La 6ème République (2) – Le référendum révocatoire
François Delapierre, secrétaire national du Parti de gauche, évoque les nouveaux outils dont pourrait bénéficier la 6ème République. Parmi eux le Référendum révocatoire, moyen de contrôle de l’action des élus. Ce référendum permettrait en effet au peuple de révoquer, sous certaines conditions, ses élus.
La 6ème République (1) – interview de François Delapierre
L’appel à la marche du 5 mai à Paris s’est fait autour de la 6ème République à laquelle le Front de gauche aspire. François Delapierre, secrétaire national du Parti de Gauche, nous explique pourquoi il faut tourner la page de la 5ème République et comment cette 6ème République pourra redonner le pouvoir au peuple.
Le discours de Jean-Luc Mélenchon pendant la marche pour la 6ème République
La bastille 5 mai 2013 – 13 heures
Photo Michel Soudais
Jean-Luc Mélenchon • RTL Week-end
J.-L. Mélenchon à » RTL Week-end » le 05/05/2013 par lepartidegauche
Marche du 5 mai J-1 • Retour sur l’histoire d’une marche inédite dans l’histoire de la gauche et de notre pays
Demain soir, je soufflerai un peu. Cela fait maintenant un mois que je vis au rythme de la préparation de cette marche. Un mois depuis ce jeudi 4 avril où Jean-Luc nous a envoyé un texto qui, en substance, posait deux questions : Que pensez-vous de l’idée d’une marche ? Quelle est la meilleure date possible ? J’aime ces nouveaux moyens de communications qui permettent ainsi à la fois de réagir vite et se concerter à plusieurs. L’idée d’une nouvelle marche à vrai dire flottait déjà dans l’air. Début 2013 des tweets étaient nés spontanément. Ils interrogeaient : si on se retrouvait le 18 mars à la Bastille ? Spontanée, cette consigne n’a pas alors trouvé concrétisation. Mais l’envie de se retrouver ainsi exprimée et de montrer la force du Front de Gauche sont devenus une nécessité politique au fur et à mesure que le gouvernement a pris des décisions de plus en plus insupportables. On l’a senti physiquement lors des meetings de notre campagne contre l’austérité : en mars nous avons remarqué davantage d’affluence, une plus grande détermination dans les salles, l’envie des militants de renouer avec l’élan de la campagne présidentielle. Cette conviction aussi qu’il était temps de réagir pour que la résignation et la désespérance ne l’emportent pas sur la colère et la résistance. Le 3 avril au soir c’est également ce que Jean-Luc Mélenchon a profondément ressenti à Mulhouse. Ce soir là avait lieu le meeting du Front de Gauche contre le projet d’unifier les départements du Haut et Bas-Rhin dans une seule même entité alsacienne. Dans cette terre de mission pour la gauche et a fortiori le FDG, la salle était pleine à craquer. Jean-Luc et Pierre Laurent, également présent, ont parlé de ce regain militant. Je sais que c’est de ce meeting et de cet échange en ce sens avec le secrétaire national du PCF, que l’idée de la marche a pris forme. Un autre élément s’est ajouté : les manifestations de la droite et l’extrême droite contre le mariage pour tous. Les gens de gauche que nous sommes n’ont pas eu envie de leur laisser le terrain un an après la défaite de leur champion.
