Loi d’amnistie sociale • Défendons les militants de premières lignes !
Les militants de premières lignes sont les premières victimes de la répression syndicale et sociale. Ces militant-e-s s’appellent Cédric, Agathe, Dominique, Sébastien, Xavier, Olivier, et bien d’autres. Engagé-e-s dans de nombreux combats syndicaux, sociaux et associatifs, elles/ils n’ont de cesse de défendre l’environnement, l’emploi, le travail, la pollution publicitaire, l’accès aux droit à l’énergie et à l’eau pour les usagers, les services publics,… et ne craignent pas de monter en première ligne pour défendre les droits des citoyens, des salariés : de l’humain d’abord
Aujourd’hui, ils paient très cher leur engagement.
Pour des salarié-es qui n’ont que l’objectif de prendre la défense de leurs outils de travail, ils/elles sont trâiné-es devant les tribunaux par des patrons capitalistes pour soi-disant atteintes à « l’honneur des entreprises » alors qu’elles ne se privent pas d’annoncer des PSE pour garnir plus encore les comptes bancaires des actionnaires. Pourchassé-e-s par la justice pour refus de prélèvements ADN, alors que ces militants ne sont pas des criminels et que donc leurs noms n’ont rien à faire dans le fichier FNAEG. Condamnés lourdement pour participation a des mobilisations sociales, violences ou casse – sans preuves réelles souvent – ou pour avoir simplement avoir refusé l’entrée aux huissiers venus constater un mouvement de grève, militants anti-nucléaires, protecteurs de l’environnement, du bien-être des familles, de l’accès pour toutes et tous aux biens communs de l’humanité, déboulonneurs appelant à la désobéissance civile… ils subissent des pressions inadmissibles, des menaces, de la culpabilisation, des sanctions, la dégradation de leurs conditions de travail et la « mise au placard », ou sont condamné-e-s à des peines absurdes et absolument aberrantes.
Aujourd’hui, la déception des français est très forte face à la politique de François Hollande, auquel ils ont voulu tenter de faire confiance il y a un an, un Président de la République qui a vite oublié que son élection n’était due qu’à vouloir se débarrasser de la politique de Nicolas Sarkozy, et qui pendant sa campagne présidentielle, ainsi qu’en début de mandat, avait portant promis une Loi d’amnistie sociale.
Et pourtant, le gouvernement, par la voix d’Alain Vidalies, Ministre chargé des relations avec le Parlement, a fait savoir qu’il était contre cette loi, déjà rejetée par la commission des Lois de l’assemblée et que les député-e-s PS devaient respecter la position du gouvernement, naturellement sous la pression du MEDEF… Belle démocratie !
Alors aujourd’hui, on continue. Après une mobilisation sans faille du Front de gauche, la proposition de Loi d’amnistie sociale présentée par le Front de Gauche, une première fois arrachée et votée au Sénat le 27 février dernier à deux voix près passe le 16 mai prochain en séance publique à l’Assemblée nationale.
Pour que l’action syndicale, sociale et associative ne soit pas reconnue comme un délit, pour que l’engagement militant reste un droit fondamental pour défendre les acquis sociaux, l’emploi, l’environnement, les services publics, pour que la muselière ne nous soit jamais imposée par les puissants, soyons nombreux le
jeudi 16 mai 2013 à 12 heures
devant l’assemblée nationale
pour faire levier et appeler les député-e-s de gauche à respecter les engagements pris par le Président de la République devant les électeurs le 6 mai 2012.
Crédit photo photosdegauche.fr (ducret)
Laurence Parisot prend les salariés pour des pigeons et des idiots
Madame Parisot a le culot de dire au Premier ministre qu’elle tire « un bilan plutôt positif de la première conférence sociale » puisque le Medef a réussi à obtenir ce qu’il exigeait depuis des années : licencier plus vite, à moindre coût et avec le moins de recours juridique possible.
