Ecole : le patronat exige, Ayrault exécute
Interrogé par le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France le mardi 30 octobre, Jean-Marc Ayrault vient de faire une démonstration de zèle toute personnelle : le patronat exige, il exécute !
Vendredi 26 octobre, dans une tribune publiée dans Le Figaro, Laurence Parisot et Michel Pébereau appelaient au nom du Medef à faire « découvrir l’entreprise et les métiers dès la 6ème », reprenant en cela les propositions du ministre de l’éducation Vincent Peillon. Ils n’ont pas eu besoin de le répéter : Jean-Marc Ayrault affirmait ce matin qu’ « il faut que dès l’école primaire, en CP, on puisse aller voir les entreprises ».
Le Parti de Gauche considère l’enfant comme un être en construction, qui doit pouvoir se forger par lui-même ses propres représentations. L’école n’a pas pour tâche de préparer le jeune au monde tel qu’il est mais doit lui permettre de le mettre à distance, de prendre du recul. Sans cette mise à distance des idéologies patriarcales, économiques, politiques comme des représentations cultuelles et du poids des traditions, aucune émancipation n’est possible.
Le Parti de Gauche refuse donc que dès le plus jeune âge, avant même qu’il ait acquis cette liberté de jugement, le modèle qui lui soit proposé et donc imposé soit celui de l’entreprise, de sa gestion managériale, de ses rapports de force et de classe.
Pour le Parti de Gauche, il faut relever le défi de l’école comme espace à préserver au service de l’émancipation citoyenne contre toute perspective de soumission au patronat. L’école de la République ne saurait répondre aux injonctions du Premier Ministre et devenir un outil de domination au service d’un dogme économique.
Nous condamnons la venue de Benyamin Netanyahou à l’Elysée !
Cette semaine le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est l’invité du Président François Hollande. Sa visite intervient quelques jours après le rehaussement des relations entre l’Union Européenne et Israël, voté par le Parlement européen à travers le protocole ACAA relatif à l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels UE-Israël. Loin d’être un simple accord technique, c’est un acte politique fort du Parlement, qui encourage ainsi le gouvernement israélien à maintenir sa politique brutale d’occupation et de colonisation en Cisjordanie, d’étouffement de la bande de Gaza, et de violation constante des droits de l’homme, rendant l’ensemble des Palestiniens victimes d’un véritable régime d’apartheid.
François Hollande envoie un signe très négatif pour la lutte légitime du peuple palestinien pour la création d’un Etat et le respect de ses droits fondamentaux en recevant officiellement le Premier ministre israélien alors que cet Etat est en situation permanente de violation du droit international. De plus, M. Netanyahou a annoncé l’alliance de son parti le Likoud avec l’extrême-droite israélienne aux prochaines élections législatives et va se rendre sur les lieux des assassinats perpétrés par Mohamed Merah, profitant de ce drame qui a touché la France, à des fins politiciennes.
Le Parti de Gauche condamne fortement cet acte politique, et constate que la politique de l’actuelle Présidence française est dans la continuité de la précédente. Un réel changement, exprimant une politique internationaliste de gauche, eût été de condamner les agissements du gouvernement israélien envers le peuple palestinien et d’engager la France de manière forte dans le soutien pour la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU, dans ses frontières de 1967, en restant ferme sur le droit au retour des réfugiés et sur toutes les conditions de la viabilité de cet Etat, notamment concernant les ressources en eau. En parallèle, il est primordial de faire pression sur l’Etat d’Israël en menant une campagne de sanctions économiques internationales, jusqu’à ce que le gouvernement respecte le droit international et mette fin au régime ségrégationniste qui règne dans les territoires contrôlés et occupés.
Le Parti de Gauche appelle à protester contre la venue de Benyamin Netanyahou, dans le cadre d’un rassemblement unitaire qui se tiendra le mercredi 31 octobre à 18 heures 30 place de l’opéra à Paris.
PSA Finance : Où sont les contreparties à la garantie de l’Etat ?
Le gouvernement vient d’accorder sa garantie à hauteur de 7 milliards d’euros à la filiale financière du groupe PSA, groupe privé côté qui vaut moins de 2 milliards aujourd’hui, et est détenu à 25% par la famille Peugeot. Cette garantie permettra à la filiale PSA Finance de continuer à se refinancer sur les marchés (PSA Finance ne possède pas de dépôts bancaires) pour assurer son activité de prêts aux clients particuliers et aux concessionnaires, malgré la dégradation de la notation du groupe PSA.