Voilà dans quel contexte le 5 mai est né. Il reste à la réaliser. C’est le 5 avril au matin, sur France Info que Jean-Luc lance cette proposition. Deux heures après Pierre Laurent l’appuie. Je suggère une réunion à nos partenaires du Front de Gauche pour le soir même. Elle s’achève par un texte commun qui appelle à une « grande marche citoyenne contre l’austérité, la finance et pour la 6ème République ». Dans cet appel, le Front de Gauche prend soin d’en rester à l’idée de proposition : une façon à la fois d’assumer son rôle d’initiateur et de la déclarer ouverte à tous ceux qui en partagent les grands objectifs. Dès le week-end, Eva Joly nous contacte pour nous dire son accord à cette initiative. La nouvelle est importante : Eva est ainsi la première personnalité de la majorité gouvernementale de cette envergure à faire un tel pas. A vrai dire ce n’est pas étonnant : elle a montré pendant sa difficile campagne qu’elle était une tête dure. Et puis cela fait longtemps que la 6ème République et la lutte contre la finance lui sont des causes familières. Nous la prévenons qu’elle sera attaquée dans son propre camp : elle n’en a cure parce qu’elle estime juste d’agir ainsi. Le lundi 8 au matin elle appuie la marche au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM : « j’y serai ». Elle aura raison avant d’autres mais finira par être rejointe par des centaines de militants d’EELV dont des responsables comme Sergio Coronado, Jérôme Gleizes, François Alamartine, Francine Bavay, Julien Bayou etc…
François Hollande et le gouvernement vont se charger d’alimenter les braises du 5 mai. Rappelons la chronologie. Le 9 et 10 avril, trois ministres montent en ligne pour demander de desserrer l’étreinte de l’austérité. S’ils le font conjointement c’est que Montebourg, Duflot et Hamon pensent que Hollande peut envoyer un signe en ce sens. Ils ne sont pas déçus de la tentative : le 11 avril, le Président de la République les renvoie en touche : non il ne changera pas de cap. Quand aux ministres concernés ils sont là pour appliquer cette politique. Fermez le ban. Les autres signaux sont de la même eau : décision d’utiliser le vote bloqué au Sénat pour faire passer l’ANI ; volte face du PS, sur décision présidentielle, qui déclare ne plus vouloir voter la loi Amnistie sociale à l’assemblée ; annonce fin avril de cadeaux supplémentaires aux patrons, et notamment aux si symboliques « pigeons », accompagnée d’une ode aux entrepreneurs sans un mot pour les salariés… L’heure n’est pas au « bougé » à gauche mais à l’approfondissement de la ligne social libérale au point que l’on peut se demander en quoi, en réalité, elle diffère d’un pur néo-libéralisme.
Je ne sais pas si le message a été suffisamment entendu au sein de la gauche du PS puisque malgré de multiples approches, aucun de ses dirigeants ne décidera finalement de nous rejoindre le 5 mai mais, par contre, le peuple de gauche, lui, l’a bien compris : Hollande ne bougera pas de par lui-même ou de par un changement de rapport de force à l’intérieur de la majorité gouvernementale. Pour tenter de se faire entendre, il faut commencer par le dire plus haut et plus fort là où pour le moment c’est possible : la rue. Ces derniers jours nous avons senti combien un grand nombre d’électeurs de François Hollande le 6 mai, mais aussi du premier tour, ont franchi le gué. Ces derniers événements les ont convaincu que le temps était venu de dire « ça suffit ! » et d’utiliser le 5 mai pour cela. La marche a pris dès lors son envol. Les appels thématiques se sont multipliés et des régions, le nombre des cas affrétés n’a pas cessé de grimper au point de s’établir à plus de 200 soit davantage que le 18 mars 2012.
Ce samedi soir, en revenant du débat organisé à Lille dans le cadre de Politea par mes camarades du PG 59, je suis donc convaincu que demain sera une réussite. J’ai assuré sa coordination politique côté PG comme pour la marche du 30 septembre contre le TSCG ce qui m’a permis de toucher au plus près les résultats de la force militante du PG, et plus globalement du Front de Gauche. Les sondages sont également là pour le confirmer : malgré un contexte difficile, la puissance du Front de Gauche est intacte et prête à servir. Le 5 mai est le début d’un processus que le Front de Gauche n’entend pas accaparer mais dont il revendique d’être le déclencheur : la construction d’une majorité alternative pour changer vraiment et sans attendre 2017. Nous sommes convaincus d’être capables de regrouper une majorité de gauche derrière la ligne de rupture avec l’austérité et le capitalisme financiarisé que nous défendons. Nous disposons pour cela de la force que nous avons bâtis et d’un programme, l’Humain d’abord. Ne croyons pas que la situation est figée. Notre ennemi est avant tout la résignation : nos concitoyens ont besoin d’une force, d’hommes et de femmes qui leur disent « nous savons où nous allons, pourquoi nous y allons et nous voulons rassembler et le construire avec vous ». Le Front de Gauche c’est plus que jamais la gauche décomplexée, celle qui est capable d’affirmer : nous entendons gouverner ce pays le plus vite possible avec tous ceux qui veulent vraiment changer d’horizon. Demain donc ce processus débute. Il se poursuivra dans d’autres mobilisations. Que ce soit en appui de celles provoquées par le mouvement syndical, comme le 16 mai devant l’assemblée pour réclamer aux députés de gauche qu’ils votent la loi d’amnistie défendue par le Front de Gauche, que ce soit celles que le FDG initiera prochainement ou bien les assises du 16 juin que nos camarades communistes ont mis sur la table et que d’ores et déjà le FDG a fait sien pour les élargir, comme nous l’avons voulu le 5 mai, aux forces politiques et sociales qui partagent nos objectifs. Nous savons qu’il faudra être capable de concrétiser ce rapport de force devant le suffrage universel. Les Européennes nous semblent idéales pour cette démonstration.
