Notre-Dame-des-Landes – Colère, Résistance et Solidarité
Samedi 20 octobre, à partir de 11 heures, 1500 manifestants ont défilé dans les rues de Nantes , derrière 7 tracteurs et devant un dispositif policier impressionnant. Dans l’unité, habitants de la ZAD, membres de l’ACIPA et de la coordination, citoyens ont crié leur colère, affirmé leur volonté de résistance et leur solidarité avec les habitants de la ZAD.
Partis de la Préfecture, passant devant la Mairie, ils sont allés jusqu’au square Daviais où eut lieu la grève de la faim au printemps dernier. Le Parti de Gauche qui depuis sa création réaffirme son opposition au projet d’aéroport, a pris toute sa place parmi les manifestants.
Colère face aux destructions, aux expulsions, à un gouvernement et son premier ministre aveugles devant l’ampleur de la crise écologique et sociale. Celle-ci exige d’autres orientations que leur appui politique et financier à Vinci, la destruction du bocage, de zones humides, de terres nourricières ou un développement du transport aérien.
Résistance et solidarité aux habitants expulsés qui voient leurs habitations détruites à la veille de la trêve hivernale, leurs cultures saccagées, victimes d’un pouvoir qui multiplie les gâchis financier, social et environnemental… au moment où sous couvert de dette souveraine à rembourser il organise l’austérité.

Une journée bien remplie
C’est d’ailleurs cette opposition à l’austérité et au pacte budgétaire européen économiquement absurde et socialement insupportable que rappelait le rassemblement unitaire organisé à 14h30 à l’appel d’associations, syndicats et partis politiques.
C’est aussi ce qu’exprimaient les 450 participants à la manifestation organisée à 15h30 par le collectif « Un toit pour toutes et tous » en soutien à l’occupation du « Lieu Unique » par des sans-abris, pour exiger l’application du droit au logement, l’accueil inconditionnel de toute personne sans abri, française ou étrangère. La présence de l’ACIPA faisait le lien avec la manifestation du matin.
Partout flottaient les drapeaux du Parti de Gauche !
Projets décentralisation – Le règne des barons
Il l’avait promis pendant la campagne présidentielle, il proposerait rapidement un acte III de la décentralisation. François Hollande l’a confirmé, il en a une vision libérale, fustigeant les « contraintes » de la loi, et optant pour une République à géométrie variable.
Lors de la conclusion des Etats généraux de la démocratie territoriale les 4 et 5 octobre derniers, le président de la République a précisé son projet de nouvelle loi sur la décentralisation lancée et pilotée par Jean-Pierre Bel depuis décembre 2011. Les Etats généraux ont consisté en une large consultation des élus locaux, d’abord sous forme de questionnaires, puis lors de réunions locales organisées par les sénateurs.
Le point de départ de l’analyse de François Hollande est double : d’une part les collectivités territoriales ont de multiples compétences, redondantes et couteuses autant qu’illisibles. Il faut donc clarifier et surtout simplifier. D’autre part, la loi est un poids, et la diversité des territoires demande qu’elle soit adaptée : il faut donc laisser aux élus de chaque région le soin de définir les compétences qu’ils prennent en charge, et la manière dont ils le font.
La loi territorialisée
Ont été évoquées « 400 000 normes », qui seraient autant de « contraintes » qui s’imposent aux collectivités territoriales, et qui expliqueraient la lenteur de leurs actions, ou encore la complexité de leurs interventions. Or les normes sont issues des lois, et décidées par les représentants du peuple souverain. Elles ont pour objectif la sécurité, la qualité, le respect de l’environnement ou encore la transparence des achats financés par l’argent public.
Les normes, sources de perte d’efficacité selon François Hollande, visent pourtant à assurer par exemple un nombre suffisant d’auxiliaire de puériculture présentes dans les crèches pour s’occuper des enfants, ou encore à prévoir les conditions dans lesquelles doivent être triés les déchets par les communes ou les intercommunalités. Surtout, elles garantissent l’égalité de traitement des usagers et des citoyens sur le territoire.
