Raveaud, Jacques Sapir, Dominique Taddéi (liste complète en fin de tribune)
Loi bancaire
Les contribuables ne doivent pas payer pour la finance
« Nous, économistes, pensons que le projet de loi de séparation bancaire présenté à l’Assemblée nationale ne fait pas ce qu’il prétend et ne protègera pas plus qu’avant les dépôts des ménages français. En réalité, il laisse libre cours aux activités spéculatives des banques et sauvegarde leur pouvoir.
L’objectif affiché du projet consiste à sécuriser les dépôts et, pour cela, à séparer les activités de marché dangereuses des activités de crédit-dépôt. L’intention est bonne, compte tenu de l’hypertrophie des banques françaises. En effet, les actifs bancaires français représentent 340 % du PIB (contre 85 % aux États-Unis). Il existe au moins quatre banques dont la faillite peut entraîner la chute de l’ensemble du pays, contrairement à l’Allemagne qui n’en compte qu’une. Ces banques sont à la fois trop grosses pour qu’il soit possible de les laisser faire faillite (too big to fail) et « trop grosses pour être sauvées » (too big to save).
Le secteur bancaire français présente un niveau de risque systémique parmi les plus élevés du monde : Dexia a déjà coûté 12 milliards d’euros aux contribuables français et belges et l’État vient d’y ajouter 85 milliards en garantie. Le Crédit agricole prévoit des pertes record en 2012, voisines de 6 milliards d’euros et la Société générale aurait perdu 11,9 milliards en 2008 sans le secours du contribuable américain.
Par ailleurs, le « modèle » français se révèle défaillant dans sa tâche de financement de l’économie : seuls 10 % du bilan de nos banques sont consacrés aux prêts aux entreprises non financières et 12 % aux prêts aux particuliers. Le reste relève d’opérations de marché essentiellement spéculatives : sur les 200 milliards d’obligations émises par le secteur bancaire français en 2012 pour « financer les prêts hypothécaires », seuls 22 milliards ont été distribués aux ménages et 27 milliards aux entreprises. Et combien consacrés à l’emploi, la recherche et l’investissement ?
En supprimant la garantie publique implicite sur les produits bancaires hautement profitables et risqués que proposent les marchés, la séparation des activités spéculatives des activités dites commerciales, engagement de campagne n° 7 de François Hollande, permettrait aux secondes de se consacrer intégralement au financement de l’économie réelle. En isolant les banques commerciales des humeurs des marchés, une vraie séparation permettrait de réduire le coût du financement des ménages et des entreprises. Elle ne pénaliserait que les quelques 9 000 traders et leurs dirigeants.
Or, que fait le projet de loi actuel ? Il oblige les banques à loger certaines activités spéculatives dans des filiales, mais seulement 0,75 % à 2 % du produit net bancaire des banques est concerné par cette mesure. Toutes les activités interdites à la maison-mère (les prêts aux fonds spéculatifs, le trading à haute fréquence, etc.) sont accompagnées d’exception qui vident la loi de son contenu. Les amendements déposés pour élargir ce périmètre demeurent largement insuffisants. Le projet français reste très en-deçà de ce qui est envisagé ailleurs dans le monde, y compris dans les pays anglo-saxons ! Il est beaucoup plus faible, en particulier, que le rapport Liikanen de l’Union Européenne, qui, bien que timide, a au moins le mérite d’exiger la filialisation de toutes les activités de « tenue de marché ».
À défaut de prévenir une crise, le projet de loi laisse-t-il au moins espérer que nous aurions les moyens de la guérir ? Non. Selon ce projet, les maîtres d’œuvre de l’éventuel démantèlement d’une banque française seront le Gouverneur de la Banque de France et le Directeur général du Trésor. Ils décideront seuls si l’État français devra aller au secours d’une banque (quitte à ruiner les Français) ou s’il conviendra de la laisser faire faillite. Les décisions seront prises sans obligation de consulter le Parlement, à l’aveugle, et au détriment du contribuable. Les 3,7 milliards prélevés sur les citoyens néerlandais, sans avoir été consultés, pour sauver sans conditions SNS Reaal, 4ème banque des Pays-Bas, sont un cas d’école qui risque de se généraliser.
De même, les détenteurs d’obligations ne seront pas nécessairement sollicités financièrement avant que les contribuables français aient à mettre la main à la poche. Le projet de loi considère que c’est une possibilité, mais non une obligation. Pire encore : pendant l’opération de réanimation cardiaque, le versement de dividendes aux actionnaires de la banque en détresse ne sera pas interdit. Rien n’est prévu non plus pour mettre à contribution les créanciers. Les dirigeants de la banque en détresse responsables de la déroute pourront-ils se voir supprimer définitivement le versement de leurs rémunérations ? Pas davantage.