Le thème du débat à Lille ce soir était « comment construire un Front du peuple majoritaire ». Je crois que le début de la réponse se trouvera demain à 13h30 place de la Bastille. Il fera beau sur Paris.
Rencontre du 1er mai • Un Syndicaliste espagnol : « Nous vivons une situation dramatique »
Le 1er mai est aussi un moment de rencontres, d’échanges. Dans le défilé organisé par la CGT, FSU et Solidaires, un syndicaliste espagnol. Il accompagnait des militants du Parti de gauche et notamment Philippe Juraver, membre du Bureau national. Rafael Tejero Herencia, c’est son nom, a accepté de témoigner de ce qu’il se passe aujourd’hui en Espagne. Il souhaite que les Français ne connaissent pas la situation que vivent les Espagnols et souhaite le succès du 5 mai en lançant ce message : « Ensemble nous vaincrons ! »
Bonjour Rafael, peux-tu te présenter ?
Bonjour, je suis Rafael Tejero. Je travaille à « Standard technologies », c’est une entreprise du secteur automobile. Elle fabrique des pièces en aluminium pour les voitures. Je suis syndicaliste. J’ai adhéré il y a longtemps à l’UGT (ndl : Union Générale du Travail, l’un des deux syndicats majoritaires en Espagne avec la CCOO, Comisiones Obreras ). Mais, depuis huit ans, compte tenu de la situation dans le pays, mon engagement est devenu plus intense et j’ai été élu par mes camarades pour les représenter.
Peux-tu nous raconter ce qui s’est passé dans ton entreprise et où vous en êtes maintenant?
Cela fait déjà de nombreuses années qu’il y a des problèmes dans l’entreprise.
Ça a commencé en 2008 avec la crise, mon entreprise comptait alors 550 personnes, elle a été vendue, elle a été divisée, ils en ont changé le nom, et maintenant nous sommes 160 travailleurs.
Mon entreprise a fait un « ERE » (ndl = plan de licenciement) et elle a pris des mesures pour « coûter moins cher », être « plus compétitive » mais les problèmes continuent Il y 3 mois, l’entreprise nous a fait la proposition suivante : baisser notre salaire de 20% pour continuer à fonctionner, et nous les 170 familles. Nous avons voulu lutter, mais les gens en Espagne ont très peur et sur 160 familles, 100 n’ont pas voulu lutter. Certains voudraient bien luter mais ils pensent que s’ils luttent, on va les licencier. Avec la réforme du marché du travail il est maintenant très facile de licencier et de justifier le licenciement.
Nous avons cependant fait des choses concrètes ceux qui ont pu. Nous nous sommes mis à l’entrée de l’usine, nous avons stoppé la production du site avec des drapeaux, avec des pétards, de la musique en revendiquant nos droits dans l’usine et nous avons fait des Assemblées pour les travailleurs.
