8 septembre, délégation du PG à Tunis
Tunis, le 8 septembre 2013
Le voyage de notre délégation s’est poursuivi hier avec une journée très intense de rencontres et bien sûr, la grande manifestation de la fin de journée, commémorant l’assassinat de Mohamed Brahmi il y a quarante jours.
Après nos réunions avec le Front populaire d’avant-hier, nous avons pu discuter avec l’Union pour la Tunisie, l’autre composante de l’oppostion regroupée au sein du Front du Salut National. Nous avons eu un entretien avec Beji Caïd Essebsi, leader de Nida Tounes (l’une des principales composantes de l’Union pour la Tunisie). L’aspect le plus frappant de cet entretien est la similitude du constat de L’Union pour la Tunisie avec celui du Front Populaire sur le blocage politique actuel : le gouvernement n’est pas légitime pour gérer les affaires du pays et organiser des nominations par milliers de ses partisans dans des postes de l’appareil d’Etat ; l’Assemblée Nationale Constituante aurait dû terminer sa tâche ; la Tunisie est dans une situation économique dramatique et les libertés sont en recul. M. Essebsi a par ailleurs insisté sur la force de la société civile tunisienne et son attachement aux acquis sociétaux. Comme nos interlocuteurs de l’avant-veille, il nous a rappelé la levée de bouclier du peuple qui a tenu en échec le gouvernement islamiste lorsque celui-ci a souhaité ajouter dans la constitution l’idée de complémentarité entre les hommes et les femmes, ce qui aurait constitué un recul majeur en remettant en question l’égalité, affirmée dés la fondation de la République de Tunisie par Bourguiba. Ainsi, même si Nida Tounes porte une conception économique plutôt libérale de l’avenir de la Tunisie, il y a accord avec le Front Populaire sur la nécessité de rétablir la démocratie pour bloquer le coup d’Etat rampant du parti Ennahda.
Le constat est partagé par le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, que nous avons eu la chance de rencontrer. L’UGTT, principale centrale syndicale du pays avec près d’1 million de membres, est l’une des quatre organisations nationales chargées d’organiser les négociations entre gouvernement et opposition. Notre entretien nous a permis de mesurer la responsabilité de cet homme et de son organisation dans l’avenir du pays. Il nous a fait part des compromis réalisés par l’opposition, et du fait que le gouvernement n’avait pas fait de pas important vers la résolution du blocage actuel : en effet le gouvernement Ennahda refuse de démissionner aujourd’hui, ce qui lui laisse le temps de raffermir son contrôle sur le pays et donc potentiellement de verrouiller les éventuelles élections futures. M. Abassi a insisté sur l’importance pour nous de défaire l’image de la Tunisie donnée par certains média français : pour lui, beaucoup de journalistes font croire que la situation de la Tunisie serait excellente, avec un gouvernement d’islamistes modérés respectueux de la démocratie, où chacun serait libre de défendre ses convictions ; « tant qu’il n’y a pas de chaos la Tunisie n’intéresse pas » nous a-t-il dit. Alors qu’il faut que tout le monde sache bien ce qui se passe ici, et que la démocratie coure un grave danger. Très concrètement, des milices islamistes dites de « protection de la révolution » commettent des exactions à travers le pays ; le local de l’UGTT a été saccagé par ces milices. Avec un visage grave, M. Abassi nous a affirmé que sa tâche était de garder son sang froid malgré tous les risques encourus, pour aider le peuple tunisien dans sa mobilisation, et n’a pas écarté l’hypothèse de grèves dans tout le pays pour faire pression sur le gouvernement.
Cette matinée très dense a terminé par un déjeuner fraternel avec nos camarades du Watad-PPDU, avec lesquels nous avons longuement échangé sur nos analyses respectives des situations françaises et tunisiennes et de l’intérêt à raffermir encore nos liens. Le Watad est en effet particulièrement intéressé par l’éco-socialisme et porte un projet de transformation sociale pour son pays. Aujourd’hui bien sûr l’urgence est à stopper la manœuvre d’Ennahda, mais sans pour autant oublier les fondements de la révolution tunisienne : la dignité humaine, la liberté, le travail, l’égalité, la justice
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Avant de nous rendre à la manifestation nous avons été reçus par une délégation des députés « retirés » de l’Assemblée Nationale Constituante au siège du Massar. Ces députés sont issus des différents partis du Front du Salut National et refusent de siéger à l’Assemblée tant que le gouvernement n’aura pas démissionné et qu’un agenda de rétablissement de la démocratie n’aura pas été acté. Eux aussi ont insisté sur le rôle que nous pouvions jouer dans le soutien internationaliste à la révolution tunisienne en témoignant en France de la situation du pays. « Il faut faire connaître le muselage des médias, la situation économique dramatique, les nominations par milliers » nous ont-ils dit, à l’appui de l’exemple d’un journaliste menacé de la peine capitale pour avoir appelé la population à ne pas payer ses factures d’eau et d’électricité.
