François Hollande ne doit pas recevoir Henry Kissinger!
Le Partie de Gauche tient à montrer son indignation alors que le président de la République, François Hollande, se prépare à recevoir cette après-midi, l’ancien secrétaire d’État étatsunien Henry Kissinger.
Le nom de celui qui fut un des hommes les plus influents de la politique étatsunienne durant les années 70’s, est associé aux pires violations des droits de l’homme et du droit international: les bombardements de populations civiles au Laos et au Cambodge, le coup d’État au Chili, la prolongation de la guerre du Vietnam, l’appui actif à la dictature militaire argentine et la complicité avec le Plan Condor en Amérique Latine.
Il avait d’ailleurs été convoqué le 8 mai 2001 par la police alors qu’il se trouvait sur le territoire français pour répondre devant le juge Roger Le Noire aux questions concernant sa responsabilité dans le montage de l’Opération Condor. Son témoignage était sollicité dans le cadre d’un procès pour la disparition de cinq citoyens français. Il avait préféré fuir. Des commissions rogatoires ont été aussi émises contre lui et présentées à New York par les Juges Garzón (Espagne) et Rodolfo Corral (Argentine) dans le cadre de la recherche de responsabilités dans l’opération Condor.
Le Parti de Gauche appelle François Hollande à ne pas se présenter aux côtés de ce funeste personnage. Ceci serait une insulte à la Patrie des Droits de l’Homme et à toutes et tous ceux qui pendant les années 70 ont agit dans la solidarité envers les peuples qui ont souffert des dictatures soutenues par la politique étrangère américaine, comme ce fut le cas au Chili et en Argentine. Ceci serait une insulte pour toutes et tous ceux qui ont lutté et luttent encore pour le respect d’un droit international respectueux de la souveraineté populaire et de la justice sociale, si souvent bafoués sous la houlette de Henry Kissinger.
Eduardo Meneses, Responsable Amérique latine
Martine Billard, Co-présidente
Le jour ou JM Ayrault a définitivement perdu la confiance des travailleurs ?
Le premier gouvernement de l’ère Hollande devait marquer la rupture avec la désindustrialisation de la France organisée depuis des décennies. Plus rien ne serait comme avant avec le nouveau ministère « du redressement productif » et le ministre à sa tête, Arnaud Montebourg, pourfendeur des patrons voyous. L’illusion n’aura duré que peu de mois. Le candidat François Hollande avait promis que « quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production, elle soit obligée de la céder à un repreneur afin qu’elle ne soit pas démantelée ». « Je ne veux pas me retrouver dans la situation d’être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue ». Aujourd’hui, les travailleurs se rendent compte qu’après Gandrange qui ne devait pas fermer sous Sarkozy, Florange va s’arrêter sous Hollande. Après avoir posé une stèle en 2009 à l’entrée de l’usine ArcelorMittal de Gandrange rappelant les promesses « non tenues » de Nicolas Sarkozy, la CFDT va devoir maintenant en ériger une à l’entrée de l’usine de Florange « Ici reposent les promesses de François Hollande faites le 24 février 2012 ».
Les syndicats étaient méfiants et ils avaient raison. La publication de l’accord par le journal Le Monde a démontré l’interprétation mensongère donnée par le premier ministre. On découvre ainsi que les soi-disant investissements de 180 millions d’euros consentis par Mittal se réduisent en fait à 53 millions d’euros, le reste relevant de la maintenance de toute façon nécessaire pour maintenir l’outil industriel. Bien loin des 600 millions estimés nécessaires. On apprend que ArcelorMittal ne croit pas vraiment au projet européen Ulcos, programme de recherche sur la captation du CO2. En l’état, c’est bien l’arrêt des hauts-fourneaux qui est prévu avec 759 suppressions de postes qui vont avec et à terme de fait des licenciements pour les salariés qui ne seront pas reclassés ainsi que pour les intérimaires et les salariés des entreprises sous-traitantes qui risquent de mettre la clé sous la porte. En refusant la nationalisation, ce gouvernement vient de démontrer, une nouvelle fois, qu’il n’était pas question pour lui de s’opposer au Medef qui avait évidemment immédiatement hurlé. « Ébranler le principe du droit de propriété, c’est très grave » avait dit Madame Parisot. Mais fouler aux pieds le droit à l’emploi, le droit d’un pays à maîtriser son approvisionnement en acier, ne gêne visiblement pas la patronne du Medef du moment que perdurent les intérêts des patrons. Malgré un accord en trompe-l’œil, Jean-Marc Ayrault a annoncé qu’il était hors de question de revenir sur ce qu’il a osé appeler un compromis. C’est un compromis pourri ! Sous ce gouvernement, la loi continue à protéger les patrons au lieu de protéger les travailleurs.
Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche
Egypte • Du projet de constitution réactionnaire et libérale à la mobilisation du peuple.

Le président égyptien Mohammed Morsi élu le 17 juin dernier a annoncé un référendum le 15 décembre sur un projet de constitution rédigé à marche forcée. Celui-ci intervient juste après le décret-surprise du 22 novembre, qui a octroyé au président des pouvoirs exorbitants.
Le projet de la nouvelle constitution entérine la fin de l’État social égyptien et la soumission aux diktats du FMI, dans la lignée des politiques de l’ancien régime de Moubarak. L’ensemble des articles concernant les libertés individuelles, les droits de la femme et de l’enfant sont en recul par rapport à ceux de la constitution de 1971.
Ce résultat n’est évidemment pas surprenant de la part d’une assemblée constituante totalement dominée par les salafistes et les Frères musulmans, et qui a rejeté tout compromis avec l’opposition, toutes tendances confondues. Pourtant, le premier tour des élections présidentielles, bien qu’entaché de graves fraudes, avait démontré l’ancrage populaire et la force de la gauche égyptienne, et particulièrement celle du candidat nassérien Hamdeen Sabbahi.
Le président Morsi a voulu faire de ce référendum un plébiscite, pour mettre fin aux revendications légitimes portées par les mouvements sociaux. Mais c’était compter sans la mobilisation populaire exceptionnelle qui a eu lieu dans l’ensemble du pays et dans la capitale, lançant une immense marche en direction du palais présidentiel d’Héliopolis pour exiger l’annulation du décret présidentiel du 22 novembre, et le retrait du dernier projet de constitution.
La décision des organisations islamistes, notamment des Frères musulmans, de briser cette mobilisation populaire par la force et la violence, qui s’est manifestée dans les sanglants affrontements de la nuit de mercredi à jeudi dernier, faisant au moins huit morts et plus de 700 blessés, révèle une fois de plus leur caractère fondamentalement réactionnaire et antisocial, et fait courir à l’Égypte un véritable danger de guerre civile. Le discours du président Morsi jeudi soir appelant l’opposition au dialogue, sans rien céder quant au décret et au référendum sur la constitution, n’a rien apporté de nouveau : l’épreuve de force avec l’opposition apparaît toujours engagée.
Le Parti de Gauche condamne fermement la violence déchaînée par les groupes d’assaut islamistes contre des manifestations pacifiques, et apporte son plein soutien au peuple égyptien et aux organisations progressistes et démocratiques du Front du Salut mobilisés pour l’annulation du décret du 22 novembre, le retrait du dernier projet de Constitution, et au-delà, pour la réalisation des objectifs de la Révolution du 25 janvier 2011, fondés sur la liberté, la dignité et la justice sociale.
Grèce • 4 ans après la mort d’Alexis Grigoropoulos, halte à la répression policière !
Il y a quatre ans, le samedi 6 décembre 2008, un policier assassinait Alexis Grigoropoulos, 15 ans, dans une rue d’Exarcheia à Athènes. Ce meurtre d’un adolescent qui n’avait rien commis justifiant une intervention policière s’expliquait déjà par le sentiment d’impunité dont jouit la police dans ce pays.