Et maintenant…
Aujourd’hui, tous les travailleurs touchent en moyenne 200 euros en moins et mon entreprise continue à avoir des problèmes économiques et de productivité comme ils disent, mon entreprise doit faire beaucoup plus de production avec moins de coût et donc on continue à avoir les mêmes problèmes économiques, les mêmes problèmes de productivité mais en touchant 200 euros en moins. En fait, nous en sommes donc exactement au même point mais en touchant moins.
L’Espagne a connu deux grèves générales celle du 29 mars et du 14 novembre de l’année dernière, peux-tu nous en parler?
Lors de ces deux grèves générales, nous nous sommes mobilisés au niveau de toutes les branches du syndicalisme dire que nous ne voulons pas des politiques d’austérité et de la réforme du travail. Lors de ces grèves, il y a eu de nombreux arrêts de travail, nous avons stoppé des sites de production, bloqué des routes, et beaucoup de gens ont participé.
Tu m’a parlé de peur , ici on a entendu des slogans « nous n’avons pas peur » « oui on peut », qu’en est-il?
La réforme du travail fait peur aux Espagnols, elle te laisse à découvert, et les patrons peuvent te licencier en un rien de temps : si une entreprise prévoit trois trimestres de pertes par rapport au bilan précédent, elle peut te licencier. C’est l’une des clauses, mais il y en a d’autres tout aussi faciles comme la « mobilité fonctionnelle » (ndl = la mobilité forcée). Pour le patron, c’est devenu très facile de justifier un licenciement. Dans mon entreprise, le mois dernier, ils ont licencié 12 personnes, en utilisant la « modification substantielle »(ndl : modification des horaires de travail, de la journée de travail, du régime de travail par tour, du système de rémunération… lorsqu’elle dépasse les limites de la « mobilité fonctionnelle ») par le changement des horaires, du jour au lendemain, même si ça fait plus de 20 ans que tu es dans la boîte. Si tu ne l’acceptes pas, on te met dehors. La clause de la réforme du travail prévoit que si une entreprise a des pertes par rapport à l’année précédente, et ce, même si elle continue à gagner de l’argent, elle peut justifier des licenciements. On se retrouve alors avec des gens qui ont 30 ans d’ancienneté dans l’entreprise et qu’on met dehors pour 20000 euros.
Qu’en est-il de la répression syndicale?
La pression antisyndicale, la persécution, le harcèlement syndical sont très forts, les délégués sont dans la ligne de mire aussi bien de l’entreprise que de la droite, de Rajoy et de son gouvernement. Ils veulent retirer les moyens aux syndicats car c’est la seule barrière entre eux et le peuple et on les gêne. Et maintenant, lutter dans un syndicat en Espagne, c’est très difficile et dès qu’ils en ont l’occasion, ils te licencient.
Que peux-tu nous dire de la situation espagnole, des luttes en cours, des « mareas »…?
En Espagne, depuis la crise économique et sociale, des groupes des mouvements ont été créés. Cela a commencé avec le mouvement du 15M (ndl : « les indignés »).
Le mouvement 15M est un mouvement qui est contre les politiques d’austérité et les politiques qu’utilise actuellement le gouvernement espagnol mais qui est aussi un peu à part des syndicats, c’est un mouvement que nous pourrions qualifier d’ »indépendant ». C’est un mouvement que beaucoup de personnes ont suivi, de tous âges, des très jeunes aux très âgés et depuis, à la suite du 15M, se sont créées de nombreuses plates-formes. Par exemple, celle contre les expulsions (ndl : la PAH Plate-forme contre les expulsions) ou contre les licenciements dans les grandes entreprises… Elles sont très actives.
Il y a eu plusieurs manifestations importantes, plusieurs « mareas » comme on les appelle, pour aller jusqu’au Parlement pour y revendiquer là-bas nos droits. Des marches très longues. Les rendez-vous se faisaient par internet, pour que, arrivés au point de rencontre, il y ait beaucoup de monde. Chaque fois à l’arrivée, il y avait un important déploiement de forces policières, souvent même, il y avait plus de policiers que de manifestants. La répression policière en Espagne, est très forte. A toutes les manifestations et les « Mareas » que nous avons faites aussi bien à Madrid qu’à Barcelone, il y a eu une très forte répression policière. Dès que nous faisions quelque chose, ils chargeaient sur-le-champ. On ne nous permet pas de revendiquer, ils interviennent tout de suite et nous délogent.
