Éducation – Une refondation sans rupture

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Ce n’est pas une refondation, c’est un recyclage ! Une concertation, un rapport, un discours de François Hollande, et au final une loi d’orientation qui derrière le vernis acte la prolongation sans se soucier de l’existant.

Bien sûr, il y a une phraséologie habile. Le bilan tiré d’une éducation nationale qui fonctionne plutôt bien, loin des discours déclinistes, fait du bien. Il est même quelques préconisations qui vont dans le bon sens comme la proposition de mettre « plus de maîtres que de classes », ou encore rétablir une formation des enseignants digne de ce nom.

Mais attention, le diable est dans les détails. Il n’y aura finalement plus de maîtres que de classes qu’au primaire, et dans certains établissements. La réforme de la formation des enseignants, si elle est relancée, en appelle d’abord aux emplois d’avenir et s’exonère de la titularisation des plus de 100 000 précaires de l’éducation nationale. La mise en œuvre générale est assujettie au carcan auto-contraint de l’austérité. Vincent Peillon déclarait ainsi le 14 octobre que son ministère contribuerait à « l’effort redistributif ». Comme si après 5 ans de sarkozysme, le budget 2013 de l’éducation nationale, par-delà des créations de postes, nécessitait de passer sous les fourches caudines de la rigueur !

A vrai dire, une grande part des attentes est déjà mort-née. Peut-il en être autrement quand l’école et la société sont présentées comme des ensembles disjoints ? Un cloisonnement mortifère est dessiné entre les inégalités à l’école et celles qui se sont creusées dans notre pays. Une illusion est ainsi crée visant à faire croire que c’est par l’Ecole que l’on changera la société, implicite capitulation devant un prétendu côté inéluctable de la crise. En cela, cette loi d’orientation est déjà celle de l’austérité.

Pour les ruptures, il faudra repasser. L’autonomie qui met en concurrence les établissements, les disciplines, les personnels et au final les élèves est prolongée sous couvert « d’aide personnalisée aux établissements ». François Hollande déclarait même le 9 octobre « qu’il s’agira de différencier, dans le cadre de leur contrat d’objectifs, les moyens en fonction des spécificités territoriales, sociales et scolaires de chacun des établissements ». Le socle commun, vecteur d’une école à plusieurs vitesses est lui consacré. Mieux, ou pire, Peillon valide l’individualisation au service du socle.

Il s’agit là d’un double renoncement grave à l’universalité de l’éducation. L’individualisation d’abord, présentée comme seule réponse à la difficulté scolaire, sous-entend la naturalisation des causes de l’échec scolaire. Hier le gouvernement triait les élèves en fonction de leurs capacités supposées. Aujourd’hui, la difficulté scolaire est appréhendée comme un face à face entre l’élève et les apprentissages, sans que la société qui l’entoure soit prise en considération.

Le « socle commun » ensuite, segmente les savoirs entre ce qui serait suffisant pour la plèbe (le socle) et ce qui est nécessaire pour une caste de privilégiés (les programmes). La brèche ouverte par la droite est aujourd’hui une digue enfoncée. Après les savoirs, le « socle commun » définit par rebonds les programmes puis les diplômes, substituant aux qualifications rattachées à l’individu des compétences propres au poste de travail. « C’est tout l’intérêt de l’approche par compétences, (…), qui donne sens aux apprentissages en liant savoir et action, savoir et résolution de problèmes, que ce soit dans le futur cadre professionnel ou dans la vie quotidienne ». Voilà typiquement ce qui conduit à l’adéquation et aux stages en entreprises plutôt qu’à l’acquisition d’un haut niveau de qualification pour être maître de son propre avenir durant tout son parcours professionnel. Si on se souvient de la volonté de François Hollande de substituer le contrat à la loi, celle-là même qui reconnaît les diplômes dans les conventions collectives, c’est bien l’ensemble de l’architecture socioprofessionnelle qui est menacée par la logique libérale.

Ce n’est malheureusement pas le seul cadre républicain menacé par cette loi d’orientation. En voulant que « l’organisation du temps périscolaire complémentaire fasse l’objet d’une décision locale concerté », François Hollande s’en prend à l’égalité territoriale. Il décharge l’Etat de ses responsabilités sur les collectivités locales, selon leur capacité et volonté, alors même que, austérité faisant loi, elles sont mises au pain sec par le gel de leurs dotations pour les deux prochaines années.

