19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Il combat qui le budget des socialistes ?
Un philosophe pour une marée de costard-cravates
Arrivée au 8e Congrès ARF (Association des Régions de France) : « Décentralisation, l’heure des régions ». Où l’on se rend compte que patronat et politiques ont deux points communs. Le costard-cravate… Et la détestation de l’État. J’ai raté le speech d’Alain Rousset, Président PS de l’ARF, mais il paraît que ça a été un grand moment de piétinement de la notion de République une et indivisible, notamment sur l’expérimentation législative territoriale. La fête aux Jacobins 😉 Il aurait même déclaré qu’ « il nous faut aller vers l’exemple allemand des Länder ». Juste au moment où Angela Merkel déclare au nom du gouvernement allemand que « nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l’Europe un véritable droit d’ingérence sur les budgets nationaux ». Joli sens du timing.
C’est à Laurence Laigo, qui s’exprime pour la CFDT : « si on veut pouvoir redistribuer de la richesse, il faut d’abord la créer » (donc croissance, compétitivité et tout le bras). Diable. Comment dire… Non ! Les richesses existent, bon sang, la répartition c’est pas demain, c’est maintenant ! … Mais tiens ? Que fait le philosophe Patrick Viveret au milieu des cravates du CEA, CGPME, CFDT, et BEI ? Eh bien il cite Aristote et dénonce le découplage économie spéculative / économie réelle… Et bigre, ça fait du bien.
Les services « au » public sont aux services publics ce que les charges sociales sont aux cotisations sociales.
Début d’après-midi, c’est au tour de Cécile Duflot. Je suis déçue. Connaissant le franc-parler de la Ministre, j’étais prête à twitter de petites phrases bien senties. Las, on assiste à un joli numéro ministériel de langue de bois bien techno (mince, ça vient vite quand même). Du coup, c’est dur d’en ressortir quelque chose, je prends en note des bouts de verbatim : « agir avec les territoires pour la décentralisation de demain… redressement et égalité des territoires… nouveau pas dans la territorialisation des politiques publiques… nouvelle articulation Etat / territoires… sur la croissance : ’la donne a changé, c’est en partant des territoires qu’on pourra aller vers ce que j’appellerais un nouveau modèle de développement’…’vous êtes le bon niveau pour élaborer des éléments structurants sur une échelle spatiale’… ». Bref. « Territorialisation, contractualisation, éléments structurants, échelle spatiale, gouvernance différenciée »… Je n’arrive même pas à en faire un twitt.
Ah si, voilà. La Ministre nous met en garde sur le fait que l’État est parfois « concurrent et peut vouloir penser à la place des territoires », avant de rappeler que l’État doit rester « animateur, négociateur, régulateur, garant de l’égalité mais sur les prérogatives qui sont les siennes et seulement celles ci ». Sur le fait de repenser l’articulation entre l’État et le local, de réinventer la socialisation entre État, usagers et acteurs locaux, aucun souci. Mais Cécile Duflot parle ensuite de « services « au » public« . Ah. On ne parle déjà plus de services publics ? Pour celles et ceux qui penseraient que ce n’est qu’un point de détail sémantique, rappelons que des services « au » public peuvent être assurés par le privé, et que la novlangue de l’Union européenne parle désormais de « services d’intérêt général » – SEIG et de SSIG (services économiques / services sociaux d’intérêt général). En effet, et je cite le Courrier des Maires : « l’UE ne distingue pas le service rendu par une entreprise privée et celui fourni par une entreprise publique. Seule compte la mission d’intérêt général remplie. La notion de SIG comprend à la fois les services marchands, dits services d’intérêt économique général (SIEG) et les services non économiques». CQFD. Les mots ont un sens. Les services « au » public sont aux services publics ce que les « charges » sociales sont aux cotisations sociales. Une subtile dérive vers les politiques libérales. Et vive la décentralisation.
Quand Vinci et Notre Dame des Landes prennent le dessus sur l’ARF (que dans ma tête hélas).
Tout au long de la journée, je continue à garder un œil sur ce qui se passe à Notre Dame des Landes, tout en laissant une oreille traîner à ce qui se raconte au Congrès de l’ARF. Peine perdue, plus le temps passe, plus les barricades tonnent, et moins j’arrive à me concentrer sur le ronron des discours institutionnels.
Dommage, la table ronde sur la transition énergétique est intéressante. Je me rebranche au moment de l’intervention de Thierry Salomon, de Negawatt qui nous explique qu’il faut « dire stop là où il y a des consommations énergétiques qui ne sont pas acceptables. On nous dit que c’est une question de libertés individuelles ? Mais alors faisons comme pour le Code de la route : bâtir un consensus collectif et citoyen sur ce qui est permis ou non ». Las, le communiqué du Président PS du Conseil Général de Loire sur les expulsions à Notre Dame des Landes achève de me déconcentrer. C’est mort. Le temps de rédiger un billet d’humeur et je m’enfuis. Ce soir pas de dîner de gala pour moi, je le sens pas là.
