Fiscalité – F. Hollande rétablit les privilèges du capital

Alors que le 14ème engagement du projet présidentiel de François Hollande mettait noir sur blanc « les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail », Laurent Maffeïs, du secteur « Etudes et arguments » du Parti de Gauche, nous décrit la manière dont le gouvernement a progressivement détricoté cet engagement dans le budget 2013, jusqu’à conserver concrètement tous les privilèges du capital qui ont été mis en place sous les gouvernements de droite.

Manuel Valls piétine la laïcité

Dimanche 21 octobre, en prévoyant d’assister, comme porte-parole officiel de la République, aux cérémonies organisées par le Vatican pour la canonisation du Père Berthieu missionnaire colonial à Madagascar, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, va piétiner la laïcité.

Ce mépris d’un principe majeur de la République n’est hélas pas un fait isolé. Depuis plusieurs semaines, le ministre de l’Intérieur multiplie les gestes en direction des religions et contre la laïcité.

D’abord, il explique que la laïcité est un « principe, une méthode qui connaît ses adaptations »… Puis, il se rend à Strasbourg pour défendre le statut dérogatoire du Concordat en expliquant qu’il « n’y a pas de raison de le supprimer en prétextant l’exception qu’il représente ». Enfin, il assiste à une béatification de Louis Brisson en la cathédrale de Reims, ce qui fut une première dans l’histoire de notre République.

En se rendant prochainement à Rome, Manuel Valls s’apprête à bafouer une fois encore les principes de la loi de 1905. Cela doit cesser.

Ce voyage est la triste continuité d’un autre, celui de Nicolas Sarkozy, promoteur de la « laïcité positive » qui, lors de son discours à Latran, avait assumé une rupture avec la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. En mettant ses pas dans ceux de l’ancien Président, le ministre de l’Intérieur participe d’une reconfessionnalisation de l’espace civique qui sape les fondements de notre “vivre ensemble”.

Le PG demande solennellement au ministre de l’Intérieur d’annuler ce déplacement.

 

Colombie – Pas de paix sans implication populaire et justice sociale

Le Parti de Gauche salue la mobilisation populaire massive « pour une paix avec justice sociale » qui a eu lieu la semaine dernière en Colombie. En effet, dans la perspective du processus de paix entre le gouvernement colombien et les FARC/EP, qui devrait s’ouvrir ce mercredi 17 octobre, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans toute la Colombie, réclamant un processus de paix ouvert aux citoyens.

Ces initiatives ont été coordonnées autour de ce qui a été appelé la « Semaine Nationale de l’Indignation ». Cette semaine est le résultat d’une très forte dynamique unitaire regroupant la plupart des organisations progressistes colombiennes parmi lesquelles, le Mouvement Social et Politique « Marche Patriotique », le « Congrès des Peuples », la « Coalition des Mouvements et Organisations Sociales de Colombie ».

Ainsi, du 4 au 12 octobre, ont été organisées des manifestations nationales telles que la « mobilisation nationale pour un travail digne » (4 octobre) ou la mobilisation nationale pour une « Paix avec Justice Sociale » (8 octobre). Par ailleurs, tout au long de la semaine, des manifestations locales importantes ont eu lieu dans les principales villes colombiennes telles que Bogotá, Cali, Medellín et Bucaramanga.

Le point d’orgue de la « Semaine Nationale de l’Indignation » a été la grève nationale du 12 octobre : plus de 300.000 Colombien-ne-s se sont mobilisé-e-s dans tout le pays pour cette journée d’action !!

Cependant, le gouvernement a réagi avec une brutalité policière qui contraste en tout point avec le discours de paix que le président Colombien Manuel Santos tente d’afficher.

Le Parti de Gauche condamne cette répression démesurée qui s’est soldée par 70 détentions et 23 personnes blessées. La paix ne peut pas se construire sur la répression du mouvement social colombien qui réclame, de façon tout à fait lucide par rapport au moment politique que vit le pays, son droit à être pris en compte dans les négociations qui devraient mettre fin, nous l’espérons, à plusieurs décennies de guerre civile en Colombie.

Nous nous faisons l’écho des préoccupations légitimes du peuple colombien.

Il ne peut y avoir de paix sans justice sociale !

La droite vous dit merci

L’Assemblée nationale et le Sénat viennent donc d’adopter le TSCG. Malgré la manière brutalement antidémocratique dont a été expédiée la discussion parlementaire, il s’agit d’un tournant dont il faut prendre la mesure.