François Hollande se propose de réduire l’importance des normes nationales, soit en supprimant certaines d’entre elles, soit en adaptant la loi en fonction des territoires. Cette « loi territorialisée » prendrait deux formes.
Premièrement, le transfert aux régions d’une grande partie des compétences en termes d’économie et d’emplois permettra, selon le président, « qu’il y ait [un] meilleur lien entre les qualifications qui sont proposées et les besoins des entreprises ». Les régions pourront donc librement définir les formations des demandeurs d’emplois en fonction de l’activité économique de leur territoire.
C’est une orientation dangereuse, qui rompt avec l’égalité d’accès à la formation sur le territoire. En effet, selon cette logique, le lieu où l’on se trouve déterminera alors les qualifications auxquelles il est possible d’avoir accès. Par ailleurs lier les formations à l’activité économique présente ne tient compte que des exigences immédiates des entreprises, et ni de la pérennité pour la personne de sa qualification, ni des besoins à moyen terme de la société, par exemple pour mener à bien la planification écologique. Jean-Claude Mailly a d’ailleurs parlé de « balkanisation » de la République le 10 octobre, pour qualifier cette proposition. En second lieu, François Hollande souhaite que les collectivités territoriales disposent d’un droit élargi à l’expérimentation. Sous couvert d’une nécessité d’innover et de prendre en compte les spécificités du territoire, l’absence de cadrage de ce droit, en termes de durée ou de territoires concernés ouvre la porte à la possibilité d’une loi différente selon les lieux. Cela constitue, là encore, une rupture avec le principe républicain d’égalité de traitement sur le territoire.
Des compétences à géométrie variable
Les précédentes lois de décentralisation ont consisté en un transfert de compétences depuis l’Etat vers différents niveaux de collectivités territoriales. François Hollande considère cette répartition à la fois illisible et trop rigide. En effet, les régions et les intercommunalités ont des compétences en matière d’aménagement du territoire. Les départements et les communes ont la responsabilité de l’action sociale, mais sur des dispositifs et des périmètres territoriaux différents.
Sur chaque domaine, il est question d’introduire un « chef de file », qui pourra imposer des orientations aux autres collectivités : « A chaque grande politique correspondrait une seule autorité qui fixerait les modalités et l’action qui peut être déléguée à d’autres collectivités ».
L’objectif est la lisibilité pour le citoyen des politiques menées. Mais dans cette hypothèse, quel sens donner au vote, si les élus n’ont pas la possibilité de choisir les politiques qu’ils mènent ? Quel visage de la République, si ces mêmes élus ne sont pas soumis uniquement à la loi nationale mais aussi aux décisions d’autres entités territoriales ?
C’est bel et bien la République à géométrie variable, à plusieurs vitesses que cette orientation donnée par le président, qui concorde avec les conclusions des sénateurs, institutionnalise.
Mais ce n’est pas tout. En plus de l’introduction de la collectivité « chef de file », François Hollande a évoqué, tout comme l’avaient fait Marylise Lebranchu et Jean-Pierre Bel dans les jours précédents, la possibilité pour les collectivités de « décider en commun [d’] un pacte de gouvernance territoriale ». A l’échelle de chaque région, les élus, rassemblés en « conférences territoriales » auraient toute latitude pour décider quel niveau de collectivité prend en charge quel compétence.
Derrière cette proposition, l’idée que les territoires n’ont pas les mêmes objectifs. François Hollande a parlé de « compétition mondiale » et notamment de la création « d’un statut de métropole », collectivité qui pourra se voir transférer des compétences des régions et de l’Etat.
C’est donc clairement la fracture entre les territoires qui se profile, entre ceux qui doivent s’inscrire dans la fameuse compétition mondiale, qui n’intéresse pourtant que les financiers et les importants, et ceux qui sont laissés de côté, en proie à la fermeture incessante des services publics, et au manque de moyens structurels. Ce système de configuration variable de la répartition des compétences renforce aussi le rôle des barons locaux, qui selon leur bon vouloir décideront de l’avenir du territoire, au détriment de la souveraineté populaire.
