France culture – François Delapierre invité du journal de 12h30
Fête de l’Huma 2012 – L’eau et les multinationales : Gabriel Amard
Cocktail détonant
Le 13 septembre dernier, Les Echos publiaient une synthèse sans appel. Les instituts de conjoncture économique abaissent les uns après les autres leurs prévisions de croissance pour 2013. 0,3 % en moyenne alors que le gouvernement base son budget sur une estimation de 0,8 %. La banque Natixis est plus optimiste que ses consœurs. Son conjoncturiste l’explique : « Notre scénario n’intègre à ce stade que les mesures déjà votées et j’attends la présentation du budget pour le réactualiser. Si la France devait à tout prix tenir son objectif de 3 %, ma prévision de croissance ne serait plus de 0,7 % mais probablement inférieure à 0 %. » Oui vous avez bien lu ! Les services de prévision des banques estiment eux-mêmes que la politique qu’elles réclament tue la croissance. Dès lors, faute de dynamisme de l’activité, seul un institut sur 18 prévoit que la France atteindra l’objectif de 3 % de déficit en 2013.
Le lendemain 14 septembre, le sommet des ministres de l’économie de la zone euro à Chypre décide de donner plus de temps au Portugal pour atteindre ses objectifs de réduction des déficits. Cette fois, c’est Le Monde qui raconte. Le Portugal « fait, de l’avis général, son maximum » mais « les recettes fiscales du Portugal ont baissé davantage qu’attendu, en raison de la faible demande intérieure, alors que les dépenses publiques progressaient pour cause, entre autres, de chômage de masse. » N’avions-nous donc pas raison de dire que l’austérité aggrave le déficit ? Oui, l’avouent-ils avec une soudaine franchise. « Le pays doit donc bénéficier d’un peu de temps pour tenir ses objectifs budgétaires, sans prendre les mesures supplémentaires d’économies qui pourraient s’avérer fatales au retour de la croissance, après deux années de récession. Si nous ne regardons que la consolidation budgétaire sans tenir compte du ralentissement économique, nous risquons de nous enfoncer dans la récession », observe le ministre belge des finances. On croirait du Front de Gauche dans le texte.
Si l’austérité tue l’activité et qu’il s’avère, même en « faisant son maximum » impossible de tenir les engagements de réduction des déficits négociés avec la Troïka, pourquoi faut-il le TSCG ? Ce traité européen aggrave des objectifs déjà imbéciles et intenables et punit de sanctions automatiques les pays qui ne les atteignent pas. Pourquoi les chefs d’Etat ont-ils approuvé un renforcement du carcan austéritaire à l’heure où leurs gouvernements décident de l’assouplir ? Pour quelle raison les «marchés financiers » exigent-ils la ratification d’un texte dont ils anticipent des effets récessifs ? Tous ces gens sont intelligents. Leur objectif ne peut donc être la réduction des déficits. Le plus important pour eux ce sont plutôt les « efforts » que leur prétendue « règle d’or » est censé justifier aux yeux des peuples. Le TSCG est un instrument au service de la mise aux normes du profit des sociétés européennes. Cette modification du rapport de forces s’exprime économiquement, socialement mais aussi politiquement à travers le dessaisissement du pouvoir budgétaire des Parlements qui constitue l’aboutissement ultime du TSCG. Pour imposer leurs vues les détenteurs du capital financier doivent retirer au peuple le pouvoir qui lui reste. C’est ce qu’ils appellent dans un incroyable retournement de sens le fédéralisme ! Le 30 septembre sera donc à la fois une marche contre l’austérité et un épisode dans la grande bataille qui se mène pour la défense et la reconquête de la souveraineté populaire. Un cocktail qui s’est toujours avéré détonant.
Le « délit de blasphème » n’a pas sa place dans la République !
Nous dénonçons la volonté de la part de certains groupuscules violents de salir la Fête de l’Humanité et de rétablir une sorte de « délit de blasphème » absolument inacceptable.