D’abord ce vote engage la France dans le cercle vicieux de l’austérité. La récession et le chômage frappent sous nos yeux tous les pays européens soumis à ce régime. Obéir à la règle d’or c’est se soumettre à une vis sans fin de réduction de l’activité. Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, vient lui-même de dire que l’objectif des 3% pour l’année prochaine est absurde. Mais alors n’est-il pas absurde de sa part de voter pour un traité qui impose une réduction du déficit bien plus sévère encore, à 0,5% ! Le gouvernement répète ne demander aucune modification de cette règle, mais on nous dit qu’il espère en secret qu’elle soit revue au niveau européen. La France doit-elle ainsi attendre que d’autres prennent l’initiative ? Faut-il qu’ils vivent dans la terreur de Merkel ou des banques pour se livrer à de telles contorsions ? Même Bartolone plaide que « les marchés seront autant attentifs à notre volonté de désendetter le pays qu’à le réformer » pour souligner qu’il est prêt à déposer sur l’autel des sacrifices la « modernisation des rapports sociaux ». Le résultat de cette brillante stratégie, c’est que nous avons à la fois des réformes structurelles libérales et une austérité sans précédent.

Ensuite, la continuité avec la ligne de Sarkozy selon laquelle la bonne santé de notre économie reposerait sur la « confiance des banques » puis l’allégeance au traité qu’il a écrit avec Merkel modifient le rapport de forces en faveur de la droite et du patronat. N’est-il pas rageant de voir le Medef à ce point sûr de lui quelques mois seulement après la défaite de son candidat ? Les gages donnés par le nouveau pouvoir sur la baisse des dépenses publiques, le coût du travail et la fiscalité du capital, les trois obsessions des libéraux, renforcent la détermination du patronat qui se sent en position de poursuivre son offensive contre les acquis sociaux et donnent raison idéologiquement à la droite qui relève la tête d’autant plus vite que le nouveau pouvoir la singe aussi sur le terrain sécuritaire.

Enfin, une ligne de faille s’est élargie au sein de la gauche. Le passage en force méprisant la demande de referendum formulée par le Front de Gauche et même la simple exigence d’un débat laissera des traces. La ligne démocrate épousée par le PS, hélas confirmée par un Congrès dans lequel sa motion de gauche a perdu à nouveau 5 points pour atteindre un niveau historiquement bas, divise profondément la gauche. Hollande n’est donc majoritaire sur le TSCG que parce que la droite lui apporte son soutien. Un soutien qui contribue fortement à la dégradation du rapport de forces.

Les dégâts sont déjà très lourds. Mais ce n’est pas fini. L’austérité ne dévoile sa dynamique mortifère que par petites rasades empoisonnées. Chaque plan d’austérité est le « dernier », avant qu’un autre ne vienne avec sa série de « mesures inédites » censées frapper les marchés à défaut de réduire pour de vrai les déficits. Derrière les chiffres réitérés de baisse des dépenses se trouvent des êtres humains qui se découvrent en chemin dans le viseur des « cost killers » austéritaires. Ce choc provoque souvent de la révolte. On assiste même à une européanisation des luttes anti-austéritaires. Un rendez-vous européen est fixé au 14 novembre. A cinq jours du vote du budget français.

 

Forte déconnexion entre la base et le sommet

L’Assemblé nationale et le Sénat ont donc adopté le traité européen et la loi organique qui pérennisent l’austérité à perpétuité. Outre que c’est une forfaiture, cela ne clôt en rien l’affaire. D’abord tous les pays ne l’ont pas encore adopté ; ensuite sa mise en œuvre va se heurter à de multiples obstacles politiques, économiques et sociaux ; enfin l’avancée inexorable de la récession en Europe ne va pas manquer de provoquer fissures et craquements de tous ordres qui risquent bien de mettre à bas tout l’édifice. J’aurai l’occasion de revenir sur le fond lors du débat contradictoire qui m’opposera jeudi prochain à un responsable socialiste. Je tiens d’ailleurs ici à le saluer car il est le seul élu et responsable socialiste local qui ait accepté de débattre publiquement du traité. Cela ne m’étonne pas car j’ai toujours eu du respect pour Max LEVITA avec qui j’entretiens des rapports cordiaux. Nous n’appartenons pas à la même culture politique : il vient de celle de la deuxième gauche – rocardienne puis social-libérale, je suis de celle de l’autre gauche, qui prône la rupture avec le capitalisme. Si nous nous opposons souvent, j’apprécie son honnêteté intellectuelle et sa correction dans l’échange des arguments. Pour la qualité du débat, gageons qu’il en sera de même jeudi prochain.