Cet entretien terminé, nous nous sommes rendus à la grande manifestation de l’opposition. En rangs serrés avec nos camarades du Front Populaire et avec les quelques 100 000 citoyens présents, là où l’AFP n’en annonce que quelques milliers alors que son correspondant était invisible et d’ailleurs injoignable. Nous avons défilé jusqu’au Bardo dans une ambiance déterminée et chaleureuse où la volonté sans faille du peuple transparaissait à chaque slogan entonné. « Belaid, Brahmi, vivants, vivants ! Nous ne vous oublierons pas ! » / « Nahda voleur bourgeoisie compradore ! » / « Le peuple exige la démission du gouvernement ! » et bien entendu le slogan de la campagne « Dégage ! Dégage ! » soulignant qu’après le départ de Ben Ali, le processus révolutionnaire doit se poursuivre.
Au bout de la manifestation, un meeting de toute l’opposition s’est tenu, où les principaux représentants du Front du Salut National, ainsi que Mbarka Brahmi ont pris la parole pour encourager les Tunisiens a continuer le combat. Jean-Luc a ensuite pu exprimer notre solidarité, rappelant qu’en France il y a des camarades qui soutiennent le processus révolutionnaire et qu’avec nos centaines de milliers de citoyens franco-tunisiens, notre sort était imbriqué et qu’il était fondamental que nous marchions ensemble dans notre combat pour la liberté et la démocratie.
Sakina Faouzi
Tunis • Une délégation du PG en signe de solidarité avec la révolution tunisienne
Une délégation composée des deux co-présidents Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, Alain Billon, Sakina Faouzi, Laurent Maffeïs et Boris Bila est en Tunisie depuis hier pour affirmer la solidarité du Parti de Gauche avec la révolution tunisienne. C’est un moment de grands bouleversements que vit le pays. Pour la première fois depuis 1948, le mouvement ouvrier et le patronat sont en effet alliés de circonstance pour empêcher le gouvernement islamiste d’Ennahda de prendre le contrôle sur le pays et d’imposer un ordre autoritaire.
En un temps politique extrêmement court, ce sont deux des nôtres, élus du peuple, qui ont été assassinés pour leur engagement politique. En février dernier Chokri Belaid, représentant du Watad etait tombé sous les balles de tireurs anonymes. Il y a quarante jours, ce fut au tour de Mohamed Brahmi d’être assassiné devant chez lui. Brahmi était à la tête du Courant populaire, autre force faisant parti du Front populaire, rassemblement de plusieurs partis de la gauche révolutionnaire tunisienne. Cet homme à lui tout seul défiait l’idée qu’Ennahda veut imposer, selon laquelle ce serait eux ou la gauche anti-religieuse. En effet, il n’hésitait pas à assumer sa piété tout en se revendiquant clairement du socialisme.
Alors que l’Assemblée Nationale Constituante aurait dû achever son travail il y a prés d’un an, permettant ainsi au peuple tunisien de se doter d’une nouvelle Constitution et de choisir de nouveaux représentants au travers d’élections libres, le processus est enlisé et le gouvernement en profite pour attribuer à ses partisans nombre de postes stratégiques de l’appareil d’Etat. C’est cette situation qui a amené l’ensemble de l’opposition (gauche de transformation sociale et bourgeoisie libérale) à se rassembler au sein du Front du Salut National et à lancer la campagne « Dégage ».
Notre voyage de soutien à nos camarades a naturellement débuté par un moment de recueillement sur les tombes de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, dont la mort nous rappelle violemment le sens de l’engagement politique et les risques encourus dans des pays en plein processus de révolution. Leurs camarades, que nous avons plus tard rencontrés pour une réunion de travail nous ont appris que bien que la peine soit immense, la seule chose à faire était de continuer à combattre pour la démocratie, le progrès social et la liberté, en exigeant du gouvernement qu’il démissionne et laisse le soin de déterminer un agenda électoral à un gouvernement d’experts représentatifs de l’ensemble de la société.
Dans la maison de Mohamed Brahmi, où sa veuve nous a invités juste après l’inauguration d’une rue à son nom, son frère nous a longuement parlé de lui et de ses combats. Ce qu’il en ressort est l’intégrité de cet homme qui s’est toujours appliqué à défendre les principes auxquels il croyait comme lorsqu’il s’est mis en grève de la faim pour défendre les habitants d’un petit village dont le sort n’intéressait personne. Cette expression de la politique comme d’une lutte incessante au profit de ce qui est juste guide ses camarades, par exemple lorsqu’ils refusent à la fois toute ingérence étrangère dans les affaires du pays et le terrorisme, qui tue les leurs.
