ArcelorMittal • Un manifestant belge perd l’usage d’un oeil

Un jeune intérimaire belge d’ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son oeil après avoir été touché par un tir de flash-ball. À lire ci-dessous, la réaction de Nico Cué (secrétaire général de la fédération FGTB Métallos Wallonie-Bruxelles (MWB-FGTB).

John David, 25 ans, travaille en intérim sur le site de Flémalle, dans l’agglomération de Bruxelles. Il était venu mercredi à Strasbourg pour la manifestation des « métallos » venus de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg. « On a appris ce matin qu’il avait perdu définitivement l’usage de son oeil », a indiqué à l’AFP un syndicaliste wallon du syndicat belge FGTB, Jean-Michel Hutsebaut. « Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d’homme, à hauteur de la tête », a-t-il ajouté, dénonçant « un pas inacceptable qui a été franchi ».

L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui empêchaient les manifestants d’approcher du Parlement européen. Le jeune homme, dont le visage était en sang, avait été évacué par deux collègues avant l’arrivée des pompiers, selon un journaliste de l’AFP, témoin de la scène. « Il est toujours à l’hôpital civil de Strasbourg, où il devrait rester encore 5 à 6 jours en soins », a précisé à l’AFP Fabrice Jacquemart, porte-parole de la FGTB Métal.

Combien ça vaut un œil, François ? Une tribune de Nico Cué, secrétaire général de MWB-FGTB
Une trentaine de cars venant de Florange, Liège et Luxembourg avaient fait le déplacement hier pour soutenir une délégation de représentants syndicaux largement animée par la MWB, venus rencontrer les groupes parlementaires européens dans le cadre du dossier Mittal.

Mais des mots d’ordre autoritaires avaient été donnés aux chiens de garde. Les forces de police étaient mobilisées en surnombre et dès la frontière des fouilles méticuleuses étaient organisées dans les bus syndicaux. Matraque au point, fusils électriques armés, la chasse aux pétards et présumés boulons était lancée. La récolte et les résultats seront ridicules au vu des moyens déployés !

Ridicules ? Non, catastrophiques !

Passons ici les heures de provocations policières empêchant nos gars de s’approcher du parlement européen, passons ici les arrestations musclées qui amènent à réfléchir sur le sens du mot démocratie, passons ici sur la mise en garde à vue de 2 camarades qui ne seront relâchés que très tard dans la nuit après avoir été soumis aux questions d’un procureur …

Passons… Passons car ici, une nouvelle vitesse semble avoir été enclenchée

Nous apprenons ce matin que parmi les 14 blessés, John David, jeune intérimaire de la ligne galva 7, a perdu à jamais l’usage d’un œil vraisemblablement des suites d’une balle en caoutchouc tirée à hauteur de tête !

Aux témoignages de nos camarades ayant vécu les affrontements en direct, se joignent peu à peu les récits des journalistes présents sur place, pourtant rodés à l’exercice des manifs mais cette fois outrés par la tournure de celle qu’ils viennent de vivre !

Des consignes différentes auraient-elles été données cette fois aux troupes du maintien de l’ordre ? Bloquer jusqu’à blesser est-il devenu bloquer jusqu’à meurtrir ?

Les Métallos Wallons et Bruxellois de la FGTB se réveillent groggy et nauséeux !

Ils pensent d’abord avec tristesse à leur camarade blessé dans sa chair et lui témoignent, à lui ainsi qu’à toute sa famille, leur plus profond soutien.

Ils pensent aussi au Président de la République, aux ministres de l’Intérieur, aux Maires des villes un peu partout en Europe où ils seront amenés à se déplacer dans les mois à venir. Ils leur conseillent vivement de réfléchir à l’accueil qu’ils leur réserveront.

Nous voulons plus d’Europe sociale, en le criant parfois ! Nous voulons sauver des emplois et le pouvoir d’achat de milliers de travailleurs dans nos régions. Oui nous sommes mobilisés et nerveux. Notre nervosité face à vos décisions est toute légitime !

Vos armes quant à elles vous salissent et jamais ne nous feront taire !

*-*-*-*

COMMUNIQUE DE JEAN LUC MELENCHON

Un salarié d’Arcelor-Mittal a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball de la police mercredi devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Je suis écœuré par la bestialité des consignes qui ont conduit à cette violence.
Le ministre de l’Intérieur est responsable. Il doit s’expliquer sur cet acte et ses conséquences dramatiques.
La police républicaine ne doit pas être mise au service de la vindicte de M. Mittal contre les salariés qui lui tiennent tête.