Lors de ces manifestations, il y a tous les syndicats : éducation, santé, transport, industrie…
Les deux partis principaux, le PP et le PSOE ne sont pas les bienvenus, car les politiques qu’ils ont faites étaient justement antisyndicales et on ne leur a pas permis de venir. Il y a donc tous les syndicats et parmi les partis politiques Izquierda Unida (ndl : parti membre du PGE) mais qui reste pour le moment minoritaire.
Et maintenant comment tu vois les choses..
Nous ne savons pas exactement ce qui va se passer maintenant, ce que nous savons, c’est que ces politiques gouvernementales d’austérité qu’a menées Rajoy, ne fonctionnent pas..Zapatero (ndl : PSOE) avait déjà fait des coupes et il y avait 22% de chômage. Rajoy est entré avec une politique de coupes budgétaires et maintenant avec sa politique on en est à 27% de chômage et des prévisions où le taux de chômage pourrait atteindre 30%, la situation espagnole est donc dramatique, c’est le mot.
A mon niveau, des proches et des amis me disent qu’ils vont chercher de la nourriture parce qu’ils ne touchent plus le chômage. A côté de cela le gouvernement fait des cadeaux aux entreprises.
Tu nous as parlé de la situation politique et sociale du pays, où la colère augmente, quelle issue vois-tu à tout cela?
J’espère que la société espagnole réagisse car nous vivons une situation extrêmement dramatique, la réaction que nous aurons sera aussi très radicale car la situation est réellement très mauvaise.
En Espagne, on cherche aussi à nous « enfumer » dans les médias. Ce qui se passe avec les scandales de corruption, le cas Barcenas ou avec le beau-fils du roi Urdangarin, c’est une honte, ce sont de graves problèmes qui aggravent la situation du pays, mais on cherche aussi à les mettre en avant d’une manière très médiatique pour que nous, les Espagnols, nous prêtions attention à autre chose et pas à ce qui est réellement en train de se passer en Espagne : en attendant, on ne parle pas des expulsions, des enfants qui vont à l’école sans pouvoir manger, des familles qui n’ont plus rien à manger, des cantines sociales qui débordent de monde et réellement tous ces scandales de corruption, ça nous fait honte à nous, les Espagnols, mais c’est aussi utilisé pour masquer ce qui se passe réellement en Espagne au niveau social.
Il reste deux ans d’ici les prochaines élections, moi je ne sais pas ce qui va se passer, ce que l’on entend, c’est encore davantage de coupes, et plus de contre-réformes et une situation qui va encore se dégrader pour toutes les familles et tous les travailleurs.
La réaction du peuple… on est en train de toucher le fond, on est réellement en train de toucher le fond, et pour moi, les gens devront lutter, et sortir dans la rue, et lutter durement parce qu’on est en train de nous laisser sans rien.
Beaucoup ont perdu un peu la confiance dans leurs représentants politiques Oui c’est vrai, on entend les slogans « Qu’ils s’en aillent tous! » ou le « moi, je n’ai pas peur », ce sont des slogans que font sortir les syndicats, maintenant, c’est tout le peuple qui doit se les approprier.
Je pense, c’est qu’avec le temps, comme on va nous laisser sans rien, au bout du compte on réagira, et d’une manière très forte quand ça explosera.
Tu es ici pour le 1er mai et tu le sais nous aurons notre marche le 5 mai pour la VIème République. Qu’en penses-tu?
Je trouve cela très bien la lutte que vous êtes en train de mener, je la comprends. Pour le 5 mai, oui vous devez continuer à lutter et continuer ainsi pour obtenir ce que vous voulez, la VIème République. Que vous luttiez de toutes vos forces, surtout pour ne pas qu’il vous arrive la même chose qui nous est arrivée, à nous les Espagnols, la réforme du travail et toutes les politiques d’austérité qu’on nous a imposées ici.
Alors oui, je souhaite que vos luttes soient victorieuses, car je pense que vous en France, vous êtes un exemple à suivre et ensemble nous vaincrons.
