La «règle d’or», règle des ânes
Pour Jacques Généreux, professeur à Sciences-Po, qui publie une version enrichie de « Nous, on peut ! Manuel anticrise à l’usage du citoyen », la « règle d’or » est une ineptie idéologique doublée d’une mise en cause de la démocratie.

Cette règle d’or est d’abord une renonciation pure et simple à la démocratie. Fidèles au penchant dictatorial qui les inspirait déjà dans l’élaboration du traité constitutionnel européen, puis dans la ratification sans référendum d’un traité identique à celui rejeté par trois peuples souverains, les gouvernements signataires du TSCG veulent que, désormais, le vote des électeurs n’ait plus aucune prise sur l’orientation rigoriste de la politique budgétaire. Quel que soit le résultat des élections à venir, un gouvernement ne pourra appliquer que la politique budgétaire unique fidèle à un dogme néolibéral unique. Une autre politique sera considérée comme un délit punissable par des magistrats internationaux.
La règle d’or est ensuite une règle des ânes en économie politique ! Imposer un quasi-équilibre permanent des comptes publics, en dehors des déficits conjoncturels engendrés par les récessions, revient à considérer qu’en temps normal toute dépense publique supérieure aux recettes courantes est un mal en soi, que l’endettement est en soi un moyen de financement condamnable ! C’est là évidemment une ineptie. Sans dette, les économies modernes n’existeraient tout simplement pas. Dans toute économie développée, le secteur des entreprises, considéré globalement, est en déficit permanent, en raison des dépenses d’investissement étalées dans le temps.
Ce déficit n’apparaît pas dans la comptabilité privée, car celle-ci n’inscrit pas en charges de l’année la totalité des dépenses engagées dans l’année : les investissements sont répartis sur plusieurs exercices et seule une fraction des sommes investies est comptée en charges de l’exercice en cours (l’amortissement). En revanche, les règles de la comptabilité publique exigent l’inscription au budget de toutes les sommes dépensées par l’Etat dans l’année. Appliquez cette convention aux entreprises privées et, alors, celles-ci sont en déficit permanent, quand tout va bien, c’est-à-dire quand elles investissent.
On ne parle jamais d’une « dégradation » des comptes privés quand les dépenses d’investissement creusent le déficit privé. Or la seule différence entre ce déficit privé et son jumeau public est de n’être pas appelé « déficit ». Si le déficit et l’endettement privé peuvent jouer un rôle positif pour l’économie nationale, il en va de même pour la dette publique finançant les investissements publics. Si l’on se réjouit de voir nos entreprises investir et dépenser dans l’année plus d’argent qu’elles n’en gagnent, il n’y a aucune raison économique de s’alarmer quand une administration publique étale ses dépenses d’investissement dans le temps.
Il y a en revanche une vraie raison politique, à peine masquée, derrière la règle d’or. Ses partisans ne veulent pas d’un Etat qui persiste à investir dans l’éducation, la santé, la recherche, le logement, les transports collectifs, la sécurité, etc. Ils souhaitent que toutes ces activités productives soient confiées à des entreprises privées, pour étendre la part de la vie sociale qui est ouverte à la libre course aux profits marchands. Tel est le projet strictement politique que d’aucuns tentent de maquiller en bon sens économique. Mais le fard appliqué ici pour maquiller la réalité est vraiment trop grossier pour passer inaperçu. D’autant que la règle d’or est une ânerie économique pour une autre raison encore.
Si, par malheur, le TSCG entrait effectivement en vigueur et si les gouvernements européens s’efforçaient vraiment de ramener leur solde structurel vers l’équilibre – tous ensemble dans une Europe déjà largement touchée par la récession –, ils ne réussiraient qu’à provoquer une dépression durable et générale dans l’UE et, ce faisant, ils n’atteindraient jamais leur objectif d’équilibre budgétaire.
Article paru dans « Marianne 2 » le 21 septembre 2012
Portugal : Stop austérité ! Le peuple se réveille!