Il fut le point de départ de plusieurs jours d’émeutes jusqu’en janvier 2013.
Depuis lors, Syriza et de nombreux citoyens manifestent tous les ans en cette date anniversaire pour revendiquer la liberté d’expression et dénoncer la répression contre les manifestants.
Aujourd’hui, quatre ans plus tard, la Grèce est plus que jamais soumise à une police omniprésente et lourdement armée. La violence des policiers est telle qu’il est aujourd’hui impensable pour les parlementaires de Syriza de ne pas se rendre dans toutes les manifestations possibles afin de s’interposer physiquement et faire bouclier face aux forces de l’ordre et éviter ainsi les coups aux militants.
Les lois, ou plutôt les décrets présidentiels validés sans l’aval du Parlement se multiplient. Les policiers ont désormais le droit de procéder à des arrestations dans un rayon de 1 à 3 km des lieux des manifestations au simple prétexte qu’un citoyen porte une capuche. La délation anonyme est devenue un droit comme aux pires heures de la dictature.
Pire, la police est désormais secondée dans ses basses œuvres par les membres du parti néonazi Aube Dorée. Les tortures de militants antifascistes se multiplient d’ailleurs.
Pourtant, le peuple grec ne baisse pas les bras. « Gloire et honneur à ceux qui se sont donnés pour tâche de garder des Thermopyles. »
Le Parti de Gauche salue la mémoire d’Alexis Grigoropoulos et témoigne son soutien aux militants de Syriza et à tous les citoyens grecs qui continuent de lutter avec courage contre la barbarie néolibérale, la répression policière et le fascisme, pour la liberté, la justice, et l’égalité.
Le Parti de Gauche dénonce la dérive liberticide des gouvernements grecs et espagnols qui rappellent les pages les plus sombres de l’Histoire de ces deux pays. Il dénonce tout particulièrement la grâce octroyée aujourd’hui par le gouvernement Rajoy à 4 policiers catalans auteurs de tortures sur un immigrant roumain, prenant à contre-pied l’avis du parquet.
Front de Gauche Paris • Bataille budgétaire au conseil de Paris
Non à l’accompagnement parisien de l’austérité programmée par le gouvernement !
A l’approche du débat sur le budget au Conseil de Paris, les élu-e-s communistes et du Parti de Gauche et le Front de Gauche s’organisent et s’engagent dans la bataille.
Pas simple, il faut décortiquer des tonnes de documents pas toujours bien lisibles, qui arrivent tous en très peu de temps : analyser, échanger, tout cela nous prend un temps de fou !
C’est que le débat est essentiel. Cette année, le budget ne peut être abordé uniquement par comparaison avec le précédent. En effet, on a changé de majorité nationalement ! Alors, ce que nous étions réduit à gérer les années passées dans un cadre contraint, avec la droite au pouvoir, va-t-il enfin changer depuis qu’on a viré Sarkozy ?
Et c’est là que le bas blesse…
Comme vous le savez, le gouvernement nous impose un budget d’austérité dans la droite ligne du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance et de l’adoption de la règle d’or (qui imposent la baisse des dépenses et le fameux équilibre budgétaire). Ce budget ne se limite pas qu’à des coupes dans les différents ministères (déjà inacceptables et contre productifs !), il impose de fait aux collectivités d’appliquer à leur tour l’austérité.
Pas de remboursement des dettes de l’Etat
Résultat, pour commencer il ne prévoit pas de rembourser toutes les dettes de l’Etat aux collectivités, cumulées du fait des transferts de compétences sans transfert de moyens.