Conference_revol_tscg-20121018La voie de l’austérité choisie par les dirigeants européens commence à trouver de plus en plus de contradicteurs dans leur propre camp. Le FMI lui-même s’inquiète de voir l’Europe rajouter de l’austérité à la récession en cours. Le contresens économique est désormais souligné par de larges cercles, d’autant que devient visible leur peur de l’explosion sociale qui peut en résulter. Les citoyens quant à eux sont en train de décrocher : ils ne croient plus aux sornettes austéritaires. Cela atteste que nous avons eu pleinement raison d’organiser la manifestation nationale du 30 septembre à Paris contre le traité et l’austérité : sa puissance et sa détermination comme son caractère unitaire ouvrent la voie à la résistance populaire. On a pu le vérifier ces derniers jours, notamment à Montpellier, dans la mobilisation exceptionnelle de Sanofi. Les salariés étaient plus de 800 jeudi dernier dans les rues de la ville unis derrière leur intersyndicale pour réclamer le retrait du plan de suppression d’emplois ; ils manifestaient, au lendemain de la déclaration honteuse de Montebourg validant le plan social, une grande détermination. Cette mobilisation de Sanofi fait bouger les lignes ; cela permet de populariser la nécessité d’une loi interdisant les licenciements boursiers (dans les entreprises qui font des profits). Sanofi en est de ce point de vue une parfaite illustration avec en 2011 8 milliards de bénéfices sur un chiffre d’affaires de 33 milliards, soit le taux de profit astronomique de 24% ! La rapacité de ses dirigeants les conduit à liquider un pan entier de la recherche sur le médicament.

Si le Front de gauche a pu être il y a quelques mois un peu isolé en réclamant une loi interdisant les licenciements boursiers, la mobilisation Sanofi a vu cette exigence devenir largement majoritaire. Non seulement les salariés ont repris cette revendication mais on a vu à l’initiative des élus Front de gauche toutes les collectivités locales (Montpellier, département, agglomération, région…) voter des vœux dans ce sens… à l’unanimité ! C’est un formidable point d’appui pour exiger que les députés votent cette loi au plus vite. Lors du meeting des Sanofi à Montpellier, les manifestants ont copieusement hué la députée PS de la ville pour avoir tenté de manière hautaine et cassante de défendre la direction de Sanofi. Après les positions claires et nettes des élus du Front de gauche (Claudine Troadec pour le PCF, Francis Viguié pour la GA, et moi-même pour le PG) il est à noter qu’Hélène Mandroux, Maire de Montpellier, a elle aussi appelé de ses vœux au vote d’une telle loi. Se retournant vers ces deux consœurs socialistes députées, elle leur lança devant une foule ravie « Bougez-vous ! les députés ! ». Mais seuls les élus du Front de gauche étaient à même d’offrir aussi une perspective industrielle en proposant l’intégration de Sanofi dans un vaste pôle public du médicament. Au pouvoir nous pourrions immédiatement la mettre en œuvre.

En se soumettant au carcan néolibéral du dispositif européen dont l’objet est d’empêcher la souveraineté populaire de s’exercer, le gouvernement Hollande – Ayrault est aspiré dans une spirale infernale, dont les effets agissent beaucoup plus vite que prévu. Reflet déformé de ce qui se passe dans les profondeurs de la population, le vote interne qui vient de se dérouler au PS prend à contre-pied ses dirigeants : avec d’une part une abstention de masse, d’autre part la poussée des courants de gauche.

La large victoire de Chavez contre le candidat unique de l’alliance de la social-démocratie, de la droite et de l’extrême droite avec un taux de participation de 80% est un formidable encouragement. Dés lors qu’on s’appuie sur le peuple et qu’on fait droit à ses intérêts, en prenant aux riches pour financer la santé gratuite, faire reculer l’analphabétisme, éradiquer la pauvreté…, la force du peuple qui se met en mouvement balaie toutes les combinaisons politiciennes.