Depuis que le Gouvernement a annoncé en plus des voupes budgétaires déja prévues dans le budget 2013, une forte hausse des cotisations sociales des salariés, de 11% à 18 % pour compenser un recul des cotisations patronales de 23,75% à 18%, le peuple portugais a fait explosé sa rage.
1 million de manifestants le 15 septembre dans 30 villes du pays, soit pour ce pays près d’1 habitant sur 10 !
Des milliers de citoyens ont manifesté devant le Conseil d’Etat vendredi soir dernier aux cris de « Voleurs, voleurs », « C’est au peuple de gouverner » !
Après 8 heures de réunion de ce Conseil d’Etat, seul un appel au dialogue social est sorti, et un éventuel tassement de la hausse des cotisations sociales pour les salariés. Un recul bien trop timoré (mais un premier recul quand même).
Les luttes s’accélèrent et la CGTP, principal syndicat, appelle à des manifestations le 29 septembre. L’union si difficile entre les organisations (associations, syndicats, partis politiques) qui combattent la Troïka et le gouvernement qui imposent l’austérité commence à se faire corps.
« Nous voulons nos vies » scandent les résistants à l’austérité, « et pour elles nous sommes disposés à faire, de chaque jour de lutte, de chaque nouvelle protestation, quelque chose d’extraordinaire »
Le Parti de Gauche salue la détermination du peuple portugais d’en finir avec ce gouvernement et la Troïka.
Le Parti de Gauche salue le travail d’union dans la lutte de nos amis associatifs, syndicaux et politiques à gauche au Portugal.
Le Parti de Gauche dénonce le renforcement du partenariat UE-Israël

Le 18 Septembre 2012, la commission du commerce international au Parlement Européen a recommandé l’application du protocole ACAA, qui vise à assouplir les conditions d’accès au marché européen des produits industriels israéliens. Les négociations sur l’ACAA avaient pourtant été gelées depuis l’attaque de la flottille pour Gaza le 31 Mai 2010, attaque dont les responsables n’ont toujours pas été jugés par la justice israélienne.Cet accord doit encore être validé par le vote en plénière du Parlement Européen en Octobre prochain.
Il faut savoir que depuis Juillet 2012, l’Union européenne a décidé de renforcer ses relations avec Israël dans plus de 60 domaines d’activité de coopération comme les transports, l’énergie, les douanes, la justice, la sécurité, les communications, le tourisme mais aussi Europol, l’Agence spatiale européenne.
Or pendant ce temps, le gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou continue la colonisation des territoires palestiniens et le blocus de Gaza, au mépris du droit international et surtout des accords signés avec l’Union Européenne qui devraient conditionner tout accord commercial. Comment les dirigeants de l’UE, et notamment les autorités françaises, peuvent-elles accepter de renier ainsi leurs propres principes et de se rendre donc directement complices de l’oppression du peuple palestinien?
A l’instar de ses partenaires du Front de Gauche et de la GUE/NGL, et conformément aux positions qu’il a toujours défendues, le Parti de Gauche condamne tout approfondissement des relations entre l’Union Européenne et Israël et demande le gel des accords existants tant que le gouvernement israélien continuera la colonisation de la Cisjordanie et le blocus de Gaza.
Il soutient les manifestations pacifiques contre le vote de la commission parlementaire INTA qui ont eu lieu à Ramallah.
Il demande au gouvernement de François Hollande de refuser la mise en application de ces accords en l’état.
Enfin, il demande au gouvernement français de relancer le processus d’admission de la Palestine comme État membre de l’ONU à part entière.
Mittal : au-delà de l’écœurement

Reprenons les faits. Lakshmi Mittal décide voici un an de fermer la sidérurgie à chaud de Liège. Mittal, c’est un représentant de la seule espèce de requin qui ne soit pas menacée de disparition, celle des grands patrons. Mais voilà : pour fermer une usine, il y a des règles en Belgique. La procédure Renault s’enclenche et les discussions à ce propos suivent leur cours, dans la tradition bien ancrée chez nous du dialogue social, même dans les pires situations.