Aussi ne se gêne-t-elle pas pour poser sur la table ses nouvelles exigences. « Une désindexation des pensions n’est pas souhaitable» dit-elle pour immédiatement proposer de repousser l’âge de départ en retraite à 65 ans au lieu des 62 ans à venir et exiger 43 ans de cotisations.
Ceci signifie tout simplement qu’une majorité de salariés n’aura plus le nombre de trimestres nécessaires pour partir en retraite et devra soit continuer à travailler au-delà des 65 ans soit partiront avec des pensions de misère. Ce seraient évidemment ceux qui ont eu les carrières les plus précaires et les emplois les plus durs ainsi que les femmes qui ont déjà des pensions bien plus faibles que la moyenne qui seraient les plus pénalisés.
Au moment où l’espérance de vie en bonne santé diminue (62 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes soit un an de moins) et où le nombre de retraités pauvres est reparti à la hausse, il serait scandaleux d’aller dans le sens des exigences du Medef.
Madame Parisot n’est que la porte-parole française des politiques ultra-libérales de la commission européenne qui a convoqué François Hollande mercredi pour lui rappeler ses exigences. Il est honteux qu’un président se réclamant de la gauche accepte de se soumettre ainsi aux diktats du patronat et de la troika euroépenne.
La solution passe par une autre répartition des richesses dont une réforme fiscale d’ampleur pour rétablir plus de justice sociale dans notre pays et par une relance économique créatrice d’emplois socialement utiles et écologiquement soutenables faisant rentrer des recettes dans les caisses de la Sécurité Sociale.
Dans la suite de la marche du 5 mai, des répliques auront lieu dans plusieurs villes les 1er et 2 juin. Le Parti de Gauche appelle à dire clairement non à cette nouvelle régression sociale à l’occasion de ces initiatives.
Résister (aussi) aux bobards
Dégonflons l’arnaque de la semaine. Convaincue par Hollande et Ayrault, la Commission Européenne aurait donné un sursis à la France et renoncé à l’austérité.
Trois bobards dans une seule phrase. Mais d’abord un vocabulaire insupportable ! La France est-elle une délinquante pour que l’on lui accorde ainsi un « sursis » ? Cet abaissement de notre pays est ressenti par des millions de citoyens. Hollande en avait hier conscience. Vous vous souvenez peut-être qu’il s’était distingué dans la primaire socialiste en promettant d’aller plus vite dans la réduction des déficits que ne le prévoyait le programme du PS. Il avait alors juré ses grands dieux que cette politique ne lui était pas imposée de l’extérieur mais simplement conforme à l’intérêt national. Alors pourquoi se réjouit-il d’échapper aux objectifs de baisse des déficits s’il les a lui-même fixés !
La satisfaction qu’il affiche est l’aveu qu’il avait renoncé à notre souveraineté budgétaire en ratifiant le traité européen qui donne à la Commission non élue le droit de distribuer peines et sursis.
De plus, la Commission n’a pas renoncé à sa funeste politique austéritaire. Non seulement aucune des coupes budgétaires annoncées par le pouvoir PS n’a été annulée. Le projet de budget pour l’an prochain prévoit encore de généraliser les baisses de crédits, qui frapperaient des secteurs jusqu’ici épargnés. Ensuite, la Commission assortit son délai d’une condition : l’accélération des « réformes structurelles ». Il s’agit notamment de l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites. Le gouvernement en accélère docilement le calendrier ! Le sommet social chargé de l’endosser est avancé au 20 juin. Ayrault reçoit cette semaine les organisations syndicales. Il faut dire que la CFDT, favorable à une « réforme systémique » des retraites, n’est pas très chaude pour ouvrir à nouveau la voie aux projets du gouvernement. La signature de l’accord Made in MEDEF a fait de gros dégâts en interne et la direction de la confédération aimerait que Hollande assume davantage ses choix. Or ceux-ci sont économiquement, socialement et politiquement désastreux. L’allongement de la durée de cotisations fait déjà exploser le chômage des plus de 50 ans. La baisse recherchée du pouvoir d’achat des retraités percuterait l’économie (et creuserait les déficits). Et Hollande donne une fois de plus raison à Sarkozy et au MEDEF.