Le Parti de Gauche s’interroge sur ce modèle économique qui conduit un constructeur automobile à faire réaliser 40% de son résultat opérationnel par sa filiale bancaire pour ensuite appeler l’Etat à son secours.
L’Etat prétend offrir cette garantie pour maintenir l’emploi (plus de 2 600 salariés dans PSA Finance, dont plus de 800 en France), et afin de contribuer à la pérennité de la filière automobile française. Or, quelles contreparties l’Etat obtient-il de son engagement massif ? Aucune, sinon deux ridicules sièges au Conseil d’Administration (un représentant de l’Etat et un des salariés), et un comité de suivi de la garantie. Rappelons que si PSA fait défaut, ce seront les contribuables français qui payeront l’addition jusqu’à 7 milliards d’euros.
Le Parti de Gauche exige des engagements fermes et écrits en termes d’objectifs de maintien de l’emploi et d’investissement dans l’avenir de la filière automobile, de la part de la direction et de la famille Peugeot. Il apporte son soutien entier aux 8000 salariés du groupe menacés de licenciements.
Guillaume Etievant, président de la Commission économie
Jacques Généreux, secrétaire national à l’économie
Un troisième pôle nationaliste en formation au Japon ?
Shintarô Ishihara a démissionné de son poste de gouverneur de la préfecture-ville de Tôkyô qu’il assurait depuis 1999. Ishihara souhaite fonder un « troisième pôle » (第三極) dans le paysage politique japonais dominé par les deux mastodontes que sont le Parti Démocrate (de centre-droit) et le Parti Libéral Démocrate (droite). Cette notion de troisième pôle n’est pas sans rappeler la troisième voie dont se réclament nombre de partis nationalistes et groupuscules fascistes de par le monde. Ishihara a fondé en 2010 son propre parti, Tachiagare Nippon, qui semble t-il sera le noyau dur de ce courant unitaire nationaliste qui est déjà en discussion avec d’autres organisations politiques dont le très libéral « Minna no tô » (みんなの党 – Votre Parti). Le secrétaire général de « Tachiagare Nippon » a interpellé Ishihara s’est demandé si la différence idéologique n’était pas trop grande entre les deux partis. L’intéressé a rétorqué que “ce courant unitaire n’aurait aucun sens si il n’y avait pas de collaboration électorale”.
Écrivain et journaliste de métier, il obtient le prix Akutagawa (équivalent du Goncourt) pour son roman « La saison du soleil » à 23 ans. En 1965, il adhère au Parti Libéral Démocrate et couvre la guerre du Vietnam en 1967 pour le journal libéral Yomiuri (vendu à des millions d’exemplaires, beaucoup plus que les quotidiens nationaux français). Il abandonnera sa carrière de journaliste pour faire de la politique. Son ami, l’écrivain Yukio Mishima, regrettera cette décision. Ce dernier est connu pour être l’une des dernières personnes à s’être suicidée par le rituel du seppuku (éventrement) – un geste glorifié par de nombreux nationalistes pendant la période d’expansionnisme du Japon entre 1930 et 1945 – suite à un mauvais accueil de son discours en faveur du Japon traditionnel et de l’Empereur lors d’une prise d’otage au ministère de la Défense.
Il est élu député du Parti Libéral Démocrate en 1968 à la chambre des conseillers (assemblée nationale). En 1972, c’est à la chambre des représentants (sénat) qu’il est élu puis sera réélu sept fois de suite en tant que député. Il échoua à l’accession à la gouvernance de Tôkyô en 1975 par le socialiste sortant. C’est alors qu’il fonde un courant hostile à la République Populaire de Chine et proche de Taïwan avec d’autres du PLD. Il fera partie également deux fois du gouvernement pendant les décennies 70 et 80 en tant que directeur de l’agence de l’environnement puis ministre des Transports. À noter qu’en 1988, il est élu président de la Japan-Israel Friendship Association (http://www.israel-japan.org/)
Élu une première fois avec 1,6 million de voix à la gouvernance de la préfecture-ville de Tôkyô il sera largement réélu en 2003 avec 3 millions de voix puis en 2007. Pendant cette dernière campagne électorale, le premier ministre de l’époque Shinzô Abe a fait campagne avec lui. Monsieur Abe est également issu du Parti Libéral Démocrate et est connu pour ses relants nationalistes et ses visites régulières au sanctuaire Yasukuni de Tôkyô qui vénère des criminels de guerre japonais ayant commis des atrocités dans les pays colonisés par le Japon dans les années 30 et pendant la seconde guerre mondiale. Shinzô Abe a été réélu à la présidence du Parti Libéral Démocrate le 26 septembre 2012 alors que des élections législatives anticipées devraient avoir lieu suite à une dissolution de la diète (chambre basse du Parlement japonais). Ces élections anticipées seront convoquées en novembre par le premier ministre Yoshihiko Noda (Parti Démocrate), élu en septembre 2011, en contrepartie de l’adoption avec le Parti Libéral Démocrate et ses alliés de la loi sur l’augmentation de la TVA japonaise (dont le taux a doublé).