Illustrations : Expo réalisée par Acteurs Publics, la carte de France revisitée selon la densité et l’urbain métropolisé
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19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Extraits choisis très subjectifs du Congrès de l’ARF
François Delapierre était l’invité de Michel Field dans le Oui/Non du jeudi 18 octobre 2012 sur LCI
19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur François Delapierre invité de LCI le 18 octobre 2012
Résolution adoptée au CN des 13 et 14 octobre

Les majorités de l’Assemblée nationale et du Sénat viennent de ratifier le TSCG. La nouvelle mandature débute sur une voie sans issue. Au mépris du vote des Français, la continuité avec la politique de Sarkozy l’a emporté sur les promesses du changement. Le Premier Ministre J.M. Ayraulta dû reconnaître, après de nombreux mensonges, qu’il s’agissait, exactement comme nous le disions, du texte élaboré au mot près par Merkel et Sarkozy. Le pacte de croissance annexé ne représente aucun apport sérieux en terme d’investissements et aucune orientation n’est donnée sur les priorités et notamment sur les nécessités d’investissements massifs pour la transition énergétique.
La droite ne s’y est pas trompée et a voté la ratification avec enthousiasme. Le refus d’un débat public conclu par un référendum, comme la manière expéditive dont s’est organisée la discussion parlementaire, confirme que l’austérité porte en elle le viol de la démocratie. Une institution austéritaire, le Haut Conseil des finances publiques, non élu, a vu le jour dans le pays de la Révolution Française pour réduire la souveraineté des élus du peuple sur le budget. Cet épilogue désastreux était, hélas, en filigrane dans les premiers mois du nouveau pouvoir.
Pendant qu’il renie ses engagements sur l’amnistie des syndicalistes condamnés et sur une loid’interdiction des licenciements boursiers, François Hollande multiplie les gestes en direction du Medef jusqu’à reprendre son vocabulaire sur la compétitivité et le « coût » du travail. Le patronat a vite compris qu’il pouvait s’engouffrer dans la brèche pour accélérer les plans de licenciements (PSA, Sanofi, ArcelorMittal, …). Une fois passés les effets de manche d’Arnaud Montebourg, la résistance du gouvernement se limiterait à mendier quelques améliorations des conditions de licenciement des travailleurs.
Au niveau international, François Hollande a tout de suite donné des signes d’allégeance à l’OTAN et à l’accompagnement des conflits menés par l’impérialisme étasunien.
La dette est toujours un prétexte. Le budget 2013, pour respecter la règle des 3% de déficit, organise l’austérité à tous les échelons et dans tous les secteurs, y compris l’éducation et la santé. Les collectivités locales n’échapperont pas à la contrainte austéritaire. Elles assument 70% de l’investissement public. La ministre de la réforme de l’État l’a d’ores et déjà annoncé : les dotations seront gelées en 2013 et devront être baissées de 1,5 milliard d’euro sur les deux exercices budgétaires suivants. Les conséquences seront désastreuses sur les services publics de proximité et le tissu économique local (TPE, PME). Dans ces conditions, la relance des activités caractérisées par leur contenu social et écologique devient d’autant plus impossible.
À l’image des poupées russes, le traité et le budget 2013 s’emboîtent pour dessiner une politique d’austérité qui entraîne le pays tout droit à la récession. Comme pour le traité, le Parti de Gauche s’oppose à cette logique budgétaire. Les chiffres du chômage explosent et la précarité s’étend inexorablement, en particulier chez les jeunes. Parce qu’elles sont déjà les plus précarisées autravail, les femmes sont les premières touchées par cette politique d’austérité généralisée.
Ce contexte de mise en concurrence de tous contre tous favorise les manifestations de racismes et de xénophobie comme en témoignent les évènements de Marseille ou de Lille à l’encontre des Roms. L’action de Manuel Valls, qui continue dans la logique politique d’exclusion des gouvernements précédents, entretient ce climat comme en témoigne la poursuite, médiatisée, du harcèlement des Roms et le refus de régulariser plus de personnes sans papiers. Nous réaffirmons notre volonté de régulariser les sans-papiers afin de régler la situation laissée par la droite. L’expulsion des Roms a été utilisée comme écran de fumée pour empêcher le débat citoyen sur le TSCG alors qu’il fallait réaffirmer leurs droits à la liberté de circuler et de travailler. Il est vrai qu’il est plus facile de s’attaquer à des boucs émissaires que de s’en prendre aux patrons voyous. On mesure là le courage politique !
En fait, en refusant de construire dans l’opinion le rapport des forces contre les oppositions de droite, d’extrême-droite et des forces réactionnaires sur l’ensemble des questions de société et de l’égalité des droits qui ne relèvent pour certaines pas directement des finances du pays, le gouvernement marque également déjà des reculs par rapport aux engagements de campagne de François Hollande. Il en est ainsi du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales, promesse de plus de 30 ans du PS relayée par des mobilisations citoyennes régulières du temps des gouvernements UMP : le gouvernement refuse d’annoncer un calendrier parlementaire pour faire aboutir la proposition de loi déjà votée en ce sens au Sénat, notamment par les parlementaires du PS et de EÉLV. De même concernant l’égalité des droits pour les personnes LGBT, le gouvernement annonce pour la fin de l’année une loi sur le « mariage pour tou-te-s » et l’adoption, très restrictive et en retrait des promesses de campagne. Elle maintiendra des inégalités en droits selon l’orientation sexuelle des parents et ne permettra pas de garantir une filiation pour l’ensemble des enfants déjà en situation d’homoparentalité. Le gouvernement refuse d’annoncer le moindre calendrier quant au droit au changement d’état-civil en fonction de son identité de genre à l’instar de la loi modèle adoptée cette année en Argentine.