Ce texte assume d’ailleurs clairement de préparer à la décentralisation. « La concertation a inscrit sa réflexion dans le cadre du nouvel acte de la décentralisation. De nouveaux transferts sont préparés concernant le service public d’orientation et les régions se sont vues octroyer une responsabilité directe dans l’évolution de la carte des formations professionnelles ». La loi de décentralisation pourtant toujours en discussion aurait donc selon le rapport déjà octroyé de nouveaux pouvoirs… En ciblant l’orientation et la formation, la décentralisation vise d’abord toute la voie professionnelle. Selon François Hollande, « deux réformes seront donc nécessaires : la complémentarité entre les formations en apprentissage et celles sous statut scolaire et la définition d’une carte des formations que les régions prépareront en dialogue avec l’Etat ». Les régions se substitueront donc à l’Etat pour décider de la carte des formations. Quant à la lubie libérale du tout apprentissage, il se verra étendu, sous couvert de « complémentarité », en troquant des fermetures de sections en lycées professionnels contre des ouvertures en apprentissage. Pas étonnant finalement quand on sait qu’après les 71 fermetures de lycées pro depuis 2002, pas une ouverture n’est prévue et le funeste bac pro en 3 ans est même conforté…

Enfin, la laïcité est la grande absente du rapport. La seule fois où le mot apparaît, c’est pour évoquer « la morale laïque » qui a pour mission « le pluralisme raisonnable ». Autant dire la « laïcité ouverte ». Au-delà, pas un mot sur l’enseignement privé, rien sur la loi Carle, rien sur le concordat, rien sur ces territoires de la République abandonnés au privé où il n’existe pas une école publique à 40 kms à la ronde, rien sur la loi Debré de 1959 qu’il faudrait abroger. Stop ! Fonds publics à école publique !

L’émancipation évoquée dans le discours ne saurait masquer ces renoncements. Pire, elle est déformée et racornie dans les faits, rattachée à une prétendue « culture juvénile » ou aux « normes culturelles » des jeunes, comme si l’idéologie dominante ne s’était justement pas d’abord attaquée aux enfants et aux jeunes. L’école doit au contraire être le lieu de la rupture avec les déterminismes, quels qu’ils soient. C’est l’école républicaine qui par ses contenus et ses pratiques doit créer les conditions de l’émancipation. Là réside le caractère laïque et humaniste de l’école républicaine pour en faire l’école du peuple.

Incompétence des généraux

Nous avons déjà montré comment la ratification du TSCG et la programmation d’une austérité budgétaire historique engage notre pays dans une vis sans fin de récession économique. La stratégie du gouvernement implique également un cercle vicieux politique cette fois, une pente auto-entretenue d’affaiblissement idéologique et politique face à la droite et au patronat.

La gestion par le PS du débat sur la compétitivité en est une consternante illustration. Pour préparer les esprits à son budget de rigueur, le gouvernement a choisi de commander à Louis Gallois un rapport sur ce thème, marotte du MEDEF et de Sarkozy. S’il avait demandé un rapport sur la lutte contre le chômage, le recul des services publics, les conséquences du libre-échange ou les dégâts de la financiarisation de l’économie, il aurait mis la droite et le patronat sur le reculoir. Mais l’action résolue sur chacun de ces terrains est incompatible avec le choix qu’il a fait de se soumettre à l’Europe austéritaire. Il veut au contraire convaincre de remettre ces aspirations à plus tard.

Comme Napoléon s’enfonçant en Russie ou une armée régulière pénétrant dans la jungle tenue par la guérilla, le gouvernement s’est dès lors délibérément placé sur le terrain de l’adversaire. Les médiacrates n’ont eu qu’à ressortir leurs vieux éditoriaux sur le coût du travail encore tout frais pondus de l’ère Sarkozy. Dans tous les journaux, le MEDEF a tribune ouverte ! Plus les ministres roucoulent des « mots d’amour au patronat », comme l’a revendiqué Moscovici dans une formule sidérante, plus celui-ci hurle au vol et au racisme anti-patrons. Il a fallu que le JDD fasse sa Une sur les 98 patrons, ces champions de l’auto-augmentation de salaires qui expliquent sans vergogne que le travail coûte trop cher, et que la presse en parle comme d’un « ultimatum à Hollande » pour que les ministres PS se fâchent un peu. On verra combien de temps durera leur sursaut d’orgueil. En attendant, nous comptons les pertes sur le terrain de la bataille idéologique.

