Le blog de Gabriel Amard – Le Front anti-traité s’élargit

 

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Nous l’avions dit, la fracture dans la gauche se situe au niveau européen. Cela s’avère plus vrai que jamais. Si, lors de la campagne présidentielle, nous avions fait de la réorientation européenne une priorité, c’est parce que nous savions que sans une autre Europe, point de salut dans nos politiques économiques nationales. Et nous avions prévenu le Parti Socialiste que s’il s’entêtait, il se retrouverait isolé à gauche dans sa volonté de poursuivre la construction de l’Europe libérale.

Le récent positionnement d’Europe Ecologie Les Verts, refusant le Traité européen (ou Pacte budgétaire) en atteste. Leur Conseil national a voté très majoritairement le rejet de ce traité, sous prétexte qu’il devait être renégocié selon la promesse de campagne du candidat François Hollande, et qu’il ne l’a pas été. On est bien d’accord !

Le front anti-traité s’élargit. Des parlementaires écologistes, mais aussi socialistes s’apprêtent à voter contre. Graver dans le marbre les politiques d’austérité ne peut satisfaire personne à gauche. A ce propos, j’ai demandé, avec mon comité Front de gauche, à Eva Sas, la députée écologiste de ma circonscription en Essonne, de se positionner. Vous pouvez retrouver la lettre ici

J’ai lu dans Le Parisien que les parlementaires de ce parti étaient divisés quant à leur vote, alors j’aimerais savoir si cette nouvelle essonnienne (sic) s’inscrit dans la tradition locale de la gauche. Pour mémoire, je rappelle que Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann, anciennement parlementaires socialistes essonniens, appelle à voter contre ce Pacte budgétaire. Et que l’actuel député , Président du Conseil général va voter « non » lui aussi. Bienvenue en Essonne, Eva !

Bref, une fois encore, au nom de la politique européenne, le gouvernement souhaite passer au-dessus du peuple français. Double déni de démocratie que voilà : les Français sont pour un référendum et contre le Traité, on n’en tient pas compte ; et on soumet les votes des budgets nationaux à une commission européenne composée de non-élus. Au lendemain du 220ème anniversaire de notre République, cela fait désordre. On tente d’effacer le peuple souverain. A se demander si c’est vraiment un hasard que seule une association ait décidée de fêter cet anniversaire. Notre République ne commémore même pas sa date de naissance !

Dimanche, nous avons une occasion de rappeler la force d’un peuple en mouvement. Nous avons l’occasion de rappeler que la vie démocratique et le débat républicain ne s’ouvrent pas qu’au moment des élections avant de se refermer lors de leur clôture. Lorsque d’importantes décisions doivent être prises, qui engagent l’avenir, qui engagent un abandon de souveraineté, le peuple doit être consulté. C’est l’essence même de l’esprit républicain. Bien sûr, la démocratie représentative existe. François Hollande aurait d’ailleurs pu se réclamer du mandat que lui a donné le peuple français pour renégocier le Traité, comme il s’y était engagé. Il ne l’a pas fait. « D’un point de vue juridique, c’est vrai, le Traité est le même » comme l’a déclaré récemment Jean-Marc Ayrault, le 1er Ministre, dans le journal Mediapart. Bon, un Traité c’est quoi si ce n’est un document juridique ? C’est le même !? Donc il n’a pas été renégocié depuis l’accord Sarkozy-Merkel. Donc Hollande a menti. Donc le peuple français a le droit, et même le devoir de s’inviter dans le débat puisqu’on l’en écarte.

Ça tombe bien, la manifestation aura lieu Place de la Nation !

Le blog de Gabriel Amard

 

TSCG – Traité européen : les 5 mensonges d’Ayrault

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Afin de faire croire à une renégociation qui n’a jamais eu lieu, Jean-Marc Ayrault multiplie depuis la rentrée les mensonges au sujet du Traité budgétaire européen TSCG. Car c’est bien le texte signé le 2 mars 2012 par Nicolas Sarkozy qui va être soumis au vote de l’Assemblée nationale début octobre et du Sénat fin octobre.

1/ Mensonge sur la rénégociation du traité

Ayrault, le 26 août à l’université d’été PS de la Rochelle : « Les lignes ont profondément bougé. Les choses ont bougé parce que François Hollande a été élu président. »
=> Pas une ligne, ni une virgule du Traité TSCG n’a bougé depuis son adoption au sommet européen du 30 janvier 2012 puis sa signature par Sarkozy le 2 mars.