Il quitte le navire du Parti Libéral Démocrate le 10 avril 2010 avec d’autres membres pour fonder le parti « Tachiagare Nippon » (立ち上がれ日本 – « Debout, Japon ! ») dont le nom ainsi que la position sur l’échiquier politique n’est pas sans rappeler le parti « Debout la République » de Nicolas Dupont-Aignan dont les propos récents étaient en faveur d’un rapprochement avec le Front National. Tachiagare Nippon a deux représentants à la diète et trois conseillers au sénat. C’est un parti constitué de nombreux conservateurs et nationalistes qui aspirent à retrouver un Japon ancestral basé sur le système patriarcal. Malgré sa dissidence avec le Parti Libéral Démocrate il est soutenu par ce dernier ainsi que par le New Komeitô et remporte une quatrième fois la gouvernance de Tôkyô en 2011. Face à lui, l’ancien conseiller communiste Akira Koike fait 10,35 %. En 2012, pendant ce qui a été perçu à l’étranger comme une crise diplomatique pour la souveraineté de quelques rochers abritant des ressources en mer de Chine (les îles Senkaku officiellement sous administration japonaise mais revendiquées depuis peu par la République Populaire de Chine), il en profite pour déverser sa haine à l’encontre de la Chine et déclare qu’il rachètera les îles à son propriétaire. Le premier ministre, Yoshihiko Noda, le prend de court et les rachète au nom de l’État japonais.
Nos camarades du Parti Communiste Japonais tirent un bilan désastreux du passage de Ishihara à la tête de Tôkyô : arrêt des constructions de nouveaux logements, suppression de moyens à l’hôpital pour enfants et dans la formation, baisse du budget des mesures de prévention des catastrophes naturelles et affaiblissement du filet de sécurité des citoyen-ne-s de Tôkyô.
Le train de vie luxueux de Ishihara et son absentéisme en mairie sont également critiqués de même que le népotisme qui favorise ses proches collaborateurs et sa famille. Il part également en laissant un déficit de 150 milliards de yens (environ 1,5 milliard d’euros) pour l’accueil des Jeux Olympiques de 2016 à Tôkyô. Et ce, au détriment des mesures envers les personnes âgées dans le besoin, dont le nombre est en hausse à Tôkyô comme partout au Japon. Ses petites phrases font également l’objet de vives critiques. Ishihara se demande en effet si les personnes handicapées lourdement ont une personnalité. Il a également remis en question la prostitution de femmes de confort coréennes et chinoises pendant la seconde guerre mondiale. Enfin, il s’est fait remarqué au lendemain du séisme du 14 mars 2011 en estimant qu’il s’agissait d’une punition divine. Son négationnisme est sans faille. En effet, il a insisté pour que que la guerre d’agression menée par le Japon pendant la seconde guerre mondiale soit embellie dans les manuels scolaires en prenant des mesures contre les professeurs s’y opposant.
La formation de ce « nouveau parti unitaire de Ishihara » est à surveiller de près.
La solution n’est pas dans le repli nationaliste mais dans l’ouverture et l’entraide entre peuples.
François DELBRAYELLE
Article proposé par Céline Meneses
Secrétariat international du Parti de Gauche – En charge des questions européennes
Membre du Bureau Exécutif du Parti de la Gauche Européenne
0033 6 11 84 25 05
http://www.lepartidegauche.fr/
http://fr.european-left.org
Toulouse – « Le changement c’est pour quand ? »
Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)
Alors que les élus socialistes se félicitaient de l’action du gouvernement en huis clos, 1200 personnes sont venues manifester leur mécontentement dans les rues de Toulouse. À l’appel du collectif pour un audit citoyen du 31 et d’autres organisations, les salariés de Sanofi et de France3 région ont ouvert la marche depuis la Place Esquirol. Un paradoxe alors que de nombreux intervenants au congrès rappelaient tout leur soutien à l’action de Jean-Marc Ayrault et d’Arnaud Montebourg sur ces dossiers.