Plus le pouvoir courtise les patrons, plus il déçoit les syndicats, plus il se coupe des électeurs qui lui ont donné une majorité dans les urnes pour en finir avec la soumission sarkozyenne aux exigences du MEDEF. La base sociale et politique du gouvernement se rétrécit donc comme peau de chagrin. Il devient dès lors encore plus exposé à la moindre campagne de presse, à la première campagne bien organisée de lobbying patronal comme on l’a vu avec l’affaire des « pigeons ». Chaque recul en annonce un autre, aggravant de nouveau le décrochage avec tous ceux qui voulaient le changement. Dans le camp d’en face c’est tout l’inverse. Chaque victoire arrachée réveille l’appétit et l’ardeur des patrons. Ils sont en train de gagner le troisième tour social ! Ils ont perdu l’élection, mais ils sauvent l’un après l’autre leurs « acquis sociaux » distribués par Sarkozy. Et ils espèrent même mordicus en obtenir de nouveaux, comme par exemple le transfert massif des cotisations patronales sur les ménages.

L’incompétence des généraux se donne d’autant plus libre cours que c’est la troupe salariée qui déguste. La superbe retrouvée du patronat se traduit aussi sur le terrain par la multiplication des plans de licenciement. De telles décisions ne sont pas seulement économiques, elles traduisent aussi un rapport de forces social. Le capital se sent capable d’extorquer toujours plus au travail. Il se regroupe derrière ses chefs de guerre. Et nous ? Puisque le gouvernement nous met à découvert, c’est à nous de nous défendre.

Incompétence des généraux

Nous avons déjà montré comment la ratification du TSCG et la programmation d’une austérité budgétaire historique engage notre pays dans une vis sans fin de récession économique. La stratégie du gouvernement implique également un cercle vicieux politique cette fois, une pente auto-entretenue d’affaiblissement idéologique et politique face à la droite et au patronat.

La gestion par le PS du débat sur la compétitivité en est une consternante illustration. Pour préparer les esprits à son budget de rigueur, le gouvernement a choisi de commander à Louis Gallois un rapport sur ce thème, marotte du MEDEF et de Sarkozy. S’il avait demandé un rapport sur la lutte contre le chômage, le recul des services publics, les conséquences du libre-échange ou les dégâts de la financiarisation de l’économie, il aurait mis la droite et le patronat sur le reculoir. Mais l’action résolue sur chacun de ces terrains est incompatible avec le choix qu’il a fait de se soumettre à l’Europe austéritaire. Il veut au contraire convaincre de remettre ces aspirations à plus tard.

Comme Napoléon s’enfonçant en Russie ou une armée régulière pénétrant dans la jungle tenue par la guérilla, le gouvernement s’est dès lors délibérément placé sur le terrain de l’adversaire. Les médiacrates n’ont eu qu’à ressortir leurs vieux éditoriaux sur le coût du travail encore tout frais pondus de l’ère Sarkozy. Dans tous les journaux, le MEDEF a tribune ouverte ! Plus les ministres roucoulent des « mots d’amour au patronat », comme l’a revendiqué Moscovici dans une formule sidérante, plus celui-ci hurle au vol et au racisme anti-patrons. Il a fallu que le JDD fasse sa Une sur les 98 patrons, ces champions de l’auto-augmentation de salaires qui expliquent sans vergogne que le travail coûte trop cher, et que la presse en parle comme d’un « ultimatum à Hollande » pour que les ministres PS se fâchent un peu. On verra combien de temps durera leur sursaut d’orgueil. En attendant, nous comptons les pertes sur le terrain de la bataille idéologique.