La fable d’un François Hollande faisant évoluer la Commission européenne relève donc de l’humour noir. Non seulement la Commission ne renonce en rien à ses lubies néolibérales. Mais de plus, Hollande court devant ce qui justifie ses surenchères. Navrant spectacle que de voir ce président qui se définit comme « le bon élève de l’Europe » allant devant la Commission comme à un oral de l’ENA chercher sa bonne note.
Nous devons en fait ce repli tactique à la résistance des peuples qui rejette les politiques austéritaires et ceux qui les incarnent. La Commission a été tétanisée par la défaite cuisante de Mario Monti en Italie, un homme qu’elle avait quasiment installé à son poste. Puis elle a été prise à revers par la décision du premier ministre libéral des Pays-Bas qui a renoncé à ses objectifs de réduction des déficits sous la pression des syndicats, tout comme à ses projets de gel des salaires dans la fonction publique ou d’assouplissement de la procédure de licenciement. Deux mesures qui trônent en bonne place dans la « boîte à outils » de François Hollande !
En Europe comme en France, une seule chose paie face à l’austérité : la résistance.
LE 5 MAI ET APRES ?…ON CONTINUE
Je ne commencerai pas par discuter le nombre de participants. Ce débat sur les chiffres est stérile.
La question est : le Front de gauche a-t-il atteint ses objectifs qui étaient de mobiliser largement contre la politique d’austérité et pour une autre république démocratique, écologique et sociale ?
Je peux vous dire que nous étions venus de partout, parfois de loin. Jeunes et moins jeunes. Militants du Front de Gauche, du NPA, d’Europe Ecologie-les verts, d’Utopia et syndicalistes de la CGT et de Solidaires dont les organisations- fait assez rare- appelaient à participer à une manifestation politique. Mais aussi simples citoyens de toute la gauche. Tous qui ne se satisfont pas de la politique du gouvernement Hollande-Ayrault.
C’est notre réussite d’avoir mobilisé et bien au-delà du Front de Gauche.
Qu’avons-nous tous dit, sur tous les tons et sous toutes les formes ?
Qu’ont déclaré Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly et quelques autres…?
« Hollande, nous ne t’avons pas élu pour ça ! Pas pour continuer la politique libérale et de rigueur de Sarkozy.
Hollande, respecte le vote du peuple de gauche pour un vrai « changement », sinon tu es foutu : la droite et l’extrême droite auront ta peau et celles de tes amis ! Et ça ne nous fera pas plaisir, car ce que nous voulons ce n’est pas l’alternance mais une vraie politique alternative. »
Bien sûr une marche seule, fut-elle réussie, ne suffit pas à inverser le rapport de forces.
Aux résignés, à ceux qui hésitent à nous rejoindre, nous disons : « mobilisez-vous, rejoignez-nous car jamais de nouveaux droits ne furent donnés, il fallut toujours les prendre de haute lutte. »
Dès le 6 mai, le Front de Gauche a convenu d’un calendrier de mobilisation et d’élaboration politique.
D’abord des rassemblements à Paris, le 14 mai lors du vote de l’ANI au Sénat et le 16 mai lors de l’examen de deux propositions de loi du Front de Gauche, l’une sur l’amnistie sociale et l’autre contre les licenciements boursiers.
Puis, les 1er et 2 juin organisation de répliques régionales de la marche du 5 mai.
Le Front de Gauche dans son ensemble soutient l’initiative communiste d’assises d’une refondation sociale et démocratique de la République le 16 juin, probablement à Paris.
Citoyens, camarades, on lâche rien, on continue !
Vive la sociale !
Jeannine Meignan
Crédit photos : Mado.