En tenant compte d’un contexte certes différent, le Front de gauche doit s’en inspirer. Indépendant du PS et donc libre de ses décisions, intransigeant contre la droite et l’extrême droite, fidèle à son programme de rupture, présent dans la mobilisation sociale et par son expression politique, le Front de gauche peut devenir le recours politique dont notre peuple a besoin.

Attelons-nous à cette tâche avec méthode.

Source

Inégalités en Europe – 12ème festival de Esquerra Unida i Alternativa (Gauche unie et Alternative)

Les 5 et 6 octobre a eu lieu à Barcelone le 12ème festival de Esquerra Unida i Alternativa (« Gauche Unie et Alternative » EUiA) : journées de réflexion sur « L’Europe des inégalités » suivie de leur fête sous le titre de « temps de lluita » (« temps de luttes »). Ces journées de véritable éducation populaire et de fraternité marquent l’entrée en campagne de la coalition en vue des élections anticipées convoquées par le gouvernement de droite de Artur Mas (CIU) le 25 novembre prochain.

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Samedi et dimanche matin : Conférences-débats et atelier « L’Europe des inégalités »

Ouverture_des_journees_sur_l_europe_des_inegalites_Ouvert par le coordinateur général d’EUiA, Joan Josep Nuet, le colloque coorganisé par la Fundació l’Alternativa, le PGE et EUiA, se proposait de faire le point sur les politiques publiques des pays européens dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Des intervenants de tout premier plan, chercheurs, universitaires et responsables d’organisations professionnelles, ont tenté d’établir un diagnostique des souffrances qui affectent aujourd’hui l’ensemble des citoyens.

Retours sur les débats :

– La santé et l’éducation, fers de lance de l’intervention publique auprès des citoyens et champs d’observation privilégiés pour mesurer les dégâts générés par la crise, ont vu leurs potentiels d’intervention cisaillés par les politiques d’austérité décrétées par l’UE et perdre par là même leur pourvoir régulateur. L’espérance de vie recule, un processus de ghettoïsation sociale et territoriale avance à marche forcée, le fossé entre riches et pauvres s’accroît pour devenir abyssal et le processus de marchandisation de cet espace régalien gagne chaque jour plus de terrain…, les dégâts sont considérables.

– Ces journées de réflexion animées par Antoni Barbarà, président de la « Funcació l’Alternativa », ont permis de poser une analyse critique du contexte social européen et d’avancer un certain nombre de solutions pour lutter contre une précarité sans cesse renouvelée. Parmi les orateurs, Vicenç Navarro de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone et blogueur régulier sur le site web Público nous a brossé un panorama du modèle social européen face aux attaques du libéralisme ; Joan Benach, responsable du groupe de recherche sur les inégalités dans le secteur de la santé de l’université Pompeu Fabra, est intervenu sur le thème des déterminants sociaux, inégalités devant la santé et la logique néolibérale. Quant au secteur de l’éducation, c’est Sonja Crivelli, qui comme responsable du groupe de travail sur l’éducation au sein du PEE, a ouvert le bal en proposant un état des lieux de l’enseignement en Europe au travers de son exposé intitulé « L’éducation publique en danger ».L_europe_des_inegalites_table_ronde__

– Sont aussi intervenus, Carme Borrell de l’Agence de Santé publique de Barcelone/Catalogne, sur le thème des différences socio-économiques entre les villes européennes ; Juan Mena, responsable du secteur de l’éducation à EUiA a quant à lui élaboré une comparaison des différents systèmes d’éducation en Europe, enfin Mauricio Valiente du PCE/ Izquierda Unida, responsable des études sur l’immigration et Miren Etxezarreta, économiste, ont respectivement proposé un regard critique sur les politiques d’accueil des immigrants et sur les inégalités qu’engendre le capitalisme dans nos sociétés européennes. Pour conclure cette longue liste d’orateurs, citons aussi les analyses d’Elizabeth Gautier de la fondation Transform qui a porté sa réflexion sur les limites du concept d’inégalité et de ses alternatives ainsi que l’intervention d’Angels Martínez Castells, économiste spécialiste de la santé publique, qui examinait les valeurs sociales européennes face à la montée des inégalités… que du très haut niveau… enfin, les tables rondes ont par l’intermédiaire des différents porte-parole présents comme Maite Mola (PEE/PCE), Olga Athaniti (Akao/Syriza), Ricardo Gayol (IU) ou Ruben Bejerano (député IU) permis d’élaborer à partir des conclusions de ce séminaire un véritable réquisitoire sous la forme de déclaration officielle.

