Sans-papiers – Assez de Valls-hésitation !

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« Etre de gauche, ce n’est pas régulariser tout le monde et se retrouver dans une impasse. Il faut mener une politique républicaine, conforme aux valeurs de la France, tenir compte de la situation économique et sociale de notre pays et poser, effectivement, des critères » Manuel Valls, ministre de l’intérieur, dans Le Monde du 28 juin 2012. Et le même d’annoncer qu’il n’y aurait pas plus de régularisations que sous la droite (30 000 par an), avant de se laisser aller, le 11 septembre, à reprendre, parlant des Roms (cf encadré) la vieille antienne selon laquelle « La France ne peut accueillir toute la misère du Monde et de l’Europe » et en ajoutant « La France prend sa part en matière d’asile, en matière d’insertion mais le message est clair : c’est la fermeté ». Logique inacceptable et absurde.

Inacceptable car elle donne une définition de la gauche par la négative (« être de Gauche, ce n’est pas… »), sans expliquer, ce qu’il définit comme étant une politique migratoire de Gauche. Il est assez facile de rétorquer qu’être de Gauche, ce n’est pas de refuser la régularisation à celles et ceux qui, par leur travail et leurs contributions financières diverses (ne serait-ce que la TVA rapportée par leur consommation), sont un apport pour notre pays.

Inacceptable aussi car elle reprend des amalgames véhiculés jusqu’à présent par l’extrême-droite puis ces dernières années par des responsables de droite, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Les immigré-e-s (personnes étrangères nées à l’étranger) seraient d’abord un fardeau « économique » et « social », des miséreux susceptibles de déstabiliser profondément l’équilibre de notre pays. Certes, les immigré-e-s pour lesquels les statistiques sont connues (c’est-à-dire celles et ceux en situation régulière) sont plus souvent au chômage que la population non immigré-e (population française née en France ou à l’étranger) : selon l’INSEE en 2010, 16% en moyenne des immigré-e-s (soit 422 000 personnes) étaient au chômage contre 9% pour les non-immigré-e-s. Mais encore faut-il relativiser ces chiffres en les croisant avec le niveau de qualification : toute population confondue, le taux de chômage passe de 16,1% pour les sans-diplômes (parmi lesquel-le-s les immigré-e-s sont sur-représenté-e-s) à 5,6% pour les personnes ayant un diplôme supérieur à Bac +2.

Inacceptable enfin car le ministre ne cesse d’employer le terme de « fermeté », le même que celui utilisé concernant la lutte contre la délinquance ou la criminalité. Certes, si le simple séjour irrégulier d’une personne en situation irrégulière en France expose toujours cette personne à une peine d’emprisonnement (un an encouru), cette infraction est de plus en plus archaïque et pourrait être supprimée sans aucun risque pour l’ordre public. Elle était conçue en effet pour permettre le placement en garde-à-vue (24h renouvelables une fois) des personnes concernées afin de faciliter leur expulsion dans leur pays d’origine. Or, depuis un arrêt de la Cour de cassation du 5 juillet 2012, cette seule infraction ne peut plus justifier de placement en garde-à-vue. Assimiler les sans-papiers à des délinquant-e-s devient donc de plus en plus contestable, non seulement politiquement, mais aussi juridiquement. Ajoutons que la « fermeté » invoquée par le ministre s’applique aussi à celles et ceux qui, de manière militante et bénévole, aident les sans-papiers puisqu’aucun signe n’a été donné, non seulement pour amnistier les militant-e-s condamné-e-s pour ce type d’actions, mais qu’encore les sanctions contre ces actions n’ont pas été abrogées. Cet été, deux militantes de RESF de Clermont-Ferrand ont été convoquées au commissariat car elles avaient appelé à un rassemblement dans l’urgence pour protester contre une expulsion, sans respecter les trois jours francs pour déclarer le dit rassemblement !