Plus le pouvoir courtise les patrons, plus il déçoit les syndicats, plus il se coupe des électeurs qui lui ont donné une majorité dans les urnes pour en finir avec la soumission sarkozyenne aux exigences du MEDEF. La base sociale et politique du gouvernement se rétrécit donc comme peau de chagrin. Il devient dès lors encore plus exposé à la moindre campagne de presse, à la première campagne bien organisée de lobbying patronal comme on l’a vu avec l’affaire des « pigeons ». Chaque recul en annonce un autre, aggravant de nouveau le décrochage avec tous ceux qui voulaient le changement. Dans le camp d’en face c’est tout l’inverse. Chaque victoire arrachée réveille l’appétit et l’ardeur des patrons. Ils sont en train de gagner le troisième tour social ! Ils ont perdu l’élection, mais ils sauvent l’un après l’autre leurs « acquis sociaux » distribués par Sarkozy. Et ils espèrent même mordicus en obtenir de nouveaux, comme par exemple le transfert massif des cotisations patronales sur les ménages.

L’incompétence des généraux se donne d’autant plus libre cours que c’est la troupe salariée qui déguste. La superbe retrouvée du patronat se traduit aussi sur le terrain par la multiplication des plans de licenciement. De telles décisions ne sont pas seulement économiques, elles traduisent aussi un rapport de forces social. Le capital se sent capable d’extorquer toujours plus au travail. Il se regroupe derrière ses chefs de guerre. Et nous ? Puisque le gouvernement nous met à découvert, c’est à nous de nous défendre.

Éducation – Une refondation sans rupture

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Ce n’est pas une refondation, c’est un recyclage ! Une concertation, un rapport, un discours de François Hollande, et au final une loi d’orientation qui derrière le vernis acte la prolongation sans se soucier de l’existant.

Bien sûr, il y a une phraséologie habile. Le bilan tiré d’une éducation nationale qui fonctionne plutôt bien, loin des discours déclinistes, fait du bien. Il est même quelques préconisations qui vont dans le bon sens comme la proposition de mettre « plus de maîtres que de classes », ou encore rétablir une formation des enseignants digne de ce nom.

Mais attention, le diable est dans les détails. Il n’y aura finalement plus de maîtres que de classes qu’au primaire, et dans certains établissements. La réforme de la formation des enseignants, si elle est relancée, en appelle d’abord aux emplois d’avenir et s’exonère de la titularisation des plus de 100 000 précaires de l’éducation nationale. La mise en œuvre générale est assujettie au carcan auto-contraint de l’austérité. Vincent Peillon déclarait ainsi le 14 octobre que son ministère contribuerait à « l’effort redistributif ». Comme si après 5 ans de sarkozysme, le budget 2013 de l’éducation nationale, par-delà des créations de postes, nécessitait de passer sous les fourches caudines de la rigueur !

A vrai dire, une grande part des attentes est déjà mort-née. Peut-il en être autrement quand l’école et la société sont présentées comme des ensembles disjoints ? Un cloisonnement mortifère est dessiné entre les inégalités à l’école et celles qui se sont creusées dans notre pays. Une illusion est ainsi crée visant à faire croire que c’est par l’Ecole que l’on changera la société, implicite capitulation devant un prétendu côté inéluctable de la crise. En cela, cette loi d’orientation est déjà celle de l’austérité.

Pour les ruptures, il faudra repasser. L’autonomie qui met en concurrence les établissements, les disciplines, les personnels et au final les élèves est prolongée sous couvert « d’aide personnalisée aux établissements ». François Hollande déclarait même le 9 octobre « qu’il s’agira de différencier, dans le cadre de leur contrat d’objectifs, les moyens en fonction des spécificités territoriales, sociales et scolaires de chacun des établissements ». Le socle commun, vecteur d’une école à plusieurs vitesses est lui consacré. Mieux, ou pire, Peillon valide l’individualisation au service du socle.

Il s’agit là d’un double renoncement grave à l’universalité de l’éducation. L’individualisation d’abord, présentée comme seule réponse à la difficulté scolaire, sous-entend la naturalisation des causes de l’échec scolaire. Hier le gouvernement triait les élèves en fonction de leurs capacités supposées. Aujourd’hui, la difficulté scolaire est appréhendée comme un face à face entre l’élève et les apprentissages, sans que la société qui l’entoure soit prise en considération.