Un an après, nous voilà au bout du processus. Et Mittal annonce que, finalement, ce n’est pas 581 emplois qui seront perdus, mais 795. Cela fait donc un an qu’on ne discutait pas sur les vraies intentions de Mittal ? Qu’à cela ne tienne : il suffit que les syndicats acceptent les changements qui viennent d’être mis sur la table. Et qu’en un mois ensuite ils approuvent tout le reste (plan social, plan industriel). Et aussi, tant qu’on y est, qu’ils s’engagent à ce que leurs affiliés renoncent à tout recours individuel en justice. Et puis, tant qu’à faire, qu’ils acceptent tout de suite le démarrage du processus de fermeture des outils, avant même que les accords ne soient conclus.
Ah, ils ne sont pas contents ? Ah, ils ne sont pas d’accord ? Ah, ils veulent le respect de la loi, le respect des négociations, le respect des paroles données ? Puisque c’est comme ça, on va cesser d’approvisionner une autre ligne (qui n’a rien à voir), on va annuler les investissements promis (de toute façon, cela fait des années qu’on les promet; ça suffit de promettre sans tenir, ne promettons plus rien)… ça leur apprendra.
Voilà donc comment raisonnent et se conduisent les requins de la finance et de l’industrie, et plus spécialement le requin Mittal. La richesse, la puissance, semblent dans son esprit lui donner le droit de faire tout, y compris ne pas respecter les règles, y compris et surtout mépriser les travailleurs et leurs représentants. Et donc, conduire une région, toute une région, au bord du gouffre, sans aucune vergogne.
Mittal, après tout, n’en est pas à son premier meurtre industriel. Quand fut faite l’annonce de la fermeture du chaud, en 2011, des travailleurs, des tracts de la FGTB Métal Liège-Luxembourg avaient parlé de « génocide social ». Certains observateurs avaient trouvé cela excessif : on voit aujourd’hui qu’il n’en est rien… Ces derniers épisodes me révoltent, évidemment, comme je ne doute pas qu’ils nous révoltent. Nos camarades liégeois doivent savoir que toute la MWB est avec eux, comme ils sont, eux, derrière tous les combats menés ailleurs en Wallonie.
Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas seulement la vie ou la mort d’une industrie, mais la vie ou la mort de toute une conception des relations sociales, basée sur le respect de tous. Et il faut bien le déplorer, Mittal n’est pas le seul de son genre. Dans un exemplaire du journal « Le Soir » de la semaine dernière (daté du 11 septembre), le directeur de la FEB, Pieter Timmermans, explique que les syndicats choisissent de plus en plus de « faire grève, puis discuter ». Il met aussi en cause certaines réactions de la base, comme les blocages de direction ou de lignes de production.
Timmermans parle, en l’occurrence, de « prise d’otages ». Or voilà que M. Mittal prend littéralement en otage des lignes et des travailleurs pour arracher aux représentants syndicaux des signatures sur des dossiers qui n’ont rien à voir. Dans un contexte qui était celui d’une négociation ouverte et loyale, même si elle était dure. Mais dans un climat social qui n’était pourtant pas celui de la grève tous azimuts. Si l’on considère que ce qui est en jeu, c’est la survie d’une industrie structurant l’économie de toute une région, les travailleurs d’ArcelorMittal ont mené un nombre exceptionnellement faible d’action. Non pas par passivité, mais tout simplement parce qu’ils avaient fait le choix de la responsabilité, et parce qu’ils avaient gardé l’espoir.
Cet espoir que Mittal, soutenu dans les faits par le patronat belge – ce que nous ne sommes pas près d’oublier dans les semaines qui viennent – est en train de tuer sans vergogne. Mittal nous écœure, comme nous écœure ce discours qui, surfant sur les difficultés d’une crise dans laquelle les travailleurs ne sont pour rien, cherche, partout où c’est possible, à raboter le droit suprême des travailleurs : vivre décemment de son labeur. Cela, Mittal, Timmermans et consorts s’en foutent. Qu’ils ne soient pas surpris de l’éclosion, après tant de printemps, d’automnes de colère.