La mobilisation du Front de Gauche et du Parti de Gauche a été très remarquée. Malgré le refus du PCF de signer l’appel, des militants communistes ont bravé le froid et se sont joints au cortège comme Marie Pierre Vieu.
Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)
Malgré l’auto-satisfecit du parc des expositions, l’action du gouvernement fait de nombreux mécontents chez les salariés et les forces de gauche. De nombreuses promesses ont été faites pendant la campagne présidentielle. Si nous, le Parti de Gauche, n’étions pas dupes de la politique qu’allait mener le gouvernement PS, l’inaction face à la succession des plans de licenciements n’est pas acceptable.
Nous ne voulons de ministres paradant avec MEDEF mais sourds aux revendications des organisations syndicales. Il est temps de relancer l’économie et de mettre un terme à cette politique macabre de l’austérité. L’urgence n’est pas au remboursement de la dette aux banques privées mais à une politique d’affrontement avec les logiques libérales.
Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)
Le Front de Gauche a participé à la défaite de Nicolas Sarkozy, nous exigeons aujourd’hui que des mesures d’urgence sociales et économiques soient prises :
- Augmentation des salaires et des minimas sociaux
- Interdiction des licenciements boursiers
- Suppression des niches fiscales socialement inutiles
- Droit de préemption des salariés en cas de fermeture de leur entreprise
Non aux licenciements boursiers ! – Soutien aux salariés de l’usine Electrolux de Revin !
Le groupe Suédois Electrolux a annoncé cette semaine sa volonté de fermer le site de Revin, dans les Ardennes, qui emploie 419 salariés et produit des lave-linges à ouverture par le haut. Cette production sera transférée sur le site d’Olawa en Pologne.
La direction du groupe Electrolux, qui a affiché un bénéfice de 115 millions d’euros en hausse de 19% au troisième trimestre 2012, s’assoit ainsi sur les projets industriels alternatifs à plus forte valeur ajoutée proposés par les salariés du site et l’expert du Comité d’entreprise pour maintenir l’activité.
Le Parti de Gauche dénonce avec la plus grande fermeté cette politique avide de course au profit, et s’insurge contre ces licenciements boursiers à venir.
Si le gouvernement continue à se soumettre aux injonctions des grands patrons et des marchés financiers et à pratiquer l’austérité généralisée, sa politique conduira à une hausse du chômage d’au moins 300 000 personnes en France d’ici fin 2013 selon l’OFCE.
Il est urgent pour le gouvernement d’agir enfin contre cette vague de plans sociaux et de licenciements qui n’ont aucune justification économique.
Il doit mettre immédiatement à l’ordre du jour de l’assemblée la loi contre les licenciements boursiers votée au Sénat y compris par les sénateurs du PS et déposée à l’assemblée par les députés du Front de Gauche.
Combien de morts dans la rue avant les réquisitions ?
Il aura fallu attendre le premier « mort de la rue » sous une météo aux forts accents hivernaux pour que Cécile Duflot, Ministre du logement se soucie enfin de l’urgence sociale criante concernant le logement.
Elle nous a informé en effet qu’elle n’excluait pas de réquisitionner parmi les quelques 2,3 millions de bâtiments vides recensés par l’INSEE, et ceci « si nécessaire ». Sur les 150.000 sans-abris, combien doivent-ils encore mourir pour que la réquisition deviennent « une nécessité » auprès de la Ministre du Logement ?
Les associations venant en aide aux plus démunis dénoncent l’insuffisance de la rallonge budgétaire de 50 millions d’euros annoncée par Cécile Duflot pour palier au manque de l’hébergement d’urgence… autant dire une goutte d’eau dans une mer asséchée par le quinquennat de Sarkozy.
A trois jours de la trêve hivernale, le rythme des expulsions n’a pas faibli. Manuel Valls n’hésite pas à faire usage de la brutalité policière pour expulser illégalement les bidonvilles de Rroms, les réquisitions citoyennes des collectifs de mal-logés Jeudi Noir et Droit au Logement ainsi que celles organisées autours du site de Notre-Dame-Des Landes.
60 ans après le cri d’alarme lancé par l’abbé Pierre, alors qu’il n’a jamais été aussi urgent de réquisitionner les millions de mètres carrés de logement vides vouées à la spéculation immobilière, le gouvernement (PS-EELV) joue encore sur des effets d’annonce pour affronter l’une des plus grandes tragédies de notre siècle.
Face à une droite revancharde qui comme l’a fait M Devedjian sur RadioJ préfère au nom de la défense des profits de promoteurs immobiliers qu’on abandonne les sans abris à la rue, Le Parti de Gauche demande au gouvernement de passer des paroles aux actes, et d’appliquer en urgence la loi de 1945 de réquisition des logements vides.