Absurde également est le propos du ministre car, tout en maintenant qu’il entend ne pas dépasser les 30 0000 régularisations par an qui étaient pratiquées sous le quinquennat Sarkozy, il indique aussi vouloir que ces régularisations se fassent sur des critères précis. Outre que l’on attend toujours l’énoncé des dits critères, il est assez singulier de prévoir par avance combien de personnes, par essence mal connues (l’évaluation de leur seul nombre variant de 200 000 à 800 000) rempliront ces critères !

Absurde enfin parce que Manuel Valls continue à nourrir l’illusion d’une expulsion massive des sans-papiers, alors que, même avec des moyens souvent inhumains (élèves et parents arrêtés à la sortie des écoles, par exemple) et des modifications législatives tentant de rendre de plus en plus difficile et tardif le contrôle des juges sur les expulsions, l’ancienne majorité peinait à dépasser 30 000 expulsions par an. L’interdiction du placement en rétention des enfants et le respect des libertés fondamentales promis par l’actuel gouvernement impliquent d’assumer une régularisation des travailleuses et travailleurs sans-papiers et leur famille, sauf à grossir le nombre des personnes ni expulsables, ni régularisables… pour le plus grand bonheur d’employeurs peu scrupuleux, profitant de cette « armée de réserve » dans l’incapacité de défendre correctement ses droits.

L’action syndicale de ces dernières années en faveur des droits des sans-papiers et de leur régularisation a été particulièrement exemplaire et salutaire pour les droits de l’ensemble des salarié-e-s. Le rapport de force doit se poursuivre et continuer à montrer que l’exploitation des sans-papiers au travail ne peut que peser à la baisse sur les droits sociaux de toutes et tous les travailleuses et travailleurs. Il est urgent, dans l’intérêt général, de sécuriser au maximum la situation de l’ensemble des migrant-e-s en régularisant sans attendre celles et ceux qui travaillent et en créant une carte de séjour unique de dix ans, au lieu des renouvellements annuels les privant de tout projet de long terme.

Hélène Franco


 


Les Roms pourchassés

« Aujourd’hui nous ne pouvons pas nous permettre d’accueillir toutes ces populations qui sont souvent des damnés de la Terre, qui sont pourchassées dans leur pays, qui sont discriminées » : Manuel Valls le 11 septembre à propos des Roms. Ainsi, 15 000 personnes remettraient en cause profondément l’équilibre social d’un pays de 65 millions d’âmes ! Là encore, la dérive idéologique est totale, si l’on se souvient que ce sujet des Roms a été monté en épingle par l’ancien président de la République dans un discours à Grenoble fin juillet 2010 à la faveur d’un fait divers impliquant des jeunes non sédentaires… Français ! Sans parler des démantèlements-spectacles de camps qui ont émaillé l’été 2012, comme un triste remake des étés 2010 et 2011. Des démantèlements organisés sans attendre les décisions de justice autorisant les expulsions. Ainsi à Evry une audience prévue le 28 août a tourné court en raison du désistement du propriétaire. Trop tard, les bulldozers étaient passés la veille ! Les Roms étaient ainsi doublement spoliés : de leurs biens et de leur droit à ce que justice soit rendue. Mais Manuel Valls a sa chasse gardée : il ne tolérera pas plus les Roms sur sa terre d’élection que Sarkozy les logements sociaux sur la sienne. Non, mais !

TSCG – François Hollande et les traités européens

Une vidéo qui vous présente l’évolution de François Hollande sur les traités européens et le référendum depuis 2008.

Fête de l’Huma 2012 – Discours de Jean-Luc Mélenchon

Vendredi 21 septembre, place du Panthéon, – Rendons hommage à la République

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Vendredi 21 septembre à 17h00, Place du Panthéon
Rendons hommage à la République

Le 21 septembre 2012, le Parti de Gauche célébrera le 220e anniversaire de la République et rendra hommage aux membres de la Convention nationale, qui décréta le 21 septembre 1792 l’abolition de la monarchie.

En constatant avec regret l’absence de cérémonie officielle pour saluer cette date historique, pourtant fondatrice de notre Nation, le PG répond avec plaisir à l’invitation de la Société des études Robespierristes (SER) pour célébrer cet événement.