Cet état d’esprit a également animé la rencontre que nous avons eue avec les principaux représentants du Front populaire, dont Hamma Hammami, en quête de solutions politiques pour la révolution citoyenne en Tunisie. Loin de souhaiter une éradication du parti islamiste qui serait le mal en soi, ils analysent la situation présente comme une menace grave qui pèse sur l’ensemble du peuple, en raison du chômage en hausse, des prix qui augmentent, et du gouvernement qui s’applique à limiter les libertés et livrer les institutions du pays au parti Ennahda. Les acquis du processus révolutionnaire de 2011 sont très fragiles et c’est la démocratie elle-même qui est en péril. Le Front Populaire cherche donc à encourager un processus de révolution citoyenne, qui devra passer par de nouvelles élections, maintenant que le gouvernement islamiste a fait la preuve de son inefficacité à répondre aux principales revendications du peuple qui s’était soulevé contre le dictateur Ben Ali. Et pour nos camarades, cela passe par une alliance au sein du Front du Salut National, comparé par certains à ce qu’a pu être le Conseil National de la Résistance en France, qui grâce au rapport de force interne créé par les communistes, nous a permis de mettre en œuvre de très grandes avancées sociales dans notre pays.
Le peuple lui-même est moteur de cette révolution, comme le montre le formidable soulèvement pacifique de Siliana dont nous ont parlé les camarades du Front Populaire, où des milliers de personnes ont littéralement déserté leurs maisons, en disant au gouvernorat d’Ennahda « gouvernez les montagnes et les pierres, on vous les laisse ». Cette mobilisation a permis la nomination d’une femme de l’opposition à la place d’Ennahda, ce qui nous laisse penser que la mobilisation populaire et citoyenne porte les plus grands espoirs de changement.
Tunis, le 7 septembre 2013
Solidarité du Parti de Gauche avec la révolution tunisienne
Tunis, le 7 septembre 2013
Une délégation composée des deux co-présidents Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, Alain Billon, Sakina Faouzi, Laurent Maffeïs et Boris Bila est en Tunisie depuis hier pour affirmer la solidarité du Parti de Gauche avec la révolution tunisienne. C’est un moment de grands bouleversements que vit le pays. Pour la première fois depuis 1948, le mouvement ouvrier et le patronat sont en effet alliés de circonstance pour empêcher le gouvernement islamiste d’Ennahda de prendre le contrôle sur le pays et d’imposer un ordre autoritaire.
En un temps politique extrêmement court, ce sont deux des nôtres, élus du peuple, qui ont été assassinés pour leur engagement politique. En février dernier Chokri Belaid, représentant du Watad etait tombé sous les balles de tireurs anonymes. Il y a quarante jours, ce fut au tour de Mohamed Brahmi d’être assassiné devant chez lui. Brahmi était à la tête du Courant populaire, autre force faisant parti du Front populaire, rassemblement de plusieurs partis de la gauche révolutionnaire tunisienne. Cet homme à lui tout seul défiait l’idée qu’Ennahda veut imposer, selon laquelle ce serait eux ou la gauche anti-religieuse. En effet, il n’hésitait pas à assumer sa piété tout en se revendiquant clairement du socialisme.
Alors que l’Assemblée Nationale Constituante aurait dû achever son travail il y a prés d’un an, permettant ainsi au peuple tunisien de se doter d’une nouvelle Constitution et de choisir de nouveaux représentants au travers d’élections libres, le processus est enlisé et le gouvernement en profite pour attribuer à ses partisans nombre de postes stratégiques de l’appareil d’Etat. C’est cette situation qui a amené l’ensemble de l’opposition (gauche de transformation sociale et bourgeoisie libérale) à se rassembler au sein du Front du Salut National et à lancer la campagne « Dégage ».
Notre voyage de soutien à nos camarades a naturellement débuté par un moment de recueillement sur les tombes de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, dont la mort nous rappelle violemment le sens de l’engagement politique et les risques encourus dans des pays en plein processus de révolution. Leurs camarades, que nous avons plus tard rencontrés pour une réunion de travail nous ont appris que bien que la peine soit immense, la seule chose à faire était de continuer à combattre pour la démocratie, le progrès social et la liberté, en exigeant du gouvernement qu’il démissionne et laisse le soin de déterminer un agenda électoral à un gouvernement d’experts représentatifs de l’ensemble de la société.