Nico Cué, Secrétaire général
L’Humanité – Presstalis doit vivre ! Pour un service public de la distributuion de la presse.

Le système de distribution de la presse est en crise.
Il a été mis en place à la Libération, dans le cadre du programme du Conseil National de la Résistance pouvoirs publics et parlementaires considérant alors la presse comme une composante essentielle dela démocratie.Ce système coopératif garantissait la liberté et l’impartialité de distribution des quotidiens, l’égalité et la solidarité entre éditeurs, sur la base de la péréquation des coûts. Cela permettait à tous les titres d’être accessibles partout et pour tous.
Aujourd’hui, après plus de vingt années de fermetures de centres de traitement des titres,de plans de restructurations, l’entreprise, qui s’est appelée NMPP durant soixante-dix ans et Presstalis maintenant est la cible d’une offensive libérale destructrice sans précédent.
Sur 2 500 salariés, la direction envisage de supprimer plus de 1 000 emplois et de sous-traiter l’essentiel de l’activité de production et de service. Ce plan serait l’ultime étape avant la disparition pure et simple de l’entreprise. Avec cette liquidation programmée de Presstalis, c’est la remise en cause complète de l’activité de distribution de la presse qui est en jeu. Certains grands groupes la souhaitent. Ils ont déjà dans leurs cartons une alternative, un système purement libéral qui correspondrait à leurs besoins. Alors qu’ils ont fait la preuve de leur incapacité à gérer le système, ils se tournent une fois de plus vers l’Etat, enquête de nouveaux financements pour sa mise en place qui serait en fait payée par les contribuables.
La grande majorité des titres, les lecteurs, les citoyens et les salariés de la filière n’ont rien de bon à en attendre. Ils ont, au contraire, intérêt à défendre le pluralisme, à se mobiliser pour en renforcer ses principes et obtenir dans ce cadre une véritable refondation du système de distribution de la presse.
L’Etat ne peut pas se contenter de satisfaire les demandes des patrons. Il doit intervenir pour que le système soit renforcé dans sa mission de service public, y compris en y étant partie prenante. Les moyens existent pour mettre en oeuvre cette politique. Rien ne justifie la disparitionde Presstalis.
Dans l’immédiat, nous demandons :
– le retrait du plan de la direction de Presstalis prévoyant des suppressions d’emplois et de nouvelles fermetures de centres.
– la convocation d’urgence, par le ministère, d’une table ronde pour refonder le système coopératif de distribution des quotidiens et périodiques en repartant de la défense du pluralisme de la presse, indispensable à la vie démocratique du pays ; dans le cadre d’un débat public, elle devrait notamment avoir pour mission d’examiner les moyens nécessaires – y compris de l’Etat, qui est garant de la démocratie – pour assurer la distribution des journaux sur l’ensemble du territoire.
Premiers signataires : Maxime Picard, Marc Norguez, Léo Purguette, Jacques Bétemps, Michel Diard, Jean-François Ropert, Patrick Kamenka, Claude Marchand, Gilbert Bonhomme, Guillaume Dumoulin, Jean-louis Hericher, Gérard Jagorel, Jean-Jacques Hedouin Jean-François Téaldi, Francis Verneau, Emma Mauguen, Thierry Ginier, Luc Chigot, Laurent Bouyerie, Luc Vallot …
TRAMEROUGE, réseau des militants communistes de la presse et de leurs amiEs
220e anniversaire de la République – Nous n’étions pas là pour nous souvenir, mais pour nous inspirer !

La phrase qui sert de titre à ce billet de blog est extraite du discours prononcé ce jour par Jean-Luc Mélenchon et je considère qu’elle résume avec style ce qui va suivre.