En décembre 2011, le Maire de Paris estimait le montant de la dette de l’Etat vis-à-vis de la collectivité parisienne à 1,3 milliards d’euros pour la seule action sociale dont 218 millions d’euros au titre du R.M.I. et R.S.A., 173 millions d’euros pour l’aide sociale à l’enfance et 965 millions d’euros pour l’allocation personnalisée d’autonomie. Mais voilà, Delanoë ne veut plus réclamer la dette de l’Etat, prétextant qu’il n’a pas à demander à Hollande de payer les dettes de Sarkozy !!! Mais il y a une continuité de l’Etat ! Quelle position politicienne de ne plus la revendiquer !
Gel et baisse des dotations de l’Etat
Ensuite, le gouvernement persiste en gelant les dotations pour 2013, ce qui se traduit par des baisses ( à cause de l’inflation, et de l’augmentation des dépenses sociales des départements consécutives à la crise : RSA, ASE, AAH non compensés..). Et il signe en prévoyant leur baisse pour l’année suivante !
Péréquation de l’austérité
Face aux inégalités de territoire, il aurait pu choisir d’augmenter la péréquation verticale : donner plus de dotations de l’Etat aux collectivités qui en ont le plus besoin du fait de leur faibles recettes et de leurs besoins sociaux conséquents. Et bien non ! il choisit d’organiser une péréquation horizontale : il prend aux collectivités considérées comme riches pour les donner aux collectivités considérées comme pauvres. Mais les critères sont tellement injustes que Neuilly et Nanterre vont contribuer aux solidarités de la même manière ! Bref, il fait une péréquation de l’austérité…
Concrètement, à Paris, ce gel puis baisse des dotations de l’Etat amène la mairie de Paris à poursuivre le cadre contraint des années précédentes. Dorénavant, le changement c’est comme auparavant…
Les dépenses sociales types RSA, ASE, AAH sont obligatoires et on ne peut pas les réduire (et heureusement !!!). Résultat la ville demande à chaque direction de réduire la voilure. Cette année « on s’en sort » si on peut dire. Les nouveaux équipements qui ouvrent auront leur personnel grâce au recours aux redéploiements (suppression de postes ici et là compensant les créations d’emploi). Mais à quel prix ? Forcément les conditions de travail des personnels se dégradent et c’est la qualité du service public rendu aux parisiennes et aux parisiens qui en fait les frais. Le pire étant à venir, quand l’an prochain les baisses de l’Etat seront plus conséquentes… Les personnels de la Ville de paris vont devenir la variable d’ajustement des politiques budgétaires d’accompagnement de l’austérité.
Lire la suite sur le blog de Danielle Simonnet
Meeting de soutien à Pascale Le Neouannic
Législative partielle 92-13: meeting du 23… par lepartidegauche
La fin de la croissance (écosocialisme n°3)
Ecosocialisme 3 : Cédric Durand par lepartidegauche
#NoTAV • Quand la résistance se conjugue en deux langues
Voila déjà 22 ans que la population du Val de Suse se bat contre ce projet de Ligne à Grande Vitesse Lyon-Turin. Lancé en 1991, lors d’un sommet franco-italien et confirmé en 1996 par la décision instituant le réseau transeuropéen de transport, ce projet a pour horizon 2025.
L’idée était de créer une ligne de train à grande vitesse principalement destinée au transport de marchandises. Le projet supposait de creuser un tunnel. Son tracé a été maintes fois redessiné. Sa version actuelle est longue de 57 km (soit un tunnel plus long encore que le tunnel sous la Manche qui mesure 50,5 kilomètres). Il passera sous le Mont-Cenis, entre la Savoie et le Val de Suse. Selon ses concepteurs, ce projet devrait permettre de réduire d’un million par an le nombre de camions circulant dans les tunnels du Fréjus, du Mont-Blanc et de Vintimille et de raccourcir le trajet Paris-Milan à 4 heures contre 7 actuellement. La ligne, prévue pour entrer en service à l’horizon 2025, doit diminuer de moitié le trajet Lyon-Turin qui se fera en moins de 2 heures. Elle mettra Paris à un peu plus de 4 heures de Milan contre 7 actuellement.La ligne, prévue pour entrer en service à l’horizon 2025, doit diminuer de moitié le trajet Lyon-Turin qui se fera en moins de 2 heures. Elle mettra Paris à un peu plus de 4 heures de Milan contre 7 actuellement.