Le Parti de Gauche appelle donc tous ses militants, les sympathisants du Front de Gauche et plus largement tous ceux qui ont un attachement profond à la République et à la Révolution française, à se retrouver

Vendredi 21 septembre à 17h00
Place du Panthéon (75 005 Paris)
(M° Maubert Mutualité – RER Luxembourg ligne B)

A cette occasion, après le Président de la SER, Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, prendra la parole pour expliquer l’importance de cet hommage.

Un dépôt de gerbes aura lieu devant la sculpture rendant hommage à la Convention nationale dans le hall du Panthéon.

 

Bastamag – L’avenir de notre alimentation se joue en ce moment à Bruxelles

Pour la première fois, les députés européens seront invités à voter la réforme de la Politique agricole commune (PAC) : un budget de 56 milliards d’euros destiné à soutenir l’agriculture européenne. Mais quelle agriculture ? Celle qui crée ou détruit des emplois ? Celle qui évite les pollutions ou les encourage ? Celle qui freine la spéculation ou l’aggrave ? Celle qui rémunère correctement les producteurs ou qui favorise les gaspillages ? Les citoyens ont cette fois aussi leur mot à dire, alors qu’une « Good Food March » arrive à Bruxelles.

Le Parlement européen s’apprête, pour la première fois, à voter la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Un privilège réservé jusque-là au Conseil des ministres de l’agriculture (qui rassemble les ministères de 27 États membres) [1]. Les négociations entre Commission de Bruxelles, Parlement de Strasbourg et les ministères de l’agriculture ont commencé et se concluront en janvier 2013 par une nouvelle politique agricole.

Celle-ci aura des impacts sur l’emploi, sur l’environnement, sur les zones rurales et sur notre alimentation à tous. « Réclamer une alimentation de qualité, des produits frais, bios, de saison, en échange d’une bonne rémunération, ce n’est pas un caprice de bourgeois bohème », assène l’ingénieur agronome Marc Dufumier, membre de laFondation Nicolas HulotLes choix alimentaires ont engendré de plus en plus de problèmes liés à l’obésité, aux cancers, aux maladies neurodégénératives, aux troubles de la fertilité ».

Financer les pratiques moins polluantes ? Pas compétitif…

En organisant une « Good Food March » (Marche pour une bonne alimentation), 80 organisations paysannes et environnementales, de 15 pays européens, comptent bien peser sur le contenu de la réforme. Des caravanes parties de Munich, de Rotterdam, du Pays basque et de Calais, convergent sur Bruxelles. Elles y arriveront le 19 septembre pour faire valoir leurs doléances et les soumettre au Parlement européen. Une urgence alors que « les premiers échos des négociations ne sont pas bons », s’inquiète Aurélie Trouvé de l’association altermondialiste Attac France.

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La Commission européenne propose de réserver 30 % des aides directes au financement de pratiques bénéfiques à l’environnement et au climat, comme éviter la monoculture ou développer la biodiversité sur sa ferme. Un « verdissement des aides » qui ne plaît pas à tout le monde. L’orientation des financements vers des pratiques moins polluantes pourrait entraver la « compétitivité des filières pour répondre au défi alimentaire de ce 21ème siècle »estime la FNSEA par la voix de son président Xavier Beulin.

Les conclusions du syndicat majoritaire sont bien éloignées de celles d’Olivier de Schutter, rapporteur spécial pour l’alimentation à l’Onu : « L’agriculture écologique permettrait de doubler la production alimentaire en 10 ans » [2]. Si les ressources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie, rappelle par ailleurs Jean Ziegler dans un entretien à Basta !. La réforme de la PAC, telle qu’elle se dessine, risque de les aggraver.