Quant aux prises de position concernant la laïcité, elles ne sont pas moins inquiétantes. M. Valls a défendu lors d’un déplacement à Strasbourg le Concordat: « (…) lorsqu’un système fonctionne, qu’il est compatible avec notre République et notre démocratie, il n’y a pas de raison de le supprimer en prétextant l’exception qu’il représente« . En cela, M. Valls défend une organisation de la société à l’opposé d’une conception républicaine et laïque, socle de tout projet d’émancipation citoyenne. Il contribue à enfermer les citoyens dans des particularismes où le religieux sert de compensation face au renoncement politique sur un mode compassionnel qui donne du grain à moudre aux tenants du « choc des civilisations » si cher à Nicolas Sarkozy et au Front National. Ces derniers s’en servent pour alimenter une lecture identitaire des appartenances sociales où la haine de l’autre remplace la lutte des classes. Ces renoncements font malheureusement le lit des droites extrêmes et de l’extrême-droite.
Du côté des questions environnementales, l’enfumage médiatique aura été parfait mais n’aura duré que peu de jours : pas d’annulation des permis d’exploration des huiles et gaz de schiste déjà délivrés, absence de réflexion quant à la sortie du recours aux énergies fossiles dont font partie les gaz de schiste. Une fermeture de Fessenheim (qui devait être immédiate) et qui est maintenant repoussée à 2016, un engagement de diminution de la part du nucléaire de 75% à 50% au rythme du calendrier AREVA / EDF, révèlent la pression des lobbys. Comme l’a montré la conférence environnementale, François Hollande, c’est peu de promesses et déjà beaucoup de reculades ! Dans ce cadre, Europe Écologie Les Verts est bien obligée d’avaler les couleuvres les unes après les autres (Notre Dame des Landes, poursuite de l’EPR, PAC, ligne THT). La catastrophe climatique et les menaces pesant sur l’écosystème sont déjà là (appauvrissement des sols, OGM, extinction des espèces), mais les gouvernants continuent à refuser de remettre en cause les intérêts du capitalisme financier et du productivisme énergivore.
La politique du gouvernement Ayrault est en tous points dans la lignée des politiques sociales libéralesqui, de Schroeder à Zapatero, en passant par Papandréou, ont accompagné le libéralisme avec les résultats catastrophiques que l’on sait. Les résultats du congrès du PS confirment malheureusement la normalisation de ce parti sur le modèle de la gauche démocrate, désormais généralisée à l’Europe entière. La participation a été très faible à l’issue d’un congrès largement dépolitisé. La motion de gauche perd cinq points par rapport au congrès précédent. Elle culmine désormais à 13%. Nous avions diagnostiqué cette évolution du PS, elle explique même en partie la création du PG ; mais c’est la première fois qu’elle s’applique à ce niveau en France, sans complexe et aussi rapidement ; c’est une mauvaise nouvelle. Les dégâts d’une telle politique se voient pourtant déjà en Grèce, Espagne et Portugal avec comme seule conséquence la montée de la récession dans toute l’Europe avec son cortège de chômage et de pauvreté. Cette politique va dans le mur, plus vite même que nous ne l’imaginions.
Face à cette situation, il revient au Front de Gauche d’organiser la solidarité avec les luttes pour éviter que la révolte populaire ne tourne à la résignation, au dégoût de la politique, voire à la tentation de rejeter toutes les forces de gauche. Oui, il est possible de mener une autre politique. Par exemple, face à la destruction de l’outil industriel, nous proposons la nationalisation d’Arcelor-Mittal. Nous démontrons ainsi, que le Front de Gauche, avec son programme « l’Humain d’abord » a cette capacité et peut l’imposer par les luttes et son action dans les institutions.
Dans ce contexte, les quatre millions de voix de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche à l’élection présidentielle nous permettent d’aborder la période avec toujours plus de crédibilité. La cohérence du Front de Gauche a été de refuser de participer à un tel gouvernement et de ne pas voter la confiance au premier ministre. Nous avons largement contribué à la défaite de NicolasSarkozy. Nous sommes donc à juste titre les ayants-droits exigeants de la volonté de changement exprimé. Engagés à résister et à porter des propositions de rupture avec la logique capitaliste, nous sommes l’alternative gouvernementale à la politique austéritaire.
Les Estivales, la Fête de l’Humanité, et surtout le formidable succès de la manifestation nationale unitaire du 30 septembre, montrent un Front de Gauche à l’offensive partout. Le souffle citoyen de la campagne présidentielle est toujours là. Le Front de Gauche démontre sa capacité à dynamiser un large front social, associatif et politique contre l’austérité.
Dans une perspective d’élargissement, nous restons évidemment favorables au principe d’adhésion directe au Front de Gauche de toutes et tous les citoyen-nes, militant-e-s du mouvement social et syndical, qui n’envisagent pas aujourd’hui d’intégrer l’une des composantes du Front de Gauche. Nous souhaitons développer les Assemblées Citoyennes et les Fronts Thématiques. Pour ces derniers, nous proposons l’organisation d’une convention nationale. Là où les conditions sont réunies, il est tout à fait envisageable de constituer des comités locaux du Front de Gauche. La manifestation du 30 septembre est un événement qui pourrait se révéler décisif pour la suite. Elle est la plus importante manifestation jamais organisée contre un traité européen. Jamais gouvernement de « gauche » n’avait dû faire face, aussi vite, à une telle mobilisation venue de sa gauche. Mais surtout elle commence à donner à voir le Front du Peuple que revendique de devenir au final le Front de Gauche. C’est essentiel pour la suite.