Le « socle commun » ensuite, segmente les savoirs entre ce qui serait suffisant pour la plèbe (le socle) et ce qui est nécessaire pour une caste de privilégiés (les programmes). La brèche ouverte par la droite est aujourd’hui une digue enfoncée. Après les savoirs, le « socle commun » définit par rebonds les programmes puis les diplômes, substituant aux qualifications rattachées à l’individu des compétences propres au poste de travail. « C’est tout l’intérêt de l’approche par compétences, (…), qui donne sens aux apprentissages en liant savoir et action, savoir et résolution de problèmes, que ce soit dans le futur cadre professionnel ou dans la vie quotidienne ». Voilà typiquement ce qui conduit à l’adéquation et aux stages en entreprises plutôt qu’à l’acquisition d’un haut niveau de qualification pour être maître de son propre avenir durant tout son parcours professionnel. Si on se souvient de la volonté de François Hollande de substituer le contrat à la loi, celle-là même qui reconnaît les diplômes dans les conventions collectives, c’est bien l’ensemble de l’architecture socioprofessionnelle qui est menacée par la logique libérale.

Ce n’est malheureusement pas le seul cadre républicain menacé par cette loi d’orientation. En voulant que « l’organisation du temps périscolaire complémentaire fasse l’objet d’une décision locale concerté », François Hollande s’en prend à l’égalité territoriale. Il décharge l’Etat de ses responsabilités sur les collectivités locales, selon leur capacité et volonté, alors même que, austérité faisant loi, elles sont mises au pain sec par le gel de leurs dotations pour les deux prochaines années.

Ce texte assume d’ailleurs clairement de préparer à la décentralisation. « La concertation a inscrit sa réflexion dans le cadre du nouvel acte de la décentralisation. De nouveaux transferts sont préparés concernant le service public d’orientation et les régions se sont vues octroyer une responsabilité directe dans l’évolution de la carte des formations professionnelles ». La loi de décentralisation pourtant toujours en discussion aurait donc selon le rapport déjà octroyé de nouveaux pouvoirs… En ciblant l’orientation et la formation, la décentralisation vise d’abord toute la voie professionnelle. Selon François Hollande, « deux réformes seront donc nécessaires : la complémentarité entre les formations en apprentissage et celles sous statut scolaire et la définition d’une carte des formations que les régions prépareront en dialogue avec l’Etat ». Les régions se substitueront donc à l’Etat pour décider de la carte des formations. Quant à la lubie libérale du tout apprentissage, il se verra étendu, sous couvert de « complémentarité », en troquant des fermetures de sections en lycées professionnels contre des ouvertures en apprentissage. Pas étonnant finalement quand on sait qu’après les 71 fermetures de lycées pro depuis 2002, pas une ouverture n’est prévue et le funeste bac pro en 3 ans est même conforté…

Enfin, la laïcité est la grande absente du rapport. La seule fois où le mot apparaît, c’est pour évoquer « la morale laïque » qui a pour mission « le pluralisme raisonnable ». Autant dire la « laïcité ouverte ». Au-delà, pas un mot sur l’enseignement privé, rien sur la loi Carle, rien sur le concordat, rien sur ces territoires de la République abandonnés au privé où il n’existe pas une école publique à 40 kms à la ronde, rien sur la loi Debré de 1959 qu’il faudrait abroger. Stop ! Fonds publics à école publique !

L’émancipation évoquée dans le discours ne saurait masquer ces renoncements. Pire, elle est déformée et racornie dans les faits, rattachée à une prétendue « culture juvénile » ou aux « normes culturelles » des jeunes, comme si l’idéologie dominante ne s’était justement pas d’abord attaquée aux enfants et aux jeunes. L’école doit au contraire être le lieu de la rupture avec les déterminismes, quels qu’ils soient. C’est l’école républicaine qui par ses contenus et ses pratiques doit créer les conditions de l’émancipation. Là réside le caractère laïque et humaniste de l’école républicaine pour en faire l’école du peuple.