Quelle belle cérémonie ! Quelle réussite ! Ce soir, nous étions donc plusieurs centaines à nous retrouver, malgré la pluie, devant le Panthéon, pour fêter le 220eanniversaire de la République. Nous avons eu raison d’être là et nous n’avons pas perdu notre temps. Il est curieux qu’il faut que ce soit une société savante, fondée en 1907 et reconnue d’utilité publique en 1935, comme la Société d’études robespierristes(SER), qui organise un tel hommage pour que l’on puisse saluer dans la capitale de la France, ce qui constitue, tout de même, l’acte fondateur de la République. Merci à la SER et à ses membres. Dans notre pays pourtant passionné d’histoire, où les anniversaires historiques et les dates s’empilent les unes sur les autres, dans des calendriers improbables, parfois avec désordre et incohérence, il est sidérant de constater qu’aucune cérémonie officielle n’est organisée par saluer cette journée du 21 septembre 1792 où la monarchie a été abolie. Et dire que le sénat et l’Assemblée nationale sont pourtant présidés par des socialistes ! C’est à pleurer.
Voilà pourquoi, le PG comme Parti politique, avec une grande part de son Secrétariat national (Martine Billard, Danielle Simonnet, Pascale Le Néouanninc, Eric Coquerel..) a profité de cette occasion unique, offerte par la SER, pour inviter ses militants et ses sympathisants à se rassembler en fin d’après-midi. Avec les autres organisations, pour symboliser cet hommage, nous avons déposé trois gerbes de fleurs (une pour le PG, pour nos élus parisiens et une dernière pour nos élus régionaux) dans la grande nef du bâtiment de Soufflot, aux pieds d’un énorme groupe sculpté de Germain Sicardreprésentant la Convention nationale. Cet ensemble de statues, surplombées par une extraordinaire Marianne en arme, est d’ailleurs exceptionnel ! Qui le sait ? Qui a pris le temps de l’observer attentivement ? Bien peu de gens sans doute, et je ne les blâme pas. Jusqu’à aujourd’hui, j’étais moi même ignorant de son existence. Pourtant, Maximilien Robespierre, et derrière lui Jean-Paul Marat, figure au premier plan de cet ensemble de personnages de pierre. C’est un beau clin d’oeil de l’histoire. Lors de leurs morts, il y a deux siècles, pour des raisons politiques, des coquins leur ont interdit le Panthéon, et ont même balancé leurs cadavres, pour l’un aux égouts et pour l’autre dans une fosse commune, et aucune ne dispose d’une scépulture. Mais, pourtant d’une certaine manière ils sont là grace au sculpteur Sicard, non loin de Jean Jaurès et d’autres grandes figures républicaines ! C’est là un beau témoignage de l’époque du centenaire de la République en 1889, date où cette statue fut commandée. En 1989, une telle chose fut impossible. François Furet avait sévi, avec l’aide active de journaux comme le Nouvel Observateur, et Robespierre et Marat étaient devenus aux yeux de beaucoup de nos concitoyens des contre-exemples, des brutes épaisses, qu’il fallait effacer de nos mémoires. Aucun pouvoir politique n’aurait eu le courage de commander une telle statue. Il y eu même à l’époque un premier ministre socialiste, M. Michel Rocard, pour déclarer le 11 janvier 1988 que l’intérêt de 1789 était « d’avoir convaincu beaucoup de gens que la Révolution, c’est dangereux et que, si on peut en faire l’économie, ce n’est pas plus mal. »
Mais, ce sinistre projet révisionniste de notre histoire nationale, car cela en fut un délibéré et concerté, pour effacer la réelle signification de la Révolution française a échoué. C’est pourquoi nous la fêtons encore et que nous étions là aujourd’hui avec dignité et enthousiasme. Comme disait Victor Hugo, à la fin de sa vie (il mourra le 22 mai 1885) quelques années avant 1889, en préparation des cérémonies du premier centenaire de la Révolution :« Ayons une si fière façon de nous en souvenir qu’il en sorte la liberté du monde. Célébrer les grands anniversaires c’est préparer les grands événements. »