Plus on est gros, plus on touche

Le budget total de la PAC s’élève à 56 milliards d’euros, soit 40 % du budget de l’Union européenne. La France en est le premier bénéficiaire, le secteur agricole percevant environ 10 milliards d’euros d’aides par an [3]. Une petite partie de ces agriculteurs, 10,7 %, ont reçu plus de 50 000 euros, soit 40 % des aides, alors qu’un tiers des agriculteurs ont perçu moins de 5 000 euros (soit 2,4 % des aides). Les entreprises agroalimentaires ramassent la mise. La coopérative sucrière Tereos est la plus grosse bénéficiaire de subventions de la PAC, avec 178 millions d’euros perçus en 2011, suivi par Saint Louis Sucre (144 millions d’euros) et… le volailler Doux (56 millions d’euros).

Les disparités sont également importantes entre les différents pays de l’UE. Les montants accordés aux agriculteurs européens varient du simple au quintuple. Aussi un paysan letton reçoit une aide de 100 euros à l’hectare, contre 500 euros pour un producteur grec. En France, la moyenne est de 370 euros, avec de fortes variations selon les régions. Pour un hectare de blé tendre, un céréalier picard perçoit 420 euros, contre 260 dans l’Hérault.

Une politique agricole destructrice d’emplois ?

Les organisations à l’initiative de la Good Food March réclament un plafonnement et une modulation des aides. Pour elles, il s’agit de freiner l’agrandissement et l’industrialisation des exploitations, et permettre une meilleure répartition des crédits agricoles en faveur des petites et moyennes structures.

Car les agriculteurs bénéficient depuis 2003 d’« aides à l’hectare ». Le montant est déterminé par la surface de l’exploitation. On parle à ce titre de « découplage des aides » puisque le montant de la subvention perçue est indépendant de la production. Résultat : plus on possède une grosse surface, plus on touche d’argent [4]. Ces aides à l’hectare sont censées éviter la surproduction et la chute des cours qui en découle.

De grandes inégalités

Cette prime à la grande exploitation induit de grandes disparités entre les agriculteurs européens. Par exemple, si l’on ramène les aides de la PAC au nombre d’emplois agricoles, on observe qu’un emploi agricole en Roumanie est aidé à hauteur de 300 euros par an quand un emploi danois est subventionné à presque 17 000 euros !

En France, le nombre approche les 8 000 euros par actif [5]. « On souhaitait que les aides soient au moins fonction du nombre d’actifs mais on nous a dit non. On a alors demandé qu’elles soient dégressives en fonction de la surface et du nombre d’actifs sur les exploitations, et on nous a encore dit non. Finalement, on a demandé un plafonnement dans les aides à l’hectare et ça risque aussi de tomber à l’eau », résume Marc Dufumier.

Plafonner les aides : 3 milliards d’euros d’économies

Un plafonnement à 100 000 euros par an par exploitation concernerait 25 000 fermes. Et permettrait d’économiser 3 milliards d’euros [6] ! La Commission européenne a préféré un schéma « petit agriculteur » en leur accordant un forfait compris entre 500 et 1000 euros par an. « On aurait espéré une condition sociale, à savoir une distribution des aides sur la base des emplois existants et en tenant compte du niveau de pouvoir d’achat dans les États membres », pointe Philippe Collin, de la Confédération paysanne. Alors que le revenu de nombreux paysans ne couvre pas les coûts de production, ces 500 à 1000 euros apparaissent largement insuffisants. Il se murmure dans les couloirs de Bruxelles que la PAC n’a pas vocation à être une politique sociale. Faut-il dès lors s’étonner que l’agriculture française ait perdu en 50 ans l’essentiel de ses forces vives avec 6,2 millions de personnes en 1955 contre 1,1 million aujourd’hui ?

Pour les éleveurs laitiers, les choses ne vont pas s’arranger. Les quotas vont être complètement éliminés. Quant aux prix garantis aux agriculteurs, ils devraient diminuer.« On est en train de supprimer toutes les régulations des marchés intérieurs, dénonce Aurélie Trouvé. L’alignement des prix européens sur les prix mondiaux pour être plus compétitifs sur les marchés conduit à une extrême volatilité des prix qui ne couvrent même plus les coûts de production. « Cette mise en concurrence conduit à la concentration des fermes, à la spécialisation régionale, à la destruction de l’emploi et des ressources naturelles », analyse la co-présidente d’Attac.