L’orientation donnée par le président est inquiétante. Sa conception libérale de la décentralisation met en péril les principes d’unité de la République et d’égalité de traitement sur le territoire. C’est au contraire d’une refondation complète des institutions dont nous avons besoin, non pas en laissant les mains libres aux barons, mais par une implication populaire qui élaborera et contrôlera démocratiquement, la nouvelle organisation.
Union européenne : la fuite en avant austéritaire
Quelques heures avant le sommet européen du 18 octobre 2012, Angela Merkel s’exprimait devant le parlement allemand et y proposait un droit d’ingérence sur les budgets nationaux par un commissaire européen. Matthias Tavel, du secteur « Etudes et arguments » du Parti de Gauche, décrypte ses projets autoritaires et ceux d’Herman Van Rompuy, président du Conseil européen.
Dépassements d’honoraires – Distribution de « Cartes Vitales Gold »
Suite au communiqué de Leila Chaibi, distribution de « Cartes Vitales Gold » par des militant-e-s du Front de Gauche le 22 octobre 2012.
Union européenne : la fuite en avant austéritaire
Quelques heures avant le sommet européen du 18 octobre 2012, Angela Merkel s’exprimait devant le parlement allemand et y proposait un droit d’ingérence sur les budgets nationaux par un commissaire européen. Matthias Tavel, du secteur « Etudes et arguments » du Parti de Gauche, décrypte ses projets autoritaires et ceux d’Herman Van Rompuy, président du Conseil européen.
Le Parti de Gauche soutient le processus de paix en Colombie
Le Parti de Gauche salue l’ouverture, jeudi 18 octobre à Oslo, des négociations officielles « pour une paix juste et durable » entre les Forces Armées Révolutionnaire de Colombie – Armée Populaire (FARC-EP) et le gouvernement Colombien.
La première phase du processus vient ainsi d’aboutir à l’installation publique de la « table de discussions chargée de développer l’accord général pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable ».
La deuxième phase aura lieu le 15 novembre à la Havane, Cuba, où sera abordé le premier point de l’agenda des discussions: la question du développement agricole.
La perspective de la paix doit bénéficier de toutes les garanties possibles, sociales, politiques et juridiques, pour avoir une chance de voir le jour et proposer enfin au peuple colombien un autre horizon que ce conflit armé vieux d’un demi-siècle qui a fait, rappelons-le, plus de 600 000 morts et a conduit au déplacement forcé de plus de 3 millions de personnes.
En ce sens, pour que le processus puisse aboutir à une paix juste et démocratique, il faudra aborder des sujet essentiels tels que la la réintégration des FARC-EP dans la vie civile, économique, sociale et politique du pays, l’indemnisation des victimes, et la la lutte pour éliminer les organisations criminelles, telles que les organisations paramilitaires et leurs réseaux d’appui. Cela devra inclure la lutte contre la corruption et l’impunité, et la recherche de la vérité sur tous les crimes contre l’Humanité commis durant toutes ces années de confrontation armée.
Il s’agit là d’une grande opportunité pour le peuple colombien pour s’attaquer aux racines profondes qui ont engendré le conflit armé : les énormes inégalités sociales, économiques, et environnementales qui gangrènent le pays.
C’est en ce sens que le Parti de Gauche soutient les revendications des très nombreux mouvements sociaux colombiens qui manifestent depuis plusieurs des semaines, en ce moment historique pour la Colombie, pour que ces négociations de paix permettent d’ouvrir une voie vers la construction d’une société basée sur une véritable justice sociale.
La Semaine du combat budgétaire commence – Espagne: Non au budget d’austérité !
Vendredi dernier, la coordination du 25 Septembre a déposé au Congrès des députés un texte élaboré collectivement par des citoyennes et des citoyens espagnols pour demander aux députés de rejeter le projet de budget d’austérité de Mariano Rajoy. Dimitri Zurstrassen du PG Espagne nous traduit ce texte lourd de sens.
Le même jour, le groupe parlementaire d’Izquierda Unida -Izqueirda Plural déposait un amendement à la totalité du budget 2013 conforme à cette demande. Le Pôle traduction du PG fait son possible pour nous le traduire dans les plus brefs délais. Je ne manquerai pas de vous le transmettre aussitôt traduit.