Ainsi, alors que le PG se félicite de la forte affluence rencontrée sur son stand et de manière générale par toute la Fête de l’Humanité qui annonce une forte mobilisation le 30 septembre contre le Traité d’Austérité, il tient à faire une mise au point à propos d’un incident qui s’est déroulé sur le stand des Amis de l’Humanité. Un débat devait y avoir lieu samedi avec notamment Caroline Fourest et Hervé Poly sur le Front national.
Quelques dizaines de personnes, issues manifestement de petits groupes comme « Les indigènes de la République » ou des animateurs du site « Ouma.com », prétextant de la présence de Caroline Fourest, ont fait le choix d’empêcher ce débat par la force et les insultes. Parmi les quelques slogans scandés par ces personnes, et sur la banderole qu’ils ont déployée, revenait l’affirmation absurde que Caroline Fourest serait « islamophobe ». Face à la confusion générale, et pour éviter toute violence, les organisateurs ont fait le choix sage d’annuler le débat.
Nous condamnons fermement ce genre de coup de force d’une grande lâcheté de la part d’une poignée d’individus ayant perdu tout repères politiques. Premièrement, empêcher la tenue d’un débat à propos de la riposte à apporter au FN est un acte grave qui ne profite qu’à l’extrême droite. Deuxièmement, le terme « d’islamophobe » ne fait pas partie de notre vocabulaire. Autant le PG est en première ligne pour dénoncer le racisme qui touche particulièrement nos concitoyens de confession musulmane, autant nous considérons que toutes les religions, dont l’Islam, doivent pouvoir être critiquées librement dans notre pays.
Même si nous ne partageons pas toujours les analyses de Caroline Fourest, nous connaissons ses convictions féministes et laïques et sa détermination contre le racisme et l’extrême droite, et nous lui assurons notre solidarité totale en rappelant que l’an dernier, lors de la Fête de l’Humanité, elle fut invitée sur notre stand pour débattre déjà du FN.
Portugal: Un million de citoyens pour virer la Troïka et le gouvernement
Un million de personnes dans tout le pays (dont un demi million à Lisbonne et 150 000 à Porto) sont descendus dans les rues pour protester contre les plans d’austérité qui se succèdent au Portugal et pour demander la démission du gouvernement de Passos Coelho.
Tant de monde dans les rues, c’est du jamais vu depuis le 1er Mai 1974 qui fut la première fête du travail légale, suite à la révolution des oeillets. Un franc succès pour cette manifestations lancée par un collectif de citoyens.
Le Gouvernement ne peut pas ignorer la « Voix du pays » qui s’est exprimée ce 15 septembre ! Les slogans étaient clairs: « Dehors la Troïka », « Non à l’austérité », « Il est temps que ce gouvernement fiche le camp », « On n’a pas de travail, on n’est pas des délinquants ».
Le Parti de Gauche salue le peuple Portugais descendu en masse pour dire « stop ! nous voulons une autre politique » et soutient son refus catégorique de l’application de l’austérité de la Troïka par les gouvernements.
Espagne : Le peuple exige un reférendum sur l’austérité!
Ce samedi 15 septembre, près d’un million de manifestants venus de toute l’Espagne ont défilé dans les rues de Madrid pour dire à nouveau « Non aux coupes! » « Non à l’austérité ! »
Cet été « la Marche des mineurs » avaient recueilli le soutien de centaines de milliers de madrilènes à leur arrivée dans la capitale, le 19 juillet des millions d’espagnols défilaient dans toutes les grandes villes d’Espagne, un mot d’ordre : « Ils veulent en finir avec tout! » Les deux centrales syndicales majoritaires UGT et CCOO (Comisiones Obreras) appelaient alors à une manifestation nationale à Madrid le 15 septembre. Pari réussi! Ce sont des milliers de bus venant de toute les régions d’Espagne qui ont convergé vers Madrid.
Le gouvernement Rajoy annonce 65 000 manifestants, mensonge, la plaza Colon était noire de monde, ils étaient près de 1 million selon les organisateurs.