La spéculation alimentaire encouragée

« Vous croyez qu’on rend service à l’Afrique en voulant exporter le blé ou des rejets de poulet bas de gamme congelés pour que les paysans soient plus compétitifs ? », interpelle Marc Dufumier. L’importation massive de soja pour l’alimentation animale montre également que la souveraineté alimentaire de l’Europe est loin d’être acquise.« Viser l’autosuffisance en produits de qualité et en protéagineux dans l’alimentation animale, c’est un service rendu à l’immense majorité des gens. » [7]

Ce démantèlement des outils de régulation coïncide avec l’expansion des marchés à terme agricoles. Mis en place au 19e siècle, ces marchés constituaient une sorte d’assurance pour les agriculteurs en leur permettait de vendre leur production à un prix fixé préalablement à la récolte. Depuis les années 90, de plus en plus de spéculateurs ont investi ces marchés. Désormais, on n’échange plus des produits agricoles, mais seulement des produits dérivés pour spéculer sur une baisse ou une hausse de cours. Cette spéculation, ajoutée aux dérèglements climatiques, ont contribué à ce que les prix mondiaux du blé, du maïs, du riz et des oléagineux doublent quasiment entre 2005 et 2007, conduisant aux révoltes de la faim.

50% de la nourriture à la poubelle

Aujourd’hui, la dérégulation des marchés intérieurs ne permet plus aucune stabilité des prix. Ce qui met évidemment en difficulté les producteurs. Mais aussi les consommateurs.« Les prix à la production n’ont pas suivi le niveau des prix à la consommation, avec une captation de plus en plus forte des marges par la grande distribution », explique Aurélie Trouvé. La cerise bigarreau est par exemple facturée jusqu’à 5 fois plus cher au consommateur qu’elle n’a été payée par le distributeur [8]. Sur 1kg de porc, le producteur ne percevra plus que 36% du prix de vente aux consommateurs, contre 55% pour la grande distribution ! Encore faut-il ajouter le coût écologique comme la dépollution de l’eau par exemple, que les consommateurs payent en tant que contribuables.

La politique agricole actuelle encourage toujours plus de productions, alors même qu’en Europe des montagnes d’aliments sont gaspillés. Près de 50 % de la nourriture comestible et saine passerait ainsi à la poubelle chaque année [9]. 42 % du gaspillage proviendrait des ménages contre 39 % de l’industrie agroalimentaire, indique une étude de la Commission européenne.

Pour une nouvelle politique alimentaire

La Food Good March veut changer cette logique de libéralisation de la production et de gaspillage. Ses initiateurs appellent à ce que cette nouvelle politique agricole fournisse des prix stables qui couvrent les coûts de production pour les agriculteurs et des prix équitables pour les consommateurs, soutienne les fermes familiales, valorise le patrimoine culturel, naturel et gastronomique, combatte la spéculation sur les matières premières agricoles et mette fin à l’exportation des produits agricoles en dessous de leur coût de production. Bref, en finir avec « l’orientation néolibérale imposée à la PAC ».« Nous avons une PAC qui n’est pas du tout préparée à affronter les questions relatives à la santé ou à la volatilité des prix, ajoute Marc Dufumier. Or, lier ces questions-là c’est traiter tout à la fois de géopolitique, d’alimentation, d’énergie, de climat ».

Une vision globale et à long terme dont semblent pour l’instant incapables de s’emparer les politiques. « Cette marche est un cri d’alarme, conclut Marc Dufumier. Il nous faut créer un rapport de force et on a besoin qu’il y ait les consommateurs avec nous ».

Sophie Chapelle

Notes

[1] Seul le Conseil des ministres de l’agriculture était doté du pouvoir de décision en matière agricole. Mais selon les règles de co-décision contenues dans le Traité de Lisbonne, le Parlement européen va être amené à voter sur cette réforme.