*-*-*-*-*

Une page facebook a été crée en soutien à John David

ArcelorMittal • Un manifestant belge perd l’usage d’un oeil

Un jeune intérimaire belge d’ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son oeil après avoir été touché par un tir de flash-ball. À lire ci-dessous, la réaction de Nico Cué (secrétaire général de la fédération FGTB Métallos Wallonie-Bruxelles (MWB-FGTB).

John David, 25 ans, travaille en intérim sur le site de Flémalle, dans l’agglomération de Bruxelles. Il était venu mercredi à Strasbourg pour la manifestation des « métallos » venus de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg. « On a appris ce matin qu’il avait perdu définitivement l’usage de son oeil », a indiqué à l’AFP un syndicaliste wallon du syndicat belge FGTB, Jean-Michel Hutsebaut. « Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d’homme, à hauteur de la tête », a-t-il ajouté, dénonçant « un pas inacceptable qui a été franchi ».

L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui empêchaient les manifestants d’approcher du Parlement européen. Le jeune homme, dont le visage était en sang, avait été évacué par deux collègues avant l’arrivée des pompiers, selon un journaliste de l’AFP, témoin de la scène. « Il est toujours à l’hôpital civil de Strasbourg, où il devrait rester encore 5 à 6 jours en soins », a précisé à l’AFP Fabrice Jacquemart, porte-parole de la FGTB Métal.

Combien ça vaut un œil, François ? Une tribune de Nico Cué, secrétaire général de MWB-FGTB
Une trentaine de cars venant de Florange, Liège et Luxembourg avaient fait le déplacement hier pour soutenir une délégation de représentants syndicaux largement animée par la MWB, venus rencontrer les groupes parlementaires européens dans le cadre du dossier Mittal.

Mais des mots d’ordre autoritaires avaient été donnés aux chiens de garde. Les forces de police étaient mobilisées en surnombre et dès la frontière des fouilles méticuleuses étaient organisées dans les bus syndicaux. Matraque au point, fusils électriques armés, la chasse aux pétards et présumés boulons était lancée. La récolte et les résultats seront ridicules au vu des moyens déployés !

Ridicules ? Non, catastrophiques !

Passons ici les heures de provocations policières empêchant nos gars de s’approcher du parlement européen, passons ici les arrestations musclées qui amènent à réfléchir sur le sens du mot démocratie, passons ici sur la mise en garde à vue de 2 camarades qui ne seront relâchés que très tard dans la nuit après avoir été soumis aux questions d’un procureur …

Passons… Passons car ici, une nouvelle vitesse semble avoir été enclenchée

Nous apprenons ce matin que parmi les 14 blessés, John David, jeune intérimaire de la ligne galva 7, a perdu à jamais l’usage d’un œil vraisemblablement des suites d’une balle en caoutchouc tirée à hauteur de tête !

Aux témoignages de nos camarades ayant vécu les affrontements en direct, se joignent peu à peu les récits des journalistes présents sur place, pourtant rodés à l’exercice des manifs mais cette fois outrés par la tournure de celle qu’ils viennent de vivre !

Des consignes différentes auraient-elles été données cette fois aux troupes du maintien de l’ordre ? Bloquer jusqu’à blesser est-il devenu bloquer jusqu’à meurtrir ?

Les Métallos Wallons et Bruxellois de la FGTB se réveillent groggy et nauséeux !

Ils pensent d’abord avec tristesse à leur camarade blessé dans sa chair et lui témoignent, à lui ainsi qu’à toute sa famille, leur plus profond soutien.

Ils pensent aussi au Président de la République, aux ministres de l’Intérieur, aux Maires des villes un peu partout en Europe où ils seront amenés à se déplacer dans les mois à venir. Ils leur conseillent vivement de réfléchir à l’accueil qu’ils leur réserveront.

Nous voulons plus d’Europe sociale, en le criant parfois ! Nous voulons sauver des emplois et le pouvoir d’achat de milliers de travailleurs dans nos régions. Oui nous sommes mobilisés et nerveux. Notre nervosité face à vos décisions est toute légitime !

Vos armes quant à elles vous salissent et jamais ne nous feront taire !

*-*-*-*

COMMUNIQUE DE JEAN LUC MELENCHON

Un salarié d’Arcelor-Mittal a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball de la police mercredi devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Je suis écœuré par la bestialité des consignes qui ont conduit à cette violence.
Le ministre de l’Intérieur est responsable. Il doit s’expliquer sur cet acte et ses conséquences dramatiques.
La police républicaine ne doit pas être mise au service de la vindicte de M. Mittal contre les salariés qui lui tiennent tête.