2/ Mensonge sur la taxe sur les transactions financières

Ayrault, le 26 août à l’université d’été PS de la Rochelle : « Nous avons obtenu la taxe sur les transactions financières grâce au vote du peuple français »
=> La taxe a été décidée en février 2012 sous l’impulsion de Merkel et Sarkozy, avec l’Italie, la Belgique, l’Autriche, l’Espagne, la Finlande, la Grèce et le Portugal. Elle a d’ailleurs été votée au Parlement européen le 23 mai 2012 bien avant le sommet européen de juin où François Hollande prétend l’avoir arrachée.
=> La taxe ne s’attaque pas à la spéculation puisqu’un taux réduit est prévu pour les produits dérivés, qui sont le principal instrument des spéculateurs.

3/ Mensonge sur la règle d’or

Ayrault sur France Inter le 2 septembre 2012 : « Il n’y a pas d’inscription dans le marbre, de cette obligation d’équilibre budgétaire ».

=> Jean-Marc Ayrault disait le contraire le 22 février 2012 sur son blog en dénonçant le « carcan budgétaire concocté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et qui étend l’austérité infligée à la Grèce à toute la zone euro« .

=> L’article 3 du traité interdit tout déficit structurel de plus de 0,5% de la richesse du pays : « la situation budgétaire des administrations publiques d’une partie contractante est en équilibre ou en excédent ; [cette] règle est considérée comme respectée si le solde structurel annuel des administrations publiques correspond à l’objectif à moyen terme spécifique à chaque pays, avec une limite inférieure de déficit structurel de 0,5% du produit intérieur brut.« 

4/ Mensonge sur la souveraineté du parlement

Ayrault sur France Inter le 2 septembre 2012 : « Le parlement garde sa souveraineté budgétaire ».

=> C’est faux car le traité prévoit :

5/ Mensonge sur le référendum

Ayrault affirme : « Nous refusons un référendum parce qu’il n’y a pas de transfert de souveraineté ».

=> Jean-Marc Ayrault défendait jusqu’ici la nécessité de consulter le peuple sur la poursuite de la construction européenne, qu’il y ait ou non des transferts de souveraineté. Jean-Marc Ayrault avait notamment défendu le 6 février 2008 lors de l’adoption du Traité de Lisbonne, une motion référendaire dont voici des extraits :

J.M. Ayrault et le référendum (vidéo)

TSCG – Jacques Généreux invité de "C dans l’air" sur France 5

Jacques Généreux, secrétaire national du Parti de Gauche à l’économie, était invité, le 25 septembre 2012, sur le plateau d’Yves Calvi pour débattre des actualités concernant le nouveau pacte budgétaire européen, face à Dominique Reynié (Fondation pour l’innovation politique, proche de l’UMP), Nathalie Saint-Cricq (responsable du service politique de France 2) et Jean-Dominique Giuliani (Fondation Robert-Schuman).

Gouvernement : – Toujours la chasse aux sans papiers

Le gouvernement après avoir organisé la chasse aux Roms pendant l’été ne trouve rien de plus urgent que de réformer la loi sur l’éloignement des étrangers sans papiers !

Le Parti de Gauche dénonce cette poursuite à peine voilée de la politique de chasse aux sans papiers !

Suite à  l’arrêt de la Cour de Cassation  du 5 juillet dernier, il n ’y a plus de  gardes à vue pour simple séjour irrégulier. Cette privation de liberté  ne servait qu’à permettre aux préfectures de préparer les mesures d’éloignement avant l’arrivée en centres de rétention. Depuis, le retour aux 4 heures pour vérifier l’identité ne satisferait pas les services de police.

Alors que le gouvernement souhaite réformer en urgence les textes pour créer un nouvelle procédure réservée aux étrangers sans papiers, le Parti de Gauche réaffirme que la priorité est d’établir au contraire un moratoire sur les expulsions, le temps qu’un grand débat soit organisé sur la nécessaire refonte du CESEDA et du code du travail pour mettre un terme au harcèlement des jeunes majeurs et des familles, et à la surexploitation des travailleurs sans droits parce que sans papiers.

Ils et elles vivent ici, grandissent, étudient, travaillent ici : ils et elles restent ici ! Egalité des droits !