Elle a également contribué à changer les conditions du débat parlementaire qui s’en est suivi. Elle a permis d’augmenter la pression sur les parlementaires qui ne peuvent ignorer qu’ils ont été élus sur la promesse d’une renégociation du traité. Enfin, elle a accru la légitimité d’un référendum attendu par une majorité de Français.
Cette exigence démocratique renforce l’élan de la manifestation du 18 mars pour l’Assemblée Constituante pour la VIème République. Elle détonne brutalement avec les travaux opaques de la commission Jospin-Bachelot sur la « moralisation de la vie politique » dont les réunions devraient être transmises en direct et qui jette un doute quant à la mise en oeuvre de la proportionnelle aux législatives.
Enfin, cette manifestation survient après des mobilisations monstres dans les pays où la récession sévit déjà. Les peuples ne se laissent pas faire. Ces événements confirment l’inéluctabilité des bouleversements sur le vieux continent. Pourtant, deux issues restent possibles : révolution citoyenne ou solution réactionnaire, lutte des classes ou haine des autres et divisions « ethniques » ? C’est pourquoi le Front de Gauche se doit d’éviter toute assimilation à la politique d’austérité menée. Il lui revient de travailler à une alternative capable de rassembler une majorité de gauche sur une ligne de rupture tant d’un point de vue institutionnel que dans les mobilisations. L’opposition au traité prouve que c’est possible sans attendre 2017. Le vote de certains parlementaires du PS et la décision d’Europe Écologie les Verts contre le traité sont de ce point de vue de bonnes nouvelles. Enfin, la concomitance de mobilisations populaires dans tout le pourtour méditerranéen, véritable Printemps Méditerranéen, est un encouragement. L’internationalisme est une question centrale pour le Parti de Gauche. La compréhension des situations internationales nourrit notre projet politique d’émancipation humaine. Le Parti de Gauche oeuvre à la coordination de ces luttes, à leur mise en réseau et à la solidarité entre elles.
Pour construire et rendre crédible cette alternative, le Parti de Gauche doit continuer de se renforcer. Il a marqué la campagne contre le traité austéritaire par son dynamisme, son imaginationet sa capacité à mener dans un délai si court une campagne d’éducation populaire. Il a joué un rôle essentiel dans la réussite du 30 septembre. C’est la conséquence d’un élargissement militant important et régulier qui a porté nos effectifs à 12000 adhérents. C’est le résultat des apprentissages individuels et collectifs réalisés dans l’action, notamment lors de la présidentielle et des législatives. Il nous faut maintenant continuer à mener de pair la construction du PG et du Front de Gauche (ledynamisme du premier renforçant les chances de succès du second) et le développement du mouvement de résistance à l’austérité avec une attention particulière pour les entreprises, les quartiers populaires et la jeunesse (lycées, universités, jeunes travailleurs, …).
À celles et ceux qui partagent nos combats, en particulier aux quatre millions d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon, nous disons « c’est le moment de prendre parti ». Dans ce but, nous tiendrons des bureaux d’adhésion dans toute la France le samedi 27 octobre à l’occasion d’une journée nationale d’adhésion, que nous voulons annuelle, et nous multiplierons dans les semaines et les mois qui viennent les réunions de formation et d’accueil des nouveaux adhérents.
Le 14 novembre, journée de mobilisation contre l’austérité en Espagne et au Portugal, et en pleine discussion budgétaire, nous organiserons plusieurs meetings dans toute la France pour combattre ces politiques mortifères et populariser nos propositions alternatives.
Les manifestations du 9 octobre ont démontré la détermination face aux plans de licenciements et fermetures d’entreprises (PSA, Sanofi, Petroplus, etc.) qui se multiplient y compris dans des entreprises faisant des profits. Le Parti de Gauche propose aux autres forces du Front de Gauche de lancer une campagne pour l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée de la loi contre les licenciements boursiers votée au Sénat y compris par les sénateurs du PS et déposée à l’assemblée par les députés du Front de Gauche.
Les propositions du Front de Gauche pour un droit de veto suspensif des travailleurs et pour le droit de préemption se révèlent plus que jamais indispensables. Nous devrons aussi lancer une mobilisation pour exiger l’amnistie de tous les syndicalistes et militants associatifs (anti-OGM, paysans contre NDDL ou contre l’EPR, militants RESF …) condamnés pour des faits de militantisme. Les propositions de loi issues des ateliers législatifs permettront de crédibiliser notre capacité à exercer le pouvoir et à refonder notre démocratie. Nous les proposerons aux parlementaires des groupes du Front de Gauche à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Ceux-ci ont un rôle important à jouer. Bien sûr nous tenons compte de leur autonomie par rapport à notre Parti. Cette autonomie signifie que nous sommes nous mêmes libres par rapport à leurs décisions. Elle appelle aussi à renforcer notre dialogue avec les groupes parlementaires sur une base libre, fraternelle et constructive.
Après 4 ans d’existence, le Parti de Gauche est dorénavant reconnu comme une force politique autonome porteuse d’une radicalité concrète, alliant l’écologie à la transformation sociale et à l’idéal républicain. Il est un formidable creuset d’histoires et d’identités politiques qui se renforcent et se complètent les unes les autres. C’est maintenant le moment d’asseoir cette richesse sur un socle théorique ambitieux et partagé. C’est l’objectif des premières assises pour l’éco-socialisme qui auront lieu le 1er décembre et que nous comptons ouvrir aux autres forces du Front de Gauche.