*-*-*-*-*

Une page facebook a été crée en soutien à John David

Le PG est présent au congrès du PCF

Une importante délégation du Parti de Gauche assiste aux travaux du 36ème congrès du PCF, son principal partenaire du Front de Gauche.

Quinze membres du Bureau national se relaient au cours des quatre journées de débat. Ce vendredi après-midi, Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, co-présidents, seront présents à 16h30 au moment du « salut au Front de Gauche ».

composition de la délégation du BN du PG :

Jeudi : Laurence Sauvage, Jean-Christophe Sellin et Hélène le Cacheux
Vendredi : Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard, Eric Coquerel, Alexis Corbière, Christophe Ventura, François Longérinas, Hélène le Cacheux, Riva Gherchanoc, Jean-Christophe Sellin
Samedi : François Delapierre, Danielle Simonnet, Christiane Chombeau, Celine Meneses, Helene Le Cacheux
Dimanche : Eric Coquerel, Raquel Garrido, Christophe Ventura, Celine Meneses, Helene Le Cacheux

Le PG est présent au congrès du PCF

Une importante délégation du Parti de Gauche assiste aux travaux du 36ème congrès du PCF, son principal partenaire du Front de Gauche.

Quinze membres du Bureau national se relaient au cours des quatre journées de débat. Ce vendredi après-midi, Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, co-présidents, seront présents à 16h30 au moment du « salut au Front de Gauche ».

composition de la délégation du BN du PG :

Jeudi : Laurence Sauvage, Jean-Christophe Sellin et Hélène le Cacheux
Vendredi : Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard, Eric Coquerel, Alexis Corbière, Christophe Ventura, François Longérinas, Hélène le Cacheux, Riva Gherchanoc, Jean-Christophe Sellin
Samedi : François Delapierre, Danielle Simonnet, Christiane Chombeau, Celine Meneses, Helene Le Cacheux
Dimanche : Eric Coquerel, Raquel Garrido, Christophe Ventura, Celine Meneses, Helene Le Cacheux

Manifestation syndicales • Répression policière: Ministre responsable

Un salarié d’Arcelor-Mittal a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball de la police mercredi devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Je suis écœuré par la bestialité des consignes qui ont conduit à cette violence.
Le ministre de l’Intérieur est responsable. Il doit s’expliquer sur cet acte et ses conséquences dramatiques.
La police républicaine ne doit pas être mise au service de la vindicte de M. Mittal contre les salariés qui lui tiennent tête.

Manifestation syndicales • Répression policière: Ministre responsable

Un salarié d’Arcelor-Mittal a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball de la police mercredi devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Je suis écœuré par la bestialité des consignes qui ont conduit à cette violence.
Le ministre de l’Intérieur est responsable. Il doit s’expliquer sur cet acte et ses conséquences dramatiques.
La police républicaine ne doit pas être mise au service de la vindicte de M. Mittal contre les salariés qui lui tiennent tête.

Pour 12 millions de bénéfices, Buffalo Grill sert ses salariés saignés

Rien de mieux pour te flinguer un emploi du temps carré qu’un tour sur le terrain des luttes sociales. Après Presstalis à 9 heures du matin, ce jeudi 7 janvier me voit tout annuler jusqu’à ma présence au congrès du PCF. Un texto parvenu à Laurence Sauvage ou à Danielle Simonnet, je ne sais plus, et nous voilà en métro de la Porte des Lilas vers la Gare du Nord. Ce sont les salariés de Buffalo Grill qui sont en grève.

Buffalo Grill gare du Nord à Paris en grève

Buffalo Grill Paris gare du nord en grève

Là, c’est juste contre un plan social, un peu bizarre en plus. Sont annoncés 71 licenciements mais la possibilité de reprendre 30 salariés. Tu la vois l’embrouille ami lecteur ? Pour faire bon poids, faut que je te précise : le groupe auquel appartient Buffalo Grill a réalisé 12 millions d’euros de bénéfices en 2012.Danielle Simonnet et Laurence Sauvage, du Parti de Gauche, avec les salariés de Buffalo Grill en grève

Danielle Simonnet, secrétaire nationale du Parti de Gauche et conseillère de Paris, a pris la parole. Clap, vidéo !

Pour 12 millions de bénéfices, Buffalo Grill sert ses salariés saignés

Rien de mieux pour te flinguer un emploi du temps carré qu’un tour sur le terrain des luttes sociales. Après Presstalis à 9 heures du matin, ce jeudi 7 janvier me voit tout annuler jusqu’à ma présence au congrès du PCF. Un texto parvenu à Laurence Sauvage ou à Danielle Simonnet, je ne sais plus, et nous voilà en métro de la Porte des Lilas vers la Gare du Nord. Ce sont les salariés de Buffalo Grill qui sont en grève.