Toutes les luttes se trouvaient réunies en une marée humaine de toutes les couleurs : vert pour l’Education , blanc pour la Santé, orange pour le secteur social, rouge pour les syndicats, noir pour les services publics, violets pour les associations qui militent pour le droit des femmes … 150 syndicats et associations du Sommet Social (« laCumbre Social ») y étaient représentés.
Depuis mai 2010, pour le peuple espagnol, la seule politique à l’ordre du jour est celle de l’austérité : premier plan de 50 milliards d’économies du gouvernement socialiste de Zapatero en mai 2010, puis depuis l’avènement au pouvoir de Rajoy, un ryhtme effréné de coupes bugtaires et de contre-réformes. Un démantelèment en bonne et due forme des droits des travailleurs, des services publics et de la protection sociale. Dernière mesure en date la hausse de la TVA le 1er septembre dernier dans un pays qui compte 25% de chômeurs et 50% pour les moins de 25 ans.
Une revendication a émergé de la foule, l’exigence d’un référendum sur le « plan de sauvetage » evisagé par le gouvernement du PP (Partido Popular) de Mariano Rajoy qui tandis qu’il sauve les banques, ruine le peuple. Ce sera peut-être une issue pour le peuple espagnol pour enfin en finir avec l’austérité et éviter le risque de repli régionaliste qui est une tendance qui se dessine en Espagne.
Europe – NON au traité de l’austérité !
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Conférence environnementale – Discours de François Hollande : la grande illusion
Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale à l’Ecologie du PG et Conseillère Régionale Rhône-Alpes, décrypte le discours de François Hollande.
Lire le communiqué de Corinne Morel Darleux
Discours de François Hollande à la conférence environnementale : – La grande illusion
Reconnaissons que le discours de François Hollande a été nourri de belles phrases et de bonnes intentions. Dommage en revanche qu’il n’y ait que très peu d’éléments nouveaux. Peu de surprise en effet sur le maintien du nucléaire avec la seule fermeture de Fessenheim (prévue pour 2016), ou le plan – ambitieux – de rénovation thermique qu’on soupçonnait déjà. Peu de choses en somme qui ne faisaient déjà partie du programme du candidat. Il y a certes eu quelques avancées comme l’annonce de la création de l’Agence Nationale de la biodiversité, ou le rejet de 7 demandes de permis d’extraction de gaz et huiles de schiste. Malheureusement, cette dernière annonce est en trompe l’œil : non, M.Hollande, il n’y a pas que 7 demandes de permis de gaz et huiles de schiste en cours d’instruction, d’annulation ou de recours en France ! La mobilisation citoyenne, soyez en sûrs, continuera jusqu’au dernier permis. Et si c’est, comme le dit le président, les citoyens qui doivent avoir le dernier mot, pourquoi continuer de refuser le référendum sur le nucléaire ?
Car sur ce sujet comme sur d’autres, on sort de ce discours de M Hollande avec la désagréable impression que les grandes lignes de la conférence environnementale sont en réalité déjà fixées. Bonne nouvelle pour les participants qui vont pouvoir rentrer chez eux… Contrairement aux manifestants du « marathon pour la sobriété énergétique » qui manifestaient ce matin devant le Palais d’Iéna et ne pouvaient, eux s’extraire du cordon policier ! Pas un mot d’ailleurs dans le discours du Président sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, alors même qu’il annonce une volonté forte de préservation des terres agricoles. Cherchez l’erreur…
Rien, enfin, dans le discours du Président de la République sur le développement du frêt, sur la gestion publique de l’eau ni globalement sur les moyens publics de cette ambitieuse politique affichée ! Comment le gouvernement compte t il mener la transition écologique et parvenir à 60% de réduction des gaz à effet de serre en 2040 en se contentant de « réguler » le marché européen des quotas carbone ou en laissant les choix d’intérêt général aux mains des multinationales de l’énergie vantées ce matin par M Hollande ?
Les principaux moyens évoqués sont confiés au secteur privé à travers la mobilisation de la Banque publique d’investissement alors que c’est ce même marché qui a échoué à développer une filière d’énergies renouvelables fiable.