Venezuela – De Caracas: déambuler,s’inspirer et témoigner de l’austérité libérale

 

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Voilà, j’y suis. Caracas, Venezuela, à quelques jours de l’élection présidentielle du 7 octobre. En pleine campagne entre le président Hugo Chavez qui achève son deuxième mandat, et le candidat de la droite, Henrique Capriles Radonski. Curieusement, la campagne ne se fait que discrètement présente dans les rues de Caracas. Des affiches, des pochoirs, mais on est loin de l’effervescence des grandes manifestations publiques. Une première chose me percute, sur la route qui mène de l’aéroport à Caracas : l’aspect symboliquement très affectif de la campagne de Chavez qui mise sur le visuel du cœur. Ça me fait penser aux jours heureux, à la vie douce, au buen vivir que nous tentons de remettre au goût du jour nous aussi, et même aux histoires d’amour parfois évoquées par Jean Luc pendant la campagne. Je ne trouve ça ni risible, ni mièvre, bien au contraire. Notre slogan « L’humain d’abord » ne disait pas autre chose.

Loin de la ferveur populaire, donc, les rues de Caracas sont à leur habitude un combat permanent du piéton pour se frayer un chemin sans se faire écraser, pleines de bruits, de fumées de pots d’échappement, de scooters et de camionnettes. L’impression d’être un peu à contre-temps, comme en avance sur le timing. De déambuler le nez au vent parmi une foule pressée. De devoir encore me délester de mes habitudes d’européenne… C’est pourtant à ce titre que je suis là. Pour venir témoigner de la réalité des politiques libérales et du résultat des politiques d’austérité en Europe. Car ici, la droite a compris que le libéralisme n’était pas porteur, dans une région du monde qui a payé un lourd tribut aux politiques du FMI et de la Banque Mondiale. Il y a plus de vingt ans, en 1989, le « Caracazo » était déjà une insurrection populaire contre les plans d’ajustement structurels imposés par le FMI. Elle s’était achevée dans le sang.

IMG_20120923_181227.jpgLa droite conservatrice vénézuélienne se trouve aujourd’hui également entravée par la réalité des progrès sociaux effectués depuis l’accession au pouvoir de Chavez : taux de pauvreté passé de 49% à 28% entre 1999 et 2010 selon l’ONU, mise en place de magasins d’alimentation d’État pour les plus pauvres, réforme agraire contre les grandes propriétés terriennes et système de semences public et solidaire, création de banques communales et monnaies locales, construction de 200.000 logements sociaux, passage de 44 à 40 heures de travail hebdomadaire, extension du congé maternité… Alors le candidat Capriles revêt une apparence sociale-démocrate, reprenant à son compte la Constitution de 1999, que la droite avait pourtant combattu à l’époque, allant même parfois jusqu’à reprendre les thèmes du président sortant, affirmant qu’il faut aller encore plus loin dans la lutte contre la pauvreté, et validant par la même en filigrane la politique de Chavez ! C’est une première victoire idéologique, lorsque vos adversaires en sont à reprendre vos propres termes. On le voit chez nous, où nous luttons pour parler de « cotisations » et non de « charges » sociales, où encore lorsque nos concurrents et adversaires politiques reprennent l’idée de revenu maximum ou de la planification écologique.

Ce que ne dit pas le candidat Capriles se trouve en revanche en toutes lettres dans son programme,épluché brillamment par Romain Mingus. C’est un programme de droite libérale tout ce qu’il y a de plus orthodoxe, singulièrement en matière économique : privatisation de l’énergie (notamment du pétrole, aujourd’hui géré par une entreprise publique), épargne individuelle volontaire en lieu et place de la sécurité sociale, retraite par capitalisation, autonomie de la Banque centrale vénézuélienne, et globalement ouverture au privé de tous les secteurs de l’économie… Ça vous rappelle quelque chose ? Alors oui, il n’est pas inutile de venir rappeler au peuple vénézuelien ce que donne ce type de politique.

IMG_20120924_103616.jpgEn Europe nous disposons hélas d’un espace privilégié d’observation. La campagne contre le traité européen TSCG qui bat son plein en France rappelle tout cela : la confiscation de la souveraineté populaire, l’austérité qui condamne les services publics et les mécanismes de redistribution, le pouvoir laissé à la finance. Comme le rappelait Jean Luc Mélenchon dans un billet de blog cet été : « [au Vénézuela] d’une façon générale j’observe que peu de gens sont informés du degré de verrouillage « austéritaire » en Europe. Je pense qu’il en est ainsi parce qu’ils croient que les horreurs qui leur sont arrivées dans la phase précédente de leur histoire, celle où le FMI et la Banque mondiale leur serraient la gorge, sont connues en Europe. Ici ils pensent que tout le monde a tiré la leçon de cette politique. Il leur est difficile d’admettre que ce n’est pas le cas. Quand j’explique que la Banque centrale européenne ne prête pas directement aux États tout le monde est stupéfait, se fait répéter l’information pour être certain d’avoir bien compris« . Il est inconcevable que si peu d’enseignements aient été tirés des erreurs du passé. Et pourtant.

