"Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro – Jean-Luc Mélenchon invité du dimanche 9 septembre 2012

Jean-Luc Mélenchon était l’invité le dimanche 9 septembre 2012 de l’émission « le Grand Jury », sur LCI et RTL, pour débattre face à Alexis Brezet (Le Figaro) et Eric Revel (LCI). L’émission était animée par Jérôme Chapuis.

Télécharger la version audio

L’émission en audio sur le site de RTL.

Portugal – Le Parti de Gauche dénonce le nouvel "effort collectif" au service des marchés

Le premier ministre Passos Coelho, meilleur élève de la Troïka, a annoncé vendredi 7 septembre que le budget 2013 constituerait un « effort collectif » pour le peuple portugais. Autant dire des souffrances de plus pour une population très appauvrie.

Le menu élaboré directement par la Troïka et son fort mal nommé « Programme d’Assistance Économique et Financier » est une nouvelle fuite en avant des recettes qui plongent la grande majorité des Portugais et des citoyens de la zone euro tout entière dans la misère.

Avec un salaire minimum plus bas qu’en Grèce, 17% de chômage officiel et un demi million de Portugais qui ont fuit le pays depuis début 2011, le gouvernement demande encore au peuple de payer une hausse de sa contribution à la sécurité sociale de 18%. Il s’agit en fait d’un transfert des cotisations patronales vers les cotisations salariales : le gouvernement met simultanément en place une baisse de la part des entreprises du même montant.

Le Parti de Gauche dénonce cette énième tonte d’un peuple qui n’en peut plus.

Il rappelle son indéfectible solidarité avec la résistance du peuple portugais et ses représentants politiques : le Bloco de Esquerda, le PCP et les Verts portugais, et ses représentants sociaux : la CGTP, le M12M, le mouvement du 15O, et les associations de précaires.

Le Parti de Gauche soutient l’appel à la mobilisation pour les manifestations du 15 septembre pour que « la Troïka aille se faire… Nous voulons réaliser nos vies ! »

Hénin-Beaumont - Noyelles-Godault – Jean-Luc Mélenchon en duplex sur France3 le 6 septembre 2012

Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro – Jean-Luc Mélenchon invité du 9 septembre 2012

L’émission en audio sur le site de RTL.

L’émission en vidéo sur le Dailymotion du Parti de Gauche.

 

 

 

 

Hommage à Yann Cochin

Yann Cochin Le Parti de Gauche exprime sa profonde tristesse à l’annonce de la disparition de Yann Cochin, salarié d’EDF, syndicaliste de Solidaires-Energie et militant politique à Convergences & Alternative.

La maladie qui a emporté Yann s’était révélée en 2010 après qu’il eut entamé une longue grève de la faim pour obtenir la réintégration d’un collègue licencié. Cela en dit long sur le dévouement,  l’exceptionnelle humanité et la combativité dont Yann a fait preuve tout au long de sa vie contre l’injustice et pour un monde meilleur.

Yann fait partie de ces militants politiques qui ont toujours œuvré à la création d’une force de transformation sociale et écologique capable de bousculer les rapports de force dans ce pays. Cela l’a mené au NPA puis au Front de Gauche dont il a été l’un des artisans du développement. Il personnifie mieux que quiconque le lien nécessaire entre la politique et les mouvements sociaux.

Tout au long de son parcours, et quels que soient les désaccords politiques qu’il a toujours assumés franchement, il a laissé une marque profonde, empreinte de respect et de fraternité. Nous pleurons un camarade et un ami trop tôt disparu. Nous adressons toutes nos amitiés aux siens et notamment à sa compagne et camarade Anne Debrégeas. Yann va manquer à beaucoup d’entre nous.

Cliquez ici pour voir le diaporama

François Hollande sur TF1 – Pas de changement de cap dans la marche forcée à l’austérité

Le président de la République a confirmé sa volonté d’appliquer à la France un plan d’austérité sans précédent de 30 milliards d’euros (soit deux fois le plan Fillon de fin 2011) et la poursuite de la réduction des effectifs de la fonction publique, pourtant déjà saignée à blanc, hors éducation, justice et ministère de l’intérieur. 

Le cap de la saignée est donc maintenu. Mais l’expérience a démontré que les saignées étaient souvent mortelles. 

Pour ce qui est du redressement de la France, le discours de François Hollande a cette fois clairement pris un nouveau cap : celui qui consiste à favoriser le patronat au détriment des travailleurs. En filigrane de son intervention, on a pu entendre flexisécurité et augmentation de la CSG plus une fiscalité écologique sur laquelle il ne s’est pas étendu. 