Propos recueillis Par Juliette Estivill
Mémoire des Luttes • Les chantiers de Nicolas Maduro
Admettons-le d’emblée. Personne n’avait envisagé un tel scénario pour l’élection présidentielle vénézuélienne du 14 avril dernier. Toutes les enquêtes d’opinion, réalisées par des instituts proches du gouvernement ou de l’opposition, tablaient sur un écart de 6 à 15 points en faveur du candidat de la Révolution bolivarienne, Nicolas Maduro.
Ce dernier l’a bien emporté, mais avec 1,83 % d’avance sur Henrique Capriles, son adversaire de droite, alliée aux sociaux-démocrates de la Table de l’unité démocratique (MUD)). Ce pourcentage correspond à un avantage de 273 000 voix sur près de 15 millions de suffrages exprimés [1].
Manifestement, l’émotion suscitée par la mort prématurée de Hugo Chavez le 5 mars ne s’est pas traduite dans les urnes : il n’y a pas eu de reconduction mécanique de l’ensemble du vote chaviste du 7 octobre 2012 – date de la précédente élection présidentielle ayant opposé Hugo Chavez à Henrique Capriles – sur … le candidat chaviste d’avril 2013.
C’était pourtant ce qu’attendait le camp bolivarien – dont la campagne-éclair (du 2 au 11 avril) s’est largement structurée autour de la continuité de l’héritage du « comandante presidente ». On peut considérer que 700 000 voix acquises le 7 octobre (Hugo Chavez en avait alors obtenu 8,2 millions) ont, cette fois-ci, basculé vers Henrique Capriles.
Il existe plusieurs interprétations – combinatoires et non exhaustives – expliquant cette désertion. Tout d’abord, l’équation personnelle de Hugo Chavez a été, d’une certaine manière, une nouvelle fois démontrée. Le fondateur de la Révolution bolivarienne était capable de fédérer sur son nom, au-delà des clivages, nombre de Vénézuéliens qui pouvaient, dans le même temps, se montrer critiques des politiques du gouvernement, de son efficacité, des problèmes de gestion et de corruption (qui touchent l’administration, mais également le secteur privé), etc. Cette fois-ci, c’est le gouvernement, en tant que collectif politique, qui se soumettait au suffrage populaire. Et ce, sans son champion toutes catégories.
Pour sa part, Henrique Capriles a développé une campagne de communication fondée sur une stratégie consistant à inscrire largement son projet dans le patrimoine bolivarien. Et ce, notamment, lors des derniers jours de la campagne officielle. Non content d’avoir – ironie de l’histoire – nommé son équipe de campagne « comando Simon Bolivar » pour tenter d’enfoncer un coin entre la figure tutélaire des indépendances latino-américaines et Hugo Chavez (dont le nom avait été retenu pour être celui de l’équipe de campagne de Nicolas Maduro), le candidat de la MUD a pris soin de ne point trop attaquer frontalement l’ancien président – il a même salué son œuvre à plusieurs reprises – et Nicolas Maduro. Son registre : « Je ne suis pas l’opposition, je suis la solution ». « Je vous propose de poursuivre sur la base des acquis, mais en mieux ».
Cette stratégie, paramétrée pour capter une partie de la classe moyenne, qui oscille d’un camp à l’autre depuis plusieurs années, indique paradoxalement un phénomène qu’il convient de prendre en compte pour comprendre les legs de Chavez au Venezuela. C’est, en réalité, tout le centre de gravité de la vie politique qui a basculé plus à gauche dans ce pays. Le périmètre du débat public est désormais délimité par les réalisations et les promesses – abouties ou non – de la Révolution bolivarienne. C’est sur le terrain des politiques de lutte contre la pauvreté, de construction, de développement et d’institutionnalisation de l’Etat providence [2] et de l’Etat tout court, d’inclusion des discriminés sociaux, économiques, politiques à la vie nationale que se joue la dispute politique et démocratique au Venezuela.