Voilà tout le travail internationaliste que nous nous efforçons de réaliser au Parti de Gauche : apprendre du passé et d’ailleurs, décrypter les mécanismes de la révolution Bolivarienne et se souvenir des contre-révolutions réactionnaires qui s’ensuivent, toujours. Tourner nos yeux du côté de la Grèce et de l’Espagne, pour refuser de subir le même sort. Prendre appui sur la révolution citoyenne, le refus de rembourser la dette, la création de la CELAC (communauté des Etats latino-américains et des caraïbes) qui regroupe 550 millions d’habitants et permet une coopération autonome des États Unis, ou encore la création de la monnaie commune du SUCRE. Autant de chemins différents pour inventer des coopérations inter-régionales qui ne soient pas celles des oligarques, mais des peuples.

Et aussi, se rendre sur place, pour éviter de dépendre des discours formatés d’une certaine presse française sur ce qui se passe ici. Aller au delà des clichés caricaturaux sur « l’autoritaire Chavez ».Constater de ses propres yeux que oui, la presse qui se vend ici dans chaque kiosque, à chaque coin de rue, est libre. Tellement libre que la Une de la plupart des grands journaux vante les mérites du candidat Capriles. Regretter même que dans ce pays souvent décrit en France comme placé sous la coupe d’un socialisme dur, le consumérisme de masse se porte bien, merci. Il suffit pour s’en convaincre d’aller faire un tour dans les galeries marchandes de Caracas. Ce que j’ai du faire dès mon arrivée, ma valise ayant eu la malencontreuse idée de rester quelque part sur le tarmac entre Paris et Caracas. Zara, Naf Naf, téléphonie mobile, Mac Donald’s et consorts n’ont pas été chassés du pays, loin s’en faut. Il reste du taf.

IMG_20120924_103532.jpgC’est le même désir de témoigner du réel qui m’avait motivée à me rendre en Cisjordanie. J’écrivais alors : « les représentations, les stigmates, les clichés qui sont véhiculés sont un frein à la résolution de ce conflit autant qu’au développement des territoires. Se confronter au réel là-bas permet d’aller au-delà des postures, de toucher du doigt une réalité qui hélas dépasse d’ailleurs parfois la fiction ». C’est lui encore qui m’a poussée à déambuler librement dans les rues de Caracas ce matin. A relire à la terrasse d’un café, levant les yeux de temps à autre, le dossier que je me suis concocté à base d’articles du Monde Diplo (le très bon papier de Steve Ellner, à lire ici) et de Mémoire des Luttes, à tout observer, humer l’air (keuf keuf), écouter, ressentir…

Car je suis en avance, comme je le disais au début de cette note. Le reste de la délégation n’arrive que dans les jours qui viennent : François Delapierre cet après midi, Alexis Corbière demain, plus tard encore Maurice Lemoine, Martine Billard, Christophe Ventura et Eric Coquerel… Avec les premiers, nous devons nous retrouver mercredi et jeudi en « séminaire » sur l’Union européenne, je ne sais pas encore quelle forme cela va prendre. Comme souvent ici, les infos arrivent au fil de l’eau. Une interview sur la chaîne de télévision TeleSur cet après midi peut être, une réunion politique demain, une visite au QG de campagne de Chavez… Les choses se décident au fur et à mesure. J’ai connu ça dans chaque sommet altermondialiste, de Madrid à Quito. J’imagine que cet automatisme de l’imprévu se trouve encore renforcé par la campagne présidentielle qui impose son propre rythme. Le souvenir encore vif et récent de notre propre présidentielle me laisse entrevoir à quel point plus personne n’est maître du temps dans ces périodes denses et chaotiques. Ce n’est pas pour me déplaire. Même si j’éprouve toujours un peu de difficultés à accepter cet entre-deux flottant, je dois reconnaître que mon départ dimanche, avec mon seul billet d’avion en poche et aucune idée de la suite, a fait partie des moments grisants que j’aime follement.

Mais trêve d’aventure, j’ai finalement été accueillie dès mon arrivée à l’aéroport de Caracas par le companero Lenin (sic!). L’occasion de lui passer des nouvelles de mon ami et camarade Christophe Ventura, qui m’avait initié aux charmes de Caracas il y a trois ans, d’échanger en attendant cette fichue valise qui n’arrivera pas, sur le contexte politique et le programme des prochains jours. Un énorme regret : la tournée dans différentes villes du pays est prévue plus tard, je serai sans doute repartie.