Opiam • Diabolisation visuelle de Mélenchon dans les médias
Deux analyses très complémentaires sont réunies ici. D’abord, une analyse iconographique d’André Gunthert, historien, enseignant-chercheur en culture visuelle et maître de conférences à l’EHESS. Puis quelques montages réalisés par la presse, et des variations à l’infini sur le thème de la diabolisation visuelle (trouvés sur le forum « Sans entraves ») :
I. De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle
La narration visuelle au service du journalisme fait rarement dans la dentelle. En ce jour de manif du Front de gauche, le Monde.fr a remis en Une le signalement du long article d’analyse politique de Raphaëlle Besse Desmoulières et Vanessa Schneider publié dans “M le magazine”, illustré par une photo noir et blanc d’un Mélenchon vociférant, parfaitement raccord avec les éléments de langage gouvernementaux (voir ci-dessus).
La presse de la middleclass entretient une allergie notoire pour le leader gauchiste, qui s’exprime abondamment par l’image. Un récent article de Libération comportait un choix iconographique qui tapait délibérément sous la ceinture, en dévoilant l’oeil noir d’un Méluche comme sorti d’un puits d’ombre. L’association avec Marine Le Pen constitue un classique de la dénonciation du populisme mélenchonien, que le Journal du Dimanche reprend dans son édition d’aujourd’hui (voir ci-dessous).
Rien n’interdit à un journal d’opinion de critiquer celles qui l’indisposent. Le Monde entretient de surcroît de mauvaises relations avec le dirigeant, qui a insulté un de ses journalistes. Mais un pas est franchi avec la photo de Laurent Hazgui, dont le noir et blanc, traitement rare dans le registre du portrait politique, souligne la violence tout en évoquant un rapport au passé. Comme le délit de sale gueule, l’attaque iconographique ne fait pas appel à des arguments politiques ou philosophiques, mais construit sur le mode de la médisance un document accusatoire qui s’appuie sur l’aspect physique et sur des jeux associatifs plus ou moins avoués¹…
Lire la suite sur le site de l’OPIAM (Observatoire de la propagande et des inepties anti-mélenchon)
Euro • « Il faut désobéir à la politique monétaire européenne » : Guillaume Etiévant, secrétaire national du Parti de Gauche

D’après le discours dominant, nous sommes condamnés à subir l’Euro ou à en sortir dans un repli identitaire. Pour le Parti de Gauche, l’euro doit être profondément réformé, par la désobéissance aux diktats européens. La BCE doit être mise au service des États.
Si la France engage ces réformes de nombreux partenaires européens la suivraient, nous explique Guillaume Etievant, secrétaire national au Parti de Gauche. La sortie de l’Euro n’interviendrait, ainsi, qu’en dernier recours.
Parti de Gauche des Côtes d’Armor (22) • Marche pour la 6e République
Diabolisation de Mélenchon et nombrilisme journalistique : les errements du magazine du « Monde »
Odieuse. Comment qualifier autrement cette édition du magazine du Monde, datée du 4 mai 2013 ? A la veille de la marche du 5 mai (qui a réuni 180 000 têtes dures, n’en déplaise à Monsieur Valls), le journal de révérence par excellence a essayé de plomber l’ambiance avec une couverture propre à effrayer le nanti ; au milieu de photos d’un meeting où le coprésident du Parti de Gauche est systématiquement présenté comme violent s’étale un titre, racoleur : « Le grand MÉCHANT Mélenchon » – « méchant » est bien en majuscules, je n’en rajoute pas.
Quand j’ai vu cette couverture, qui a été rendue publique quelques jours avant la parution, j’ai d’abord cru à une blague : venant du Monde, ça me semblait trop gros, trop lourd, trop pataud. Une fois l’information confirmée, j’ai ensuite pensé qu’il s’agissait d’une façon intelligente et drôle d’amener des articles qui allaient en fait faire l’étude des mécanismes médiatiques de diabolisation de Mélenchon, à l’œuvre un peu partout en ce moment.
Cet espoir de lire un ou des articles d’une analyse sémiologique poussée a évidemment été déçu : le papier correspondant à la couverture fait en réalité exactement l’inverse et apporte seulement un peu d’eau au moulin de la diabolisation mélenchonienne. Il constitue d’ailleurs un parangon de ce type d’articles, et je voudrais ici l’analyser afin de mettre en évidence les ressorts employés par les journalistes qui l’ont écrit : Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider. Mais l’analyse que je souhaite faire ici serait incomplète si je n’y étudiais pas aussi un autre élément que l’on retrouve dans un grand nombre d’articles concernant Jean-Luc Mélenchon : le nombrilisme journalistique.