Dans la maison de Mohamed Brahmi, où sa veuve nous a invités juste après l’inauguration d’une rue à son nom, son frère nous a longuement parlé de lui et de ses combats. Ce qu’il en ressort est l’intégrité de cet homme qui s’est toujours appliqué à défendre les principes auxquels il croyait comme lorsqu’il s’est mis en grève de la faim pour défendre les habitants d’un petit village dont le sort n’intéressait personne. Cette expression de la politique comme d’une lutte incessante au profit de ce qui est juste guide ses camarades, par exemple lorsqu’ils refusent à la fois toute ingérence étrangère dans les affaires du pays et le terrorisme, qui tue les leurs.
Cet état d’esprit a également animé la rencontre que nous avons eue avec les principaux représentants du Front populaire, dont Hamma Hammami, en quête de solutions politiques pour la révolution citoyenne en Tunisie. Loin de souhaiter une éradication du parti islamiste qui serait le mal en soi, ils analysent la situation présente comme une menace grave qui pèse sur l’ensemble du peuple, en raison du chômage en hausse, des prix qui augmentent, et du gouvernement qui s’applique à limiter les libertés et livrer les institutions du pays au parti Ennahda. Les acquis du processus révolutionnaire de 2011 sont très fragiles et c’est la démocratie elle-même qui est en péril. Le Front Populaire cherche donc à encourager un processus de révolution citoyenne, qui devra passer par de nouvelles élections, maintenant que le gouvernement islamiste a fait la preuve de son inefficacité à répondre aux principales revendications du peuple qui s’était soulevé contre le dictateur Ben Ali. Et pour nos camarades, cela passe par une alliance au sein du Front du Salut National, comparé par certains à ce qu’a pu être le Conseil National de la Résistance en France, qui grâce au rapport de force interne créé par les communistes, nous a permis de mettre en œuvre de très grandes avancées sociales dans notre pays.
Le peuple lui-même est moteur de cette révolution, comme le montre le formidable soulèvement pacifique de Siliana dont nous ont parlé les camarades du Front Populaire, où des milliers de personnes ont littéralement déserté leurs maisons, en disant au gouvernorat d’Ennahda « gouvernez les montagnes et les pierres, on vous les laisse ». Cette mobilisation a permis la nomination d’une femme de l’opposition à la place d’Ennahda, ce qui nous laisse penser que la mobilisation populaire et citoyenne porte les plus grands espoirs de changement.
Sakina Faouzi
Les voisins vigilants, ou comment promouvoir la délation
Le jeudi 12 septembre, l’émission Envoyé spécial traitera du programme des « voisins vigilants », renommé « participation citoyenne », qui fleurit un peu partout sur l’hexagone. Une occasion pour les militants du Parti de Gauche autour de notre co-secrétaire PG 11 Odile CAROL de dénoncer dans cette émission une politique de délation contraire aux principes républicains.
Inspirés des politiques anglo-saxonnes (« neighborough watch »), les « voisins vigilants » sont un programme initié par l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant et continué par l’actuel locataire de la place Beauvau, Manuel Valls. Dans une circulaire du 22 juin 2011, l’ex-bras droit de Nicolas Sarkozy invite les préfets à étendre cette politique : » Il s’agit de l’engagement des habitants d’une même aire géographique dans une démarche collective visant à accroitre le niveau de sécurité du secteur ».
C’est dans les communes rurales ou dans les zones pavillonnaires, où le taux de personnes âgées et de vote Front National sont élevés, que sont mis en place de telles pratiques. Sur les territoires de gendarmerie, les maires peuvent créer des réseaux de « voisins vigilants », qui comprennent des correspondants de rue et des coordinateurs. Ce sont souvent des personnes inactives en journées, des retraités, qui souhaitent « protéger » leurs voisins des cambriolages et violences en toutes sortes. Dès qu’ils suspectent un fait étrange – une voiture qui repasse plusieurs fois dans la même rue, des démarcheurs un peu trop insistants ou même se rendent compte de flagrants délits -, les correspondants de rue alertent les coordinateurs, qui eux-même appellent la gendarmerie. Un manuel proposé par la mairie PS de Villemoustaussou (Aude) indique les bons gestes : il faut connaître ses voisins, ne pas intervenir en cas de flagrants délits, signifier l’apparence des suspects (vêtements, couleur de peau, etc…) ou noter les plaques d’immatriculation des voitures. Les quartiers où existe un tel dispositif sont indiqués à leur entrée par un panneau : fond jaune, œil grand ouvert, terrifiant mélange de Loft Story et 1984 ! On vous regarde, on vous surveille, alors pas de comportements suspects !
Le Parti de Gauche s’oppose catégoriquement à une telle politique !