Toulouse – « Le changement c’est pour quand ? »

2012-10-27-manifestation-interpellation-ps-20121027_maniftoulouse_0046

Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)

Alors que les élus socialistes se félicitaient de l’action du gouvernement en huis clos, 1200 personnes sont venues manifester leur mécontentement dans les rues de Toulouse. À l’appel du collectif pour un audit citoyen du 31 et d’autres organisations, les salariés de Sanofi et de France3 région ont ouvert la marche depuis la Place Esquirol. Un paradoxe alors que de nombreux intervenants au congrès rappelaient tout leur soutien à l’action de Jean-Marc Ayrault et d’Arnaud Montebourg sur ces dossiers.

La mobilisation du Front de Gauche et du Parti de Gauche a été très remarquée. Malgré le refus du PCF de signer l’appel, des militants communistes ont bravé le froid et se sont joints au cortège comme Marie Pierre Vieu.

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Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)

Malgré l’auto-satisfecit du parc des expositions, l’action du gouvernement fait de nombreux mécontents chez les salariés et les forces de gauche. De nombreuses promesses ont été faites pendant la campagne présidentielle. Si nous, le Parti de Gauche, n’étions pas dupes de la politique qu’allait mener le gouvernement PS, l’inaction face à la succession des plans de licenciements n’est pas acceptable.

Nous ne voulons de ministres paradant avec MEDEF mais sourds aux revendications des organisations syndicales. Il est temps de relancer l’économie et de mettre un terme à cette politique macabre de l’austérité. L’urgence n’est pas au remboursement de la dette aux banques privées mais à une politique d’affrontement avec les logiques libérales.

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Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)

Le Front de Gauche a participé à la défaite de Nicolas Sarkozy, nous exigeons aujourd’hui que des mesures d’urgence sociales et économiques soient prises :

Blog A gauche pour de Vrai

Blog a gauche pour de vraiIl n’est pas dans les habitudes d’A gauche pour de vrai! de faire de la publicité, de tomber dans la promotion, d’afficher une page de réclame. Mais ce dimanche, comme dimanche dernier, on ne résiste pas. Mais promis, c’est passager, pas une habitude qui gagne. Seulement voilà, tandis du côté de Too Loose la ville rosse, certains palabrent autour de l’austéritédéclament sur la relance, mais finissent par faire la ola au TSCG et à la règle d’or tout en se préparant à instaurer un pacte de compétitivité contre les salariés, les gens, les vrais, ont désormais un espace pour témoigner de ce que l’austérité change dans leur vie.

Accéder au Blog pour lire la suite 

Combien de morts dans la rue avant les réquisitions ?

Il aura fallu attendre le premier « mort de la rue » sous une météo aux forts accents hivernaux pour que Cécile Duflot, Ministre du logement se soucie enfin de l’urgence sociale criante concernant le logement.

Elle nous a informé en effet qu’elle n’excluait pas de réquisitionner parmi les quelques 2,3 millions de bâtiments vides recensés par l’INSEE, et ceci « si nécessaire ». Sur les 150.000 sans-abris, combien doivent-ils encore mourir pour que la réquisition deviennent « une nécessité » auprès de la Ministre du Logement ?

Les associations venant en aide aux plus démunis dénoncent l’insuffisance de la rallonge budgétaire de 50 millions d’euros annoncée par Cécile Duflot pour palier au manque de l’hébergement d’urgence… autant dire une goutte d’eau dans une mer asséchée par le quinquennat de Sarkozy.
A trois jours de la trêve hivernale, le rythme des expulsions n’a pas faibli. Manuel Valls n’hésite pas à faire usage de la brutalité policière pour expulser illégalement les bidonvilles de Rroms, les réquisitions citoyennes des collectifs de mal-logés Jeudi Noir et Droit au Logement ainsi que celles organisées autours du site de Notre-Dame-Des Landes.

60 ans après le cri d’alarme lancé par l’abbé Pierre, alors qu’il n’a jamais été aussi urgent de réquisitionner les millions de mètres carrés de logement vides vouées à la spéculation immobilière, le gouvernement (PS-EELV) joue encore sur des effets d’annonce pour affronter l’une des plus grandes tragédies de notre siècle.

Face à une droite revancharde qui comme l’a fait M Devedjian sur RadioJ préfère au nom de la défense des profits de promoteurs immobiliers qu’on abandonne les sans abris à la rue, Le Parti de Gauche demande au gouvernement de passer des paroles aux actes, et d’appliquer en urgence la loi de 1945 de réquisition des logements vides.