Une semaine de bataille s’annonce en Espagne. #23O #27O les manifestations iront bon train autour du Congrès cette semaine pour tenter de faire rejeter le budget le plus dur que l’Espagne ait eu à connaître depuis la fin de la dictature franquiste.
No pasaran!
Voici le texte de la Coordination du 25 Septembre :
Non au budget de la dette générateur d’oppression et misère!
Samedi passé fut présenté au Congrès le projet de Budget Général de l’Etat pour 2013. Il est probable que via un simulacre de débat qu’il sera approuvé en plénière mi novembre sans changements substantiels.
Ce budget a été élaboré sans prendre en compte la situation matérielle dans laquelle se trouve la population. Il accentue la politique fiscale régressive et les coupes dans la santé, l’éducation, la dépendance, la recherche, la culture, l’environnement, … La modification l’année passée de l’article 135 de la Constitution, sans consultation populaire, a hypothéqué notre souveraineté aux marchés et fit passer le pa yement d’une dette que n’a pas été générée par la population au détriment de nos droits. Il n’y a pas de budget possible qui satisfassent nos besoins dans la situation politique et constitutionnelle actuelle.
Le système institutionnel actuel évite, quand il ne l’empêche pas, la participation dans les décisions qui affectent l’ensemble de la population, la limitant à quelques élections chaque 4 ans à travers lesquelles la majorité des partis ne respectent pas leur programme. Ceux qui devraient être nos représentants politiques et agir en fonction de la demande populaire pour s’occuper des vraies nécessités, sont soumis au diktat de la Troïka (BCE, FMI et UE), étranger à la souveraineté populaire, qui agit comme simple médiateur des intérêts des marchés.
Le projet de budget pour 2013 confirme les irrationalités et injustices dans l’organisation et la distribution des ressources publiques et environnementales et réaffirme que ce sera l’immense majorité de la population qui paiera la dette. Celle-ci, qui est de nature privée à presque 80 %, a été transformée en dette publique, par le sauvetage des banques, et est ainsi illégitime. Le budget pour l’année qui vient a pour but d’exproprier les ressources qui nous appartiennent afin de la payer. Il est indispensable de mettre en marche un audit citoyen public et transparent qui clarifie le fait de savoir quel est le montant de la dette, les raisons de sa génération, à qui doit-elle être remboursée, et qui doit la rembourser.
Le néolibéralisme, devenu la pensée unique depuis les années 80, impose aujourd’hui une spirale d’austérité, de coupes budgétaires, et de remboursement de la dette dans tous les pays du sud de l’Europe qui n’améliorent pas la situation. Est demandé l’effort de paiement de la dette illégitime à la société civile pendant que la fraude fiscale des grandes fortunes atteignent des niveaux énormes avec l’intolérable connivence des pouvoirs publics et une politique fiscale favorable au capital financier. Le projet de budget pour l’année 2013 demande la paiement d’une dette impayable à la population par la biais de nouvelles réductions des droits sociaux et écologiques (avec les plus que probables coupes dans le système de pensions).
L’application de ce budget signifiera un recul des droits sociaux acquis durant des décennies et la soumission de nombreuses générations au capital financier. Nous rejetons totalement ce budget anti écologique, antisocial et inhumain et demandons l’ouverture d’un processus constituant, cette fois authentique, avec toute la participation populaire possible.
Pour tout cela, nous proposons que le projet de budget soit revu.
Traduction: Dimitri Zurstrassen (Pôle traduction du PG)
Grèce – Virer la Troïka maintenant !
Les mobilisations ne faiblissent pas en Grèce. Jeudi, premier jour du Sommet européen, les des syndicats du public et du privé avait décidé de marquer le coup en convoquant une grève générale de 24h. Pour la seconde fois en moins de quinze jours, le pays a donc vécu au ralenti.