L’efficacité du programme reste à prouver : si le sentiment d’insécurité baisse, les gendarmes concèdent que rien n’indique une réduction des actes de délinquance et des cambriolages. Pire, ce programme est un réel aveu d’échec de la politique de sécurité de Sarkozy puis de Valls ! La réduction des effectifs de police et de gendarmerie est la cause réelle des « voisins vigilants » ! Au point que certains volontaires bénéficieront du statut, et l’expression est parlante, de « collaborateur occasionnel du service public » prévu dans la loi Loppsi de mars 2011 et recevront en conséquence des indemnités ! Des fonctionnaires délateurs quoi !
La circulaire Guéant et le manuel sont pétris de bon sentiments, d’appels à la solidarité, la fraternité, au combat contre l’individualisme. On appelle même ça la « participation citoyenne » ! Ou comment dire quelque chose en le nommant par son contraire… On se moque de nous ! Surveiller son voisin et être prêt dénoncer n’importe quelle personne qu’on juge suspecte, c’est cela la fraternité ! Nous avons une idée autrement différente de la solidarité ! Pourquoi ne pas inciter à devenir bénévoles d’associations culturelles, sociales, sportives ou caritatives ? Pourquoi ne pas éveiller le sens civique en appelant à se syndiquer, à militer dans des partis politiques ou des ONG ? Non ce n’est pas une politique de solidarité. C’est une politique qui exacerbe la peur de l’autre et le sentiment d’insécurité ! En faisant croire que chacun est en danger, on réveille les plus bas instincts, contraires à l’idée de communauté politique ! La suspicion n’est pas bonne pour le vivre-ensemble.
Mais le plus grave est que cette atmosphère de délation peut mener à la constitution de milices privées spontanées, incontrôlables, comme elles se développent déjà dans certains pays européens (Grèce, Russie). Et pour que la justice devienne vengeance et lynchage arbitraire, il n’y a qu’un pas ! Dans le Bas-Rhin, les préfets se sont heurtés à la réticence des habitants, qui se rappellent les sombres heures de notre histoire.
Vidéo-surveillance, armement lourd de la police qui n’a qu’une fonction d’intervention, voisins vigilants… autrement dit surveillance, répression, délation voilà la société qu’on nous prépare sous couvert de solidarité ! Ces thèmes et ces formules de l’extrême droite disloquent notre pacte républicain et social et génèrent la discorde dans la cité !
L’inquiétante résurgence des lois homophobes en Russie et dans l’Est de l’Europe
Le 30 juin dernier, le président russe Vladimir Poutine promulguait deux lois fédérales homophobes. La première loi fédérale interdit la «propagande des relations sexuelles non traditionnelles» auprès des mineurs (ce qui inclut de facto toute visibilité publique de l’homosexualité) sur le modèle de lois régionales similaires déjà adoptées (région de Riazan en 2006, Saint-Pétersbourg en 2011, suivis par d’autres parlements régionaux ensuite). La seconde loi fédérale interdit l’adoption d’enfants russes par des couples homosexuels ou des célibataires dans les pays ayant autorisé le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe. Ces lois fédérales complètent les interdictions systématiques des marches de visibilité LGBT (« gayprides ») ou les moindres manifestations revendicatives contre l’homophobie ou pour l’égalité des droits, à Moscou comme dans le reste des villes du pays. Elles ont donné pour ainsi dire un signal d’impunité pour les groupes extrémistes qui ont entrepris une vague d’agressions physiques homophobes particulièrement violentes, dans tout le pays. Les mobilisations des militants LGBT russes attaquées par des contremanifestants homophobes ne sont pas protégées par les forces de l’ordre. C’est un recul depuis la dépénalisation de l’homosexualité en Russie acquise en 1993.
Des responsables français de la droite et l’extrême-droite, animateurs de ladite « Manif pour tous » et du « Printemps français », qui se sont mobilisés ici pendant 7 mois contre l’égalité des droits et ont été médiatisés dans toute l’Europe, ont apporté publiquement, à Paris ou en visite à Moscou, leur soutien à la politique homophobe de la Russie qu’ils présentent comme un modèle de défense de la famille. Ces lois homophobes qui montrent le poids accru des valeurs religieuses familiales et de l’Eglise orthodoxe dans la politique russe (voir le procès des « Pussy Riot ») renvoient au contexte général des atteintes aux droits humains en Russie qui se sont amplifiés dernièrement avec des lois de criminalisation des ONG et une répression systématique contre des opposants au gouvernement Poutine-Medvedev, notamment contre les forces de gauche qui s’opposent aux réformes libérales et aux mesures antidémocratiques du gouvernement, comme le « Levyi Front » (le « Front de gauche » russe).