Buffalo Grill gare du Nord à Paris en grève

Buffalo Grill Paris gare du nord en grève

Là, c’est juste contre un plan social, un peu bizarre en plus. Sont annoncés 71 licenciements mais la possibilité de reprendre 30 salariés. Tu la vois l’embrouille ami lecteur ? Pour faire bon poids, faut que je te précise : le groupe auquel appartient Buffalo Grill a réalisé 12 millions d’euros de bénéfices en 2012.Danielle Simonnet et Laurence Sauvage, du Parti de Gauche, avec les salariés de Buffalo Grill en grève

Danielle Simonnet, secrétaire nationale du Parti de Gauche et conseillère de Paris, a pris la parole. Clap, vidéo !

Sidérurgistes • Sacrée colère !

Cette fois, lassés des atermoiements de leurs gouvernements, les sidérurgistes avaient décidé, tous ensemble, tous ensemble, de converger vers le Parlement européen de Strasbourg. Par bus entiers, venant du Luxembourg, de Liège, de Florange bien sûr, ils sont arrivés. Ou pas… Eh oui, « on » les a bloqués, à 40 kilomètres de Strasbourg, « on » les a fait descendre, « on » les a fouillés à corps, et même certains se sont retrouvés menottés. Comme les dangereux terroristes qu’ils sont, probablement.

Nous, nous les attendions depuis 10 heures du matin. Sous la pluie, avec les camarades du Bas-Rhin, bien décidés à leur dire une fois encore qu’on est avec eux. 4 heures ont passé avant que les premiers n’arrivent. 4 heures pour nous, ce n’est rien. Mais eux, ces 4 heures-là les ont remontés comme des coucous. Ils sont descendus de leurs cars la rage au cœur et bien décidés à aller parler un peu du pays aux parlementaires européens. Lesquels (certains, faut pas rêver non plus !) ont reçu une délégation. Mais les archers du roi ne l’entendaient pas ainsi.

Toutes les rues étaient bloquées à 300 mètres du Parlement. Je n’en avais jamais vu autant. Des grands et des petits. Des casqués et des en casquette. Des harnachés et des en civil. Il y en avait pour tous les goûts. Tu n’approchais de rien, pour peu que tu portes un drapeau, un peu rouge certes, mais pas belliqueux pour deux sous, ou un béret fleuri de badges. Tu ne passais pas, si tu ressemblais de près ou de loin à un métallo. Tu n’avançais pas si ta banderole était tant soit peu syndicale. Bref, l’enfermement. Et on ne connaît pas de meilleure technique pour rendre furieux des gars qui ont fait 10 heures de voyage, simplement pour dire leur envie de garder leur boulot.

Alors, furieux, ils le sont devenus. Les canettes (vides !) ont volé. Et de l’autre côté, les lacrymos ont répliqué. Puis ce furent les pavés, les grilles de parking à vélos, les cailloux. Qui croisaient les balles en caoutchouc arrivant de l’autre bord. On a retrouvé Frédéric au sol, plié de douleur, touché au ventre. Puis, c’est Grégory qui a été trainé par terre. Juste avant qu’un copain belge ne nous quitte en ambulance, salement amoché, l’œil en sang. Les charges se sont succédé. D’un côté, puis de l’autre. Les gaz rampaient. Les abribus s’écroulaient. Les feux rouges aussi. On courait comme quand on a eu 20 ans, en 68. Les gars assis par terre tentaient de calmer les brûlures de leurs yeux avec des petites bouteilles orange qui sortaient on ne sait d’où ! Apparemment efficaces, en tous cas. Et puis, tout à coup, on a vu arriver un groupe d’élus. Et bizarrement, les tirs ont cessé. Tiens, ça sert aussi à ça, un élu du peuple ? Tant mieux. La manif s’est terminée. Les gars sont remontés dans leurs bus. Frustrés. On les avait empêchés de porter leurs justes angoisses, leurs justes revendications.

Nous, on a essayé de retrouver notre voiture. Mais on n’avait pas la bonne dégaine. Il a fallu parlementer avec les bleus. L’un d’eux nous a reconnus. Un de nos anciens petits. Les gars n’ont pas changé depuis que Valls a remplacé Guéant. Et les ordres non plus, qu’il nous a dit. Nous aussi, on a pris la pluie, madame… Ah ben oui mon garçon. Tu aurais pu aussi devenir employé de bureau ou prof, que des beaux métiers à l’abri des intempéries et des jets de pierres. Quoique, pour prof, pas si sûr… Voilà. Elle était finie la manif des métallos de monsieur Mittal. Elle était terminée, dans la colère et la rancœur. Avec les yeux qui piquent encore un peu ce soir. On se demande bien pourquoi. Finalement, ils voulaient quoi, ces gars, ces casseurs, ces gros bras ? Pas grand-chose. Seulement travailler encore, travailler encore, forger l’acier rouge avec leurs mains d’or… Comme hier, comme demain.