Ce projet revient donc à maintenir dans la loi le parachute dont rêvent les banques « universelles » et leurs alliés, les fonds spéculatifs, pour pouvoir continuer leurs opérations spéculatives en toute quiétude. Il préserve leur liberté d’utiliser les dépôts de leur clientèle comme base pour accorder des crédits à leurs filiales spéculatives.
Comment, dans ces conditions, peut-on prétendre séparer les activités dangereuses du crédit, et sécuriser les dépôts ? Le sujet est suffisamment complexe pour que le Parlement britannique, qui s’engage vers une séparation bien plus stricte prenne un an pour légiférer. Le gouvernement français, lui, prétend régler la question en un mois, alors même que la Commission européenne s’apprête elle-même à légiférer dans le sens du rapport Liikanen. Ce projet de loi du gouvernement ne résout rien. Au contraire, il laisse la porte ouverte à une nouvelle crise.
La crise a montré la nécessité d’une séparation stricte entre les activités bancaires utiles à l’économie et celles qui lui sont néfastes. Nous, économistes, appelons à une modification profonde de ce texte de loi, sous peine d’ébranler une nouvelle fois la confiance dans le processus démocratique. »
Les signataires du texte :
Daniel Bachet, Université d’Evry
Michel Bellet, Université de Saint-Etienne
Nicolas Beniès, université populaire de Caen,
Mathieu Béraud, Université de Lorraine
Eric Berr, Université Bordeaux 4
Olivier Berruyer, économiste, animateur de www.les-crises.fr
Pierre Bitoun, INRA
Frédéric Boccara, maître de conférences, université de Paris 13
Paul Boccara, économiste, historien
Marc Bousseyrol, économiste
Claude Calame, EHESS
Gabriel Colletis, université de Toulouse
Pierre Concialdi, économiste-sociologue
Laurent Cordonnier, Université Lille 1
Ghislain Deleplace, Professeur, Université Paris 8 – Saint-Denis
Yves Dimicoli, économiste
Jean-Paul Domin, Université de Reims Champagne-Ardenne
Denis Durand, économiste
Guillaume Étievant, expert économique auprès des CE,
David Flacher, Université Paris 13
Bernard Friot, Université Paris-X, institut européen du salariat,
Véronique Gallais, Cadre dans l’économie sociale
Jean Gadrey, professeur, Université Lille I,
Jacques Généreux, professeur, IEP de Paris,
Jean-Pierre Gilly, Université Toulouse 1
Patrick Gianfaldoni, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse
Gaël Giraud, CNRS, Centre d’Economie de la Sorbonne, Ecole d’Economie de Paris
Jérôme Gleizes, économiste
Bernard Guerrien, SAMM, Centre d’économie de la Sorbonne
Ozgur Gun, Université de Reims
Olivier Gossner, Directeur de recherche CNRS, Paris School of Economics
Alain Grandjean, économiste
Jean-Marie Harribey, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
Michel Husson, économiste,
Esther Jeffers, Université Paris 8
Andrée Kartchevsky, Université Paris 8 – Professeure, URCA et LADYSS
Pierre Khalfa, membre du Conseil économique, social et environnemental,
Robert Kissous, statisticien-économiste, consultant auprès des CE
Dany Lang, Université Paris 13,
Philippe Légé, Université de Picardie
Pierre Le Masne, Université de Poitiers
Alain Lipietz, économiste
Frédéric Lordon, Directeur de recherche, CNRS
Marc Mangenot, Directeur de recherche, CNRS
Jonathan Marie, CEPN – CNRS, Université Paris 13
Christiane Marty, économiste,
Antoine Math, Economiste, IRES
Jérôme Maucourant, Economiste, Université Jean Monnet (IUT Saint-Etienne)
Thierry Méot, Statisticien-Economiste
Sandrine Michel, Université Montpellier 1
Catherine Mills, économiste
Alain Morin, directeur de la revue Economie et Politique
François Morin, professeur, Université Toulouse 1
André Orléan, Directeur de recherche, CNRS-EHESS
Gilles Orzoni, Ingénieur-économiste
Henri Philipson, économiste,
Dominique Plihon, professeur, Université Paris 13,
Jean-Paul Pollin, Université d’Orléans
Jean-François Ponsot, Université de Grenoble
Christophe Ramaux, Université Paris 1
Romain Rancière, Professeur associé à Paris School of Economics
Frédéric Rauch, économiste, Rédacteur en chef de la revue Économie et Politique.