Si la population du Val de Suse résiste autant à ce projet c’est qu’elle n’en est pas à son premier tunnel. La Vallée a subi plus de 40 ans de grands travaux. Elle abrite déjà la ligne ferroviaire de Fréjus (1984) dont les travaux de rénovation se sont terminés fin 2010 pour permettra à des containers plus grands (4,05 mètres) de passer sous le tunnel. Elle abrite aussi l’autoroute de Fréjus (1994).
Les grands travaux et la mise en place de ces infrastructures ont eu un coup environnemental conséquent pour la Vallée qui abrite de nombreuse terres agricoles et une faune particulièrement riche et de grands lacs mis en danger.
Car les excavations des grands travaux précédents ont déjà fait disparaître une cinquantaine des sources d’eau souterraines que la montagne abrite. La perte de plusieurs sources internes du Mont Cenis et de l’Ambin aurait au passage des répercussions sur lac français du Mont Cenis et sa centrale hydroélectrique.
Outre les risques sur l’alimentation en eau, les travaux mettent aussi en danger la santé des habitants. En 2006, 103 médecins du Val de Suse ont d’ailleurs lancé un appel pour alerter les pouvoirs publics sur le sujet. En 2011, suite à la relance du projet, un nouvel appel a été lancé qui a recueilli les signatures entre 312 praticiens, chirurgiens, infirmières et pharmacien. En effet, les massifs montagneux sont riches en uranium et en amiante. Le creusement du tunnel et la dispersion des particules dans l’air mettent en danger toute la population.
Et au-delà de ça, restent les inacceptables expropriations-expulsions des habitants et agriculteurs du Val se Suse qui se succèdent depuis Mars 2012 et contre lesquelles les membres du mouvement « No TAV », renforcé par les militants de Rifondazione Comunista, les syndicats, les anarchistes et les écologistes, résiste tant bien que mal, résistent, quitte à mettre leur vie en danger ((http://fr.euronews.com/2012/02/27/italie-coma-dun-opposant-au-tgv-lyon-turin-electrocute-sur-un-pylone-) pour garder les « presidi » (ZAD en français, pour « zone à défendre »)
Si le projet était contestable à l’époque, il l’est encore plus aujourd’hui.
Il l’est d’autant plus que l’accord signé en Janvier 2001 par les gouvernements français et italien prévoyait (article 1) que la ligne ne verrait le jour que si les services existant arrivaient à saturation
Or c’est loin d’être le cas. De fait, l’utilisation de la ligne ferroviaire existante décline régulièrement depuis le début des années 2000. Ces dernières années, on estime qu’elle n’est utilisée qu’à un quart de ses capacités! Et n’allez pas croire que ce soit au profit de l’autoroute. Celle-ci aussi voit la fréquentation des camions de marchandises diminuer. Elle a baissé de 12% entre 2005 et 2008 et continue de baisser à rythme constant.
Cela n’empêche pas le gouvernement de Monti d’expliquer que «Le TGV Lyon-Turin permettra de soulager la vallée d’un lourd transport sur route fortement polluant». Tous les prétextes sont d’ailleurs bons pour faire croire que le fret ferroviaire doublerait avec cette nouvelle ligne. On se voit ainsi expliquer que le nouveau tunnel, plus haut, permettra de faire passer des containers plus grands. Mais c’est faire fi du fait que les capacités de la ligne ferroviaire actuelle ont été mises au gabarit et sont suffisantes pour absorber ce trafic. L’argument selon lequel le nouveau tunnel permettrait de faire passer des conteneurs de 4,20 mètres au lieu de 4,05 mètres a une portée limitée : on estime que l’effort ne permettrait une hausse du report modal que de 3% à peine.