C’est donc un Parti de Gauche renforcé et mobilisé qui tiendra son prochain congrès les 22, 23 et 24 mars 2013.
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19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Résolution politique (13 et 14 octobre 2012)
Embarqués à bord de la goélette Estelle, une vingtaine d’hommes et femmes de toutes nationalités tentent une nouvelle fois de briser le blocus de Gaza par voie maritime. Parmi eux, se trouvent notamment un député espagnol d’Izquierda Unida et deux députés grecs de Syriza mais aussi des députés sociaux-démocrates norvégien et canadien.
Partie en août de Suède, et ravitaillée hier en Crète, Estelle devrait atteindre les eaux palestiniennes d’ici quelques jours. Une nouvelle fois, l’Etat israélien est mis en demeure de cesser immédiatement ses violations du droit international et des droits inaliénables du peuple palestinien. Comment pourrait-on en effet accepter un blocus totalement illégal, qui concerne les produits de première nécessité (médicaments, nourriture dont est chargée la goélette Estelle) et frappant de manière inhumaine tous les habitants de Gaza, femmes, enfants et malades, qui doivent déjà subir des bombardements aveugles?
Mais une nouvelle fois, le gouvernement israélien a menacé de prendre d’assaut l’équipage, comme il l’avait déjà fait le 31 Mai 2010 contre le Mavi Marmara, avec pour résultat la mort de 9 passagers et des dizaines de blessés graves. En 2011, ce sont trois bateaux qui avaient été arrêtés dans les eaux internationales, dont le bateau français « Dignité Al-Karama » qui fut attaqué et pillé avant d’être dérouté.
Et en cette période de campagne électorale, le gouvernement de Benjamin Netanyaou semble déterminé à employer la force afin de satisfaire son électorat d’extrême-droite.
Le Parti de Gauche félicite les militants de la campagne « Un bateau pour Gaza » pour leur dévouement sans faille, en dépit de tout ce qui a été fait pour les dissuader de briser le blocus de Gaza.
Le Parti de Gauche appelle formellement le gouvernement de François Hollande à mettre sévèrement en garde le gouvernement israélien contre toute nouvelle fuite en avant dans la violence. Tout silence serait coupable et renforcerait le grave danger qui plane sur les passagers d’Estelle.
19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Un Bateau pour Gaza – Le Parti de gauche dénonce les menaces du gouvernement israélien

Le 20 octobre, les Islandais voteront pour adopter ou rejeter la nouvelle Constitution qu’ils préparent depuis deux ans. Héritée du Danemark, la loi fondamentale qui régit actuellement la République d’Islande a été adoptée à la hâte en 1944, au lendemain de l’indépendance. A l’époque, il s’était principalement agi de remplacer le roi par un président élu, étant entendu que le texte, considéré comme provisoire, serait amendé à la première occasion. Ce n’est que fin 2008, en plein cœur de la tourmente financière qui secouait alors les institutions et sous la pression des mouvements citoyens, que la nécessité d’une refondation complète s’est finalement imposée.
Le projet sur lequel les électeurs auront à se prononcer dans quelques jours a été conçu à l’écart de toutes les structures politiques conventionnelles, sous la supervision d’un conseil de vingt-cinq représentants de la société civile élus lors de scrutins ouverts. Et c’est en lançant une vaste consultation interactive sur Internet et les réseaux sociaux que l’Assemblée constituante a débuté ses travaux. Le procédé, inédit dans les annales de la construction démocratique, a été retenu en partie en raison de la piètre estime en laquelle la population tient sa classe politique, depuis que le pays a évité de justesse la faillite à l’automne 2008 (1). Un désaveu qui ne semble pas se démentir puisqu’un sondage révélait récemment que neuf Islandais sur dix n’accordent aucune confiance à leur Parlement.

Dans un tel contexte, le référendum n’a cessé de soulever la controverse et ses détracteurs sont nombreux. Dans le camp de la droite, le Parti de l’indépendance, qui domine la scène politique et le Parti du progrès, plus modeste, se sont farouchement opposés au projet dès ses prémices. Rien de vraiment surprenant : les deux formations ont largement bénéficié du système. L’une et l’autre ont exercé le pouvoir sans discontinuer de 1926 à 2009, souvent ensemble, au sein de gouvernements de coalition. L’hostilité des avocats n’étonne pas non plus : issus des rangs de la faculté de droit de l’Université d’Islande, ils entretiennent des liens étroits avec les milieux politiques et considèrent en outre que la réforme constitutionnelle relève de questions purement juridiques sur lesquelles il revient à eux seuls de trancher. La prise de distance du gouvernement actuel interpelle davantage. A l’initiative du projet, dès son arrivée aux affaires en janvier 2009, la coalition de l’Alliance social-démocrate et du Mouvement des verts de gauche semble désormais contrariée par ses retombées. Seuls le premier ministre et quelques députés font montre d’un quelconque enthousiasme à ce sujet.
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19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Une Constitution pour changer d’Islande ?
Le Conseil constitutionnel a annulé jeudi 18 octobre l’élection de Patrick Devedjian (UMP) au siège de député dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine pour non respect du code électoral !
Le Parti de Gauche, attaché au respect du droit, se félicite de la décision du Conseil constitutionnel. Il regrette cependant que la candidature n’ait pas été jugée irrecevable au lieu d’être obligé d’attendre une décision a posteriori ! En effet, Patrick Devedjian et son parti, l’UMP, si prompts à donner des leçons de droit et de morale, ont sciemment contourné la loi.