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Des médias qui préfèrent Marine Le Pen à la marée citoyenne
Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)
Il faut avoir le cuir vraiment épais pour supporter la campagne de presse permanente dont bénéficie le Front national. Partout le voilà présenté en bénéficiaire automatique de la déroute du pouvoir solférinien. L’épouvantail FN est l’ultime rempart des dominants. Leur argument massue : restez chez vous, le FN rode. C’est le retour des années 30 explique le Nouvel Obs. Il nous faut donc un nouveau Front Populaire contre les « 200 familles » ? Mais non ! Le journal solférinien invite lui aussi à rester chez soi et à laisser faire Hollande. Même certains partisans historiques de la Sixième République reprennent le refrain : la Cinquième République a bien des défauts mais ce n’est pas le moment d’y songer et de convoquer une Constituante car elle mettrait le Pen au pouvoir… Le Front national, chien de garde du système, joue le même rôle que les islamistes sous Ben Ali, un repoussoir qui justifie le maintien de l’oligarchie. Et une incitation à ne rien changer… qui fait pour de bon le lit de l’extrême-droite.
Pour mesurer le caractère idéologique de ces pronostics pro-FN, remarquez combien ils ne se basent sur rien de tangible. Surprenante versatilité de l’idéologie médiatique, adepte de « fact checking » pour confondre « les politiques » mais incapable de produire des faits pour justifier ses propres préjugés. Bien sûr, à défaut d’enquêtes et de faits, il leur reste toujours possible de commander des sondages. Nous en voilà gavés de nouveau. Sur la présidentiellle, voyez-vous. Il n’y en a pourtant aucune en vue avant quatre ans. A moins qu’il ne s’agisse d’un appel subliminal à la démission d’Hollande ? Ah les sondages sur une présidentielle réalisés quatre avant l’échéance ! Ils commencent par un mensonge : « si l’élection avait lieu dimanche prochain… ». Je me souviens de ceux réalisés avant le lancement de la dernière campagne présidentielle. Jean-Luc Mélenchon était à 3% (et cela encore en septembre 2011). Et Strauss-Kahn était élu haut la main. Le Pen avait même été annoncée au deuxième tour, à 23%, devant Hollande et Sarkozy. On sait ce qu’il en fut. Nous avons fait quatre fois plus et elle biens moins que ce qui lui avait été complaisamment promis. Sauf que pendant des mois il fallut faire avec ce paysage qui pesait sur le moral en nous promettant la marginalité. Je pourrais certes citer le dernier sondage paru ce matin qui met Jean-Luc à 15%, à égalité avec Hollande (avez-vous remarqué que personne n’en parle ?), mais ma conviction est faite depuis longtemps : ces enquêtes ne valent pas tripette.1
En fait, les médias qui ont mis en ondes cette semaine l’irrésistible progression du FN l’ont pour l’essentiel justifiée par la progression du nombre de ses adhérents. Une « info » annoncée par les frontistes eux-mêmes, et totalement invérifiable ! N’est-ce pas en totale contradiction avec l’éthique journalistique qui consiste à vérifier les faits ou quand on ne peut le faire à citer ses sources ? Ca l’aurait mal fichu de citer le FN comme source. Mais qui d’autre dispose de chiffres sur le nombre d’adhérents de ce parti ?
En revanche, ce qui était parfaitement vérifiable, et tout à fait spectaculaire, c’est le bide du rassemblement annuel du FN ce 1er mai. Le blogueur A gauche pour de vrai l’a fait avec son mètre d’arpenteur virtuel. Il n’est pas journaliste mais il donne ses sources et ses chiffres. Son raisonnement est vérifiable, donc contestable. J’attends les réactions de pied ferme ! Selon son comptage, le rassemblement d’extrême-droite a attiré 3000 personnes. C’est deux fois moins que l’an dernier. Malgré l’affaire Cahuzac et tout le reste. Le FN n’enregistre donc aucune dynamique lors de son « grand » rendez-vous annuel. Aucun des médias dominants, scopaphobes si prompts à dénoncer le « populisme » de Mélenchon, ne l’a relevé. Il faut dire que 4 chaînes retransmettaient le discours de la Le Pen ce qui aura permis à beaucoup plus de monde de l’entendre. Elles pouvaient difficilement admettre qu’il s’agissait d’un événement rassemblant moins de monde que le dernier meeting du Front de Gauche à Martigues qui n’a pas bénéficié de la même couverture.