Aux risques pour l’environnement et la santé, aux expropriations et au manque de justifications techniques s’ajoute un coût prohibitif pour les pouvoirs publics difficilement explicable en cette période d’austérité budgétaire. En effet, le coût total du chantier est évalué à plus de 26 milliards d’euros (dont seul 40% du cout de base, estimé à 8,5 milliards d’euros, sera financé par l’UE)! Sans parler des contours flous des plans de de financement qui laissent largement planer le doute sur les bénéfices que pourraient en tirer les mafias qui ont trop souvent la mainmise sur le BTP côté italien.
Côté français, la Cour des Comptes a confirmé le 5 novembre 2012 la baisse de trafic entre la France et l’Italie, la sous-évaluation du budget de base, l’absence de maîtrise des coûts, la sous-utilisation de la ligne existante et le fait que la saturation de la ligne existante, condition de l’accord franco-italien de 2001 n’était pas acquise. Elle a aussi dénoncé le fait que « le pilotage de cette opération ne réponde pas aux exigences de rigueur nécessaires (…) rendant difficile les financements publics » Elle a par ailleurs insisté sur la « faible rentabilité socio-économique » du projet et a même recommandé de ne pas « fermer la porte à l’amélioration de la ligne existante » qui a été écartée sans justification.
L’argument socio- économique objecté par la Cour des Comptes française mérite qu’on s’y intéresse de très près. Car l’argument de l’emploi est souvent avancé par les promoteurs du projet. Car les 10 000 emplois promis de part et d’autre des Alpes doivent être revus à la baisse au vu de l’expérience acquise mais en plus la plupart de ces emplois ne seront pas pérennes. Quant au développement que cela suppose pour la région, il est particulièrement discutable. Est-ce l’intérêt des citoyens français et italiens que d’habiter une zone de passage ? Pourquoi privilégier une ligne de ce type alors que la plupart des habitants demandent plus de transports publics accessibles pour leurs trajets quotidiens et qui seraient utiles aux touristes et créeraient plus d’emplois durables ?
Autant de raisons que les dirigeants européens refusent d’entendre. Côté italien, les travaux ont déjà . Une galerie de reconnaissance de 7,5 km a été creusée. Côté français on en compte déjà trois dans lesquelles 800 millions d’euros ont été investis.
Une répression inadmissible de part et d’autre des Alpes.
Dans le Val de Suse les manifestations et occupations sont violemment réprimées notamment depuis le mois de Février 2012. La manifestation monstre (70 000 personnes marchant de Bussolin à Suse) a subi les charges violentes des carabinieri. Avec le début des expropriations
début Mars 2012, le Val de Suse ressemble de plus en plus à une zone militarisée. La police est partout : obligation de laissez-passer pour accéder aux terrains agricoles, contrôles incessant, sans parler des barbelés qui font désormais partie du paysage. Les démantèlements des « presidi » (ZAD) sont de plus en plus violents et les arrestations nombreuses.
Côté français la liberté d’expression n’est pas plus respectée que dans l’Italie de Monti. Les bus de militants No TAV italiens venus le 1er Décembre dernier participer à l’avant sommet franco-italien du 3 Décembre se sont vu interdire le passage de la frontière.
Le 3 Décembre, le millier de manifestants italiens et français notamment qui étaient parvenus à Lyon pour le rassemblement Place Brotteaux contre le projet découvrent la liberté d’expression version Hollande. Après mains barrages policiers sur leur route, les italiens n’ont pu arriver qu’à 15H30 à un rassemblement prévu à 12H. A leur arrivée, la place était quadrillée par un impressionnant dispositif de CRS qui empêchaient toute circulation des militants depuis le matin. Aucune négociation, malgré les demandes réitérées notamment de militants du Parti de Gauche, n’a été possible. A 18H, impossible de repartir : les CRS ont voulu contrôler tout le monde. Les militants ont été frappés à la matraque et la place enfumée de gaz lacrymogènes que les militants puissent en sortir. Une méthode qui rappelle le dispositif mis en place le 21 Octobre 2010 dans la même ville sous les ordres d’un autre gouvernement comme le dénonce le collectif du 21 Octobre (http://www.collectif21octobre.fr/news/breve.php?val=49_on+change+gouvernement+pas+methode) . Les militants non lyonnais ont même été poursuivis jusque dans les bus à l’intérieur desquels les CRS lancent des gazs lacrimogènes !