A l’heure où le gouvernement vient de faire adopter à l’Assemblée nationale, avec la voix de Patrick Devedjian (!), le traité austéritaire rédigé par N. Sarkozy et A. Merkel, le Front de Gauche mènera campagne pour amplifier l’élan créé autour de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle, parce que nous avons besoin d’élus qui bousculent l’ordre établi !
Le Front de Gauche présentera à cette élection partielle Pascale Le Néouannic, Conseillère municipale d’Antony et Conseillère régionale, secrétaire nationale du Parti de Gauche, candidate dans cette circonscription en juin 2012.
19 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Annulation de l’élection de Patrick Devedjian
Mme Merkel vient de jeter le masque en affirmant que « nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l’Europe un véritable droit d’ingérence sur les budgets nationaux ».
C’est un nouveau pas, face à la résistance des peuples, pour imposer ses politiques ultra-libérales par le biais de la mainmise d’une structure non élue au détriment de la souveraineté budgétaire des représentants élus des peuples. Mme Merkel a une vision utilitaire de l’Europe au profit de la finance allemande. D’un côté, elle refuse la supervision bancaire sur l’ensemble des banques allemandes, de l’autre elle veut imposer à tous les travailleurs d’Europe la précarité que subissent déjà les travailleurs allemands.
Le Parti de Gauche s’oppose totalement à une telle vision de l’Europe et appelle le Parti socialiste et EELV à bien réfléchir avant de se jeter dans ce projet qui n’est que le fédéralisme du libéralisme au profit des multinationales et de la finance et au détriment des peuples.
18 octobre 2012 | Classé Dans
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Commentaires fermés sur Madame Merkel veut jeter le Parlement français aux oubliettes
Mais jusqu’où Manuel Valls ira-t-il dans l’imposture ? Oui, imposture ! J’utilise ce mot à dessein.
Depuis quatre mois, cet homme prend des poses et des postures devant tous les miroirs médiatiques flatteurs qui se dressent devant lui, mais quelle est son action réelle ? Evacuons les faux débats. Je ne sous-estime pas l’importance du droit à la sûreté pour tous les citoyens. C’est même la condition élémentaire de toute vie en société. Je crois indispensable l’existence d’une police républicaine qui fasse respecter la loi partout sur le territoire. Je juge aussi impératif d’empêcher le fanatisme religieux de progresser. Mais, là n’est pas le sujet. Pour l’heure, que fait M. Valls sinon reproduire les mêmes recettes et la même politique que celle de Nicolas Sarkozy ? Un sondage de ce matin affirme qu’il serait l’homme politique préféré des français. Quel baratin ! Quel enfumage ! Si l’on en croit la presse, particulièrement celle de droite, il serait même l’homme politique de la rentrée. Le Nouvel Obsd’ il y a 15 jours affirmait sans ambages qu’il serait « Le Vice-président »,sans que l’on sache trop de la part de la rédaction de cet hebdomadaire solférinien si c’est un constat ou un souhait. J’admets qu’il plait beaucoup à la droite. C’est vrai. Il se donne d’ailleurs du mal pour cela. C’est ce que démontrent toutes les études. Mais après ? En quoi son action à la tête du Ministère de l’intérieur marque-t-elle un début de rupture significative avec les Ministres de droite précédents ? En rien. Ou si peu.
Je ne développerai pas ici la façon désastreuse dont ce monsieur, qui avait qualifié Jean-Luc Mélenchon de« danger pour la démocratie » (subtil, non ?), gère le délicat dossier concernant « les roms », ni son refus d’appliquer ce qui était pourtant la proposition n°30 du candidat Hollande (c’est-à-dire le récépissé délivré par les forces de police après un contrôle d’identité), ni sa continuité dans les tracasseries concernant les personnes souhaitant obtenir un permis de séjour, ni cette mise en scène du risque terroriste islamiste (et ce silence sur le terrorisme en Corse qui ne cesse de tuer) qui produit une angoisse permanente téléscopant tous les débats sérieux, etc… Non. J’aborderai ici la posture, ou l’imposture laïque, de M. Valls, cette façon de concevoir l’exigence laïque à géométrie variable. Comment désormais prendre au sérieux ses déclarations appelant à une « République intransigeante » ou encore à une « laïcité exigeante » ? L’enflure du propos contraste avec ses actes. Il n’est d’ailleurs même pas l’héritier de Georges Clémenceau tel qu’il voudrait le faire croire. Je m’en expliquerai à la fin de ce billet. A propos de laïcité, il faut parler clair et il faut agir juste. Si l’on veut être compris de la part de ceux qui auraient la tentation de ne pas respecter nos lois laïques (et il est bien réel qu’ils existent), il faut soi-même être exemplaire.
A ce titre, son attitude comme Ministre de l’intérieur, et donc aussi Ministre du culte, depuis quatre mois est dangereuse et scandaleuse. De plus en plus, sa parole pour défendre la laïcité devient totalement inopérante. Comment demander à nos concitoyens de respecter la laïcité, quand on ne la respecte pas soi même ? Le dernier scandale en date a été révélé par l’Humanité d’hier. Avec ma camarade Pascale Le Néouannic, secrétaire nationale du PG en charge du combat laïque, nous avons immédiatement réagi par le communiqué suivant :
Manuel Valls piétine la laïcité
Dimanche 21 octobre, en prévoyant d’assister, comme porte-parole officiel de la République, aux cérémonies organisées par le Vatican pour la canonisation du Père Berthieu missionnaire colonial à Madagascar, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, va piétiner la laïcité.