Sourds aux protestations des plus de 50 000 qui ont personnes ont défilé dans les rues d’Athènes et plus de 20 000 à Thessalonique, le Sommet européen a néanmoins confirmé sans vergogne l’ultimatum lancé au Parlement grec. Les chefs d’Etats et de gouvernement ont en effet clairement indiqué qu’aucune décision n’était prise à ce stade concernant le versement du prochain prêt UE-FMI à la Grèce et que la Grèce devrait « poursuive les réformes en matière budgétaire et structurelle » et « assurer la mise en œuvre rapide » du programme d’austérité (le Memorandum 2) que le Parlement devra finir d’avaliser dans les jours à venir.
Ce énième plan d’austérité prévoit rien de moins qu’une coupe budgétaire supplémentaire de 13,5 milliards d’euro sur 2013-2014 dont 9,5 milliards d’euros dès la première année. Traduction : des réductions encore plus massives des salaires (le salaire minimum est passé de 776 euros en 2010 à 586 euros de nos jours et le salaire moyen a baissé de plus de 20%), la suppression du salaire minimal déjà largement mis à mal par les contrat précaires et les contrats jeune, la flexibilisation complète du marché du travail via suppression complète des conventions collectives et la mise en place de la semaine de 6 jours ! Les pensions de retraites pourraient elles aussi être baissées.
Peu importe aux gouvernants européens qui depuis Bruxelles ont emboîté le pas à la Chancelière Merkel en maintenant l’ultimatum et en agitant l’épouvantail fictif d’une expulsion de la Grèce de la zone euro qu’aucun traité ne permet. Pire ils ont osé dire au peuple qui voit et vit au quotidien l’ampleur de la catastrophe à laquelle mènent les recettes de la Troïka que celles-ci sont « nécessaire pour accroître la compétitivité du secteur privé, favoriser l’investissement privé et améliorer l’efficacité du secteur public ».
Qu’ils aillent le dire aux familles qui perdent leurs proches fautes de soins dans les hôpitaux, aux enfants et aux étudiants à qui on n’offre même plus les conditions minimales d’un semblant d’éducation (livres, matériels de classe), à toutes celles et ceux qui perdent leur emploi parce que les investisseurs fuient le pays !
Présent dans la manifestation de jeudi à Athènes, le Parti de Gauche reste résolument solidaire de la lutte du peuple grec contre le pillage organisé de son économie et la casse méthodiques de ses services publics. Il approuve l’appel du peuple à virer la troïka du pays et dénonce l’attitude irresponsable et cynique des gouvernants de droite et sociaux-libéraux qui continuent d’appeler « efforts » le dépeçage d’un peuple et d’un Etat au bénéfice des marchés.
Le Parti de Gauche répond positivement à l’appel des mouvements sociaux espagnols et portugais et à celui de la Confédération Européenne de Syndicats, en participant, à l’instar de nos camarades grecs de Syriza, à la mobilisation contre l’austérité le 14 novembre prochain.
Espagne – Un front contre l’austérité

Espagne: lycéens, étudiants, parents, syndicats de travailleurs, mouvements sociaux, tous montent au front contre l’austérité!
La lutte contre les politiques d’austérité s’est encore amplifiée en Espagne ces derniers jours avec les manifestations du #GlobalNoiseDay convoqué le 13 Octobre par le mouvement « des indignés » et l’entrée en grève toute cette semaine des étudiants.
Après trois années d’application des politiques d’austérité de l’UE et sa conséquence directe, deux années de récession économique, le gouvernement Rajoy continue à imposer plus de rigueur.
Sourd aux manifestations toujours réussies que le peuple organise sans relâche partout dans le pays, le gouvernement a préparé le budget le plus austère jamais vu depuis la dictature pour l’année 2013.
LE 13 OCTOBRE 37 VILLES D’ESPAGNE RESONNAIENT AU SON DES CACEROLADAS
Ce sont au total 37 villes espagnoles qui ont participé à la journée « Global Noise » qui se déroulait le 13 octobre dans un nombre important de villes dans 33 pays européens et du monde.
L’objectif de cette journée était d’exprimer un ras le bol général du peuple face aux politiques mises en œuvre par les élites politiques et financières dans le monde.