Gilles Raveaud, Institut d’Études Européennes, Université Paris 8-Saint-Denis
Jacques Rigaudiat, économiste
Bertrand Rothé, Université de Cergy Pontoise
Gilles Rotillon, Université Paris X – Nanterre
Jean-Marie Roux, syndicaliste
Jacques Sapir, Directeur du CEMI-EHESS
Richard Sobel, Université Lille 1
Dominique Taddéi, ancien président d’université, ancien Président de la Caisse des dépôts et consignations,
Bernard Teper, membre Haut Conseil de la famille et du Réseau Éducation Populaire
Bruno Tinel, Université Paris 1, Centre d’économie de la Sorbonne
Alain de Tolédo, Université Paris 8
Stéphanie Treillet, économiste
Philippe Zarifian, Professeur, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Équateur • Un gouvernement populaire, 1er épisode
Le 17 février prochain se tiennent les élections présidentielles et législatives en Équateur. Le président Rafael Correa brigue un nouveau mandat. Dans ce reportage et entretiens la Radiodegauche revient sur son action, de la tenue d’une assemblée constituante à ses réformes sociales. Une plongée dans un pays qui tente de s’opposer à la finance et l’austérité imposée.
1er épisode – Entretien avec Hector Cedeño, chef du service investigation à la télévision équatorienne. Il dresse le portrait du gouvernement Correa et nous raconte la campagne électorale.
Équateur • Un gouvernement populaire, 1er épisode
Le 17 février prochain se tiennent les élections présidentielles et législatives en Équateur. Le président Rafael Correa brigue un nouveau mandat. Dans ce reportage et entretiens la Radiodegauche revient sur son action, de la tenue d’une assemblée constituante à ses réformes sociales. Une plongée dans un pays qui tente de s’opposer à la finance et l’austérité imposée.
1er épisode – Entretien avec Hector Cedeño, chef du service investigation à la télévision équatorienne. Il dresse le portrait du gouvernement Correa et nous raconte la campagne électorale.
Europe • Voie ouverte pour le démantèlement de nos réseaux ferrés !
20 ans d’acharnement libéral, 20 ans de politiques qui ont cassé l’outil ferré français : séparation de l’infrastructure et de l’exploitation, fin des péréquations entre le voyageur et le frêt, ouverture du frêt à la concurrence avec pour conséquences la fermeture des embranchements particuliers, démultiplication des camions sur les routes, privatisation des installations ferroviaires portuaires. Voilà le triste et dur bilan de l’Europe libérale.
Le 30 janvier dernier, la Commission Européenne a adopté le 4ème paquet ferroviaire. Le Parti de Gauche dénonce l’aveuglement idéologique de l’ouverture à la concurrence prévu pour décembre 2019. Celle-ci privilégiera les lignes rentables au détriment du maillage du territoire, remettra en cause l’égalité de traitement, principe fondamental du service public, et la protection sociale des salariés du secteur. Nous dénonçons notamment la séparation intégrale de la gestion
de l’infrastructure et de l’exploitation qui compliquera les conditions de travail et dégradera encore la sécurité sur les lignes en jouant du dumping social et environnemental entre les les compagnies. Ces politiques libérales et anti-écologiques éloignent encore notre service public de l’intérêt général.
A l’opposé de cette logique de l’ouverture à la concurrence à tous prix, le Parti de Gauche propose que ce secteur, dans sa branche frêt comme dans sa branche voyageur, soit la pierre angulaire de la transition écologique. Cela nécessite le développement des coopérations entre réseaux, une tarification juste et une véritable planification pour pouvoir répondre aux enjeux écologiques. Pour cela, le secteur ferroviaire doit être vu comme un outil des politiques publiques d’aménagement du territoire et du transport de marchandises, à l’exact inverse de la vision libérale qui ne prend en compte que le prix et la rentabilité directe du service.
Le Parti de Gauche ne cessera de défendre le service public du rail et sera aux côtés des salariés dans cette lutte écosocialiste.
Parti de Gauche des Pyrénées-Orientales (66) • Les radicalités concrètes du Parti de Gauche
Dernièrement, le Parti de gauche des Pyrénées-Orientales a fixé sa feuille de route pour l’année 2013 à l’occasion de son assemblée générale départementale. La priorité sera de « lutter contre les politiques d’austérité impulsées au niveau européen par la troïka (CE, Banque centrale européenne, FMI) et transposées au niveau national par le gouvernement se soumettant aux diktats des marchés ». Le PG 66 fait de la promotion des services publics et de la défense du droit du travail une priorité ardente : « seul un autre partage des richesses permettra de terrasser la crise économique ». Le Parti de gauche, avec ses partenaires du Front de gauche, lance une campagne nationale contre l’austérité en déclinant 25 propositions alternatives. Les co-secrétaires du PG 66, Dany Benquet et Patrick Garcia, se félicitent du doublement du nombre des adhérents du PG au niveau national et du triplement au niveau départemental. 2013 verra la préparation des municipales et des Européennes de 2014. Ce sera l’occasion de décliner localement, en les adaptant, les grandes orientations de son programme L’humain d’abord. Le concept de ’radicalités concrètes’ contribuera à faire du Parti de gauche 66 davantage un acteur politique local incontournable. Le Parti de gauche tiendra son IIIe congrès national les 22, 23 et 24 mars à Bordeaux.