Le Parti de Gauche réaffirme par ailleurs son soutien aux personnes mal-logées et exige la mise en œuvre de mesures d’urgence :
– La réquisition des logements et locaux vacants
– L’arrêt immédiat des expulsions locatives
– La baisse des loyers
– La construction de 200 000 logements par an
– Le respect de la loi relative au droit au logement opposable
– L’application stricte du droit à l’hébergement
– L’interdiction des coupures d’eau et d’énergie
Italie – Italie : « No Monti Day « – L’autre gauche italienne unie contre Monti
Nous étions plus de 150 000, à défiler samedi dans les rues de Rome. Etudiants, précaires, syndicats de base, militant-e-s du Parti de la Rifondazione Comunista, et du Front de Gauche en Italie, nous avions toutes et tous répondu présent-e-s à l’appel du comité « No Debito » (Non à la dette) pour protester contre les plans d’austérité mis en place par le gouvernement Monti. Rappelons que ce gouvernement « technique » n’a aucune légitimité démocratique.
« Monti Dégage. Non au Fiscal Compact», voilà ce que disait la banderole de tête de la manifestation, tirant le bilan d’une année de destruction des acquis sociaux, de la retraite à la santé en passant par la protection contre les licenciements abusifs. Un programme fidèle à la lettre aux injonctions de la Commission européenne, mis en place avec le soutien du Parti Démocrate dont le secrétaire générale et probable candidat à devenir premier ministre, Pierluigi Bersani, était le même jour à Toulouse pour assister au Congrès du Parti Socialiste français et y réitérait son soutien à la politique de Monti.
Dans le cortège, les malades de sclérose en plaque en grève de la faim contre la suppression du fonds qui permet à leur parents de s’absenter du travail pour les aider dans la vie quotidienne, côtoyaient les métallos de l’Ilva de Tarente en lutte contre le chantage qui leur est imposé par leur entreprise, travail et pollution contre chômage et air pur, les étudiants « prood to be choosy » (fiers de faire la fine bouche) défilaient pour protester contre la ministre des affaires sociales Elsa Fornero qui a eu la vulgarité de prétendre que si le chômage des jeunes est aussi haut en Italie, 35%, c’était parce que ceux-ci étaient trop « choosy », délicats et n’acceptaient pas les postes qui leurs seraient offerts, et enfin le long cortège des organisations politiques. Le composaient : de très nombreux militants du Parti de la Refondation Communiste, des militants d la Gauche Critique, du Parti Communiste des Travailleurs, et une petite troupe de militants du Front de Gauche Italie, tous unis dans la manifestation contre Monti.
A la fin de la manifestation, les représentants syndicaux et politiques ont été invités à prendre la parole. Ils ont déclarés en chœur que ce 27 Octobre marquerait le début d’un processus unitaire contre l’austérité et les politiques néolibérales européennes. Le discours de Paolo Ferrero, secrétaire général de Refondation Communiste a été particulièrement applaudit, notamment quand il a annoncé « qu’il fallait arrêter de financer les banques et ne plus se soumettre aux diktats de la troika ». Très applaudit aussi, le discours de Giorgio Cremaschi du comité No Debito, et ex dirigeant syndical de la CGIL, qui a appelé tous les syndicats à se prononcer pour la grève générale le 14 Novembre, pour unir les luttes au niveau européen.
Le Parti de Gauche se félicite de la mobilisation du peuple dans les rues de Rome et lui apporte sa solidarité dans sa lutte pour obtenir une vraie alternative à l’austérité. Il était grand temps que l’autre gauche se réunisse et commence enfin son parcours unitaire pour contrer l’autoritarisme austéritaire de la troïka et pour construire une Europe de la solidarité, de la justice sociale et du progrès humaine et écologique.
Blog A gauche pour de Vrai
Il n’est pas dans les habitudes d’A gauche pour de vrai! de faire de la publicité, de tomber dans la promotion, d’afficher une page de réclame. Mais ce dimanche, comme dimanche dernier, on ne résiste pas. Mais promis, c’est passager, pas une habitude qui gagne. Seulement voilà, tandis du côté de Too Loose la ville rosse, certains palabrent autour de l’austérité, déclament sur la relance, mais finissent par faire la ola au TSCG et à la règle d’or tout en se préparant à instaurer un pacte de compétitivité contre les salariés, les gens, les vrais, ont désormais un espace pour témoigner de ce que l’austérité change dans leur vie.
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