Plus globalement, les lois russes en question s’inscrivent dans un climat européen de résurgence de lois homophobes dans plusieurs pays, y compris au sein de l’Union européenne : en Lituanie, les parlementaires ont adopté une loi « contre la propagande homosexuelle » dès 2010. Fin 2012, l’Ukraine adoptait en dernière lecture une loi similaire. Dernièrement, emboîtant le pas à la Russie, la Moldavie adoptait également une telle loi nationale mi-juillet, après avoir laissé plusieurs municipalités prendre des dispositifs « anti-propagande » localement. Dans une résolution contre l’homophobie en Europe de mai 2012, le Parlement européen pointait des projets de textes municipaux de prohibition de la visibilité homosexuelle locale, également en Lettonie et en Hongrie. Dans le même temps, la Hongrie a constitutionalisé le caractère hétérosexuel du mariage et nous assistons à un mouvement analogue dans la très catholique Croatie, nouveau membre de l’UE. Du reste, les animateurs français des manifestations anti-égalité se sont employés durant l’été à nouer des contacts avec les forces réactionnaires de Croatie mais aussi en Slovénie, en Italie et en Bavière.
Les lois « contre la propagande homosexuelle » qui essaiment sur le continent européen, prétendent ne s’attaquer qu’à la visibilité publique de l’homosexualité, à la différence des lois de pénalisation pure et simple de l’homosexualité dans le cadre privé qui sévissent encore dans plus de 70 pays dont 7 qui la condamnent par la peine de mort. Par ailleurs, une dizaine des Etats les plus conservateurs des Etats-Unis maintient encore des lois anti-sodomie (ou « contre les crimes contre-nature »), pourtant déclarées anticonstitutionnelles par la Cour suprême en 2003. Nous ne pouvons toutefois pas admettre, au sein des pays européens membres du Conseil de l’Europe, de voir réapparaître des lois d’homophobie d’Etat et de laisser se construire « de l’Atlantique à l’Oural » une solidarité entre les forces réactionnaires autour d’une vision traditionnaliste et rétrograde de la famille, sur fond de recul de la laïcité.
Le Parti de Gauche soutient les manifestations contre les lois homophobes en Russie qui se tiennent en France, au mois de septembre (notamment le 8 septembre : Kiss-in devant l’Ambassade de Russie à Paris ; et le 13 septembre : rassemblement sur l’esplanade du Trocadéro à Paris et devant le Consulat de Russie à Marseille. Il appelle plus globalement à la mobilisation du gouvernement français et des instances de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe pour condamner de telles lois qui ressurgissent dans tout l’Est de l’Europe (dans et hors UE) sur fond de crise économique et d’austérité. Le gouvernement doit prévoir dans l’immédiat les dispositifs adéquats pour garantir l’asile et l’accueil des personnes LGBT qui quittent leur pays, de l’Est de l’Europe, pour motifs d’homophobie ou de transphobie.
Table ouverte pour le MEDEF chez Moscovici
La rentrée pour les ménages est en général synonyme de factures, impôts et charges diverses. Pour le patronat, cette rentrée 2013 est synonyme de cadeaux fiscaux, au delà même de ce qu’il pouvait imaginer. Ainsi, moins de 48 heures après l’annonce du plan gouvernemental sur les retraites, Pierre Moscovici ministre du budget, se présentant comme « ministre des entreprises » devant l’université du Medef, précisait « Le message des entreprises est entendu » et annonçait que la hausse des cotisations sociales patronales pour les retraites serait intégralement compensée par une baisse des cotisations famille dès 2014. Faibles applaudissements. Insuffisants pour les patrons qui réclament des baisses de 50 milliards de cotisations et de 50 milliards de fiscalité ! Il continuait en indiquant : « Le niveau des prélèvements obligatoires est-il bon pour l’économie et l’emploi ? La réponse est non. Le niveau des cotisations doit-il baisser ? Oui. » Tous ces nouveaux cadeaux s’ajoutent au fait que le CICE sera exclu du contrôle fiscal comme l’a aussi confirmé Moscovici en précisant dès fois que les patrons trouvent ce cadeau trop difficile à obtenir : « Il suffira de deux lignes à remplir pour pouvoir en bénéficier ». Les applaudissements nourris ont fini par éclater à l’écoute du dernier engagement « 57 % de dépense publique, ça ne va pas. Il faut réduire le poids des dépenses publiques, il faut le faire vite, il faut le faire fort ». Il paraît qu’à la sortie Gattaz avait du mal à cacher sa satisfaction et peut-être sa surprise qu’un ministre appartenant au PS ait entonné aussi facilement le discours sur la fiscalité excessive.