I) Diabolisation de Mélenchon
Trois grands éléments de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon sont utilisés dans cette édition du magazine du Monde : des dispositifs visuels, des dispositifs lexicaux et, enfin, des dispositifs thématiques.
1) Le dispositif photographique
Le premier élément technique utilisé dans l’entreprise – consciente ou non – de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon est un dispositif photographique. Il s’agit d’abord évidemment de la couverture, qui juxtapose des clichés d’un meeting où le coprésident du Parti de Gauche est ostensiblement présenté comme un homme « énervé », « en colère » et « méchant » (je mets ces termes entre guillemets puisqu’ils apparaissent, nous le verrons ci-après, dans le champ lexical utilisé par les auteures de l’article).
Les photographies utilisées à l’intérieur du magazine pour illustrer le papier de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider ne sont pas en reste. Sur deux de ces photographies, Mélenchon « crie » (encore un terme du champ lexical utilisé par les auteurs). Sur une autre, il semble « en colère » (même remarque) mais une seconde photo est apposée dessus et présente le coprésident du Parti de Gauche (pas vraiment à son avantage) se recoiffant devant trois micros ; comprenez : « il tape sur les journalistes mais ne refuse jamais une interview ». Je n’extrapole pas : c’est peu ou prou ce qui est écrit tout au long de la page 38 de cette édition du magazine du Monde.
Pages 35 et 36 de l’édition du magazine du monde datée du 4 mai 2013
2) Le dispositif lexical
Le second élément utilisé dans l’entreprise de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon est un dispositif lexical et il est en fait à l’origine de ma volonté de rédiger cet article. Lorsque j’ai lu le papier de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider, je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de surligner les mots relevant soit du champ lexical de la violence soit visant à déprécier plus directement le coprésident du Parti de Gauche, et de lire tous ces mots surlignés d’une traite. J’ai été moi-même étonné du résultat…
MÉCHANT / coup de gueule / rage politique / attaques virulentes / radicalise / rebelle colérique / Mélenchon est tétanisé / mal à l’aise / grande gueule / orateur virulent qui défouraille à tout-va / ne fait pas le malin lorsqu’il croise plus énervé que lui / bravache / tribun provocateur flirtant avec le populisme / homme en colère / rien ne semble l’avoir apaisé / quelqu’un qui est en colère / verve tonitruante / mauvais caractère / rage qu’il laisse déborder / hargne / il fustige / hargne / hargne / asséné / détestation ancrée de longue date / ce qui ne l’empêche pas de se plaindre / attaque régulièrement / il s’attaque / il peut refuser d’adresser la parole / il houspille sans ménagement / rien ne semble lui convenir / ses colères sont de plus en plus fréquentes / il s’en prend à / cinglant / l’insulte / la diffamation / il s’en prend à / injures / intimidations / dérives fascisantes dont il est lui-même devenu coutumier / colères / soupe au lait / pousser des gueulantes est dans sa nature / montées de colère / violence / il gueule un bon coup / susceptible / il supporte peu la critique / en rage / sa détestation / éructer / bouderies / radicalisation / en colère / trop sectaire / colère qu’il ne cesse de déverser / excès paranoïaque / crie sur tous les toits.
Edifiant, n’est-ce pas ? Pour un article de trois pages, le moins qu’on puisse dire c’est que Raphaëlle Besse Dessmoulière et Vanessa Schneider ont chargé la mule, en usant de divers dispositifs pour noyer le poisson, et notamment en utilisant un certain nombre de citations d’adversaires ou de proches de Jean-Luc Mélenchon, manière de dire : « vous voyez, tout le monde est d’accord ». Trois pages d’élucubrations journalistiques. Pas un mot sur le fond.