Pour comprendre un premier aspect de la portée historique de ce que fut ce 21 septembre 1792, je laisse la parole à mon ami Michel Biard, le Président de la SER qui fut hier le premier orateur :
« la Convention nationale, cette troisième Assemblée législative de la Révolution, s’est réunie pour la première fois le 20 et qu’elle a décrété l’abolition de la monarchie le 21, à l’initiative de deux de ses membres, Collot d’Herbois, homme de théâtre ayant dès 1789 mis sa plume au service de la Révolution, et Grégoire, évêque constitutionnel du Loir-et-Cher. Le texte alors voté à l’unanimité par acclamations était rédigé de façon on ne peut plus laconique : « La Convention nationale décrète que la royauté est abolie en France ». Le lendemain, à l’ouverture de la séance, un autre représentant du peuple, Billaud-Varenne, proposait de « […] dater les actes [… de] l’an premier de la République française » et ce à compter de la veille. La Convention accepta sa proposition, mais le texte finalement voté ce jour là remplaça la date du 21 par l’adverbe « dorénavant ». La République est donc née de fait le 21, de droit le 22, mais, en tout état de cause, elle n’a pas alors fait l’objet d’une proclamation formelle. Quoi qu’il en soit, comme chacun le sait, elle ne figure ni le 21 ni le 22 septembre dans le calendrier actuel de nos fêtes laïques, paradoxe étonnant pour une République encore si largement fondée sur les acquis de la Révolution, tant dans ses structures territoriales et administratives que pour ses usages politiques et nombre d’autres héritages, notamment culturels. N’en déplaise à ceux qui persistent avec obstination à nier ou à rejeter ces héritages, notre République répond toujours de ce qui fut hier encore désigné sous le nom de Grande Révolution. »
Après lui, la députée socialiste Catherine Lemortona dit quelques mots, prétendument au nom du président socialiste de l’Assemblée nationale, qui sans doute se moquait totalement de cet hommage, avec des mots qui ont fait sourire l’assistance. Elle a affirmé, non sans panache, qu’elle était« robespierriste ». Pourquoi pas ? Tant mieux. Elle était sincère. Elle fut réellement très active pour aider l’Etat a racheter les manuscrits de Robespierre, l’an passé. Mais, sait-elle que c’est dans son propre parti, parmi les élus socialistes de Paris, que l’on rencontre la plus vive opposition pour rendre hommage à Robespierre ? Qu’importe. Après elle, nous avons déposé nos gerbes de fleurs puis de retour à la tribune, c’est d’abord Pierre Laurent qui repris la parole avec chaleur, mais hélas sous une pluie battante, au nom du PCF.
Enfin, après Pierre, ce fut le tour de Jean-Luc Mélenchon , pour un discours d’une force politique et historique hors du commun. Je sais l’importance et la méticulosité qu’il a accordé à la préparation de ce moment auquel, très modestement, Laurent Maffeis et moi, avons participé. Lors des deux après-midi que nous avons partagé pour échanger quelques idées, et trouver quelques citations riches de sens, ou un plan dynamique j’ai mesuré la profonde connaissance de la Révolution française chez Jean-Luc. Blanqui, Louis Blanc, Jaurès, Michelet, Mathiez… il a pratiquement tout les auteurs républicains majeurs sur le sujet et est capable, de mémoire, de relire ou reconstituer des passages entiers. C’est dire combien, pour Jean-Luc Mélenchon, parler de la Grande Révolution, devant le Panthéon, n’est pas chose qu’il a pris à la légère. On ne peut totalement comprendre la matière qui fait cet homme en ignorant cette dimension. Je vous laisse profiter de ce discours, en remerciant, la télé de gauche qui a fabriqué ce petit montage.
220ème anniversaire de la république par lepartidegauche
Voir l’article sur le blog d’Alexis Corbière
A. Montebourg et le référendum
Traité européen – Marc Dolez : « Un dessaisissement de la souveraineté nationale »

Marc Dolez, le député du Nord, cofondateur du Parti de Gauche, estime que le traité met en péril la souveraineté du Parlement.