Ce mépris d’un principe majeur de la République n’est hélas pas un fait isolé.
Depuis plusieurs semaines, le ministre de l’Intérieur multiplie les gestes en direction des religions et contre la laïcité.
D’abord, il explique que la laïcité est un « principe, une méthode qui connaît ses adaptations »… Puis, il se rend à Strasbourg pour défendre le statut dérogatoire du Concordat en expliquant qu’il « n’y a pas de raison de le supprimer en prétextant l’exception qu’il représente ». Enfin, il assiste à une béatification de Louis Brisson en la cathédrale de Reims, ce qui fut une première dans l’histoire de notre République.
En se rendant prochainement à Rome, Manuel Valls s’apprête à bafouer une fois encore les principes de la loi de 1905. Cela doit cesser.
Ce voyage est la triste continuité d’un autre, celui de Nicolas Sarkozy, promoteur de la « laïcité positive » qui, lors de son discours à Latran, avait assumé une rupture avec la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. En mettant ses pas dans ceux de l’ancien Président, le ministre de l’Intérieur participe d’une reconfessionnalisation de l’espace civique qui sape les fondements de notre “vivre ensemble”. Le PG demande solennellement au ministre de l’Intérieur d’annuler ce déplacement. »
Vous avez bien lu. Le Ministre de l’intérieur de la République française va se rendre samedi prochain au Vatican pour participer à une cérémonie religieuse. C’est à peine croyable ! De quel droit ? Au nom de qui ? Pour faire quoi ? En quoi la République française doit-elle s’associer, et payer le déplacement d’un Ministre, à ce type de cérémonie ? Libre aux catholiques du monde entier de célébrer qui ils veulent, mais une République laïque ne doit en rien être présente à ce type d’évènement. C’est là une grave attaque contre la loi de 1905. Ce comportement ébranle une nouvelle fois tous nos principes fondamentaux. Chacun bien sûr doit pouvoir pratiquer son culte, vivre pleinement ses convictions spirituelles, mais un représentant de l’Etat laïque doit garder ses distances avec toute cérémonie, quelle qu’en soit le culte. D’autant qu’il serait particulièrement inacceptable qu’il participe à certaines cérémonies et non à d’autres, sous le seul prétexte qu’elles sont d’un culte minoritaire en France. Qui ne comprend pas la spirale dangereuse qui se mettrait ainsi à l’œuvre ? Que vient faire le Ministre de l’intérieur dans cette galère ?
Car enfin, M. Valls a-t-il lu préalablement les propos du pape Paul VI lorsqu’il fit le 17 octobre 1965 de Jacques Berthieu un « bienheureux » de l’Eglise catholique ? Les voici : « Voici donc un nouveau fils de France élevé aux honneurs de la béatification. La France, fille aînée de l’Église, a donné au cours de son histoire millénaire tant de fruits de grâce et de sainteté, tant de preuves de son attachement au siège de Pierre, tant de témoignages de sa générosité missionnaire, tant de désintéressement dans l’œuvre éducatrice des peuples, qu’elle a accomplie dans l’univers! C’est pour Nous une joie de le redire aujourd’hui, et de prier Dieu pour que cette noble nation demeure fidèle à ce glorieux passé et sache se montrer toujours riche en nouvelles initiatives et féconde en vocations missionnaires. »
En quoi la France républicaine a-t-elle à s’associer à ces propos ? En quoi a-t-elle à les cautionner ? Et depuis 1965, la situation a évolué. Le 19 décembre 2011, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation des causes des saints, a été autorisé par Benoit XVI à promulguer des décrets reconnaissant des « miracles »attribués à l’intercession de ce « bienheureux ». C’est cela qui a ouvert la voie à sa prochaine canonisation. Pour juger Berthieu digne de devenir un saint, il faut accepter l’idée qu’il ait accompli des miracles. En quoi la France républicaine doit-elle être liée avec cet obscurantisme ?
Plus largement, en 2012, la République juge-t-elle la vie et le parcours de M.Jacques Berthieu comme exemplaire au point qu’un Ministre s’en mêle ? Cet homme eut un engagement dans la foi catholique total. Du point de vue de ses convictions, sa vie fut sans doute respectable. Mais cette existence d’engagement s’inscrit pleinement dans la politique coloniale de la France à la fin du XIXe siècle. Ce jésuite commença ses études théologiques à Vals (cela ne s’invente pas) en Ariège, puis il partit dans l’Océan Indien à la Réunion puis à Madagascar où il mourra, exécuté, le 8 juin 1896. Sa mort tragique n’est compréhensible qu’à la lumière de la brutale politique coloniale de la France. Sans cela, il ne se serait jamais rendu là-bas. Cette politique coloniale fut engagée lors d’un débat parlementaire resté célèbre en 1885. A cette occasion, Jules Ferry (auquel curieusement François Hollande a tenu à rendre hommage le jour de son investiture, tout en considérant que « sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique » ), s’était exclamé : « Il nous faut Madagascar ».