Le Parti de Gauche réaffirme par ailleurs son soutien aux personnes mal-logées et exige la mise en œuvre de mesures d’urgence :

 – La réquisition des logements et locaux vacants
 – L’arrêt immédiat des expulsions locatives
 – La baisse des loyers
 – La construction de 200 000 logements par an
 – Le respect de la loi relative au droit au logement opposable
 – L’application stricte du droit à l’hébergement
 – L’interdiction des coupures d’eau et d’énergie

Elles, ils nous ont rejoint – Audrey Vincent

Audrey-vincent J’aurai 26 ans le 27 novembre prochain. J’étais au lycée, en région parisienne, quand le Traité Constitutionnel Européen a été soumis au vote. C’était une grande première pour moi ! Je ne savais pas trop quoi voter à l’époque mais un jour, peu de temps avant le scrutin, Jean-Luc Mélenchon était dans le métro en même temps que moi et il s’est arrêté pour m’expliquer pourquoi le non devait l’emporter. Il m’a convaincu et depuis je surveillais la moindre apparition de ce sénateur si proche du peuple. En effet, c’est le seul homme politique qui reste compréhensible du plus grand nombre comme me l’a dit un proche : « Au moins, on comprend ce que dit Mélenchon !« . Je m’était dit, à cette époque, que s’il créait son parti, j’y adhèrerai.

Quand Jean-Luc Mélenchon a quitté le parti socialiste en 2008, après le congrès de Reims, pour créer le Parti de Gauche, j’ai tout de suite voulu adhérer mais étant déjà arrivée en Normandie et vu que c’était tout nouveau, je n’ai trouvé aucun contact pour prendre ma carte. Ensuite le beau projet Front de Gauche a vu le jour et j’ai donc pris l’initiative de provoquer une rencontre avec les communistes de ma région pour qu’ils m’oriente vers le Parti de Gauche dans l’Eure mais ils ont d’abord insisté pour que j’assiste a une de leur réunion et ainsi m’encarter au PCF. Malheureusement pour eux, je suis profondément socialiste et le Parti de Gauche représente le vrai socialisme à mes yeux donc je m’étais résignée à rester que sympathisante. 

2012 fut l’année de l’élection présidentielle. Après avoir assistée au meeting formidable et mobilisateur de  Jean-Luc à Rouen, je me suis rendu Place de la Bastille, à Paris, pour la marche pour la VIème république, avec les camarades du Front de Gauche. Se trouvait là un membre actif du Parti de Gauche. C’est ainsi que j ‘ai adhéré. J’étais ravi de pourvoir enfin prendre une part active dans le combat que mène notre parti et j’ai donc tout naturellement proposé ma candidature pour devenir secrétaire départementale que je suis désormais avec mon collègue masculin Pascal Louis.