Lire la suite sur le blog de Brigitte Blang PG57

Sidérurgistes • Sacrée colère !

Cette fois, lassés des atermoiements de leurs gouvernements, les sidérurgistes avaient décidé, tous ensemble, tous ensemble, de converger vers le Parlement européen de Strasbourg. Par bus entiers, venant du Luxembourg, de Liège, de Florange bien sûr, ils sont arrivés. Ou pas… Eh oui, « on » les a bloqués, à 40 kilomètres de Strasbourg, « on » les a fait descendre, « on » les a fouillés à corps, et même certains se sont retrouvés menottés. Comme les dangereux terroristes qu’ils sont, probablement.

Nous, nous les attendions depuis 10 heures du matin. Sous la pluie, avec les camarades du Bas-Rhin, bien décidés à leur dire une fois encore qu’on est avec eux. 4 heures ont passé avant que les premiers n’arrivent. 4 heures pour nous, ce n’est rien. Mais eux, ces 4 heures-là les ont remontés comme des coucous. Ils sont descendus de leurs cars la rage au cœur et bien décidés à aller parler un peu du pays aux parlementaires européens. Lesquels (certains, faut pas rêver non plus !) ont reçu une délégation. Mais les archers du roi ne l’entendaient pas ainsi.

Toutes les rues étaient bloquées à 300 mètres du Parlement. Je n’en avais jamais vu autant. Des grands et des petits. Des casqués et des en casquette. Des harnachés et des en civil. Il y en avait pour tous les goûts. Tu n’approchais de rien, pour peu que tu portes un drapeau, un peu rouge certes, mais pas belliqueux pour deux sous, ou un béret fleuri de badges. Tu ne passais pas, si tu ressemblais de près ou de loin à un métallo. Tu n’avançais pas si ta banderole était tant soit peu syndicale. Bref, l’enfermement. Et on ne connaît pas de meilleure technique pour rendre furieux des gars qui ont fait 10 heures de voyage, simplement pour dire leur envie de garder leur boulot.

Alors, furieux, ils le sont devenus. Les canettes (vides !) ont volé. Et de l’autre côté, les lacrymos ont répliqué. Puis ce furent les pavés, les grilles de parking à vélos, les cailloux. Qui croisaient les balles en caoutchouc arrivant de l’autre bord. On a retrouvé Frédéric au sol, plié de douleur, touché au ventre. Puis, c’est Grégory qui a été trainé par terre. Juste avant qu’un copain belge ne nous quitte en ambulance, salement amoché, l’œil en sang. Les charges se sont succédé. D’un côté, puis de l’autre. Les gaz rampaient. Les abribus s’écroulaient. Les feux rouges aussi. On courait comme quand on a eu 20 ans, en 68. Les gars assis par terre tentaient de calmer les brûlures de leurs yeux avec des petites bouteilles orange qui sortaient on ne sait d’où ! Apparemment efficaces, en tous cas. Et puis, tout à coup, on a vu arriver un groupe d’élus. Et bizarrement, les tirs ont cessé. Tiens, ça sert aussi à ça, un élu du peuple ? Tant mieux. La manif s’est terminée. Les gars sont remontés dans leurs bus. Frustrés. On les avait empêchés de porter leurs justes angoisses, leurs justes revendications.

Nous, on a essayé de retrouver notre voiture. Mais on n’avait pas la bonne dégaine. Il a fallu parlementer avec les bleus. L’un d’eux nous a reconnus. Un de nos anciens petits. Les gars n’ont pas changé depuis que Valls a remplacé Guéant. Et les ordres non plus, qu’il nous a dit. Nous aussi, on a pris la pluie, madame… Ah ben oui mon garçon. Tu aurais pu aussi devenir employé de bureau ou prof, que des beaux métiers à l’abri des intempéries et des jets de pierres. Quoique, pour prof, pas si sûr… Voilà. Elle était finie la manif des métallos de monsieur Mittal. Elle était terminée, dans la colère et la rancœur. Avec les yeux qui piquent encore un peu ce soir. On se demande bien pourquoi. Finalement, ils voulaient quoi, ces gars, ces casseurs, ces gros bras ? Pas grand-chose. Seulement travailler encore, travailler encore, forger l’acier rouge avec leurs mains d’or… Comme hier, comme demain.

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