Et s’il a eu des mots fort aimables pour les chefs d’entreprises, les salariés ont été les grands oubliés. Les travailleurs auront compris que l’état de grâce était terminé : lorsque les plans sociaux sont engagés, il est trop tard pour intervenir a dit le président. Les salariés de PSA, Sanofi et des autres entreprises en butte aux plans sociaux savent donc maintenant qu’ils ne peuvent compter que sur leur lutte. de même pour la loi contre les licenciements dans les entreprises distribuant des bénéfices. 

C’est à un agenda de l’enlisement social-libéral et non à celui du redressement industriel auquel nous  avons eu le droit.

Mais à quelques semaines de l’examen par le Parlement du traité européen de l’austérité, il est paradoxal que ce traité ait été le grand absent du discours.

Pourtant, en persévérant dans sa volonté de respecter les diktats libéraux de l’austérité, en psalmodiant son ode à la croissance sans interroger notre système économique, François Hollande maintient le cap de la récession. 

Aussi, l’urgence n’est pas au compromis patronat-travailleurs mais au rejet du traité européen pour permettre le passage à une  meilleure répartition des richesses et à la conversion écologique de notre économie.

Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche

Élections au Québec – Défaite des libéraux et première victoire des étudiants

Les élections provinciales qui viennent d’avoir lieu le 4 septembre ont conduit à la défaite du Parti Libéral du Québec (PLQ), au pouvoir depuis 2003. Le Parti Québécois (centre-gauche, souverainiste) l’emporte de justesse avec 32% contre 31% au PLQ (droite, fédéraliste) et 27% à la Coalition Avenir Québec (centre-droit, fédéraliste). Avec 54 députés sur 125, le PQ pourra former un gouvernement minoritaire. Ces élections ont été marquées par une forte mobilisation des électeurs, avec un taux de participation de 73,7% contre 57% lors des élections de 2008.

Si le PLQ a bien résisté à la percée du Parti Québécois, il essuie une défaite symbolique dans la circonscription du Premier Ministre sortant, Jean CHAREST. Ces élections ont également été marquées par le renforcement du parti de gauche Québec Solidaire, qui obtient 6% contre 3,8% aux élections précédentes. Cette poussée de Québec Solidaire est fortement contrainte par le mode de scrutin majoritaire à un tour et le vote stratégique. Néanmoins, Québec Solidaire progresse fortement dans plusieurs circonscriptions de Montréal (Laurier Dorion, Outremont, Hochelaga Maisonneuve, Sainte Marie Saint Jacques) et y devient la deuxième ou troisième force politique. Ce parti conquiert une seconde circonscription à Montréal : celle de Gouin, voisine de la circonscription déjà détenue par QS à Mercier. Françoise DAVID, co-présidente de Québec Solidaire y bat lourdement Nicolas GIRARD, député sortant et bien implanté du PQ.

Ces élections ont été convoquées durant l’été ; la campagne électorale a duré en tout et pour tout 35 jours. Le gouvernement libéral de Jean CHAREST faisait face depuis la mi-février à une grève étudiante historique contre sa décision d’augmenter les frais d’inscription. Il a cherché à instrumentaliser le conflit avec le étudiants, en prétendant incarner l’ordre contre la chienlit. Jean CHAREST a joué et a perdu les élections…

Le nouveau chef de gouvernement du Québec, Pauline MAROIS, a annoncé qu’elle supprimerait par décret la hausse de 1 625 $ des frais d’inscription et abrogerait la Loi 78 adoptée en toute hâte par le gouvernement CHAREST pour réprimer le mouvement étudiant.

En tout état de cause, les étudiants ont gagné ! Ils ont bloqué la hausse (slogan du mouvement). Durant ses 6 mois de lutte, ce mouvement social est parvenu à coaliser autour de lui de larges secteurs de la société civile : écologistes, syndicalistes, professeurs, militants politiques, familles. Il ne s’est pas posé comme un mouvement catégoriel mais comme un mouvement de toute la société, en  remettant en cause l’ensemble de la politique du gouvernement : taxe santé, Plan Nord, exploitation des gaz de schiste, corruption… Les étudiants ont puissamment contribué à réveiller le peuple québécois et à faire renaître la gauche politique au Québec.

Le Parti de Gauche se félicite de la défaite du gouvernement libéral et des résultats encourageants de Québec Solidaire. Le Parti de Gauche adresse également un message de solidarité aux étudiants québécois mobilisés durant plus de 6 mois.