François Hollande doit aussi clarifier ses annonces en matière de libre-échange et sortir de ses contradictions. Il nous explique qu’il ne faut pas confondre « protectionnisme et protection de la planète », mais reprend à son compte la proposition d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne. Rappelons que celle-ci est incompatible avec les traités européens qu’il soutient et le dogme libre-échangiste qu’il a accepté au G8 et au G20 en mai dernier !
Tout cela est cohérent avec l’austérité et la ratification du Traité Sarkozy-Merkel. On reste encore et toujours dans la grande illusion et les vieilles recettes de la croissance verte. Non ! Pour réussir la transition écologique, il faut engager une véritable planification écologique, réaliser des investissements publics considérables et développer des services publics incompatibles avec le dogme de la « compétitivité » et l’austérité ! Les questions écologiques, économiques et sociales ne peuvent plus longtemps rester indépendantes l’une de l’autre.
Reste à espérer que participants de la société civile, associations et syndicats invités aux tables rondes puissent faire la jonction. A entendre ce discours d’ouverture, nous craignons que non.
Écologie – Quelles perspectives ?
Depuis deux mois, derrière un vague écologisme de façade et en dépit de l’accord passé avec Europe Écologie les Verts, les premières décisions du gouvernement révèlent son incapacité à faire face aux lobbies et à changer de boussole politique. François Hollande en appelle au fameux volet croissance qu’il aurait soi-disant arraché pour passer en force sur le traité de l’austérité, le TSCG. Arnaud Montebourg reprend la vieille scie productiviste de l’indépendance, de la compétitivité et du chantage à l’emploi pour justifier ses prises de position hasardeuses sur le nucléaire et les gaz de schiste. Quand les sociaux-démocrates comprendront-ils que la répartition des richesses ne peut attendre une improbable et destructrice croissance ? Que la relance de l’activité ne peut en aucun cas passer par l’austérité et la réduction des acquis sociaux ? Qu’ils regardent en Grèce, en Espagne ou au Portugal ! Quand assimileront-ils qu’une politique d’écologie sociale a besoin de pouvoirs publics et d’investissements forts, de services publics de l’eau, du rail et de l’énergie renforcés ? Quand ouvriront-ils enfin les yeux sur le fait que le démantèlement des centrales, lui, oui, est la seule « filière d’avenir » de cette industrie ; que les économies d’énergie sont les plus grandes réserves à exploiter et la meilleure garantie d’indépendance énergétique ; que nous ne pouvons, enfin, persévérer dans la voie suicidaire de la surexploitation de nos écosystèmes ?
Les semaines à venir vont être denses en matière d’initiatives gouvernementales sur l’écologie. Autant de raisons de rester vigilants et d’occasions de faire entendre les propositions alternatives du Parti de Gauche. En matière d’énergie, il est prévu un débat national décentralisé sur la transition énergétique. Il aura lieu après la conférence environnementale des 14-15 septembre prochain, et doit donner lieu à un projet de loi de programmation énergétique au premier semestre 2013. Un bon point apparaît dans un entretien assez complet donné par Delphine Batho au magazine Terra Eco : la priorité affichée par la Ministre sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Sans doute plus facile à présenter auprès des lecteurs de Terra Eco qu’en Conseil des Ministres, néanmoins. Reste donc à voir si cela sera suivi d’effets. On peut en douter, son engagement ferme en faveur du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes relevant plus de la voracité que de la sobriété.
Concernant les gaz de schiste, las, comme nous y sommes désormais habitués, le refus de la Ministre ne porte que sur la technique de fracturation hydraulique, déjà interdite par la loi de juillet 2011, mais passe sous silence les émissions de gaz à effet de serre qui seraient dues à la combustion des hydrocarbures extraits, même avec une autre technique. Ce n’est donc pas gagné, et sur ce front aussi la vigilance et la résistance restent de mise. Pour le rappeler au gouvernement et aux pétroliers, une journée nationale d’action aura lieu le 22 septembre, nous y serons ! Sur la très attendue réforme du Code minier, un des enjeux principaux est d’y inclure l’information préalable du public inscrite dans la Charte de l’environnement. Un groupe de travail est piloté par Thierry Thuot – Conseiller d’État et ancien rapporteur général du Grenelle. Un projet de texte de loi devrait voir le jour avant fin 2012 qui devra donc inclure, entre autres, ce point non seulement démocratique évident, mais constitutionnel.