[2] Lire le communiqué du centre d’actualités de l’ONU du 8 mars 2011.

[3] La France reçoit 19,2 % de l’ensemble des crédits, devant l’Espagne (13,6 %), l’Allemagne (12,7 %), l’Italie (10,4 %) et le Royaume-Uni (7,3 %).

[4] Le découplage des aides directes à l’agriculture s’est traduit par la création de droits à paiement unique (DPU) dont le nombre et la valeur sont propres à chaque exploitation. Mais pour percevoir la somme correspondant à ses DPU, l’exploitant doit, au moins tous les deux ans, produire ou entretenir, même en jachère, des surfaces agricoles, sous peine de subir la réduction du montant de ses DPU. Source

[5] Selon l’économiste Lucien Bourgeois, dans un entretien paru dans Tribune verte (n° 2612), 5 juillet 2012.

[6] Selon le collectif Pour une autre PAC

[7] Lire à ce sujet : Comment se nourrir sans soja OGM

[8] Selon le rapport 2011 de l’Observatoire des prix et des marges alimentaires

[9] Selon l’Ademe et le Parlement européen : source

Voir l’article sur Bastamag

Gaz et huiles de schiste – 22 septembre 2012, premier jour d’une ère post-extractiviste ?

Le 22 septembre 1792 fut le premier jour de la première République française, le 22 septembre 2012 sera-t-il le premier jour d’une ère post-extractiviste ?

Ce sera en tout cas la date d’une journée de lutte internationale contre l’extraction des gaz et huiles de schiste. A cette occasion, et vu l’offensive des lobbies et la cacophonie gouvernementale, le Front de Gauche se mobilise ! 

Ne nous laissons pas enfumer par les déclarations de François Hollande ! Le Président de la République a annoncé lors de son discours inaugural de la conférence environnementale qu’il allait faire interdire 7 permis d’exploration de gaz de schiste. Il en reste maintenant plus de 35, Monsieur le Président !

Présents sur le terrain et dans les collectifs depuis le début du mouvement, un peu partout en France, les militants du Front de Gauche seront présents dans les différentes actions et manifestations prévues le 22 septembre pour rappeler leur refus de toute extraction des gaz et huiles de schiste. 

Car non, mesdames et messieurs les Ministres, il ne s’agit pas simplement d’interdire la fracturation hydraulique, mais bien de stopper la fuite en avant que représentent les énergies fossiles carbonées et leur impact sur le climat !

Plusieurs manifestations sont prévues à cette occasion, les principales auront lieu le 22 septembre à 10h à St Christol lez Alès (30) et Aix-les-Bains pour le Sud de la France, dans le Sud Ouest, à Beaumont de Lomagne et à 14h30 à Tournan-en-Brie (77) pour le Nord. Les militants du Front de Gauche sont tou-te-s chaleureusement invité-e-s à soutenir leur préparation et tenue.

Martine Billard, Co-présidente du PG sera présente à Tournan-en-Brie, et Corinne Morel Darleux, Secrétaire nationale à l’écologie et Conseillère régionale Rhône Alpes participera au rassemblement de St Christol lez Alès.

Le Front de Gauche sera ce jour encore présent aux côtés des collectifs et citoyens mobilisés pour porter ses orientations, déjà clairement énoncées pendant la campagne présidentielle avec la réponse de Jean Luc Mélenchonaux collectifs et la  tribune publiée dans L’Humanité et signée de nombreux élus et responsables des différentes composantes du FDG.

No gazaran !

 

Le scandale SODIMEDICAL !

Mais à quoi servent donc les ministères de la justice et du redressement productif ? C’est la question que doivent se poser ce matin les salariés de l’entreprise SODIMEDICAL, située à Plancy l’Abbaye dans l’Aube.