A Madrid, des milliers de personnes criant « No debemos, no pagamos » (« On ne doit rien on ne paie rien! ») munis de casseroles et de poêles ont manifesté de la place Emilio Castelar à la Puerta del Sol en passant devant le siège madrilène de l’Union Européenne (en levant les mains en l’air et en criant « Les mains en l’air, ceci est un hold up ») et devant le Ministère de l’Economie et des finances (pointé du doigt aux cris de « Vous ne nous représentez pas »).
Dans tout le pays et en dépit de la répétition de ce type d’événements (des manifestations ont lieu tous les weekends), ce sont encore des milliers et des milliers d’espagnol-e-s qui sont descendus dans les rues et sur les places afin de faire entendre leur voix contre le paiement « d’une dette illégitime et odieuse ».
SEMAINE DE LUTTES ETUDIANTES ET LYCEENNES CONTRE LA CONTRE REFORME DE L’EDUCATION
Depuis le lundi 15 octobre, les étudiant-e-s sont entrés en grève. Une grève de 72H contre les coupes du ministre Wert à l’appel du syndicat étudiants et des divers collectifs étudiants et de jeunesse et de parents d’élèves. Le mouvement est soutenu par les principaux syndicats de travailleurs: CCOO et UGT. Toute la semaine aura été placée sur le signe de la lutte et le 17 Octobre, pas moins de 100 manifestations rassemblant plus de 250 000 étudiants ont déferlé dans les rues.
En cause: la contre réforme du Minsitre JI Wert qui prévoit des coupes budgétaires drastiques dans l’enseignement public en utilisant notamment:
-la hausse de 66 % des frais d’inscription universitaires
-le licenciement de plus de 50000 professeurs des centres d’étude et universités de tout le pays
-l’imposition de trois examens supplémentaires pour pouvoir obtenir le Bachillerato et donc entrer à l’Université (un retour en fait à une mesure du franquisme pour limiter le nombre d’étudiants)
-l’imposition de frais d’inscription de centaines d’euros pour la Formation Professionnelle
Une plateforme revendicative a donc été approuvée lundi passé. Elle se prononce:
-Pour l’accès a l’université du fils d’ouvrier. Contre l’imposition de barrières économiques et académiques pour empêcher notre accès a l’éducation supérieure. Tous les étudiants qui ont réussi leur 1ère et 2 ème année de bachillerato doivent avoir accès a l’université.
-Pour la suppression de l’augmentation des frais d’inscription a l’université publiques
-Pour le retrait des nouveaux obstacles a l’accès des fils de travailleurs aux bourses d’études.
-Contre l’imposition de frais pour la Formation Professionnelle et Pour une Formation Professionnelle gratuite, démocratique et de qualité dans tout le pays.
-Contre tout licenciement de professeurs dans l’éducation publique.
-Pour la réadmission immédiate des plus de 49 000 enseignants qu’a licencie le PP au début de l’année scolaire dans tout le pays.
-Contre les coupes budgétaires dans l’éducation publique
-Pour l’application des coupes budgétaire aux banquiers.
-Pour la réinsertion des 4000 millions d’euros que le PP a retire au budget de l’école publique depuis son arrivée au pouvoir et pour l’augmentation drastique du budget de l’éducation publique pour garantir une éducation publique gratuite et de qualité.
-Pour une allocation chômage de durée indéfinie jusqu’à ce que tous les chômeurs trouvent un travail.
MANIFESTATIONS TOUTE LA SEMAINE CONTRE LE BUDGET GENERAL D’AUSTERITE 2013
Depuis le vendredi 19 Octobre et jusqu’au samedi 27 octobre, de nouvelles manifestations auront lieu autour du Congrès des députés.
Cette manifestation coïncide avec le début du débat sur le nouveau budget d’austérité du gouvernement Rajoy.
Les plans d’austérité à répétition de Rajoy depuis son arrivée au pouvoir le 11 Décembre dernier n’ont pourtant eu aucune incidence positive sur la dette: celle-ci augmente de 68,5% du PIB en 2011 70,2% du PIB pour 2012!