Comprendre le traité Sarkosy-Merkel

Vidéo élaborée par le groupe parlementaire européen « Gauche Unie Européenne » (GUE) au sein duquel siègent les députés du Front de Gauche, et qui explique succinctement mais clairement le traité que François Hollande veut faire ratifier par le Parlement début octobre 2012 sans débat populaire alors que ce texte durcit encore plus les traités de Maastricht et de Lisbonne.

Exigeons un débat public et un référendum !

Le Monde – Blog – Prix de l’essence, gaz de schiste : à quoi joue le gouvernement Ayrault ?

Prix de l’essence, gaz de schiste : 
à quoi joue le gouvernement Ayrault ?

Voici ce qu’a déclaré le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, le 28 août sur TF1 :

« Il faut aller à long terme, on le sait, vers une société de la sobriété. J’ai été très frappé (…) par le fait qu’il fallait aussi changer les modes de déplacement. On ne peut pas vivre éternellement avec ce mode de consommation ! »

Et tac, il te me subventionne la consommation d’essence !?…

 

Capture-mosco

Le gouvernement a, on le sait, raboté un peu plus de 3 centimes d’euros perçus par le Trésor public sur le prix du litre d’essence, ce qui devrait coûter 300 millions d’euros au contribuable (qu’il soit automobiliste ou pas). Une mesure « financièrement coûteuse, économiquement inefficace et écologiquement absurde »,  a asséné Chantal Jouanno, ex-présidente de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Il n’y a pas eu grand monde pour la contredire. [ MàJ. Moscovici lui-même semble juger sa propre mesure ridicule, cf. Le Canard Enchaîné p. 2 ].

« C’est la cigarette du condamné », a observé sur France Inter l’éditorialiste Thomas Legrand. Il a raison, l’Etat est sans doute l’institution la plus sévèrement accro’ au pétrole. Personne n’ignore qu’en France, la moitié du prix de l’essence est constituée de taxes. Celles-ci ont atteint 34 milliards d’euros en 2010, presque autant que l’impôt sur les sociétés et que… la facture énergétique de la France (46 milliards d’euros cette année-là, soit l’essentiel du déficit commercial). Pas très sain, n’est-ce pas ? D’autant qu’on ne précise jamais que la facture d’essence de l’Etat (celle de l’armée, notamment) enfle elle aussi lorsque le prix du baril augmente. Généralement, le coût d’une hausse du brut annule plus ou moins le gain qu’elle représente pour le Trésor public (sans parler de l’impact sur la croissance économique). Oui oui, accro’.

Les gaz de schiste, maintenant. Il y a six mois, Jean-Marc Ayrault présentait, en tant que président du groupe socialiste à l’Assemblée, une proposition de loi « visant à interdire l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels ». Celui qui est entre-temps devenu premier ministre expliquait alors que « les rendements espérés [des gaz et huiles de schiste] ne valent rien par rapport aux risques sur la santé publique. »

Jean-Marc Ayrault fait maintenant savoir que le débat sur les gaz de schiste n’est, tout compte fait, « pas tranché ». Nathalie Kosciusko-Morizet a beau jeu d’accuser le premier ministre de « duplicité ».

Mais de quoi le premier ministre voudrait-il au juste débattre ? De redonner une indépendance énergétique à la France, ou tout du moins de réduire substantiellement sa facture d’essence et de gaz ? Pour les huiles de schiste, les pétroliers évoquent une production potentielle dans l’Hexagone de 1 à 3 cent mille barils par jour, au mieux. Les Français consomment 17 cent mille barils de brut par jour. Pour les gaz de schiste, c’est tout comme : parvenir à l’autosuffisance grâce à eux paraît franchement peu vraisemblable.

Une pièce à verser au dossier : l’exploitation de ce type d’hydrocarbures, qui nécessite de fracturer la roche, est caractérisée par un déclin extrêmement rapide de la production de chaque puits. Pour maintenir des extractions élevées, comme espère aujourd’hui y parvenir l’industrie américaine, il faut creuser sans cesse beaucoup, mais alors beaucoup de puits. « Dix à cent fois plus » que pour du pétrole classique, a indiqué sur ce blog la direction de Total, et même plus encore peut-être. En effet, une fois récupéré l’essentiel des hydrocarbures libérés à proximité de la zone fracturée, la production d’un puits de gaz et, a fortiori, d’huile de schiste s’effondre la plupart du temps dès la première année.

Le graphique ci-dessous représente le profil de production typique d’un puits d’huile de schiste dans le Dakota du Nord :

Département des ressources naturelles du Nord Dakota

Vous voyez le problème ?