Je ferai donc ma part à Caracas, cette ville où le décalage horaire m’a apporté un premier constat, ce matin : ici le peuple se lève tôt.

Le blog de Corinne Morel Darleux

Traité austéritaire – Tout connaître sur le traité

Vous pouvez trouver ici des documents sur le traité, des analyses et des déclarations expliquant notre « Non » au traité et l’exigence d’un référendum, ainsi que du matériel militant.

Texte de l’appel unitaire : Non à l’austérité permanente – Refusons le Pacte budgétaire, ouvrons le débat en Europe !

Ils auront tout dit

Le traité décortiqué

Ce qu’ils pensent du traité

Mobilisons-nous !

Le blog de René Revol

Blogrenerevol

http://leblogderenerevol.wordpress.com/

Jean-Luc Mélenchon "C à vous" France 5

Le 24 septembre 2012, Jean-Luc Mélenchon répondait aux questions de Patrick Cohen dans l’émission « C à vous » sur France 5

Dimanche, attaquons le verrou

Ces derniers jours confirment l’étendue de l’opposition au traité européen austéritaire, le TSCG.

Citons notamment l’appel à manifester le 30 septembre voté par la direction nationale de la FSU à plus de 70% et le vote tout aussi large du conseil national d’Europe Ecologie les Verts contre le traité. Chaque soutien à cette cause est précieux pour le 30, bien sûr, mais aussi au-delà. Car cette journée décisive sera un moment dans un bras de fer de plus longue haleine pour la reconquête de la souveraineté populaire des Français.

Le 30 doit d’abord obliger au débat interdit par le pouvoir. On comprend pourquoi ! Quand Jean-Marc Ayrault finit, au milieu d’entretiens complaisants, par tomber sur des journalistes (de Mediapart) qui lui demandent enfin pourquoi il ne reconnaît pas que le texte n’a pas été modifié d’une ligne, il répond piteusement : « D’un point de vue juridique, c’est vrai, le traité est le même ». Mais qu’est-ce qu’un traité sinon un document juridique ! Quand on lui cite son discours pour un référendum en 2008, il répond cyniquement : « C’est beau (sourire) ». Rapidement l’agressivité méchante revient. Nous cacherions que nous sommes en faveur de la sortie de l’euro assène-t-il sans appuyer sur rien son accusation. Ayrault préfère pourfendre des chimères inventées par ses soins que répondre à nos arguments.

Les principaux partisans du TSCG avancent donc à coup de contre-vérités et de procédés dignes d’une vente forcée. Alors dommage que le texte soit si compliqué et le calendrier implacable, entend-on parfois du côté du « non ». Oui, la liste des obstacles à la discussion est connue. Il est vain d’espérer de notre adversaire sans visage la finance un combat loyal.

Mais nous avons aussi des points d’appui ! Le texte n’est pas si long. A côté du projet de Constitution européenne, c’est un modèle de simplicité. Quant au calendrier, il ne s’achève pas le 30. Le TSCG est la clé de voute d’un ensemble de mesures sans lequel il n’aurait pas d’effet. Une loi organique le complète, avec son objectif inamovible de réduction des déficits et son haut conseil des finances publiques chargé de mettre sous tutelle budgétaire le Parlement. La prétendue « règle d’or » qu’elle instaure est accompagnée d’une première programmation des dépenses publiques portant aussi bien sur la protection sociale que sur le budget de l’Etat. Cela fait trois textes.

Tout ceci ne se vote pas en quelques heures. Même si le règlement de l’Assemblée a été laissé dans l’état où l’avait rendu Sarkozy pour limiter la discussion, le débat parlementaire se poursuivra donc tout au long du mois d’octobre. Un mois entier pendant lequel nous pouvons, appuyés sur l’énergie du 30, faire échouer le passage en force antidémocratique.

Si nous travaillons bien, le TSCG s’avérera vite être la grande erreur des libéraux. En imposant un texte qui leur servira demain à refuser toutes les demandes de la société, ils ont fabriqué eux-mêmes la cible qui unira les oppositions multiformes à l’ordre austéritaire et fera converger l’aspiration démocratique et celle du partage des richesses. Le traité agira de la même manière que les « hommes en noir » de la Troika qui ont donné un visage à la prétention dictatoriale des marchés à renverser la démocratie dans les pays soumis au mécanisme européen de stabilité. Quand la pression monte, les verrous sont faits pour sauter. Le plus tôt sera le mieux. Car en attendant combien de personnes seront écrasées sur la porte ?

Le 30 il nous faut donc porter un bon coup.

Le blog de François Cocq

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