La recette de l’austérité n’en est pas moins appliquée drastiquement au projet de budget 2013, un budget si dur que même à droite des voix s’élèvent contre et que le commissaire à l’Euro, Olli Rehn, l’a salué « car il va plus loin que ce que nous recommandions »…
Il prévoit notamment:
-l’élimination des fonds pour la récupération de la mémoire historique du pays (qui intervient après la supression en Mars dernier de l’office)
-la baisse de 14% du budget alloué aux services sociaux (concernés: service d’aide à l’autonomie des personnes agées et handicapées, services d’aide aux immigrés, réfugiés et demandeurs d’asile, services de la petite enfance)
-la baisse de 7% des fonds pour la lutte contre les violences faites aux femmes
-la baisse de 6,3% des prestations chômage
-la baisse de 31% des fonds alloués à la garanties du paiement d’indemnisations des anciens employés d’entreprises déclarées insolvables
-la baisse de 0,4% de la formation professionnelle
Le résultat prévu: une hausse de la dette de 70,2% du PIB pour 2012 à 90,5% du PIB pour 2013. L’explication selon le gouvernement: la « nécessaire » recapitalisation des banques via un prêt européen et l’apport de 3,8 millions d’euros au Mécanisme européen de stabilité…
ACCORD ENTRE LES SYNDICATS POUR LA TENUE D’UNE GREVE GENERALE LE 14 NOVEMBRE
Une journée d’action et solidarité européenne composée de grèves et manifestations sera aussi organisée prochainement. L’idée de l’organisation d’une grande grève générale provient du Comité Exécutif de la Confédération Européenne des Syndicats afin de répondre de manière unitaire, en proposant des solutions, aux différents gouvernements européens qui appliquent des politiques d’austérité.
Cette grève générale sera la deuxième contre le Gouvernement Rajoy en moins d’un an et la septième depuis le retour à la démocratie.
Nos camarades d’Izquierda Unida participeront à la manifestation, « marchant toujours aux côtés des syndicats ».
Gaza – Le Parti de Gauche condamne l’agression de l’« Estelle »
Dans la matinée du 20 octobre 2012, le gouvernement israélien a mis sa menace à exécution, en faisant arraisonner par sa marine de guerre dans les eaux internationales, la goélette « Estelle » battant pavillon suédois, ayant à son bord une vingtaine de passagers – dont cinq députés européens et 3 israéliens – dont le but était de rejoindre Gaza pour y livrer du matériel notamment scolaire et médical, qui manquent cruellement dans ce territoire soumis à un blocus inhumain et injustifié depuis plusieurs années.
Navire et passagers ont été emmenés par la force en Israël et y sont actuellement emprisonnés selon les informations dont nous disposons.
Cette agression brutale et préméditée, commise, une fois de plus, en violation du droit maritime et international, doit être dénoncée pour ce qu’elle est : un double acte de piraterie, du fait qu’il ait été perpétré dans les eaux internationales, et du fait que la destination du voyage n’était nullement Israël, mais Gaza.
Le Parti de Gauche condamne avec force cette nouvelle agression dont s’est rendu coupable le gouvernement voyou de Nétanyahou. Celui-ci se croit au-dessus des lois. Il s’est fait une spécialité de ce type d’action puisque c’est la troisième fois qu’il brise une tentative pacifique et humanitaire de mettre fin par la voie maritime à un blocus parfaitement illégal.
Le Parti de Gauche appelle solennellement l’Union européenne et ses Etats-membres, dont la France, à condamner le gouvernement israélien, à exiger la libération immédiate du navire et de ses passagers, à sanctionner le gouvernement voyou de Netanyahou et à refuser de renforcer l’accord de libre échange avec Israël.
Le Parti de Gauche rappelle à l’UE et au gouvernement français qu’il y a urgence à mettre un terme aux violations du droit international dont le gouvernement israelien se rend quotidiennement coupable, à exiger la fin du blocus de Gaza et de la colonisation et à faire respecter le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Il demande enfin à l’UE et au gouvernement français d’agir afin de faire admettre la Palestine au nombre des Etats reconnus au sein des Nations-Unies.