Qu’est-ce qui motive votre intention de voter contre la ratification du pacte budgétaire européen ?
Marc Dolez. Cela se résume d’un mot : l’austérité. L’austérité généralisée et imposée à tous les pays de l’Union européenne. Un carcan inacceptable qui va enserrer nos différents pays, que ce soit les finances publiques de l’État ou les collectivités territoriales du pays.
En tant que parlementaire, vous sentez-vous dessaisi d’une part de décisions sur les orientations du pays ?
Marc Dolez. C’est un dessaisissement absolument considérable de la souveraineté nationale qui, historiquement, il faut le rappeler, s’est construite à partir de la souveraineté budgétaire, c’est-à-dire de la capacité donnée aux représentants du peuple, à travers le Parlement, de décider chaque année du budget de la nation. Et c’est cela qui va être définitivement interdit à partir de maintenant. J’ajoute qu’avec les derniers règlements de la Commission européenne, qui s’appliquent immédiatement, ce que l’on appelle le semestre européen, qui consiste à attendre un feu vert de la Commission sur les projets de loi de finances avant de les présenter aux Parlements dans un processus de six mois, verra sa logique désormais étendue sur toute l’année. On ne l’a sans doute pas assez expliqué, mais, désormais, le regard de Bruxelles sur le budget des États, c’est avant, pendant et après. Ce qui signifie que le Parlement français n’a plus de souveraineté budgétaire.
L’exigence d’un référendum est-elle un levier efficace pour contester le pacte budgétaire ?
Marc Dolez. Il est clair qu’une question aussi décisive pour l’avenir de la République ne peut être tranchée que par le peuple lui-même. Et je n’ai aucun doute sur ce que serait le verdict du peuple s’il votait à l’issue d’un large débat. D’ailleurs, les indications dans les sondages de ces dernières quarante-huit heures, qu’il faut bien entendu prendre avec toutes les précautions, résument bien la problématique. Deux tiers de nos concitoyens pensent qu’il n’aurait pas fallu adopter le traité de Maastricht, mais dans le même temps, deux tiers pensent qu’il ne faut pas sortir de la zone euro. Je crois que cela valide l’orientation qui est la nôtre : refuser ces orientations d’austérité et réorienter la construction européenne.
Entretien réalisé par Adrien Rouchaleou
B. Hamon et le référendum
Traité austéritaire – Ils expliquent leur Non : Laurence Sauvage

Extrait d’un article sur l’Humanité.fr :
Laurence Sauvage, secrétaire nationale du Parti de Gauche (PG) : «Le gouvernement doit faire place au peuple !»
« Le sens premier de la participation du Parti de Gauche à la manifestation est de continuer à lutter contre ce traité qui va à l’encontre de l’intérêt général. Nous avions raison en 2005 de nous battre contre le traité constitutionnel européen (TCE), d’autant que l’on en paye à présent les conséquences. François Hollande, qui avait pourtant déclaré qu’il le renégocierait, n’en a strictement rien fait. C’est maintenant au peuple de reprendre la parole. Quatre millions de voix se sont portées sur le candidat du Front de Gauche au premier tour de la présidentielle, dont un socle avait voté non au TCE. Avec ces électeurs et d’autres encore, nous entendons continuer le combat. Au-delà, nous appelons au référendum. Ne sommes-nous pas le parti qui redonne la parole au peuple, qui l’incite à occuper les places publiques, comme lors de la campagne électorale ? Nous mettons, au Front de Gauche, l’humain au centre de tout. Cet humain a quand même le droit de donner un avis sur un traité qui remet complètement en cause les institutions ! Le traité va être voté sans aucune explication sur son contenu et ce qu’il induit sur la vie quotidienne des Français. Je suis furieuse que les ministres ne bougent pas pour faire appliquer les lois protégeant les salariés, comme à Sodimedical, alors qu’ils se battent bec et ongles pour faire ratifier un traité européen. Qu’est-ce qu’il en sera à partir du moment où l’Europe décidera à la place des Français ? »