Et pour les travailleurs, les chômeurs et les retraités ? Que des hausses de cotisations, sans compensation, sans compter la hausse de la TVA à venir et l’inconnu de la nouvelle fiscalité écologique. Ce gouvernement préfère cajoler les patrons, promettre plus d’austérité au quotidien pour les français alors que déjà 20 % n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois et repousser de fait l’âge de départ en retraite. Il se vante d’une reprise de 0,5 % du PIB mais préfère oublier la poursuite de la hausse du chômage et encore plus du nombre de chômeurs non indemnisés (+1,7 % en juillet, seulement 45,5 % indemnisés par Pôle emploi). Lorsqu’un gouvernement a une politique plus favorable aux patrons qu’aux travailleurs, est-ce excessif de dire qu’il mène une politique de droite ?
Moscovici, sa famille, c’est le Medef
Il aura suffi d’une semaine pour que Pierre Moscovici reprenne aux familles ce que sur leur dos il avait promis au Medef.
Selon Les Echos, non démentis par le ministre délégué au budget, le gouvernement s’apprêterait à étendre aux étudiants les suppressions de réduction d’impôts jusque-là accordées aux familles ayant des enfants scolarisés. Déjà au début de l’été, le gouvernement avait supprimé celles bénéficiant aux familles ayant des enfants scolarisés dans le secondaire. Les rentrées scolaires et étudiantes n’ont pourtant jamais tant pesé sur les familles que cette année mais le gouvernement préfère servir le patronat.
Il y a une semaine jour pour jour, le ministre de l’économie et des finances se vautrait en effet devant le Medef et lui garantissait que la maigre contribution demandée aux entreprises au titre de la contre-réforme des retraites serait compensée intégralement par une diminution des cotisations patronales au titre de la politique familiale. Aujourd’hui, il fait ouvertement les poches des familles pour remplir celles du Medef.
La politique de l’offre qui conduit à gaver le Medef sur le dos du peuple, ça suffit ! N’en déplaise à Pierre Moscovici, l’impôt et les cotisations sociales sont là pour servir l’intérêt général, pas celui-de l’oligarchie. Pierre Moscovici ferait mieux d’engager une grande réforme fiscale et sociale redistributrice et de s’émanciper au plus vite de sa famille d’adoption, le Medef.
François Cocq : Secrétaire général du Parti de Gauche
Pour vaincre, il faut convaincre

La position de François Hollande sur la Syrie est un tournant pour notre pays et pour le monde. Je veux montrer ici ses implications avant qu’il ne soit trop tard et que la lorgnette médiatique, déjà focalisée sur les débats du Congrès des Etats-Unis, ne soit passée à un prochain épisode du drame qui se noue. Je ne prétends pas faire le tour de la guerre civile syrienne dans l’espace limité d’une note de blog. Mon unique objectif dans ce moment brûlant où l’histoire retient son souffle est de faire partager une conviction : Hollande se trompe lourdement dans sa volonté de nous impliquer dans des frappes « punitives » au côté des Etats-Unis. Je vais donc présenter un raisonnement et des arguments. Je sais par avance que cette façon de faire ne parlera qu’à ceux qui n’ont pas renoncé à penser sous les bombes et les images d’horreur qui circulent désormais de toutes parts. Je dis aux autres de ne pas oublier que lorsque notre armée intervient, c’est « la France » qui est en guerre. C’est pourquoi une décision aussi lourde ne devrait jamais être prise sans l’avis du peuple ni de ses représentants. Dire cela n’est pas seulement rappeler à la décence le monarque républicain qui prétend prendre seul une décision qui nous engage tous si fortement. C’est aussi nous rappeler à notre propre devoir de citoyen. Nous ne pouvons pas nous dispenser de l’effort personnel de démêler par nous-mêmes ce qu’il est bon de faire. C’est encore plus difficile quand pleuvent les injonctions robotiques : « comment osez-vous réfléchir quand l’heure est à agir ? » Mais on peut y arriver pour peu qu’on se réfère à des principes simples. Ramener une situation complexe à des principes simples est aussi le moyen par lequel le droit s’impose aux logiques de puissance.
A quel tournant assistons-nous ? Ce n’est pas l’atlantisme de Hollande. La gauche atlantiste a toujours existé. Ultra majoritaire dans la SFIO, elle est redevenue dominante au sein du PS dans les années 90. C’était déjà sous Hollande1. Dans le PS que j’ai quitté, les communiqués du secteur international étaient des pompettes des campagnes de la CIA dès qu’ils touchaient les deux zones jugées stratégiques par le régime états-unien, l’Amérique du Sud et la Russie. Ce qui est nouveau est qu’un président de la République français renonce pour la première fois officiellement au droit international.