Sujet explosif… le nucléaire. Pas de surprise de ce côté-là, la Ministre confirme le maintien de l’objectif de passer sa part de 75% à 50% en 2025. Mais pour le quinquennat, ce sera en tout et pour tout la seule fermeture de Fessenheim, alors que 13 réacteurs ont déjà dépassé les 30 ans de durée de vie. Comment ces installations vieillissantes seront-elles sécurisées ? Et à quel prix ! Enfin, à consommation égale, il faudrait donc pour atteindre l’objectif des 50%, fermer 22 réacteurs supplémentaires entre 2017 et 2025 – soit dans les 8 années suivantes. Bon courage au prochain Président… Objectif annoncé également dans les 5 ans, l’achèvement de l’EPR de Flamanville, et ce alors que les États-Unis viennent de retoquer le projet d’EPR dans le Maryland et que le chantier de Flamanville cumule incidents, deux ans de retard supplémentaires et un coût doublé par rapport au budget initial (6 milliards d’euros contre 3,3 milliards à l’origine). La Ministre rappelle enfin la volonté du gouvernement, également un engagement du candidat Hollande, de ne pas lancer de projet de nouveau réacteur. Ah. Comprenons donc que le projet Astrid n’est pas un nouveau projet de réacteur mais un « simple » surgénérateur, sans doute. Pour le gouvernement Ayrault, la réduction de la part du nucléaire passe donc par la fermeture de 2 réacteurs sur 58, l’ouverture de l’EPR et un nouveau surgénérateur. Permettez-nous de juger ça peu crédible.
En matière de « gouvernance », Delphine Batho affiche sa volonté de placer le dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social, qui est une des revendications portées pendant la campagne présidentielle par France Nature Environnement, fédération de 3000 associations environnementales. Mais déjà, certaines associations menacent de boycotter la conférence environnementale, mécontentes des annonces faites sur le nucléaire ou les gaz de schiste et dénonçant une méthode confuse.
On attend enfin une annonce à l’issue de la conférence environnementale sur l’isolation thermique des logements, négociée avec la Ministre du logement Cécile Duflot, ce qui devrait permettre d’afficher au moins un résultat un peu probant pour la Ministre d’Europe Écologie les Verts, qui en a cruellement besoin en ces temps de « couleuvres à neutrons », selon le bon mot d’Hervé Kempf. Le programme pourrait porter sur l’isolation d’un million de logements par an, moitié dans l’ancien, moitié dans le neuf. On ne sait en revanche pas encore comment sera financé ce programme, en pleine cure d’austérité annoncée par le gouvernement et aggravée si la ratification du TSCG a lieu, ni quels seront les critères de priorité de ces logements (sociaux ?). En revanche, et c’est dommage, la Ministre de l’Écologie ne voit pas la nécessité de créer une filière spécifique dans le bâtiment. C’était pourtant l’occasion de structurer une filière d’éco-construction, comme le propose le Front de Gauche. Mais la finalité de la production, la relocalisation de l’activité, la reconversion industrielle et la création de nouveaux emplois sont des questions singulièrement absentes du programme de la prochaine conférence environnementale. Il semblerait hélas que le gouvernement n’ait pas encore fait la jonction entre environnement et social. En pleine période de licenciements, c’est pour le moins regrettable. Le Ministre Arnaud Montebourg, au lieu de tonitruer sur le nucléaire « filière d’avenir » et l’opportunité des gaz de schiste, ferait bien de comprendre enfin que le plus grand gisement de « redressement productif » aujourd’hui dans notre pays passe par la transition énergétique et la révolution écologique de notre société. « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés » (Albert Einstein).