Après de nombreuses péripéties et de manœuvres complexes qui dureront quelques années et qui permettront à la France de préparer son contrôle total de l’île, le ministre de la Guerre fait voter en 1894 au parlement un crédit de 65 millions de francs et l’envoi de 15 000 hommes. Devant l’opposition d’une grande partie des socialistes et des radicaux, la « question de confiance » est posée. La crainte d’une crise fait voter la guerre à une très large majorité. 8 000 des 15 000 militaires prévus sont des appelés du contingent tirés au sort sur l’ensemble du territoire national. On embarque en outre 6 000 mulets convoyés par 7 000 auxiliaires algériens. On équipera aussi cette armée de 5 000 voitures Lefebvre, qui avaient été efficaces sur les terrains plats et secs de l’Afrique occidentale. A Madagascar, elles se révèleront désastreuses.
Deux ans plus tard, le lieutenant-colonel Lyautey, en route pour la capitale de Madagascar, découvrira les traces laissées par l’expédition sur les quatre cents kilomètres de son parcours. Il évoquera « une retraite de Russie en avant ». Durant toute la campagne, 25 soldats seulement meurent au combat, mais 5773 de maladies diverses, essentiellement du paludisme, mais aussi de typhoïde, de dysenterie, de tuberculose et d’insolation. Très vite la quinine vient à manquer. Les pertes globales s’élèvent à 40%, du jamais vu dans une campagne coloniale récente. (cf. le site dormirajamais.org). En revanche, aucun chiffre précis n’a été établi à propos des victimes malgaches de cette expédition.
En conséquence de cette opération, la monarchie malgache, d’une grande faiblesse, s’effondrera en 1895 pour devenir un protectorat, puis en 1896 une colonie française. La présence des troupes françaises, qui assura son contrôle avec poigne, coûta la vie à beaucoup de malgaches qui résistaient. Logiquement, et tragiquement, elle suscita de nombreuses réactions violentes des différentes tribus et peuples qui habitaient l’île. C’est à cette occasion que Jacques Berthieu fut fusillé par des groupes armés malgaches.
Si j’ai raconté brièvement cette histoire c’est pour essayer de « contextualiser » les choses. Au-delà même de la participation d’un Ministre à une cérémonie religieuse, en quoi la mort tragique de Berthieu doit elle avoir une portée symbolique qui intéresse la République laïque de 2012 ? En rien à mes yeux.
Ironie ultime de l’histoire. Manuel Valls aime à raconter, devant ceux qui ne connaissent pas bien le passé, qu’il se réclame de Georges Clémenceau. Là aussi, l’imposture totale pointe le nez. De ce dernier, Valls ne retient que le Ministre de l’intérieur réprimant les mineurs en grève en 1906 et en désaccord avec Jean Jaurès ,ce qui est déjà assez pitoyable pour un socialiste.
Manuel Valls ferait mieux de se souvenir de deux actes bien plus intéressants de Clémenceau. Premièrement, en 1885, il s’oppose à Jules Ferry lors du débat parlementaire sur la politique coloniale. Avec courage, Georges Clémenceau ne voulait pas que la France envoie des troupes au Tonkin notamment, mais aussi à Madagascar. A cette occasion, il prononça un magnifique discours anti-colonialiste. Difficile donc, pour Manuel Valls, d’être en claire cohérence avec Clémenceau en allant rendre hommage à un homme qui, certes pour des raisons religieuses et non militaires, participa à l’aventure coloniale ouverte par le vote de 1885.
Deuxièmement, à la différence de M. Valls, Georges Clémenceau était un laïque conséquent. Au lendemain de la première guerre mondiale, il refusa toute présence officielle de son gouvernement à un Te Deum à Notre-Dame de Paris, donné en hommage aux morts. C’était pour lui une question de principe.
Il y a un siècle, on appelait Clémenceau « le tigre ». Aujourd’hui, concernant la laicité, comment nommer Manuel Valls ? Le tigre de papier ? Le chat qui miaule pour plaire aux religieux ? Si, le 21 octobre, il se rend au Vatican, il montrera une nouvelle fois à quel point le mot de « laïcité » n’a aucune signification dans sa bouche. Dans une France secouée par la montée des communautarismes, son attitude serait irresponsable.
18 octobre 2012 | Classé Dans
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Trois membres du Parti de Gauche de l’Ain ont participé à une réunion publique d’information sur les gaz de schiste le 12 octobre dernier à la mairie de Coligny.
Pourquoi là-bas ?
Car le Revermont est concerné au premier chef par le permis de forages des Moussières, qui s’étend sur 3 269 km² de l’Est du département de l’Ain jusqu’au Sud du Jura !
Le permis a été attribué en 2008 à la société britannique Celtic Petroleum pour la recherche et l’exploration d’hydrocarbures liquides et gazeux.
Ce permis a surtout été attribué dans l’opacité la plus complète, sans l’avis des communes et des populations autochtones.
Le permis des Moussières est un permis exclusif de recherche et il a été attribué comme tous les autres dans la même opacité.
Face aux enjeux financiers et politiques forts, nous constatons :
– l’absence de débats publics face à ces questions
– le lobbying puissant des industriels mondiaux
– un choix de consommation d’énergie avec encore une vision à très court terme
– l’absence de prise en compte réelle de la question environnementale
Le PG01 a par conséquent participé aux débats, aux côtés du Collectif Citoyen du Haut Bugey, du Collectif Citoyen Isère, de l’Association des Espaces Karstiques de l’Ain, de l’Ecocitoy’Ain, de Vigilence Information Santé.
Informations complémentaires : http://www.collectif-haut-bugey.com
Source: PG de l’Ain
18 octobre 2012 | Classé Dans
National |
Commentaires fermés sur PG de l’Ain – Gaz de schiste, pas pour nous !
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