Que dit Hollande ? Il explique que le Conseil de sécurité est bloqué par le veto russe et chinois, et que dès lors notre devoir est de constituer une coalition pour agir en dehors de l’ONU. Or le droit de veto est prévu par la charte de l’ONU. En l’exerçant, les gouvernements russes et les chinois ne violent pas la légalité internationale qui prévoit explicitement que le Conseil de Sécurité ne peut statuer sans leur accord. On peut le regretter et demander que le droit de veto soit supprimé. Mais si l’on me permet de paraphraser ce qu’a dit Manuel Valls à propos de la constitution de la Cinquième République pour refuser un vote parlementaire, le droit ne se change pas en fonction des circonstances. De plus, si la France devenait tout à coup hostile au droit de veto, ce serait une position tout à fait nouvelle et très lourde de conséquences puisque notre pays est l’un de ceux qui en bénéficient. Que dirions-nous demain si nous nous opposions à une résolution et que la Russie annonçait vouloir mettre en place une coalition pour contourner le « blocage » de la France ?
Renoncer au droit international est une option. C’est la position d’une bonne partie des dirigeants nord-américains qui estiment que l’ONU empêche les Etats-Unis d’agir en gendarme du monde. Ils lui préfèrent la formation autour d’eux d’une « coalition occidentale », justifiée, selon les périodes, par le choc des civilisations, le rassemblement des amis de la démocratie ou encore la lutte contre l’axe du mal. Mais cela n’a jamais été la position de la France.
Car renoncer au droit conduit à accepter le règne sans partage de la force. Hollande nous en apporte la démonstration. Le voici condamné à attendre la décision des Etats-Unis. Rien de ce qu’il propose ne peut se faire si les Etats-Unis ne l’ont pas décidé. Pourquoi ? Pour la raison que ce pays dépense la moitié du budget militaire de la planète. L’autre jour, pendant une pause publicitaire sur Europe 1, Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, reconnaissait que l’armée états-unienne était capable de dépenser en une journée les munitions dont dispose l’armée française pour toute la durée d’une loi de programmation budgétaire. Il semblait trouver cela très impressionnant. Même l’opération franco-britannique contre la Lybie a été conduite avec les munitions fournies et payées par les Etats-Unis d’Amérique.
La légitimité du Conseil de Sécurité de l’ONU est donc celle d’une convention internationale signée en 1945. On peut la juger faible ou surannée. Mais elle est mille fois plus solide et plus précieuse pour l’avenir que celle que confèrerait aux Etats-Unis d’Amérique la démesure de leur budget militaire.
Si ce sont les armes qui décident, il faut en effet s’attendre à ce que chacun s’équipe en conséquence. C’est pourquoi l’intervention hors cadre de l’ONU serait une escalade dans la guerre. Si les Iraniens constatent que la Syrie peut être attaquée malgré l’avis contraire du Conseil de sécurité, ils en déduiront que leur sécurité dépend uniquement de leur capacité à se doter de l’arme nucléaire. Et ils soutiendront en conséquence les secteurs les plus durs du régime des mollahs qui en ont fait une priorité. Les pays voisins voudront s’armer d’autant plus à leur tour. C’est déjà ce qui se passe dans la région. La Syrie a le droit de détenir des armes chimiques car elle n’a pas signé la convention de 1993 qui proscrit leur utilisation et exige leur destruction2. L’Egypte non plus. Tous deux l’ont refusée au nom du fait qu’Israël détient l’arme atomique. Du coup Israël n’a pas ratifié la convention de 1993 car il ne veut renoncer à aucune des armes qui pourraient être utilisées contre lui.
Une intervention en dehors de l’ONU ne contribuerait donc aucunement à dissuader à l’avenir tout pays d’utiliser des armes chimiques…
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Chômage : non à la politique de l’oxymore !
L’Insee vient de confirmer une nouvelle hausse du taux de chômage de + 0,1 point au second trimestre. Alors qu’un nouveau record du nombre de chômeurs est battu en France, alors que le nombre de chômeurs indemnisés ne cesse de diminuer, dans son communiqué le Ministre du Travail M. Sapin se félicite d’un ralentissement, de « progression plus modérée » et même pour finir d’une amélioration !
On se pince… La lutte contre le chômage et le précariat ne peut se satisfaire d’une politique de l’oxymore.
La logique de l’offre et l’austérité imposées par le gouvernement solferinien aggravent la crise sociale et environnementale. Ce dont ont besoin les Français c’est d’une politique de relance par la planification écologique.
S’ils ne savent pas comment faire, au gouvernement, un conseil : qu’ils viennent nous écouter a la Fête de l’Humanité…
Fralib • L’éléphant n’a pas dit son dernier mot
Mardi 3 septembre tous ceux qui soutiennent les salariés en lutte de Fralib recevaient un communiqué annonçant la fabrication de tilleul, dans l’usine, pour une vente géante de solidarité à la Fête de l’Humanité (voir ci-dessous).
Promesse tenue comme le montrent ces photos.
Photos Comité PG-Aix