J’ai même assisté sur France 3 au spectacle désolant d’une chaîne réduisant le 1er mai au rassemblement du FN, donnant ainsi une victoire posthume de Pétain qui institua une « Fête du travail et de la Concorde sociale » pour effacer du paysage la journée internationale des travailleurs.
F. Delapierre @ Le Débat du Grand Soir 3 le 01… par lepartidegauche
J’attends maintenant de voir comment le système médiatique va traiter notre marche de dimanche. Je peux annoncer sans crainte que le mouvement qui s’annonce est énorme. Le nombre de cars réservés dépasse celui du 18 mars dernier à la Bastille. Nous pourrions donc atteindre voire dépasser les 100 000 personnes. Une telle mobilisation sous un gouvernement PS pour une politique de gauche, dont l’objet n’est pas le retrait d’un texte de loi mais un changement complet de politique et même d’institutions est tout simplement sans précédent. Son impact sera gigantesque. D’abord la gauche sera de retour. Enfin dans la rue abandonnée à la droite et l’extrême-droite, avec ses drapeaux et ses mots d’ordre plutôt qu’accrochée au char du MEDEF et de Madame Merkel. Puis comme le 18 mars dernier, le souffle d’un tel rassemblement aura des répliques partout. Les marcheurs du 5 mai venus de tout le pays et de tous les horizons diffuseront à leur retour la flamme de la résistance à l’austérité. Quoi que racontent les médiacrates, 100 000 ce n’est pas la même chose que 3 000. Le 5 mai s’annonce donc sans précédent mais sûrement pas sans suite.
L’appel du 5 mai • Nouvelles de la marche contre l’austérité, la finance et pour la 6ème République J-2
Tous les feux sont au vert pour la grande marche citoyenne de ce dimanche 5 mai. Les montées organisées en car ou en train indiquent dans les régions une mobilisation supérieure à la marche contre le TSCG du 30 septembre dernier. Le succès des appels thématiques ne se dément pas.
En témoigne les plus de 1000 écologistes qui ont signé l’appel éponyme. Un autre appel, tout aussi important et relayé par Mediapart, est venu de responsables d’Europe Ecologie Les Verts . Parmi les signataires on retrouvera dans le carré de tête : Eva Joly, le député Sergio Coronado, les membres du Bureau exécutif Françoise Alamartine et Jérôme Gleizes, le conseiller régional Julien Bayou et l’adjointe au Maire de Paris Véronique Dubarry.
L’appel des syndicalistes rencontre également un large écho avec plus de 1300 signatures. Ils manifesteront derrière le carré de tête dans un cortège ouvert par les entreprises en lutte : Fralib, Arcelor Mittal, Sodimedical, Carrefour, Prestalis, Air France, Sanofi etc… Des syndicats ont par ailleurs appelé à la marche ces derniers jours tels l’UD CGT 75 ou FILPAC.
Les autres appels thématiques sont appelés à se regrouper en cortège un peu plus en arrière Rue de Lyon. Une banderole exigeant l’égalité des droits ouvrira cette partie de la marche de façon à affirmer notre détermination face à la droite et l’extrême droite qui s’y opposent. On y retrouvera également des délégations étrangères : les Latinos-américains de Paris, Bloco de Esquerda, Izquierda Unida, Déi Lénk, Die Linke, Front des Gauches belge, Syriza ainsi que des Britanniques venus en nombre.
Tout autour de la Bastille et dans les rues adjacentes prendront ensuite place et intercalés les cortèges des régions et des départements franciliens.
A partir de 13h15 et jusqu’au départ effectif de la marche, plusieurs personnalités prendront la parole dont Eva Joly, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon. Leurs discours seront retransmis en direct Place de la Bastille par les sonos de camionnettes relai HF. Ces appels du 5 mai seront le prélude à la marche qui s’élancera vers la Nation sous le soleil.
Eric Coquerel