Alors pour quoi, pour qui le gouvernement voudrait-il rouvrir le dossier ? Pour sauver le climat ? Pour faciliter la « transition énergétique » ? Ou bien pour consoler la première entreprise de France, Total, à laquelle on vient de demander un effort modique pour co-financer la mesure « inefficace » et « absurde » susmentionnée ?

Peut-être le gouvernement Ayrault veut-il reculer pour mieux sauter, vers la « société de la sobriété » en direction de laquelle, selon Moscovici, « il faut aller » (mais « à long terme », s’entend) ?

J’ai un doute. La fameuse « transition énergétique », ce nouveau mantra gros comme une dent creuse, réclamera des investissements faramineux, et je ne parle pas que de gros sous. Certains évoquent l’équivalent d’un effort de guerre ; peut-être sont-ils terriblement proches de la vérité.  L’Agence internationale de l’énergie ou encore, en France, l’association Négawatt, nous ont expliqué que cette transition est réalisable, à condition de faire appel pour l’essentiel, non à la technologie, mais à la « sobriété », justement.

Concentration mondiale de CO2 : scénario de l’Agence internationale de l’énergie visant une stabilisation à 450 ppm (au-delà du seuil de sécurité de 350 ppm défini par le Giec, mais très en-dessous du « business as usual »). La partie en bleu ciel représente les économies d’énergie réalisables par les consommateurs.

Mais comment croire que quelque chose de consistant pourrait être initié en France par un Etat étouffé par la dette, et dont le chef de gouvernement soutient la construction d’un nouvel aéroport international pour sa bonne ville de Nantes ? Où seraient la vision, le souffle et… l’énergie nécessaires ?

Là où les contradictions qu’affiche complaisamment le gouvernement s’expliquent un peu, c’est qu’il est clair que, si rien ne change dans nos modes de consommation, il deviendra de plus en plus délicat, et même dangereux d’un point de vue géostratégique, de s’abstenir de fracturer nos sous-sols.

C’est le chemin atterrant de l’inertie pragmatique. Quand on court sur un tapis roulant, on n’avance pas. Obama lui aussi n’aura su faire que du surplace dans ce domaine crucial.

Je parle souvent ici d’aporie, d’impasse, de conundrum (et autres synonymes désespérants) :

Sommet Rio+20 : qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? ] ; Le sourire de Cassandre ] ; [ Agrocarburants et déforestation : Paris et Bruxelles assument (tous comptes faits) ] ; L’ère de l’abondance est « finie », annonce un gourou clairvoyant de la finance] ; [ Climat : 80 % des réserves de pétrole, de gaz et de charbon n’auraient pas la moindre valeur ! ] ; Hulot, de Margerie et Fillon au pays des lapins ], etc.

J’ai peur que d’ici une ou deux générations, lorsque le pétrole SERA devenu rare,aussi rare que la banquise en été et que probablement d’autres matières premières, nos enfants se demandent, et pendant longtemps :

Où avaient-ils la tête ?

Notre système, celui que le Parti socialiste veut sauver ou réformer (quelle outrecuidance !) est très bon pour le gaspillage. Le gaspillage de talents  (« contre le chômage, on a tout essayé », a tranché Mitterand), comme le gaspillage de matière, et en particulier celui, irrévocable, des énergies fossiles.

Le système consumériste n’est pas seulement bon pour le gaspillage, le gaspillage est littéralement son carburant. Il lui est nécessaire, consubstantiel. N’est-il pas terriblement ironique de voir les mêmes qui n’ont rien tenté contre les délocalisations verser maintenant des larmes de crocodile sur les emplois industriels perdus, et inventer, trente ans trop tard, un improbable ministère de la réindustrialisation ? Si j’étais fils de sidérurgiste, un brin amer je serais, je pense. En toute innocence, nous avons laissé se recréer l’enfer de la révolution industrielle à l’autre bout de la planète, démultiplié par une avidité inouïe, et après nous le déluge.

L’économiste Nicholas Georgescu-Roegen a expliqué dès 1971 :

« Chaque fois que nous produisons une voiture, nous détruisons irrévocablement une quantité de basse entropie[ie. d’énergie utile impossible à reconstituer] qui, autrement, pourrait être utilisée pour fabriquer une charrue ou une bêche. En d’autres termes, chaque fois que nous produisons une voiture, nous le faisons au prix d’une baisse du nombre de vies humaines à venir. »

Cherchez l’erreur, il n’y en a pas.