François Hollande et Mario Monti, sourds aux revendications comme à l’accoutumée.
L’étouffement de la manifestation a été efficace. La presse ne s’est fait l’écho que de la rencontre entre de président du conseil de fait, Mario Monti, et François Hollande. Tous deux ont validé la signature de l’accord intitulé «déclaration commune relative au tunnel Lyon-Turin» convenue par leurs ministres des Transports. Cet accord valide le projet de LGV sur la base du budget initialement prévu et largement sous-estimé de 8,5 milliards d’euros et convient de la répartition suivante des dépenses: 2,9 milliards d’euros pour l’Italie, 2,2 milliards pour la France, le reste (40%) étant en principe apporté par le budget européen. Rien n’est dit des 18 milliards restants, évidemment.
Le Parti de la Refondation Communiste (PRC) et le Parti de Gauche (PG) condamnent la criminalisation de l’opposition au projet, les entraves à l’expression des citoyens italiens et français opposés au projet et la répression dont ils ont été victimes.
Le PRC demande l’abandon total et immédiat du projet.
Le Parti de Gauche demande a minima un moratoire permettant la réévaluation du projet par des cabinets indépendants de la maîtrise d’ouvrage et aux citoyens. Il soumet aussi et surtout au débat les propositions alternatives suivantes :
– financement alternatif de l’autoroute maritime méditerranéen avec des bateaux de transport issus des chantiers navals français et la valorisation des infrastructures portuaires : le report sur autoroute maritime des poids lourds circulant sur la côte méditerranéenne réduirait le trafic de 700.000 camions au passage de Vintimille pour un coût 50 fois inférieur au projet Lyon-Turin
– financement alternatif de l’autoroute ferroviaire Nord-Sud : sillons Espagne-Belgique, Espagne-Allemagne-Suisse de traversée de la France via Lyon avec la rénovation de ces sillons – dont le sillon Lyon-Turin – pour leur permettre la montée en charge.
– taxation du tonnage à vide à partir de 16 T puis progressivement jusqu’à 18 T pour accompagner la montée en charge des sillons de ferroutage Nord-Sud.
Colomb, l’anti canut de la République
Jeudi 6 décembre, Gérard Colomb, maire PS de Lyon, Président de la communauté urbaine et sénateur (n’en jetez plus !) était l’invité de France-Inter. L’occasion pour lui de défendre le projet métropolitain du Grand Lyon qui vise à avaler une partie du département du Rhône pour en faire, selon la formule du journaliste Patrick Cohen, un « hyper-Lyon ». Comme on construirait un hyper marché en somme.
Car le projet est bien celui-là et Gérard Colomb ne s’en défend même pas. Pire, il le revendique : « La question n’est pas aujourd’hui de regarder comment Lyon se situe par rapport aux autres villes françaises, mis à part l’Ile-de-France, on est très largement en tête […] .Au niveau de la France, on a fait la différence. Mais notre problème, c’est de passer du championnat de France à la Champion’s League, de se comparer à Barcelone, Munich ou Manchester ».
Craignant sans doute que sa métaphore footbalistique faisant l’éloge de la mise en concurrence entre les territoires ne soit pas suffisamment claire, il s’est cru tenu de préciser : « Aujourd’hui, il y a une espèce de compétition qui existe entre les entreprises mais qui existe aussi pour les grandes agglomérations ».