Audrey Vincent, 26 ans, Eure

Rroms – Rassemblement marseillais pour le respect de l’état de droit

Marseille_2
Plus d’une demi heure avant le début du rassemblement samedi 27 octobre, sont déjà sur place un fort bataillon: la LDH et….des dizaines de CRS bien équipés! La place F.Baret, balayée par un vent violent et froid malgré le soleil, se remplit bientôt. Des militants d’organisations politiques (PC, PG, GU, EELV, Alternatifs, GA, NPA), et des élus, dont 4 conseillers régionaux. Mention spéciale au PG, qui, autour d’Eric Coquerel, secrétaire national, a mobilisé environ 80 militants, venus de Marseille bien sûr, mais aussi de Martigues et d’Aix (essentiellement des jeunes). Et puis il y a le Collectif de Solidarité avec les Roms, le MRAP, le SAF, le DAL, les copains du Resf…. C’est Caroline Godard, de Rencontres Tziganes, qui prend la première la parole, suivie de R. Méï, maire de Gardanne, qui expose la façon dont, dans sa ville, on a su accueillir dignement une soixantaine de Roms. Suivent, pour des discours vibrants, E. Coquerel et JM. Coppola. Puis S. Barles, H. Guerrera du Partit Occitan, Me Dany Cohen. JL. Benhamias du Modem parvient lui aussi à intervenir, avant que la parole ne soit rendue aux Roms, dont 2 femmes viennent, en quelques mots, nous dire la difficulté de scolariser les enfants quand la police fait dégager sans cesse les parents.
. Marseille_1
Le préfet, interpellé vivement par les orateurs sur sa façon d’appliquer la circulaire ministérielle du 26 août, n’a trouvé personne pour recevoir une délégation.
Alors, comme nous sommes quelques centaines, décision est prise de partir en manifestation vers la Canebière et les Réformés. Décision importante: dans une société inquiète (austérité, chômage…) et prête à s’en prendre au premier bouc émissaire, il est bon de montrer que, dans les années 30, c’est ainsi que se sont développés les fascismes qui ont conduit à la catastrophe pour l’humanité qu’a été la 2e guerre mondiale. Et que protéger les Roms, les plus discriminés, c’est se protéger soi-même.
Le cortège s’ébranle, joyeux, égayé par l’orchestre des Roms de Vagabundo. Les Roms justement, dont de nombreux enfants, dansent, heureux de se sentir moins seuls. Des tracts, expliquant le sens de la manif, sont distribués. La dispersion s’opère à hauteur du kiosque à musique.
Succès donc? Oui, des marseillais ont montré avec détermination qu’on peut réagir à la facilité qui consiste à s’en prendre aux plus faibles pour oublier ses propres difficultés. Mais le matin, chemin de Fontainieu dans le 14e, un groupe de riverains voulaient s’en prendre aux Rroms d’un campement voisin, et le maire d’arrondissement avait eu de la peine à les calmer. Et à 18h, les Roms chassés la veille du pont d’une bretelle d’autoroute proche de la Fiesta des Suds, l’ont été de nouveau, pour quelques centaines de mètres.
Alors, restons vigilants. On lâche rien.
Jean Sicard

Elles, ils nous ont rejoint – Audrey Vincent

Audrey-vincent J’aurai 26 ans le 27 novembre prochain. J’étais au lycée, en région parisienne, quand le Traité Constitutionnel Européen a été soumis au vote. C’était une grande première pour moi ! Je ne savais pas trop quoi voter à l’époque mais un jour, peu de temps avant le scrutin, Jean-Luc Mélenchon était dans le métro en même temps que moi et il s’est arrêté pour m’expliquer pourquoi le non devait l’emporter. Il m’a convaincu et depuis je surveillais la moindre apparition de ce sénateur si proche du peuple. En effet, c’est le seul homme politique qui reste compréhensible du plus grand nombre comme me l’a dit un proche : « Au moins, on comprend ce que dit Mélenchon !« . Je m’était dit, à cette époque, que s’il créait son parti, j’y adhèrerai.

Quand Jean-Luc Mélenchon a quitté le parti socialiste en 2008, après le congrès de Reims, pour créer le Parti de Gauche, j’ai tout de suite voulu adhérer mais étant déjà arrivée en Normandie et vu que c’était tout nouveau, je n’ai trouvé aucun contact pour prendre ma carte. Ensuite le beau projet Front de Gauche a vu le jour et j’ai donc pris l’initiative de provoquer une rencontre avec les communistes de ma région pour qu’ils m’oriente vers le Parti de Gauche dans l’Eure mais ils ont d’abord insisté pour que j’assiste a une de leur réunion et ainsi m’encarter au PCF. Malheureusement pour eux, je suis profondément socialiste et le Parti de Gauche représente le vrai socialisme à mes yeux donc je m’étais résignée à rester que sympathisante. 

2012 fut l’année de l’élection présidentielle. Après avoir assistée au meeting formidable et mobilisateur de  Jean-Luc à Rouen, je me suis rendu Place de la Bastille, à Paris, pour la marche pour la VIème république, avec les camarades du Front de Gauche. Se trouvait là un membre actif du Parti de Gauche. C’est ainsi que j ‘ai adhéré. J’étais ravi de pourvoir enfin prendre une part active dans le combat que mène notre parti et j’ai donc tout naturellement proposé ma candidature pour devenir secrétaire départementale que je suis désormais avec mon collègue masculin Pascal Louis.

Audrey Vincent, 26 ans, Eure

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