Samedi 6 octobre : 12ème fête de EUiA « temps de lluita » (« temps de luttes »)

L_europe_des_inegalites_meetingSamedi 6 octobre était organisée la fête d’EUiA au cours de laquelle devaient prendre la parole l’euro-député d’IU Willy Meyer, Juliette Estivill du Parti de Gauche, Olga Athaniti d’Akoa/Syriza, Maite Mola du PCE ainsi que les principaux responsables du parti EUiA comme Juan Josep Nuet et le coordinateur fédéral d’IU Cayo Lara.

La tonalité des débats devait être donnée dès l’ouverture avec l’intervention de Juliette Estivill qui établissait un bilan critique du gouvernement français, en rappelant que depuis maintenant plus de 100 jours, l’austérité budgétaire était plus que jamais à l’œuvre et sera même renforcée avec le vote du TSCG. Et de rappeler l’opposition initiale du Front de Gauche au traité Merkozy qui devait se cristaliser au cours de la manifestation du 30 septembre dernier avec un rassemblement de près de 100 000 personnes entre les places de la Nation et d’Italie à Paris.

Pour sa part, la représentante de Akoa/Syriza, Olga Athaniti devait nous décrire au travers d’un exposé très détaillé les souffrances et privations qu’endure au quotidien la population grecque.

Puis sur un registre plus formel, le président de la Fundació l’Alternativa, Toni Barbarà, informait l’auditoire des conclusions des journées de « l’Europe des inégalités » en prônant la mise en place d’une nouvelle confluence politique et sociale pour faire front au néolibéralisme à l’œuvre dans toute l’UE.

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Enfin, Maite Mola du PEE/PCE et Willy Meyer devaient successivement intervenir sur les nouveaux modèles politiques que nous propose l’Amérique latine en réservant une place toute particulière à Hugo Chávez et de rappeler que d’un point de vue opérationnel, les forces de gauche européennes devaient poursuivre leurs efforts de mobilisation et d’organisation pour faire face à la montée en puissance des politiques conservatrices développées dans toute l’Europe mais aussi pour accéder enfin aux responsabilités.

Ces deux journées ont recentré le débat politique sur les vrais problèmes qu’affrontent les gens au quotidien et non pas de nébuleux projets nationalistes qui n’ont, in fine, qu’un objectif, détourner l’attention des citoyens face aux défis que posent les politiques publiques européennes dans le cadre d’une paupérisation toujours plus grande de la population car comme l’a dit Joan Josep Nuet, coordinateur général de EUiA, lors de son intervention au meeting de clôture de EUiA en s’adressant aux Catalans « Nous ne serons jamais ni libres ni indépendants si nous n’arrêtons pas les coupes ».

Communiqué unitaire, Adresse à F. Hollande – Menace d’intervention à Notre Dame des Landes

Monsieur le Président,

L’ampleur des effectifs policiers mobilisés dans la région nantaise et les manœuvres  qu’ils ont engagées  depuis quelques jours ont alarmé la population de Notre Dame des Landes, qui s’attend à une opération imminente d’expulsion massive des jeunes habitants de la ZAD, Zone à Défendre. 
Cette zone de bocage préservé, enrichie de leur présence et de leur travail, est celle-là même qui doit être détruite et bétonnée pour la construction de cet aéroport si largement controversé, mais cher au premier ministre Jean-Marc Ayrault.

L’opposition populaire est de plus en plus large, et les prises de position de plus en plus nombreuses contre ce projet dont il a été prouvé qu’il était nuisible, inutile et gaspilleur de fonds publics, en pleine période de restriction budgétaire.

Nous vous demandons de faire arrêter toutes les opérations policières et les expulsions qui jetteraient environ 150 jeunes dans la rue, à quelques jours de la trêve hivernale !
Il est encore temps d’ouvrir  un véritable débat avec une nouvelle étude complète du dossier, menée par des acteurs indépendants et fiables, avant que la situation ne devienne irréparable.
Le 15 octobre 2012.

Alternatifs, Fase, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, NPA, Parti de Gauche.

La Francophonie doit être un instrument d’émancipation

La Francophonie doit être un instrument d’émancipation des peuples ayant le français en héritage et non pas celui de la perpétuation de l’impérialisme français.

Monsieur le Président François Hollande, vous venez de vous afficher à Kinshasa avec un bon nombre de dictateurs ayant en commun certes la langue française mais surtout la corruption et l’oppression de leurs peuples.