3) Le dispositif thématique
Le dernier élément qui participe d’une diabolisation du coprésident du Parti de Gauche repose sur le ressassement de thèmes récurrents ; plus poétiquement, on pourrait dire qu’il s’agit là de brasser du fumier. Tout y passe : il « fustige » « les riches et les bourgeois » alors qu’il en est un (propos cher à Marine Le Pen qui, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, n’a toujours pas révélé son patrimoine), il « attaque » les journalistes alors qu’il « parcourt les plateaux de télévision », il « partage (…) un langage commun » avec Marine le Pen et, enfin, il a une « présence épisodique » au Parlement européen.
Bref : il faut que ça rentre dans votre tête, de gré ou de force : Mélenchon ne peut ontologiquement pas défendre le peuple parce que c’est un bourgeois, il ne peut que faire semblant de taper sur les journalistes parce qu’il est toujours à la télé et d’ailleurs vous en savez quelque chose parce que vous n’arrêtez pas de l’y voir, il est aussi dangereux que Le Pen puisqu’il utilise les mêmes mots (notons, fait rare, qu’il est tout de même précisé dans l’article qu’il « propose des solutions radicalement différentes » de cette dernière) et, enfin, c’est évidemment un profiteur puisqu’on ne le voit pas beaucoup au Parlement européen alors qu’il n’arrête pas d’en faire des caisses sur les élus du peuple et toutes ces salades.
II) Le nombrilisme journalistique
Je voudrais maintenant analyser un point qui ne concerne pas directement le traitement médiatique de Jean-Luc Mélenchon mais qui y est tout de même lié puisque, pour tout interviewer qui se respecte, il est presque devenu une règle de commencer son entretien en demandant au coprésident du Parti de Gauche s’il ne trouve pas qu’il exagère quand même un peu avec ces pauvres petits journalistes qui, après tout, ne font que leur travail.
L’article de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider est en effet révélateur d’un autre travers actuel du journalisme : le nombrilisme. « Moi, moi, moi et mes petits copains » : voilà ce qui intéresse désormais le journaleux moyen. Je ne résiste pas à l’envie de faire ici un petit relevé du champ lexical des médias.
Journalistes / plateaux de télévision / plateau de télévision / Grand journal / studios / les journalistes / plateaux de télévision / émission « Des paroles et des actes », sur France 2 / record d’audience / grandes émissions / la presse / Le Monde / journal / journalistes / interview / émissions de grande écoute / divertissement / « On n’est pas couché », l’émission de Laurent Ruquier sur France 2 / émission / divertissement / starlette lambda / audiences / le plateau de l’animateur vedette / magazine GQ / la plume / Les dépêches du Jura / médiacrates / éditorialistes / journalisme / rubricards des quotidiens / les photographes / interviewé par Le Monde, TV5 et RFI / étudiant en journalisme / bus des journalistes / photographe de Libération / un journaliste de L’Express / journal / hebdomadaire / Christophe Barbier, directeur de la rédaction / médias / tribunes / gens de médias / des journalistes / émissions de télévision.
Au final, l’article considéré parle autant de Mélenchon que des journalistes. Plus exactement, une bonne partie de l’article est consacrée à l’étude du rapport que le coprésident du Parti de Gauche entretient avec ces derniers : sur trois pages rédigées, ce sujet représente à lui seul une page entière. Nombrilisme.
III) Petits conseils
En fait, comme toujours, il manque une chose fondamentale à cet article : une étude du fond et des propositions. Jean-Luc Mélenchon est toujours ramené par les journalistes à la forme de son discours, et ceux-ci lui reprochent ensuite de « ne pas faire de propositions concrètes » alors qu’il est systématiquement contraint de lutter avec les dispositifs médiatiques mis en œuvre contre lui pour pouvoir présenter son programme politique. Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider écrivent par exemple, je l’ai dit, que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon proposent « des solutions radicalement différentes » ; fort bien… qu’elles se fendent alors un jour d’un article qui montre que la présidente du Front national est une grande protectrice du capitalisme alors que Jean-Luc Mélenchon en est l’adversaire résolu, plutôt que de systématiquement ramener l’un et l’autre dans le panier fourre-tout du populisme. Et d’ailleurs, puisqu’on parle de « populisme », qu’elles commencent par définir ce terme et par nous montrer concrètement ce qu’elles y font entrer.