Plus de 80 % de l’énergie utilisée sur Terre proviennent de sources fossiles non renouvelables : pétrole, charbon, gaz. Plus vite nous épuisons ces sources d’énergie épuisables (par exemple en baissant les taxes sur l’essence), plus vite elles seront épuisées, non ? C’est tellement ballot, tellement inepte ce que nous sommes en train de faire : cela s’appelle scier la branche sur laquelle on a posé le nid.

Le roi d’Arabie Saoudite, lui, se préoccupe de l’avenir, puisqu’il a ordonné en 2010 « d’interrompre toute exploration pétrolière afin qu’une part de cette richesse soit préservée pour nos fils et nos successeurs, si Dieu le veut ».

Le colossal problème posé est simple, il est même assez trivial. Mais ce n’est hélas plus le cas des solutions qui peuvent y être apportées, aussi tard qu’aujourd’hui. Le monde contemporain est surgi du creuset de l’abondance énergétique. L’avidité a des racines puissantes et profondes, et bien souvent fort compréhensibles. Chacun voit midi à sa porte, et pas seulement les marchands de panneaux solaires.

Même Evo Morales, l’un des modèles du Front de gauche et de sa « planification écologique« , a dû renoncer, face à la colère de la rue, à supprimer  les subventions sur l’essence de la Bolivie. Subventions sans lesquelles l’économie bolivienne ou mondiale, telles qu’elles sont, seraient instantanément frappées d’apoplexie.

Je ne dis pas que le problème est simple. Je dis qu’il est plus qu’urgent, et je suis fatigué, écœuré, par la phraséologie et le déni :

il est trop tard pour empêcher un bouleversement irréversible et dangereux du climat ; il est sans doute beaucoup trop tard pour empêcher un choc pétrolier permanent.

« Mad Max 4 » va bientôt sortir (si si). La série « Dallas » a déjà repris.

On fait quoi ? On régresse ?

Le blog de Matthieu AUZANNEAU

 

Paraguay : – Après le coup d’Etat…le désastre de l’oligarchie au pouvoir !

Un coup d’etat, quelque soit sa forme, a l’instar de celui qui s’est déroule le 22 juin dernier au Paraguay n’est jamais seulement un coup d’eclat, c’est une onde de choc dont les répercussions sont désastreuses pour le peuple. Au Paraguay, il s’agit d’une rupture du processus démocratique, malgré les apparats constitutionnels, mais c’est aussi un système tout entier dominé par l’oligarchie agro-industrielle et la logique neo-liberale qui se voit renforcé au parlement comme dans toutes les administrations du pays.

Depuis ce Coup d’etat parlementaire et la destitution de Fernando Lugo, une véritable purge est a l’oeuvre dans les médias publics. La Radio Nationale et la télévision publique du Paraguay, font partie des rares médias a avoir évoqué et critiqué cette destitution, tandis que le reste de la sphere mediatique, tout acquis a la cause de l’oligarchie et détenus par les groupes d’influence économique, s’est empressée de le faire oublier. Depuis le 22 juin, 46 journalistes, dont 27 cette semaine, ont été limoges ou n’ont pas vu leur contrat reconduit pour des raisons proprement politiques.

Nous avons en memoire la volonté du President Fernando Lugo de demander un cadastre peu avant le coup d’Etat, dans ce pays ou plus de 77 % des terres cultivables sont détenues par 2% de la population.

Aujourd’hui, plus de 300 000 familles n’ont plus accès a la terre et le projet de culture extensive du soja, destine en grande partie a l’exportation, va encore aggraver leur situation en faisant  augmenter le prix des produits de première nécessité. Une centaine d’employés de la Senave (Service nationale de santé végétale et de semences) ont également été licenciés, sous un prétexte officiel des plus grotesques, pour leur opinion politique.

En juillet, des manifestations dans tout le pays ont eu lieu après l’annonce de coupes budgétaires par Frederico Franco.  Le 27 août dernier plusieurs organisations paysannes et indigènes se sont réunies  pour demander une reforme agraire intégrale, pour dénoncer le projet de plantations transgenique intensive ainsi que la répression des manifestations et des occupations de terre.

Le Parti de Gauche rappelle son indefectible soutien au peuple paraguayen et aux mouvements sociaux et paysans dans le pays, renouvelle sa condamnation du coup d’Etat parlementaire au Paraguay et de « la chasse aux sorcières » en cours dans le pays. La justice doit également faire la lumiere sur l’assassinat du dirigeant du Parti Populaire Tekojoja. Freres du Paraguay et du Honduras, nous ne vous oublions pas.

« RetourSuivant »