Cette enceinte politique qu’est devenue la francophonie institutionnalisée, sert en particulier à cautionner des élections par l’envoi d’observateurs qui rendent un avis complaisant pour le pouvoir en place au grand bénéfice des intérêts économiques français mais au détriment des peuples concernés. Vous qui n’avez que le mot démocratie à la bouche Monsieur le Président, et qui aimez tellement en bon social-libéral vous abriter derrière les institutions nationales et  dans le cas présent internationales, sachez que l’Organisation Internationale de la Francophonie est l’un des instruments de cette démocratie virtuelle  qui ne répond d’aucune façon aux besoins des peuples. Vos promesses de démocratie, Monsieur le Président, nous l’avons vu récemment en France au sujet du TSCG, n’engagent que ceux qui y croient, alors qu’il s’agirait de  prendre des dispositions concrètes pour atteindre cet objectif.

Cette OIF est aussi, sous couvert de la prévention des conflits et de multilatéralité, devenue une extension du domaine de la lutte interventionniste guerrière de l’impérialisme français : Monsieur le Président, vous  servir de cette possibilité consacrée par la déclaration de Saint-Boniface adoptée par l’OIF en mai 2006, pour faire intervenir des forces armées africaines n’appartenant pas au périmètre de la CEDEAO au Mali serait-il dans vos intentions ? Il est vrai que cela permettrait au dictateur tchadien Idriss Deby de sortir de son isolement diplomatique et à la France de continuer à justifier sa présence militaire permanente dans la région. C’est peut-être, malgré nos mises en garde, la vraie raison de votre venue à Kinshasa : après tout serrer la main du dictateur Kabila ou rencontrer à la va-vite l’opposition, pourquoi pas, si la vraie raison est autrement plus stratégique. Comme par hasard, le Qatar désormais grand oncle financier de la France et dont on connaît la passion pour la langue française, fait son entrée dans l’amicale francophone et devient un ami de la famille.

La francophonie, il nous importe de vous le rappeler Monsieur le Président François Hollande, se devrait d’être essentiellement un vrai espace d’échanges culturels et linguistiques, autour de la langue française certes mais aussi dans le respect des langues locales et dans leur promotion ce qui générerait un nouvel équilibre dans la relation entre la France et les pays amis francophones qui sont aussi, doit-on le rappeler, le plus souvent d’anciens pays colonisés par la France. La langue française ne doit pas être traitée seulement comme une langue de communication et de commerce, elle ne doit plus être la langue de l’oppression, vecteur du capitalisme et de l’impérialisme, mais redevenir la langue de l’émancipation des peuples, celle de la Révolution française, celle qui porte les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité.

François Hollande : le capital imposé comme le travail ?

Alors que le 14ème engagement du projet présidentiel de François Hollande mettait noir sur blanc « les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail », Laurent Maffeïs, du secteur « Etudes et arguments » du Parti de Gauche, nous décrit la manière dont le gouvernement a progressivement détricoté cet engagement dans le budget 2013, jusqu’à conserver concrètement tous les privilèges du capital qui ont été mis en place sous les gouvernements de droite.

Verdict de Créteil : des victimes condamnées au silence !

Le verdict rendu mercredi par le tribunal de Créteil soulève à juste titre l’indignation. Les peines prononcées (trois condamnés avec sursis ; un condamné à un an ferme ; dix acquittés) envoient un message dramatique à la sociéte et particulièrement aux victimes. Il aura fallu attendre 2 jours sous la pression des associations féministes pour que le parquet se pourvoit en appel. La procureure déclarait à ce titre : « Le verdict est trop éloigné du réquisitoire de l’avocate générale, à la fois sur les peines prononcées et sur certains acquittements. Il ne correspond pas au déroulement des crimes et à leur appréciation ».

Faut-il redire que les viols ne sont pas des faits divers mais une marque que notre société reste profondément inégalitaire :  75 000 femmes sont victimes de viols chaque année, seules 10% d’entre-elles portent plainte et 2% des violeurs seulement sont condamnés.

Il est plus que temps que la société se donne les moyens de combattre le crime qu’est le viol ! Cela signifie se donner les moyens d’écouter la parole des femmes victimes, les reconnaître et les protéger.

Le Parti de Gauche se joint aux rassemblements appelés par les associations féministes ce lundi afin d’exiger que soit votée d’urgence une véritable loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

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