Après plus de 2 ans de combat et de 33 victoires devant les tribunaux, dont la dernière, le 11 juillet dernier, ou la chambre sociale de la Cour d’appel de Reims ordonnait au groupe Lohmann & Rauscher de payer les 10 mois de salaires dus aux salariés et exigeait la relocalisation de l’activité sur le site de Plancy l’Abbaye dans l’Aube, ce matin, coup de massue et incompréhension : le tribunal de commerce de Reims prononce la liquidation de l’entreprise.

Pire encore, alors que leur avocat Maître Philippe BRUN demandait à ce que l’audience soit renvoyée en audience publique, le tribunal de commerce de Reims a prononcé la liquidation sans lui donner le temps de plaider.

Pour le Parti de Gauche, cette décision est purement scandaleuse. Comme nous l’avions déjà fait sous le gouvernement Sarkozy, dont Monsieur Baroin était alors Ministre et député de l’Aube, nous en appelons aujourd’hui au gouvernement Ayrault, à Madame TAUBIRA, Ministre de la Justice, à Monsieur MONTEBOURG, Ministre du redressement productif. Nous leur demandons de prendre leur responsabilité et de faire ce pour quoi ils sont nommés : faire appliquer les décisions de justice aussi quand elles vont dans le sens de l’intérêt des salariés et non uniquement dans le sens du patronat.

Cette situation est purement inacceptable et valide les propositions du Front de Gauche, à savoir la proposition de loi contre les licenciements boursiers et les droits nouveaux pour les salariés dans les entreprises, notamment le droit de préemption, ce qui leur permettrait enfin de pouvoir assurer le maintien de l’emploi pour une entreprise viable mais abandonnée par des actionnaires avides de profits.

Jean-Luc Mélenchon à Strasbourg – "Nous sommes les ayants-droit de la victoire !"

 

Les_militants_nombreux_et_motives

Mercredi 12 septembre à la Maison des syndicats de Strasbourg, Jean-Luc Mélenchon a échangé avec plus de 120 militants du Parti de Gauche d’Alsace et de Lorraine. Après un discours très politique et combatif de rentrée, les militants ont débattu des questions d’actualité : le TSCG que le gouvernement Hollande s’apprête à faire voter en octobre sans aucun débat public, le Conseil unique d’Alsace, « laboratoire » d’une stratégie néolibérale d’autonomisation des régions révélatrice du démantèlement programmé de la République et signe d’un repli identitaire dont les femmes sont souvent les premières victimes, la fermeture de Fessenheim que le gouvernement retarde malgré ses promesses électorales, les relations avec les partis de gauche…Une soirée riche, intense, fraternelle. L’échange se termine par un appel à la mobilisation massive et à la manifestation le 30 septembre à Paris contre la ratification du pacte budgétaire.

jean-luc melenchon - strasbourg

Ci-dessous un extrait du billet de Jean-Luc.Mélenchon consacré à cette soirée politique et consultable sur son blog (septembre 2012) :

« Le bon moment de ces quatre jours sur place (à Strasbourg, durant la session parlementaire), ce fut la réunion de rentrée des militants du Parti de Gauche du département. Je les admire beaucoup compte tenu du travail qu’ils ont accompli pour installer notre présence et la développer dans un environnement réputé difficile, où l’extrême-droite est très puissante. Depuis notre rassemblement en mai dernier pendant les législatives, quand nous avons rempli d’une foule joyeuse et de drapeaux rouges la place de Broglie, les nôtres sur place crachent le feu. Les adhésions arrivent car l’enthousiasme est communicatif. Nous sommes désormais cent cinquante cotisants ici. La jeune génération est là. On tient le bon bout. Je leur ai fait un rapport politique à l’ancienne sur la situation politique, nos tâches et notre plan de travail. Puis on m’a annoncé qu’il y aurait entre un et trois cars pour la montée sur la manifestation du 30 septembre contre le traité européen et l’austérité. Un signe clair de bonne santé et de combativité, car ce n’est pas simple de s’imposer de nouveaux sacrifices financiers en ce moment !« 

 

 

Fête de l’Huma 2012 – L’eau et les multinationales : Jean-Luc Touly

TSCG – François Hollande et les traités européens

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