Il est grand temps que les journalistes comprennent qu’ils ont un rôle puissant dans la construction du réel et que, comme les analystes financiers, ils donnent parfois largement dans la prophétie auto-réalisatrice. S’ils souhaitent réellement que Jean-Luc Mélenchon arrête de les « houspiller », qu’ils cessent de lui demander s’il ne regrette pas ses propos et si, quand même, il n’est pas un peu populiste sur les bords ; qu’ils prennent….lire la suite sur le blog d’Antoine Léaument
Le 5 mai dans la rue, maintenant on continue
La marche du 5 mai a donc été un magnifique succès. Rien n’était gagné d’avance. Mais nous y sommes arrivés. On peut tirer plusieurs leçons de cette réussite. D’abord nous avons su sentir l’attente de l’électorat mobilisé pour virer Sarkozy et qui après un an de gouvernement PS est furieux de la politique menée. Il fallait oser prendre l’initiative, nous l’avons fait. La marche démontre aussi que le Front de Gauche garde une forte capacité d’action et c’est une grande victoire car rien ne garantissait un niveau de mobilisation à la hauteur de la campagne présidentielle.
Ensuite l’ appel à cette marche contre la finance et l’austérité et pour la 6e République a permis un élargissement significatif au delà du Front de Gauche. C’est d’abord l’appel de plusieurs structures CGT locales ou de branche, ce qu’il faut souligner car il est très rare que des structures syndicales appellent à une initiative politique. Cela correspond à cette exaspération sociale qui monte dans le pays. Ce sont ensuite d’autres forces politiques qui se sont jointes à la marche : Utopia, NPA et bien sûr les membres d’Europe Ecologie-Les Verts venus avec Eva Joly. Des mouvements associatifs ont tenus à tenir des stands sur le parcours de la marche : RESF et le DAL par exemple.
Les réactions du gouvernement, du PS et des médias qui leur sont liés, sont donc significatives : la réussite leur est insupportable car elle souligne d’autant plus leur échec. Nous n’avons évidemment pas changé le rapport de force en une marche. Mais nous avons déjà redonné confiance à toutes celles et ceux qui cherchent une alternative et qui regardent en direction du Front de Gauche pour la porter. Et maintenant ?
C’est l’’éditorial du Monde de mardi qui résume le mieux l’action de François Hollande « ce socialiste a fait des choix difficiles, inédits pour un président de gauche : …le compromis avec les marchés… » Pour eux c’est un compliment. Pour nous, cela résume tout ce que nous exécrons : la soumission devant la finance. Mais François Hollande trouve que faire passer les lois devant le parlement prend encore trop de temps malgré toutes les procédures d’urgence inventées par son prédécesseur et qu’il n’a pas hésité à utiliser pour imposer la loi du Medef. Une petite phrase glissée dans son dernier discours annonce donc le recours massif aux ordonnances. Quand on vous disait que la 5ème République était de moins en moins démocratique et qu’il fallait la balayer pour passer à la 6ème.
Nous continuerons donc non seulement à dire ce que nous pensons de la politique de ce gouvernement mais aussi à mobiliser contre en cherchant à élargir toujours plus l’arc de ceux qui refusent de se soumettre et de se taire. C’est donc la tâche des mois de mai et juin : maintenir la pression à l’occasion des votes au parlement des différentes lois : ANI au sénat le 14 mai, amnistie et proposition de loi contre les licenciements boursiers à l’assemblée le 16 mai. Tout le monde ne pouvait pas venir à Paris pour cause de coût financier le 5 mai ? Alors place à votre imagination pour organiser partout, dans le cadre unitaire le plus large possible, des répliques au niveau local (marches, rassemblements …) les 1er et 2 juin, journée contre les politiques de la troïka européenne, aux côtés de peuples espagnols et portugais.