Voilà ce que recèle finalement le projet du Grand Lyon qui n’est jamais que l’une des déclinaisons de la future organisation territoriale que la Ministre Marylise Lebranchu présentera début 2013 après l’avoir déjà largement révélée. A la République une et indivisible seront substitués des territoires mis en concurrence sur les seules bases de l’attractivité économique. La logique de « compétitivité » pour les entreprises si chère à François Hollande et Jean-Marc Ayrault trouve sa déclinaison à l’échelle des territoires. Gérard Colomb ne sera plus le maire d’une métropole, il sera le PDG d’un groupe en compétition à l’international, le futur Lakshmi Mittal du Rhône.
Comme toujours, l’austérité a bon dos. C’est une fois encore en son nom qu’est tiré par le lyonnais Colomb le fil qui détisse la République. L’austérité gouvernementale est tout à la fois dogme et outil. Ainsi, à la question de Patrick Cohen « Est-ce que cela permettra de faire des économies ? », la réponse de Gérard Colomb est un cri du cœur « Oui, c’est l’essentiel si je puis dire ». Mais que ce soit dans les collectivités locales ou dans le pays, ceux qui financent l’austérité, c’est le peuple. Car lorsque le journaliste demande de préciser si « Pour les habitants, les taux de fiscalité seront baissés ou ils seront maintenus ? », Colomb est bien forcé d’admettre, penaud, sans oser finir sa phrase : « Non, non, vous savez, vu qu’on perd un certain nombre de recettes… ».
Il est jusqu’à la méthode qui est une atteinte directe à l’égalité républicaine. Le grand projet cher à François Hollande d’adapter la loi aux territoires tient là sa première déclinaison concrète : pour réaliser le Grand Lyon, il fallait scinder le département du Rhône en deux pour en rattacher une partie au projet métropolitain et laisser un bout croupion qui devra se débattre avec ce qu’il lui restera de moyens. Qu’à cela ne tienne. Le socialiste Gérard Colomb et le centriste Michel Mercier, président du département du Rhône, se sont entendus pour demander à Marylise Lebranchu une loi spéciale qui permettrait la scission. La Ministre a sauté sur l’occasion d’autant qu’elle revendique depuis des semaines de telles adaptations de loi en fonction des territoires. La fin programmée des départements est en marche. En l’espèce, il y aura grâce à la République à la carte de Hollande et Lebranchu des rhodaniens de première et de seconde zone, les serfs rattachés au château et les autres. Pathétique et vulgaire.
Avec le Grand Lyon, prémisse de ce qui se passera demain à Marseille, à Lille ou ailleurs, c’est à une métropolisation des rapports humains à laquelle nous assistons. La République n’est plus pensée en fonction des lieux de vies, des rapports sociaux, du pacte républicain qui lie chaque citoyen à la communauté humaine qui l’entoure en s’engageant de la sorte vis à vis de lui-même. Quand la République n’est plus Une, quand elle n’est plus indivisible, elle ne constitue plus un projet politique. Elle devient une coquille vide au service des marchés et des baronnies locales. C’est l’ancien régime qui rejoint les rapaces de la finance.
Pillage d’EADS par la finance • Que fait François Hollande ?
L’accord sur la « gouvernance » d’EADS est une nouvelle agression des financiers contre l’industrie.
L’accord prévoit que 70% du capital sera désormais flottant, abandonné au vent des marchés financiers. Et que le poids des Etats, dont la France, sera réduit au sein du Conseil d’administration. C’est toute la politique industrielle d’aéronautique et de défense qui est ainsi compromise. C’est un recul dangereux de la souveraineté et de l’indépendance nationale.
Le grand gagnant est l’oligarque parasite Arnaud Lagardère qui quitte le navire. L’accord prévoit qu’EADS va gaspiller plus de 3 milliards d’euros pour racheter ses propres actions. Arnaud Lagardère empochera à lui seul 1,2 milliards d’euros !
Cet accord est inadmissible. Comment le gouvernement peut-il cautionner un pillage et un gaspillage aussi honteux ? Comme à Florange, le gouvernement humilie la France devant les financiers.