Mélenchon: l’homme central de la politique française
Depuis plusieurs semaines maintenant, le Front de Gauche en général et Jean-Luc Mélenchon en particulier, sont devenus l’épicentre de la vie politique française. Pas une déclaration du premier ministre ou d’un second couteau de l’opposition tel Gérard Longuet, pas un mot du F haine ou des ultras réactionnaires de la manif pour tous sans que le FDG ou Mélenchon ne soient la référence de la réflexion ou de l’action. Des mots aux images utilisés, tout tourne désormais autours de la gauche progressiste et écosialiste. Pour s’en convaincre, il suffit de passer au fil de la comparaison et de l’analyse le discours d’une classe politique totalement désemparée face à la marée citoyenne qui gagne le pays à l’initiative d’un Front de Gauche qui rassemble.
Commençons par la comparaison et l’analyse des images.
Au Front de Gauche, ce qui prime c’est le peuple. Aussi, est-il naturel qu’il soit au centre des représentations visuelles. A l’image du bandeau que l’on retrouve sur le site “place au peuple”. On y voit un peuple en action, en rouge qui opère un mouvement dans le but de réellement changer la politique et ses pratiques, dans le but de réellement changer la vie. Les médias tentent d’imposer l’idée que c’est le F Haine qui impose sa vision au reste de la classe politique. Pourtant, c’est le F Haine qui courre derrière le Front de Gauche en reprenant son visuel phare. Le peuple est devenu bleu, mais il agite drapeaux et banderoles. Ce simple changement de couleur ne peut masquer le plagiat incroyable opéré par la formation fasciste. Ce plagiat révèle un F Haine en carence intellectuel grave face à un Front de Gauche productif et inventeur d’une nouvelle manière de faire de la politique. Comme est novatrice sa convocation du peuple, des citoyens pour allez vers une révolution idéologique, pour aller vers un renversement des idées préconçues telle cette soit disant obligation de rembourser une dette impayable. Mais nous y reviendrons. Pour l’instant restons en toujours aux images. Quoi de plus normal alors que de convoquer les symboles visuels les plus parlants de la révolution citoyenne de 1789? Les manifestants du Front de Gauche défilaient le 18 mars 2012 comme le 5 mai 2013 avec des bonnets phrygiens rouges sur la tête pour réclamer une 6e République. Les ultras conservateurs catholiques, attachés à un clergé réactionnaire refusent le mariage pour tous, refusent l’égalité des droits…alors ils portent sur la tête un bonnet phrygien. Le plagiat suit le même processus, seule la couleur change…Mais ils ont conscience, eux aussi, que c’est bel et bien le Front de Gauche qui fait la course en tête, qui a raison de convoquer les citoyens. Alors ils imitent, d’un rose pâle, avec des Mariannes qui dissimulent à peine une Marie pourtant mère d’un enfant élevé par deux pères…
Poursuivons avec la comparaison et l’analyse des mots.
Le slogan que le porte voix du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, scandait durant la présidentielle est resté dans les mémoires: “l’humain d’abord”. Il s’agissait même du titre donné au programme politique de la gauche écososialiste. Le Front de Gauche criait également sa volonté de donner toute sa “place au peuple”. Un an plus tard, le F Haine s’est trouvé un nouveau mot d’ordre: “le peuple d’abord”. D’évidence, le ridicule ne tue pas chez les Le Pen. Plus c’est gros, moins ça se voit doivent-ils penser. A Gauche pour de Vrai! nous avons vu alors nous donnons à voir comment Jean-Marie, Marine et Marion, probablement durant un brainstorming fumeux ont contracté “l’humain d’abord” et “Place au Peuple”. Pourtant, les médias continuent de dire que les copieurs sont des inventeurs, les usurpateurs des leaders. Enfin, lors de l’émission ” des paroles et des actes” de la fin du mois d’avril de cette année, Jean-Luc Mélenchon a démontré…. lire la suite sur le blog d’A GAUCHE POUR DE VRAI
Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)








